C’est OK

J’ai envie de me nourrir exclusivement de légumes, de faire des gouters d’amandes plusieurs fois par jour : c’est ok.

J’ai besoin de larver et de ne rien faire, de laisser la maison proche d’un état apocalyptique : c’est ok.

Je prends un bain, débordant de mousse qui sèche la peau, et je trempe bien plus que nécessaire : c’est ok.

Je regarde des émissions relatives à la décoration et à la vie des animaux  des journées durant (merci Stéphane Plaza et C8) : c’est ok .

Je n’arrive pas à penser, à m’organiser, me projeter : ça fait chier mais c’est ok quand même.

Je vais 15000 fois par jour sur instagram, facebook et linkedIn (tout en regardant la tv) : c’est ridicule mais c’est ok.

Quelle que soit la couleur des jours à venir, c’est ok.

 

 

Écrire de là où j’en suis*

* en réponse à la bien aimée Christie

J’ai remis le chauffage ce matin, il fait terriblement froid dedans, dehors. C’est infiniment triste, sombre, comme cette période que nous avons à traverser.

Je suis restée à la maison, je me remets de mon intervention dentaire. Un moment fulgurant et néanmoins douloureux. J’ai traversé la journée, car je suis bourrée de médicaments.

Néanmoins j’ai terminé mon MOOC sur la GRH. J’ai adoré ! Adoré l’idée de me former gratuitement chez moi, quand et comme je le veux, à mon rythme, sur un sujet qui m’intéresse. Je trouve vraiment puissante cette nouvelle forme d’apprentissage, même si au final l’exercice est solitaire et ne permet pas de se confronter à d’autres apprenants. Il me faut digérer un peu mais je crois que je vais regarder de plus près d’autres sujets proposés sous cette forme.

J’ai laissé fleurir des envies, faute de pouvoir les mettre en application immédiatement : ré-amenager mon bureau pour l’investir autrement, pour me donner la place d’écrire, de m’occuper à mes « petits papiers », j’ai cherché en vain une formation de pratiques narratives dans ma région.

J’ai reçu un sms d’une amie avec laquelle je ne suis plus en contact, j’ai reçu des encouragements pour cette journée, ma maman poule est venue me visiter, j’ai réservé un week end en Ardèche avec mon Népou, j’ai cherché une robe cache cœur sur le net.

Les mots de mon ami de cœur ont creusé des sillons, le travail s’est immiscé dans cette journée.

Mais où j’en suis ? Vraiment ?

Et bien je ne sais pas…

Avril

Penser que le printemps sera doux, différent // Les vacances, enfin ! // Enfiler les kilomètres en voiture et penser que décidément, le train c’est bien // Le Puy en Velay, ses montées, sa Vierge, son Saint Joseph, la maison collée au rocher, le dîner haut en couleurs  avec un graffeur hyperactif // Le Tarn et Garonne, la famille, l’enfance, l’amour, nos souvenirs communs ma cousine bien-aimée, mes regrets, une nuit de colère, le pont de Millau, L’Aveyron, la nature resplendissante // 2 ans, déjà… Le sentiment que c’était hier. Les souvenirs de cet instant si fort à la Mairie d’abord puis après. Et cette question lancinante : « est ce que ça peut durer toute la vie ? » // Avoir des conversations de l’espace avec des personnes en recherche d’emploi qui ne cherchent plus, qui se demandent pourquoi on les appelle, qui ne savent pas chercher… qui font chier // Un attentat, encore. Et la peur qui se noue à nouveau au creux du ventre // Décider définitivement de ne pas y aller // Avoir des envies de robes // La nature à respirer à pleins poumons, le vert, les fleurs, les arbres, les oiseaux // Après notre échange téléphonique, mesurer que notre amitié est définitivement fanée // L’intervention des dents qui se rapproche et l’opération de la mâchoire qui s’éloigne (alléluia !!!) // Être stressée, constamment, un peu perchée, dans les tours et se demander quand tout cela va enfin redescendre // L’au revoir émouvant de cette responsable de service (si tu me lis, je t’überkiffe) // Des énervements successifs liés à cette élection. Les injonctions, les leçons de morale, la culpabilisation, qui n’ont pas de prise sur moi //

Gratitudes de la journée

Se lever tard.

Déjeuner de petites choses nouvelles et laisser le temps s’étirer parce que c’est bon, doux, bien.

Aller se balader au petit matin avec ma maman et bavasser sur l’utile, le futile, le fondamental et la famille (on y revient toujours).

Aérer la maison, ouvrir grand les fenêtres qui donnent sur la montagne. J’aime toujours autant ce décor de roc qui me rassure, habille mon décor, le sublime.

Ranger. Je ne sais pas d’où me vient ce goût pour le rangement…

Aller lui rendre visite. L’écouter radoter, me poser les questions qu’elle m’a déjà posé 1000 fois. Regarder sa peau tachetée, abîmée.

Me poser. Larver. Je n’en peux plus d’être dans le faire. Je surkiffe le bullage !

Cuisiner, un peu, à nouveau, reprendre goût.

Faire le sac pour le lendemain, penser à ce qu’il y a à faire au cours de la semaine à venir. Pour soi, pour ne pas s’oublier.

Écouter mon Namoureux me raconter sa journée.

L’aimer, cette journée.

 

Grandir avec

Je suis née en 1975.

Plusieurs années plus tard, s’abattait sur nous le virus du SIDA. Nous avons été considérés comme la « génération SIDA ».

J’ai en mémoire des épisodes très forts, dans mon quotidien de lycéenne d’abord. Des discussions entre amis, des préoccupations, les cours de biologie (et donc d’éducation sexuelle). Puis des moments forts de télévision, par la suite. Dechavanne et son « sortez couverts », Clémentine Célarié et son baiser, le film Philadelphia, des affiches de prévention, des chiffres terribles, des contre-vérités… Quelque chose de diffus et pourtant de très réel planait sur nos têtes. Le risque de mourir. D’amour, d’aimer, de baiser…

Aujourd’hui, le virus du SIDA n’a pas totalement disparu mais il est moins présent. Il cause toujours des morts mais il peut être combattu. La jeunesse est informée des risques mais sans doute moins imprégnée que nous l’avons été.

Le nouveau risque qui nous guette, est le risque terroriste. Lâche, injuste, crasseux. Chaque accalmie est suivie par une nouvelle période noire qui fait des morts, des blessés. On ne sait pas où cela va tomber, quand, qui est visé. Mais la menace est toujours là, tapie.

Bien que d’éminents spécialistes aient donné leur avis sur la question, bien qu’ils réfutent le terme, je me sens en guerre. C’est extrême pensez-vous et sans doute avez vous raison. Nous sommes pas en Syrie, au Liban, au Mali, en Irak. C’est vrai. Mais pour nous occidentaux, il me seble que c’est une nouvelle forme de guerre.

Mon mari vit à Paris, nos amis, des membres de ma famille.

Cette tension perpétuelle m’est insupportable. Cette idée même m’est insupportable. Devoir vivre avec la peur, aujourd’hui, ici dans mon pays, pour des questions de religion me parait à la fois injuste et impensable.

Mais si…

 

Quand ça sent le vécu…

Moi : Bonjour, je vous appelle parce que vous avez envoyé une candidature d’hôtesse d’accueil, or nous recrutons uniquement sur des postes RH.
Mme : Ben oui, je recherche en RH !
Moi : Sur votre Cv, vous ne faites pas mention d’expériences en RH.
Mme : Ben j’ai fait des stages. Je ne sais pas si vous savez mais tout ne rentre pas sur un CV !!!
Moi : Comment voulez vous qu’un employeur considère votre candidature si vous ne faites aucune mention de vos expériences pour le poste ? D’ailleurs, vous cherchez en RH mais en en tête je lis Hôtesse d’accueil ????
Mme : Olala mais qu’est ce que c’est que cet appel ? Un employeur, il appelle quand il retient votre candidature. Vous m’appelez pourquoi vous là ? D’abord, j’ai même pas compris le nom de votre société !
Moi : Je ne suis pas une société et si je prends le temps de vous appeler, c’est pour vous donner un conseil Mme, celui de corriger votre candidature.
Mme : Non mais qu’est ce qu’elle dit elle !!! Bon on va arrêter là parce que j’attends des appels d’employeurs moi Madame.
Moi : SCREUGNEUGNEUARGHHHHHH

Je vote

Je vote

Lorsque je choisis la composition de mon repas au petit déjeuner, au déjeuner et au diner.

Dans les produits de 1ere nécessité que j’achète, en choisissant le lieu d’achat, en regardant la provenance, les moyens de fabrication, les heures de vol au compteur, le prix final.

Lorsque je me vêts, me chausse.

Dans les produits que j’achète pour me maquiller.

Dans le choix de mes déplacements : voiture essence, train, transports en commun.

Lorsque je pars en vacances, en France, en Europe, sur un autre continent.

Dans le choix de mes lectures, des quotidiens que j’achète.

Dans la manière de me soigner.

Dans mes activités, mes hobbys.

Dans les lieux que je visite, que je « fréquente ».

Dans le choix de mon métier et le lieu où je l’exerce.

La France fait battre mon cœur et j’ai la volonté qu’elle avance, progresse, grandisse, se répare.  Je pense qu’elle en a la force et qu’unis nous y parviendrons. Je ne tiens pas à ce que l’on parle en mon nom, je ne suis pas insoumise, ni tout à fait en marche…

 

S’extraire

Pendant une semaine

Ne pas écouter les informations d’ici et d’ailleurs,

Se lever quand le corps le décide,

Manger à l’heure où le corps a besoin,

Ne pas se maquiller, ni s’apprêter,

Se laisser porter par le chemin, par les sites à visiter,

Oublier et se sentir profondément ancrée dans le présent,

Se laisser dorer par le soleil, puis se protéger des gifles cinglantes du vent,

Tout apprécier : champs, châteaux, jardins, ruelles animées ou désertes,

Avoir le sentiment curieux de flottaison.

D’apaisement intérieur, de bien être…

 

L’heure du voyage

J’aime plus que tout mettre mon réveil en mode silencieux, ranger mes affaires d’hiver pour laisser place à celles d’été, faire une liste de « choses à emporter », et préparer mon sac.

Nous n’allons pas loin cette fois, dans le sud, dans la famille, au chaud (au propre et au figuré).

Nous sommes attendus par les enfants, par les parents sans doute aussi mais différemment….

Pour la première fois depuis de très nombreuses années, le travail ne me poursuit pas. Je n’en rêve pas, je ne le porte pas dans mon quotidien, ce qui est pour moi un vrai signe que les décisions prises ont été les meilleures possibles pour moi.

Enfin, je profite de chaque instant, de chaque chose que mon regard croise, sans avoir à me dire, « il faudra y retourner (j’ai pas envie) ».

J’ai hâte de mettre le sac dans la voiture et de partir. J’ai hâte de ces vacances en famille, que mes filleules me disent marraine avec le r qui roule et de chaque instant partagé avec elles qui grandissent trop vite.

Ce début de printemps est doux.