Bain de famille

Mars « chez nous » est une succession d’anniversaires. Mars le mois du printemps, mon mois bien aimé.

Ce week-end, nous fêtions ses 80 ans à lui, ses 60 ans à elle, mes 26 ans à moi (oui bon…).

Je garde précieusement les photos d’il y a 20 ans en arrière. Déjà c’était une grande fête. Ce week end, il nous manquait du monde autour de la table mais nous n’avons cessé de les évoquer pour nous réchauffer le cœur de leur absence.

« Chez nous », la vraie fête c’est un bon gueuleton, avec du rire et des souvenirs autour. On  trinque, on partage, nos yeux disent qu’on s’aime.

Les centres de table sont faits maison, les fleurs sont partout, chacun repart avec son petit cadeau.

Tableau idyllique d’une famille qui n’est pas la mienne.

Il est si déroutant de se sentir aimée inconditionnellement dans une famille qui n’est pas la sienne.

J’aime une partie de ma famille brinquebalante mais elle m’insupporte par son manque d’écoute, son égoïsme, sa suffisance. Je suis tellement touchée d’être considérée « ailleurs », telle que je suis, d’être prise dans mon unicité et avec bienveillance. Je suis blessée que nous n’ayons pas de tels liens « chez moi ».

La famille un puits sans fond de réflexions, remords, blessures…

Un mois déjà

Un mois d’une nouvelle vie, un mois de changements, d’étonnements, de tempêtes intérieures.

Un mois où il m’était impossible de venir ici, écrire, poser des mots, prendre du recul.

Je suis la spécialiste de la tête dans le guidon. Et quand je relève la tête j’ai un mois dans la vue.

En mars donc,

J’ai eu 41 ans. Un anniversaire fêté en trois fois, comme pour rattraper les  40 oubliés pour cause de mariage.

J’ai hésité. Est-ce que je reprends le blog, j’ai envie / pas envie, est ce que je quitte FB, j’ai envie, pas envie ? Finalement, je suis de retour ici et j’ai quitté FB.

Je n’ai cessé de relancer. D’anciennes amies, de vieilles connaissances pour reprendre un semblant de vie sociale. Mais je ne dois pas être douée, car personne n’a donné suite. Marri, j’ai nourri colère et rancœur…

J’ai oublié mon ancien travail (et mes anciens collègues) avec une facilité déconcertante mais ils se sont rappelés à mon bon souvenir. Comme si ça ne voulait pas. Comme s’il était impossible de couper ce lien. Un lien trop tout : trop serré, trop lourd, trop étouffant. Et c’est à propos de moi, une fois encore que les choses sont parties. Étonnamment.

J’ai calé mes prochaines vacances. En Islande. Je vais faire du mauvais esprit en écrivant qu’il y a peu de chances (peut être) qu’un avion saute, une salle de spectacle, des trains… Il y fait trop froid pour Daesh … Décidément, c’est vraiment du très mauvais esprit.

J’ai pris des décisions : parrainer une vache, me remettre à écrire, respirer par le ventre, vivre pour moi. Dans un mois j’aurais sans doute changé d’avis…

J’ai mangé. Beaucoup. Grossi. Beaucoup. As usual. Quand la peur, le stress et la colère prennent le dessus, c’est la bouffe qui gagne. Malgré la douleur, j’ai décidé (encore !) de faire dans la méthode Coué : assurer à mon corps que je l’aime de manière inconditionnelle.

J’ai renoué avec la culture que j’avais laissé de côté depuis un certain temps. Cinéma, concert, spectacle, achats de livres (trooooop)…

Il y a un fil conducteur à tout cela. Comme toujours. L’accompagnement. Ce besoin professionnel de créer du lien, d’apporter, transmettre à l’autre. C’est là, que je me sens utile. Et puis, dans ma vie personnelle, il y a cette persistante solitude. Elle signifie sans doute quelque chose mais je ne sais pas la lire, je ne sais pas transformer ce manque, cruel, en une force.

Un mois déjà… Et c’est comme si j’étais entrée dans une autre dimension, une autre vie.

Un jour, j’ai eu 40 ans… la liste de mes envies

J’ai eu 40 ans, non sans douleur, je dois te le dire.

Ne me souhaite pas mon anniversaire, je suis en deuil.

En deuil de la trentaine (putaing ça fait mal ce cap !!!)

Je reviens sur mes wish list « Choses à faire avant mes 40 ans » pour faire un point sans concession ici, oui Madame (et Monsieur bon…).

1 – Avoir le courage de retourner à la piscine : fait à la Clinique qui fait perdre des kilos ET je compte y retourner

2 – Nous offrir un beau et long voyage au soleil : Le Portugal ça compte ?!

3 – Réussir à avoir un Sunny Baby : no comment

4 – Demander Namoureux en épousailles : fait et on se rapproche dangereusement de la date

5 – Changer de travail, reprendre une formation : formation en cours, pas de changement en vue (sauf de directrice…)

6 – Me construire un nouveau nid (écologique, de 100 m2 au moins, avec une grande salle de bain, de belles baies vitrées, un jardin zen et toussa toussa) : on a refait la peinture, acheté de nouveaux meubles, on réfléchit à renouveler la cuisine

7 – Investir « correctement » le temps que je me donne (et pas me vautrer devant la TV, c’est maaaal) : peux mieux faire…

8 – Avancer dans ma pratique d’écriture et me montrer plus créative : pareil que le 7

9 – Faire plus de sport (enfin, en faire tout court) : efforts à poursuivre, je me décourage vite

10 – Dire. Sans emportement, dans le respect de qui je suis : j’avaaaance !

11 – Prendre des cours de danse avec Namoureux : y veut pas, il pense qu’il est bon danseur, lui. ARGGGGH !!!!

12 – Rendre visite à cousine préférée dans le south : fait

13 – Visiter la Dordogne : sur la wish list « Visites à faire en France »

14 – Gagner en sérénité : heu…joker

15 – Avancer sur mon hyperphagie (…) : en constant progrès (si c’est vrai !)

16 – M’offrir Samsara de Guerlain, (THE parfum dont je rêve depuis mon adolescence) : fait, cadeau du Namoureux pour mes 40 ans

17 – Arriver à regarder TOUS les épisodes de Star Wars (pour faire plaisir à Namoureux) : nan pas possible, je sombre…

18 – Demander et entretenir des relations de qualité avec mes proches (en pratiquant la communication non violente…) : j’y suis presque, efforts constants à produire

19 – Apprendre à lâcher prise (bonzou de bonzou, c’est pas si dur quand même !!!) : je renonce définitivement…?

20 – Me remettre à l’anglais : pas le temps, à la retraite ?

21 – M’acheter Me faire acheter un lave vaisselle : quand on aura la nouvelle cuisine 😉

22 – M’offrir des (longs) week ends avec Namoureux : Amsterdam, Rome, retourner à Dublin, Barcelone : on a un mariage sur le feu mais c’est toujours au programme

23 – Engager une femme de ménage (nan je ne suis pas esclavagiste naméo !!!)

 24 – Organiser la fête du mariage : en cooooours

25 – Cuisiner plus, toute seule, de bons produits, soyons fous !) : en progrès

26 – Pratiquer RÉGULIÈREMENT la méditation : heu, presque…

27 – Faire du djembé : en septembre, si je le jure

28– Ne pas cesser de m’émerveiller de ce que m’offre la nature en général et mon cadre de vie en particulier : j’y arrrrive !

29 – Partir VRAIMENT pour le 31 décembre : objectif 2015 !

30– Trouver enfin un vrai style vestimentaire qui déchire : NAAAAAN 😦 Christinaaaaaaaaaaaaa

Revue de semaine

Lundi

Sitôt arrivée, je vais voir Vénérable Directrice pour l’informer que le salaire, négocié au moment de ma nouvelle prise de fonction, m’a finalement été refusé. En conséquence et comme j’en ai informé la RH, je quitte le poste que j’occupe depuis moins de 3 mois. Douche froide pour elle qui n’en savait rien (!), situation kafkaïenne pour moi.

Mardi

1er jour de congé de l’année.

Je virevolte dans la maison, je prends le temps, je savoure le soleil, la nature, j’écris, je médite. Tout ça dans le désordre. Pas très évident de me reconnecter à moi, après cette nouvelle épreuve. Mais au moins, je me repose.

Je reçois une jolie lettre d’une belle amie. Que j’aime recevoir des lettres ! A l’intérieur, ça sautille comme lorsque j’étais enfant. J’aime le beau papier, les mots choisis, la douceur, les nouvelles qu’on me donne. J’aime cette relation, aujourd’hui un peu désuète, un peu old school, à l’heure où on tweete et facebook plus vite que son ombre. Ça me fait du bien, ça me réchauffe le cœur, car à y regarder de plus près mon cercle amical est rachitique et ce constat n’est pas des plus agréable pour moi.

Mercredi

Nouvel entretien avec Vénérable Directrice qui a fait le point avec « plus haut ». Je suis, elle est estomaquée par les arguments qui sont avancés, malgré les promesses antérieures, c’est le statu quo. C’est donc le début d’un nouveau rapport de force qui s’engage pour faire valoir mes droits. Ce dont je me serai clairement passée.

Jeudi

Commencer la lecture de « Rien ne s’oppose à la nuit » de Delphine de Vigan. Ah l’écriture de Delphine de Vigan, la figure de la mère, de la grand mère. Son écriture est toujours aussi bouleversante, belle. Une histoire de famille captivante et pourtant douloureuse.

Vendredi

J’enchaine les RDV. Janvier est là et une fois les fêtes passées les personnes renouent avec une recherche d’emploi plus active, avec des attentes fortes pour « trouver vite ». Ce qui en l’état actuel du marché est compliqué…

Samedi

Nouvelle lettre envoyée par cousine préférée. Je suis doublement émue car elle n’écrit jamais. C’est drôle une relation qui change…

Dimanche

Elle est la matriarche discrète de notre drôle de famille. Chaque année, nous nous retrouvons autour d’elle pour son anniversaire. Les petits (devenus les plus grands) ont fait un effort pour se lever à des heures raisonnables. Les plus anciens se racontent les histoires d’un autre temps. C’est un moment suspendu. On se voit peu en dehors de ce moment, on se croise les uns les autres mais sans plus. Elle est heureuse. Elle aime avoir son monde autour d’elle, juste pour elle et on aime la voir rayonner. On sait bien, chacun dans le secret de notre cœur, que lorsqu’elle ne sera plus là, le plus tard possible, notre « famille » ne sera plus tout à fait la même…

News from the World : may

La France est en récession : sans déconner ?!!!

Faut- il rire ou se désespérer de ce qu’est devenu le sport en France ou plus exactement le football professionnel. Pourri par l’argent, gangréné par des supporters dégénérés qui voient le sport comme un moyen de se mettre sur la gueule et de laisser libre court à leur violence crasse.  Ces débordements multiples me laissent sans voix. Quant aux excuses habituelles qui concernent la » jeunesse désœuvrée » (je cite), elles me mettent profondément en colère. La presse mélange tout. Des jeunes deviennent les jeunes, puis de banlieue, puis désœuvrés. Ou comment faire des amalgames et monter les gens les uns contre les autres…

Je vais me risquer ici à faire un parallèle osé, voire quelques raccourcis mais tant pis… Des femmes que l’on enferme 10 années durant et que l’on réduit à l’état d’esclaves. Un pauvre type pour qui le mal est une sorte de banalité quotidienne. Violer, tenir des femmes en laisse, les affamer…Rien de plus normal pour lui, pauvre chose, incapable de soutenir ensuite le regard de la presse et de ses juges. Vomitif. Des femmes qui souhaitent prier comme les hommes au pied du Mur des Lamentations et que l’on conspue, sur lesquelles on envoie des œufs, des détritus, au prétexte qu’elles ne sont pas les égales des hommes (puisque Dieu les a crée à partir de la côte d’un homme). Nous en sommes là. Des êtres humains, des femmes, maltraitées, piétinées, violentées, par des hommes. Pour leur plaisir,  à cause de croyances d’une autre époque. Combien de temps encore aurons nous à nous battre pour être les égales des hommes à tous points de vue ?

Des hommes. Qui se suicident dans des lieux publics. Devant des enfants dans une école maternelle, devant des touristes, croyants ou non dans une cathédrale.

La mastectomie d’Angelina Jolie me laisse songeuse.

Rain, rain, rain…

Répugnants, les hommes politiques. De Cahuzac à Mélenchon, qui font la politique à coups de « tweets » pour provoquer des « buzz », plus ridicules les uns que les autres. Oui M. Cahuzac vous êtes répugnant. Dutroux lui est un monstre, comment est-il seulement possible de faire un tel parallèle ? Certes, vous n’avez pas tué d’enfants, pour autant vous n’êtes pas une victime, juste un arrogant dont je me réjouis qu’il ne fasse plus de politique. Cette manière qu’ils ont tous (disons presque tous) de pratiquer une politique dégradante et de plus en plus violente, me révulse. Pour qui nous prennent-ils ?!!!

J’ai eu une otite…

En mai, j’ai bénéficié de près de 3 semaines de vacances. Ce qui ne m’était pas arrivé depuis 8 ans. Un bonheur de courte durée. Car si j’ai particulièrement apprécié l’Irlande, le reste des vacances a été plus difficile à savourer. Des pensées récurrentes liées au travail, des inquiétudes quant aux mois à venir, car je sais qu’ils vont être difficiles. J’ai besoin de motivation, d’être emmenée, portée. Par ma direction, par mon équipe. Le changement s’anticipe, s’accompagne, se pense, doit se dire,  j’en suis définitivement persuadée, malheureusement ce n’est pas le cas.

Demander pardon. Voilà le grand pas que j’ai fait en mai. Après 10 années de brouille avec un membre de ma famille, il m’a semblé que c’était le moment, celui de tendre la main, de faire entrer la paix, d’être en accord avec moi. Ma lettre est envoyée…

J’ai eu du retard, des nausées, les seins qui gonflent, une profonde envie de dormir, je me suis sentie entrer dans une bulle. Sans nous le dire, nous avons compter les jours de retard avec espoir et bonheur. Mais non, ce n’est pas pour cette fois. Le traitement « offensif » va commencer. J’intègre définitivement le terme « infertile » qui m ‘a déchirée à l’intérieur lorsqu’on me l’a annoncé. Et tandis que je souhaitais garder un certain détachement, voilà que le sujet envahit tout. J’ai la trouille, je suis en colère et triste. Que sera notre vie sans enfant, saurons nous l’inventer, pourra-t-elle nous satisfaire à long terme ? Faut-il déjà que je me projette sur une PMA ? Je connais si peu mon corps et tous ces termes techniques qui évoquent si peu de choses pour moi. Les jours passent et tandis que je me sens « sèche », le ventre de ma jeune collègue ne cesse de s’arrondir. Malgré moi, j’ai de la peine à contempler son bonheur, l’écouter parler de ses projets commence à me devenir difficile et je me déteste pour cela…