Syndrome de glissement

Définition 

Le syndrome de glissement (en anglais sliding syndrome) est une décompensation rapide de l’état général, faisant suite à une affection aiguë qui est en voie de guérison et qui parait guérir. La personne semble refuser inconsciemment de vivre.

Nous en sommes là. Dans cet entre deux, sur la ligne ténue qui marque la séparation entre le vie et la mort. C’est un temps suspendu où chaque jour est une lutte contre la montre. Nous scrutons chaque verre d’eau bu, chaque cuillère à soupe avalée, chaque taux (et ils sont nombreux). Nous emmagasinons les moments, les secondes, les paroles prononcées, les sourires, les gestes.

Le médecin nous a dit, très pudiquement de « nous préparer ». Je ne le suis pas, je ne le serai sans doute jamais. Chaque jour est un jour gagné même si j’ai conscience qu’elle ne le souhaite pas. Continuer à vivre, comme ça, dans son lit, sans voir le soleil qui se lève, sans voir les arbres de son jardin, avec des jeunes femmes, plus jeunes qui moi qui l’aident pour tout. Se lever, s’habiller, se laver, aller au toilettes.

Je pense sans cesse à ce temps avec elle et à ce que sera notre vie, ma vie, sans elle. Cet après. Elle ne cesse de me dire qu’il faut que je profite. Mange (notre grand sujet commun) ! Sors ! Voyage ! Elle me rappelle chaque jour, de vivre, intensément.

Ce que ni elle ni moi n’avons fait jusque là…

Pourquoi je me lève

Pour  aller bosser. Retrouver mes collègues, accompagner, avancer sur des projets, faire des bilans d’accompagnement, essayer de me faire entendre, aller me confronter, apprendre, me dépasser parfois.

En ce moment, je suis réveillée entre 4 h 43 pour être précise et 5 h 15. Invariablement, à quelques minutes près. J’ai des valoches sous les yeux, une tête de déterrée. L’insomnie devient année après année une vieille compagne.

Je me lève pour contribuer mais parfois je ne sais plus, parfois je ne comprends plus et je désespère.

Écrire

« Je pense que l’acte d’écrire trahit quelque chose qui suinte, un grain de sable dans l’engrenage, quelque chose qui vous tracasse, vous fait gamberger. Si on avait des vies parfaitement lisses, on n’écrirait pas ». Tatiana De Rosnay  

Ma vie est lisse, sans aucun doute pourtant l’acte d’écrire m’est indispensable. Car à n’en pas douter, cela suinte et je gamberge tout le temps.

Depuis aussi longtemps que je me souvienne, depuis que je sais écrire, j’écris.

J’écris pour aplanir les lignes, pour prendre de la hauteur, pour atténuer les maux.

J’écris car cela m’apporte une certaine légèreté, une forme de bonheur, un plaisir réel. J’aime voir mon texte prendre forme, j’aime me sentir, une fois l’idée, le propos posés, alignée. Écrire est pour moi physique.

J’écris ici, sur plusieurs blogs depuis plus de 12 ans, dans des carnets, dans des cahiers. Un pour , chacun avec sa couleur, son format. J’écris le soir, la plupart du temps et depuis peu, je me suis mis aux morning pages, insomnie oblige.

J’écris sur moi, sur mon quotidien. Je ne suis pas certaine de pouvoir écrire sur autre chose. Je m’y suis essayée une fois, dans un atelier d’écriture. Le thème imposé était tellement remuant que j’en ai pleuré, incapable d’explorer le propos tel que je l’aurais souhaité, je suis partie.

J’écris en ritualisant. Sans cela, le plaisir ne serait pas le même, je ne pourrais pas m’installer aisément dans l’instant.

Longtemps, j’ai tout gardé. Les journaux intimes sont rangés précieusement. Mon 1er blog est toujours en ligne. J’ai imprimé chaque texte du second. Quant à celui ci, je le laisse vivre…

Violences

Matin

Il est 7 H 45, je patiente à un feu.

Traverse un homme avec une laisse autour du cou, une cannette de bière à la main, dégingandé, suivi par un chien qui avance la queue entre les jambes.

Comme le font tous les êtres qui sont humiliés, voire violentés.

Un court instant, mon regard décroche et lorsque je le regarde à nouveau alors qu’il a traversé, je le vois hurler sur son chien, brandissant la laisse, prêt à lui taper dessus, le chien à terre, regard baissé. Résigné.

Mes tripes se tordent mais je n’ai pas le temps de klaxonner, de baisser la vitre, il faut avancer déjà.

Lâche violence, contre un animal. Violence crasse, à l’image du personnage.

Après-midi

Sous les fenêtres de mon bureau, au travail, avec ma collègue nous entendons des crissements de pneus, un bruit violent. Nous nous mettons à la fenêtre : une voiture percute un motard sur l’avenue. Un policier pour être précise. Nous ne voyons pas le reste de la scène. En une poignée de seconde surgissent des habitants du quartier, des enfants et évidemment, une armada de policiers. Plus tard, nous voyons l’homme encadré par des policiers, plus tard encore les habitants caillasseront quelques voitures. Le journal nous a appris ce matin que cet homme était armé…

Matin

Informations matinales à la radio. Une jeune femme, sortant d’uns discothèque toulousaine se fait violer par 5 ou 6 individus (!!!). La scène est filmée, diffusée sur les réseaux. A cause (grâce ?) à cette diffusion la victime est identifiée mais pas ses violeurs.

J’ai la nausée, à regarder, entendre, écouter. Je vomis cette société qui partout crée de la violence. Elle est inhérente à l’humanité. Je le sais, je l’ai intégré. Je n’en demeure pas moins atterrée, si je considère les habitants de mon pays comme « éduqués ».

Vaste débat…

Comme un lundi de rentrée

DSC03431.JPGIl y a eu cette boule au ventre, comme pour ma rentrée en seconde A2, il y a quelques années déjà, mais cette rentrée est restée gravée…

Et puis, le saut, dans cette salle, où nous nous sommes retrouvés à 60 pour notre séminaire de rentrée (comme les partis politiques nous avons aussi notre séminaire de rentrée… mais pas à la Rochelle…).

Il y a eu les présentations des nouveaux arrivés, ma DRH qui m’a souhaité un bon retour de vacances (devant 59 personnes, steuplait), il y a eu de multiples présentations projetées au mur : nos objectifs. Puis et pour finir, les groupes de travail, dont un que j’ai eu la chance de co-animer.

Voilà je suis rentrée.

Je nous ai regardé tous. A nous agiter, à cogiter, à donner pour la plupart le meilleur, à nous engager, à écouter les axes, les objectifs, les attendus, les lignes directrices… Et j’ai pensé que le cœur du service public battait là. C’est hyper prétentieux à écrire. Mais je le pense si fort ! Nous nous contorsionnons avec toujours moins de moyens, des situations toujours plus compliquées mais nous continuons, inlassablement à y croire. Il y a objectivement assez peu de choses qui nous réunissent tous, si CA. Le sens du service public.

Est ce que c’est moi ou ce poste qui m’absorbe totalement ?

J’ai besoin, comme ce soir, de faire silence, de faire ma revue de gratitude, ma méditation, écrire, pour me reconnecter à ce moi qui s’étiole.

J’ai besoin de me faire confiance pour enfin aller vers des activités qui me plaisent et me permettraient de renouer avec « mon artiste ».

Peut être qu’il me faut pousser des portes…?

J’attends l’automne

 

Je suis partie avec la canicule (et vais devoir revenir avec elle).

Je suis partie au moment où tout le monde revenait, bronzé-e, où d’autres préparaient leurs cartons pour partir définitivement.

Je suis partie au moment des annonces, ministérielles (qui m’ont fait tomber de ma chaises) et aussi internes (qui m’ont fait retomber de ma chaise, ouille !).

Je suis partie en ayant bouclé de justesse un projet, remis 15 jours avant tandis que j’étais seule au bureau. Un projet exaltant, dans lequel j’ai mis toutes mes tripes, sans savoir s’il va obtenir toutes les validations attendues.

Je suis partie lessivée, sur les genoux, portant les questions lancinantes qui sont toujours les miennes : suis je à ma place ? suis je capable de relever les défis qui me tentent tant et que l’on me confie enfin ?! Puis, il y a eu cette phrase, lancée par ma DRH, avant mon départ, lorsque je lui remettais tremblante comme une petite fille « ma copie ». « Cloudy, vous êtes enfin là où on vous attendait ». Je l’ai décortiquée cette phrase. Le « enfin », le « on », le « où on vous attendait ». Ça m’a fait les vacances, évidemment.

Mes vacances ont été à l’image de ces derniers mois. Fatigantes, peu satisfaisantes, chargées d’émotions, chargées de questions demeurées sans réponses. Il y a eu trop de soleil, trop de bruit, trop de nuit sans sommeil. J’attends donc les prochaines avec une infinie impatience, quelques petits jours en octobre.

A la rentrée, dès lundi pour moi donc, il y aura ce fameux projet, à mettre en œuvre (ou pas), une nouvelle responsable de service, des collègues qui partent, d’autres qui sont propulsés responsables de service… Parmi tout cela, toutes ces petites choses qui vont habiter mon quotidien, je DOIS me faire de la place afin de ne pas m’oublier comme précédemment… Prendre du temps pour moi, essayer de méditer tous les jours, faire de l’exercice, prendre le temps de lire tous les jolis livre commandés dernièrement. Bref, comme je le dis toujours, me mettre au centre…

Un air d’Anny Duperey

La première fois que nous nous sommes vus, il m’a dit j’avais un petit air d’Anny Duperey. Il m’a demandé si je connaissais. Oui, « Un éléphant ça trompe énormément ». Il a eu l’air rassuré. Il était passionné de cinéma, passionné aussi par les actrices. « Les grândes actrices ».

A l’issue de cette première rencontre, il a décrété que j’étais une fille bien. Une fille sérieuse et solide (rapport à mon poids sans doute…). Plus tard, dans une tirade émouvante et amusante, il m’a assurée que je pourrais toujours compter sur lui, quoi qu’il se passe avec son fils.

Au bout de quelques années, lorsqu’il serait suffisamment en confiance, il balancerait sur sa belle-fille, mère de ses deux seuls et uniques petits enfants. Un peu plus tard encore, il irait raconter à la famille que je suis stérile (mais pas son fils). Il m’engueulerait au téléphone « tu n’appelles pas assez ! » . Il viendrait nous rendre visite pour un petit séjour, nous trouvant « vraiment fatigants ». Le jour de notre mariage, il nous ferait cadeau d’un petit quart d’heure de honte, lorsqu’il balancerait en plein repas, devant mes parents consternés et nos témoins médusés, que le mariage est inutile, couteux, hypocrite.

Un personnage mon beau-père. Colérique, théâtral, soupe au lait, tendre.

Il est décédé l’année de notre mariage et contrairement à ses habitudes, il est parti sur la pointe des pieds. Nous réunissant autour de lui, pour l’accompagner.

Curieusement, je pense souvent à lui.

J’honore son anniversaire en allumant une bougie et aussi à d’autres moments, lorsque j’ai besoin de me reconnecter. J’ai le sentiment, indicible, qu’il veille sur moi, qu’il n’est pas très loin.

Souvent, je me demande ce qu’il dirait, ce qu’il penserait de la situation. Ses fils qui n’ont quasiment plus de liens, sa belle-fille qui a coupé tout contact avec nous, les petits grandissants loin de nous, son fils, incapable de prendre des décisions.

Je crois que je sais. Il râlerait, il pesterait, il serait profondément désolé.

Je le sais parce que les étoiles me l’ont chuchoté…

 

 

 

Asking Universe (le post du samedi qui ne sert à rien…)

Tous ces cheveux tombés en masse, vont -ils être remplacés par des cheveux blancs et me donner enfin le style tant attendu ? (Genre comme ça ?)

*** A silver/grey color is fantastic! and certainly in combination with a short hairstyle! Agree?!! #shorthairstyles

Que veut me dire ce ventre qui devient de plus en plus proéminent ? Oui parce que je suis ronde (en vrai je suis grosse mais je n’ai pas envie de l’écrire ce soir) d’à peu près partout sauf du ventre. J’ai des joues, des bras, des hanches, des cuisses grosses mais pas trop de ventre… jusque là. Ça devient gênant. A regarder d’abord, quand je porte des vêtements près du corps ensuite et enfin pour lacer mes chaussures. Je jure que j’ai arrêté la bière. Alors, c’est quoi le message ?

Et ces secousses relationnelles, que viennent elles dire ? Je crois que je sais. Mon besoin de ne plus faire plaisir à tout prix, celui de me faire de la place, la lassitude de toujours me rendre disponible, au moindre claquement de doigt, de peur de ne plus être « aimée ». Je ré-interroge d’antiques amitiés, qui furent belles mais ne sont plus…

Je brûle de vous mettre en lien cette vidéo https://dms.licdn.com/playback/C4D05AQGjuOUYN5a52Q/c6acdc0e96a74692b581bde21a9475e0/feedshare-mp4_3300-captions-thumbnails/1507940147251-drlcss?e=1535310000&v=beta&t=hdssk_VQ9gDZtX2urIr2IvJNRZ8he5BCKyHCwHm-tUM

Qui me rappelle pourquoi j’ai quitté FB, dommage que cela se transforme de la même manière sur IG… Pourquoi les gens ont-ils besoin de bâcher des personnes qu’ils ne connaissent même pas ? Énigme ou privilège de la bêtise humaine…

Et pour finir, ma question existentielle du week end, un brin décalée, voire choquante dans ma bouche si si : on s’en cogne du mariage de Vincent Cassel, nan ?

 

 

Un chapitre

Dans mes ateliers, je demande aux personnes que j’accompagne de construire leur ligne de vie professionnelle et de la découper en chapitres.

C’est un outil que je trouve puissant et qui permet de visualiser beaucoup de choses et donc de conscientiser le chemin parcouru.

Ce soir, je me suis retrouvée en présence d’un acteur de l’un des chapitres de mon parcours professionnel. Peut être pas le plus important mais indéniablement le plus affectif.

Le 1er chapitre de ma vie professionnelle, concerne mon expérience en emploi jeune en quartier prioritaire. Cela correspond à une deuxième naissance pour moi. Une entrée dans la « vraie vie », une confrontation avec un univers, des codes, des cultures éloignés, voire inconnus pour moi. C’est la période dont je garde le plus de souvenirs, doux, malgré les difficultés.

J’ai noué au cours de ces années une relation « privilégiée » avec un loulou de quartier. Un meneur, dur mais au grand cœur. Ponctuellement, depuis ces 10 dernières années, nous nous sommes recroisés. Et toujours pour moi avec émotion.

La première, celle de le voir devenir un homme, un professionnel, aujourd’hui un père. La seconde est de constater que la chaleur qu’il me témoigne est intacte, malgré la pudeur. Enfin, il y a toujours entre nous ce je ne sais quoi… je me hasarderai à évoquer de l’affection.

Il fallait me voir avec mes croyances, mes certitudes, mes peurs et mes maladresses face à ces adolescents, évoluant pour la plupart dans des univers de précarité. Nous parlions deux langues différentes. Ce qui pour moi était parfois difficile, notamment dans les processus de groupes. Lui sans jamais prendre franchement fait et cause pour moi, cela l’aurait décrédibiliser, ne s’opposait jamais frontalement et souvent lorsque les orages étaient passés, venait me voir en solo. J’ai appris d’eux, j’ai appris infiniment de lui.

Ce grand gaillard respecté, craint par certains adultes et pourtant si attachant. J’ai gardé, précieusement ses cadeaux ramenés de Tunisie, témoignages de cet ineffable, de ce qui se crée mais ne se dit pas.

Ce soir et grâce à lui, j’ai replongé dans certains souvenirs et dans ce qui pour moi a été déterminant dans mes choix professionnels : « travailler avec l’autre », dans la relation.

Chiller en travaillant (ou presque)

Ma boite (entendez mon employeur) n’est pas très innovante. Elle n’en n’a pas franchement les moyens… sauf en matière de télétravail.

Nous sommes une petite poignée à avoir commencé au début de l’été.

J’adore cette expérience !

J’avais des craintes au départ, celle notamment de me laisser distraire à la maison, celle de les espaces, que j’ai à cœur de laisser éloignés l’un de l’autre. Finalement, il n’en n’est rien. Jusque là, je ne me suis pas du tout laisser distraire et une fois l’ordi fermé, je passe allègrement à autre chose.

C’est une vraie chance pour moi de ne pas avoir à me déplacer une journée par semaine. Parce que les transports sont de plus en plus oppressants pour moi, ils sont coûteux et surtout fatigants. Et puis, travaillant en open space, c’est aussi l’occasion de prendre du champ lorsque l’on est à ce point les uns sur les autres.

Je suis studieuse et néanmoins beaucoup moins stressée à la maison, je m’organise comme je le souhaite, en toute liberté. Je trouve que c’est un luxe, ou tout du moins une réelle chance que je savoure.

Seul petit accro, ma pièce de travail : le bureau, qui aujourd’hui accueille outre le vélo d’appartement, la grande bibliothèque un ensemble d’objets qui ne peuvent pas être rangés ailleurs (lire débarras). Aussi, je ne m’y sens que moyennement bien. Il me faudrait ranger (de fond en comble) et surtout organiser la pièce autrement. Ce que je compte bien faire prochainement pour rendre le lieu plus doux, plus apaisant, plus cocoonant.