Lister pour ne pas oublier mes envies

Me former : à l’EFT, à la pratique narrative ;

Manger mieux, cuisiner plus souvent et prendre de l’info à propos de l’alimentation intégrative ;

Consommer moins de choses inutiles ;

Multiplier les RDV culturels ;

Voyager ;

Prendre soin de moi ;

Méditer, plutôt que de m’avachir devant la tv lorsque je rentre le soir ;

Me fixer des RDV avec moi (méthode Chine Lanzmann)

Prendre le temps ;

Prendre le temps ;

Prendre le temps ;

Tenter de faire 15 min de vélo d’appart le soir ;

Aux beaux jours, reprendre la marche rapide ;

Renouer avec moi, tout doucement…

Publicités

Poussière

Des sanglots, entendus, étouffés dans le couloir.

Puis à 10 h l’annonce. Le crabe l’a emportée, en 3 mois.

Je connaissais peu cette collègue. Nous nous croisions au moment du déjeuner et parfois dans les couloirs. Un sourire, un bonjour et c’était tout.

Et pourtant, cette annonce m’a pétrifiée.

Tu travailles toute ta vie, dans des conditions parfois difficiles et à quelques années de la retraite, la grande fourche vient faire son sale boulot.

Est ce que cela m’empêchera de retomber dès lundi dans le tourbillon professionnel qui est le mien, à laisser trainer une situation personnelle pesante, à ne pas râler pour un oui ou pour un non, à prendre du champ comme j’aime à le dire ? Je ne sais pas. Sans doute pas. Mais merde, il faut profiter !

La bouffe émotionnelle

La bouffe émotionnelle, c’est lorsque tu rentres du boulot, éreintée, et que tu te jettes

1/ sur tes amandes préférées

2/ sur tes galettes de riz préférées de chez Gerblé (tu sais les fines un peu salées)

Pour un ensemble de raisons :

tu n’es pas contente de ta journée parce qu’il te semble de n’avoir fait que du superficiel,

tu as eu le sentiment de devoir chercher les infos, à tort et à travers parce que rien n’est organisé, classé, mis en ordre

tu ne te sens pas en maitrise totale des choses, tu hésites, tu pinailles

cette putain de confiance qui te lâche, invariablement, lorsque tu en as le plus besoin (off course)

la fatigue, à tous les étages…

De l’émotion donc…

 

Cocher les cases

Il y a quelques années  de cela, j’ai fait appel à une coach, pour travailler sur mon assertivité.

Cet accompagnement pris sur mon compte DIF, m’avait permis de faire le point pour moi et de travailler ma communication ainsi que certaines de mes craintes et représentations.

J’avais particulièrement accroché avec cette professionnelle, très à l’écoute, bienveillante et très outillée. Elle m’a conseillé des outils, des lectures et j’ai pensé à cette époque qu’elle faisait un métier formidable, que j’aimerais exercer aussi.

A cette époque, je ne considérais pas mon accompagnement comme du conseil. Je n’avais pas confiance, je ne me sentais pas légitime (toujours cette sacro sainte confiance !). Et puis elle… Sa présentation, son professionnalisme, sa technicité, son assurance… Elle m’avait impressionnée.

Quelques années plus tard, j’ai appris qu’elle était devenue très proche avec une collègue de travail, laquelle me racontait à quel point cette personne était seule dans sa vie, en galère professionnelle et surtout, très peu confiante. Cela m’avait pétrifiée. Quel écart entre ce que j’avais perçu et la réalité.

C’est à elle que j’ai pensé cette semaine.

Mon activité de conseils sur mon poste va grandissant, je reçois des candidats que je conseille, rebooste, outille, secoue parfois ; j’ai des retours positifs, sur ma personne et ma compétence.

Lorsque je demande aux candidats s’ils prennent du temps pour eux, le recul nécessaire par rapport à leur métier, s’ils se respectent dans leur quotidien de travail, s’ils se donnent de la place : ce sont exactement des conseils que je pourrais me donner. Je ne suis pas la personne que je montre, pas complètement en tout cas.

Je ne me laisse pas beaucoup de place, je prends peu de temps pour moi, je me légitime peu et ma vie est loin d ‘être remplie comme je l’aimerais.

Difficile parfois de se coacher, lorsqu’on le fait pour les autres.

 

 

Chercher la procrastination

Les articles sur la procrastination fleurissent, de même que les billets de personnes qui mettent en place des « trucs » pour cesser de procrastiner.

Ce qui, je dois le dire, me laisse songeuse, sans pour autant le critiquer.

En effet, je n’ai qu’une envie : PROCRASTINER !!!

Prendre le temps, voire même le perdre, à se poser, à ne rien faire est devenu un réel besoin pour moi. J’ai besoin de vide, de moments de contemplation et bien sûr de méditation. Dans ma tête, il m’est nécessaire de laisser de la place pour me retrouver un peu, pour m’ennuyer si nécessaire, pour contempler la nature, pour faire une pause tout simplement dans un quotidien qui me dévore parfois.

Ce besoin de me retrouver avec moi est assez récent. J’ai vécu, en effet, des moments très anxiogènes de solitude, tandis que je les recherche fortement aujourd’hui. Rien n’est plus ressourçant pour moi que ces moments de silence, mes moments d’écriture, de lecture…. de paix intérieure.

Aujourd’hui, en recup’, je savoure chaque instant, qui me remplit littéralement et me rend heureuse (rassurez-vous, il ne fait pas le temps de la photo ;)).

Soi contre soi

Je l’ai ignoré longtemps, puis combattu. Je lui ai infligé des vexations et des blessures. Je l’ai laissé de côté, mis au rebut.

J’ai compris trop tard, que je devais en prendre soin, l’aborder avec douceur, bienveillance, tolérance.

Avec mon corps, nous ne nous sommes pas rencontrés… J’ai fait avec cette enveloppe contre mon gré, je l’ai trainée sans l’assumer.

L’hyperphagie m’a dévorée littéralement, m’a pourri la vie.

Il m’a semblé, ces derniers mois que la vie nous réconciliait un peu.

Et puis voilà que la pré ménopause a fait son entrée. Ma peau change, elle est hyper asséchée, mes traits se creusent, je dors mal, je pleure beaucoup et à tout bout de champ, j’ai envie de dégommer beaucoup de monde, la moindre contrariété me fait monter dans les tours, mon odeur a changé (truc de dingue !!!). L’ascenseur émotionnel est  déroutant et particulièrement éreintant.

Tandis que je commençais à m’accepter (un peu), à me considérer (plus), voilà que mes hormones viennent, encore une fois, foutre le bordel.

La pré ménopause, c’est aussi le moment, où tu prends (violemment) conscience que tu avances vers quelque chose et que tu ne pourras plus jamais revenir en arrière. Parce que voilà, à partir de maintenant c’est définitivement trop tard. C’est mort. Et ce deuil, c’est un putain de deuil.

 

Se choisir

Je me demande toujours si le travail, mon travail, m’a choisie ou bien si c’est moi, mue par un ensemble d’éléments, qui l’ai choisi.

J’ai eu l’occasion de l’écrire ici, ma maman, avant de rencontrer mon père était travailleur social. Avant son changement d’orientation, elle avait réussi un concours pour travailler au Ministère de la Justice. J’ai été bercée par ses récits, par ses projections aussi, ses espoirs et ses regrets de n’avoir pas continué dans le domaine.

J’ai débuté ma carrière en contrat aidé. Je ne m’en félicite pas et ma retraite en sera altérée, néanmoins ces 6 années de précarité puis les 6 suivantes en CDD m’ont permis de me connecter à une réalité, celle de toutes les personnes que j’aurai à accompagner ensuite, pour les 13 années à suivre.

Une de mes responsables de service m’a souvent répété qu’il n’était pas nécessaire d’avoir vécu pour comprendre. Aujourd’hui, je suis intimement convaincue du contraire. Je n’aurai pas accompagné de la même manière si je n’avais pas vécu l’attente, l’anxiété, les labyrinthes administratifs, les débuts et les fins de mois difficiles, les relations tendues avec Pôle Emploi, la dévalorisation, la perte de confiance… Je savais.

Depuis le début de ma carrière donc, j’ai le sentiment d’évoluer dans des contextes difficiles et plus je vieillis, plus ils me semblent tendus. Dégradation des conditions de travail, manque de moyens, absurdités administratives, chefs qui ne savent pas cheffer, egos surdimensionnés qu’il faut supporter et parfois accompagner, équipes exsangues mais pourtant toujours sur le pont.

Je suis une personne tranquille, qui a besoin de stabilité, d’un environnement calme et protecteur. Je n’ai jamais travaillé dans ces conditions.

Pourquoi alors ?

Inconsciemment et certainement pour poursuivre les rêves de ma mère dans un premier temps, pour me trouver ensuite et pour me « réparer ». C’était au début. Néanmoins, je me pose toujours la question.

Du stress, des conditions de travail qui me sont difficiles : open space, bureaux partagés et jamais fixes pour accueillir mes candidats, tâches administratives toujours plus lourdes, injonctions contradictoires, temps qui manque.

La description n’est pas reluisante et ne donne pas envie.

Ce que j’aime infiniment, c’est le sentiment d’être utile. Lorsque j’écoute, lorsque j’aide à faire le tri dans des idées, des projets parfois emmêlés, lorsque je donne des conseils pour mener à bien sa recherche d’emploi, lorsque je renvoie du positif, lorsque j’accueille les larmes, la colère, la détresse ou la joie.

C’est ce qui me fait tenir…. et vibrer.

Courir après lui, tout le temps

Trois soirs par semaine, je me rends à la maison de repos pour la visiter. Je rentre tard. Je commence par m’écrouler. Je prépare le diner, puis le repas du lendemain et ensuite je me pose un peu pour écrire ici.

Un soir par semaine, je vais faire mes courses. Et rebelote. Ecroulage, cuisinage, écrivage.

Je m’accorde un soir par semaine. Pour les RDV divers et variés ou pour moi. C’est selon.

Lorsque je peux m’accorder du temps, je médite, j’écris dans mes nombreux carnets ou bien je téléphone.

Les weekends où je suis seule, je m’occupe de ma maison principalement, je m’aère, je vois les rares amis qu’il me reste, j’essaye de faire baisser ma liste de livres à lire.

Il me semble, que malgré mes efforts, pour rationaliser, je n’ai jamais le temps. Il me manque.

A la table du petit déjeuner, dans la salle de bain, le midi, le soir, le week end et plus que tout lors de mes congés ou vacances.

J’ai entendu cette semaine, que le temps nous parait plus long à mesure que nous vieillissons car nous vivons de moins en moins de premières fois.

Il semble que ce soit le cas pour moi…

 

J’ai un filleul…

J’en ai 4 en réalité.

Deux grands garçons et deux ados, des filles.

J’ai, je dois le dire, un petit faible pour lui.

Lorsqu’il était enfant, nous ne nous entendions pas très bien. Nous ne nous sommes pas vraiment rencontrés. Je l’avoue ici, avec une pointe de honte, je me suis tenue très éloignée de cet enfant bruyant (et si tu me suis, tu sais à quel point le bruit me fait fuir !), très bouge-bouge (non je n’ai pas écrit hyperactif), qui me regardait sans me considérer vraiment.

Son enfance a été agitée. C’était un enfant colérique, qui parfois, pouvait se mettre dans des colères noires qui le conduisait à se blesser. J’en ai été peinée pour lui. Et j’ai pensé secrètement au fond de mon cœur (oui c’est mal), que je serai bien incapable de gérer un tel enfant, qui était tout sauf un cadeau.

Ado, j’allais parfois le chercher au collège. Avec moi, il était mutique. Dans la voiture nous écoutions du rap, « ça va ? mmmmh ». Nous nous en tenions donc à cela.

Il a vécu, comme moi, des années scolaires très difficiles. Il n’y trouvait pas sa place, son seul souhait étant d’être dehors, dans la nature.

Et puis, il a trouvé la bonne filière. Une filière technique qui lui a permis aussi de rencontrer des patrons avec lesquels il s’est entendu immédiatement, qui ont pris le temps de le former techniquement et de le faire grandir.

C’est un jeune homme engagé dans le travail. Il a toujours été recommandé par un employeur à un autre, a cumulé dans sa courte vie plus de CDI que moi. Il s’est révélé. Aidé bien sûr par toutes ces personnes qui lui ont ouvert des portes vers l’extérieur et vers lui même.

Il a repris des études, il a voyagé en Europe (plus que moi !).

Aujourd’hui, c’est un homme que j’ai un infini plaisir à côtoyer, à connaitre vraiment.

Nous avons passé quelques jours de vacances ensemble ces dernières années. Chez lui. Et je suis bluffée de voir quelle magnifique personne il est. Attentif, curieux de l’autre, à l’écoute, généreux, un ami fidèle. Bien sûr, il y a ce grain de folie de l’enfance qui est toujours là. Son besoin de bouger, de découvrir le monde, ses fantaisies parfois couteuses. Mais il prend la vie par tous les bouts, il profite des instants, il fête tout ce qu’il peut fêter.

Il s’entend merveilleusement avec le Népou, qui l’apprécie énormément aussi. Et ça aussi, c’est un cadeau pour notre famille.

A chaque fois que nous nous voyons, j’ai ce petit pincement au cœur. Celui qui me dit, « toi, tu ne vivras jamais ça ». Le bonheur d’avoir dans ma vie un bel être à aimer, qui s’épanouit, grandit de la plus jolie des manières, vient mettre du soleil dans ma vie à moi…

 

 

Qui sommes nous « vraiment » ?

J’ai repris mon activité d’accompagnement.

Pas forcément comme je voudrais, pas forcément de manière sécurisante pour moi. Mais sans doute, dois-je renoncer à cette forme de perfection vers laquelle je tends toujours et qui, peut être, n’a pas lieu d’être.

J’accompagne des personnes en activité. Principalement des techniciens de terrain et des cadres, dans le domaine social et le médical. Et comme précédemment, essentiellement des femmes.

Depuis 15 ans que  j’accompagne et quelles que soient les personnes reçues (mère de famille, personnes en grande précarité, cadres…), je dresse le même constat alarmant : les femmes n’ont pas confiance en elles ; elles ne sont pas conscientes de leurs compétences, de leurs talents ; elles ne s’autorisent pas (à être encadrante, à prendre des décisions, à partir, à rester, à dire non). Elles cumulent les casquettes (professionnelle, mère, femme, encadrante, femme de, fille de ….) et se perdent.

Clairement, les personnes qui viennent jusqu’à moi ne vont pas bien. Le corps lâche, le psychisme est sur la corde, le travail n’est pas ou plus satisfaisant. On flirte avec le burn-out. Mais on tient, on avance contre vents et marées. A quel prix…

Il faut dire que le rythme du travail aujourd’hui (mais depuis hier déjà) ne correspond pas aux rythmes des êtres. Nous courrons toutes et tous. Après une réunion ; pour appliquer des décisions, le plus souvent iniques, prises plus haut ; pour mettre en place des projets (alors que les précédents n’ont pas été évalués) ; pour avoir des résultats ; pour économiser trois francs six sous.

Le marché du travail est implacable, il faut être irréprochable, entrer dans des cases, être l’employé PARFAIT.

Je suis toujours bluffée, et attristée surtout, par la manière dont ces femmes s’envisagent, par le peu d’intérêt qu’elles s’accordent, par la censure qu’elles s’imposent pour évoquer leurs savoirs, leurs savoir-faire, leurs compétences, le plus souvent très vastes.

Savent-elles seulement la densité qui est la leur ? Combien leur parcours est impressionnant, riche, beau. Pourquoi ne sont-elles pas fières d’elles, de tout ce qu’elles ont accompli ?

De qui ELLES SONT ?

Car elles sont : des mères, des femmes de, des professionnelles engagées, des responsables de service. Des personnes passionnantes, qui portent une histoire personnelle et professionnelle, des valeurs, des croyances fortes.

En parlant d’elles, je parle de moi bien sûr. Nous sommes toutes et si souvent dans l’excuse d’être qui nous sommes et surtout dans l’excuse de qui ne nous sommes pas : une femme parfaite, une professionnelle exemplaire.

L’année précédente m’a permis de progresser dans ce domaine et je mets toute mon énergie au service de celles que je reçois afin qu’elles acceptent (enfin) d’être qui elles sont vraiment. Avec des ombres, des incertitudes, des doutes. Mais elles sont tellement importantes ces aspérités qui nous rendent uniques. Ensemble, nous construisons un chemin qui doit leur permettre de conscientiser et revendiquer toutes les forces qu’elles déploient au quotidien. Afin qu’elles en soient fières, qu’elles se reposent sur elles pour construire un parcours professionnel qui leur correspond !