Fermeture annuelle

Je suis en vacances et je solde, non sans plaisir, cette année.

« Annus horribilis » comme disait une femme célèbre.

De cette année, je ne retiens rien,  sinon la plus grande humilité à laquelle elle m’a forcée. En 2012, je suis devenue un peu grande. Finalement ce n’est pas si mal…

Je me tourne vers demain, dont je vais tenter de savourer chaque seconde avec les êtres qui me sont chers.  Car au fond, la seule chose qui soit vraie, c’est bien celle la…

Tendres pensées à vous. Fidèles du blog, qui me faites le plaisir de venir chez moi,  je vous souhaite tous les meilleurs pour 2013 et d’enjamber l’année de la plus belle des façons.

Des bizettes

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Les jolis moments de la semaine

Lundi

Super collègue s’en va après 18 années de bons et loyaux services.  Nous n’avons que 5 ans d’écart et pourtant j’ai l’impression que c’est une vie qui nous sépare, tant elle est pour moi une inspiratrice, par son professionnalisme, son regard sur les personnes accompagnées, sa manière posée et juste de dire les choses, son impartialité.

Au moment du départ, nous la jouons émotion contenue,  je prends ses bises appuyées comme un signe de ce qui a été et ne sera plus…

Lorsqu’une pièce du puzzle manque, il faut recomposer autrement, combler le vide. Cela s’appelle le changement…. Il va nous falloir redessiner les lignes, les contours et nous réinventer : voilà qui ne sera pas une mince affaire !

Mardi

Pendant 3 mois, j’ai animé un collectif de chercheurs d’emploi avec une collègue que j’apprécie beaucoup.

3 mois intenses et puis voilà le moment où il faut clôturer la session, à la fois entre nous, mais surtout avec elles, participantes actives de ces mardis matins. Où l’on met en place une stratégie de recherche autant que l’on se dit. Elles ont préparé des gâteaux, elles sont en émotion. Rarement j’aurais animé un atelier d’une telle intensité et d’une telle cohésion. Ces ateliers me font me sentir vivante et utile. Et quand on vient te le dire, avec timidité mais franchise c’est alors comme un cadeau.

Mercredi

Il est touchant ce nouveau collègue. 2 mois au compteur, des questionnements, des doutes, des surprises. A mon tour d’accompagner dans la mesure de mes possibles un conseiller en devenir. Elle est surprenante cette position « d’ainée », qui doit écouter, aiguiller, sans donner des réponses toutes faites.

Jeudi

Koquette et moi sommes en cours de séparation… Je viens d’acheter une nouvelle voiture.

Vendredi

Deuxième entretien d’évaluation, tandis que le premier m’avait laissé un goût amer et d’inachevé, tant il me semblait décalé et hors de propos, celui ci prend en compte mon parcours professionnel sur l’année. J’entends les progrès qui restent à faire et qui sont justifiés je prends aussi les compliments. Car ce métier en est avare et parce que les circonstances actuelles de crise nous demandent de redoubler d’efforts.

Retour de Namoureux et repas d’anniversaire de pacs. C’est Picard qui régale (olé !) 😉

Semper fi

Je suis fidèle, à un point que tu n’imagines pas…

A mon dentiste depuis 34 ans, même s’il m’a laissée mourir deux mois cet été

A mon médecin traitant depuis 15 ans, même si parfois, elle m’a un peu traitée par dessus la jambe (déshabillez vous, je vais prendre votre tension, vous avez besoin de quoi, au revoir, le tout en 10 min chrono en main…)

A ma coiffeuse, Louise la divine, depuis 5 ans

A mon esthéticienne depuis 15 ans aussi, même si des fois, elle me fait hurler à la mort (la perverse !)

A mon garagiste, depuis ma première Ford, il y a 8 ans. J’aime comme il regarde ma Koquette et lui caresse la croupe (en tout bien tout honneur !)

A ex Meilleure Amie, pendant 30 ans et aux autres amis de moins de 30 ans

A mes parents, mais ils m’ont attachée à eux

A Vénérable Directrice, pourtant j’ai coupé le cordon

A mes valeurs et principes, bien que cela m’ait joué des tours

Et last but not least à mon Charming  Namoureux (évidemment !!!)

Bref, une fois que j’entre dans ta vie, c’est pour la vie…

ColèreS et incompréhensionS

Pour lutter contre le chômage et faire reculer la précarité, « on » a décidé d’augmenter les minima sociaux.

A une demande d’emploi, de statut social, de reconnaissance de ses compétences et plus largement de son être, « on » oppose des miettes (Car, il faudra que l’on m’explique comment « on » fait pour vivre avec 470 euros/mois). Des miettes que l’on va augmenter certes, mais des miettes quand même.

Je disais donc, que pour lutter ACTIVEMENT contre le chômage, c’est la réponse financière que l’on a trouvé.

« On » a pas décidé de donner plus de moyens à Pôle emploi pour faire un accompagnement RÉEL (si tu sais comment on gère un portefeuille de 250 personnes à voir 20 min tous les 3 mois, n’hésites pas à éclairer ma lanterne sur cette insoluble équation).

« On » a pas décidé de cesser de financer à fond perdu des formations qui mènent directement des étudiants à remplir les files anonymes de Pôle emploi.

« On » a pas décidé de mettre le paquet sur la formation tout au long de la vie (quelle vaste fumisterie tiens ça encore !), « on » a pas décidé de s’attacher aux catégories intermédiaires qui voient la formation comme une nébuleuse inatteignable, « on » a pas décidé non plus de forcer (un peu) les entreprises à mettre le paquet sur la professionnalisation de leurs salariés.

« On » a pas décidé non plus de sécuriser les parcours de salariés en souffrance dans les entreprises.

« On » a pas décidé de donner les moyens à toutes les autres structures qui accompagnent vers l’emploi (parce que sans déconner, y a pas que Pôle emploi dans la vie).

« On » a pas demandé aux plus gros recruteurs en France (à savoir les associations et les PME/PMI) de se mettre autour de la table ensemble et de réfléchir à des métiers émergents. Créer ensemble, avant que tous les emplois qualifiés filent vers les pays étrangers, c’est possible quand même non ?

Non, la seule solution que l’on a trouvé, c’est augmenter les minima sociaux…

 

Anymore…

Je ne peux plus la vie en pointillé

Je ne peux plus les nuits sans sommeil à me demander de quoi notre avenir sera fait

Je ne peux plus les conversations téléphoniques, tous les soirs, qui disent, sans dire vraiment

Je ne peux plus les voyages, les trains, les valises

Je ne peux plus le froid de l’absence

Je ne peux plus la course effrénée après le temps (pour quoi, pour qui ?)

Je ne peux plus le stress perpétuel, la boule au ventre, l’insatisfaction de ce qui est et que j’aimerais définitivement clôturer

Je ne peux plus écouter,  rassurer, dynamiser tous ces autres qui ne se donnent pas toujours les moyens d’avancer

Je ne peux plus les coupes budgétaires, les restrictions en tout genre, qui imposent une pression, du travail supplémentaire, la quantité au détriment de la qualité

Je ne peux plus l’isolement de ma pratique professionnelle

Je ne peux plus cet intérieur, qui ne me ressemble plus, qui ne nous appartient pas

Je ne peux plus l’attente, les tergiversations, l’absence de décision

Je ne peux plus porter ce corps douloureux et lourd, fatigué

Je ne peux plus le gris qui entoure notre vie, tandis que nous attendions avec impatience d’y mettre du rose ou du bleu…

Je ne peux plus cette impasse

Gangnam style

Quand on est sur la corde, quand les larmes s’écoulent plus souvent à tort qu’à raison, quand on a envie de s’enfuir loin et seule, quand tout est source d’irritation, d’énervement voire de colère, c’est sans doute le signe.

J’ai mis plus d’un mois à trouver un psy (tu fais le lien avec le jeu de mot pourri du titre ?). Certains sont débordés, d’autres te gardent 15 minutes pour plus de 50 euros, d’autres encore te laissent t’échouer sur un divan sans te répondre (sais pas ce que c’est ça comme courant mais franchement !!!)…

Finalement, c’est elle que j’ai choisie.

D’abord parce qu’elle pouvait m’accompagner et que son cadre de travail de convient en terme de pratique : type d’échange, durée, tarif. Puis parce que son prénom est un appel au voyage et à l’Orient. Quitte à se voir toutes les semaines autant que ce choix repose sur des critères qui ne soient pas qu’objectifs.

Elle a un cabinet dépouillé, un immense bureau qui regorge de dossiers, de feuilles empilées. Dans la pièce , un meuble de salon, un canapé, des fauteuils, une table basse comme à la maison. Dans la salle d’attente de vieux magasines qui accusent 5 à 6 années d’ancienneté et qui tombent en lambeaux.

Des murs vierges, pas de tableau, pas de phrases de Freud nonchalamment exposées (comme j’ai déjà pu le voir ailleurs). Un lieu donc propice à la réflexion, à l’introspection, au voyage intérieur.

A la fin du premier rendez-vous, tu vas rire, lorsque je lui ai demandé quelle est son origine et qu’elle m’a répondu qu’elle est syrienne, je m’en suis voulu. Je m’en suis voulu d’aller l’emmerder avec les broutilles de ma vie alors que son peuple meurt dans l’indifférence générale. J’ai presque eu envie de la serrer contre moi, en signe de fraternité.

Quand je te dis que je suis un peu à l’est…