Chiller en travaillant (ou presque)

Ma boite (entendez mon employeur) n’est pas très innovante. Elle n’en n’a pas franchement les moyens… sauf en matière de télétravail.

Nous sommes une petite poignée à avoir commencé au début de l’été.

J’adore cette expérience !

J’avais des craintes au départ, celle notamment de me laisser distraire à la maison, celle de les espaces, que j’ai à cœur de laisser éloignés l’un de l’autre. Finalement, il n’en n’est rien. Jusque là, je ne me suis pas du tout laisser distraire et une fois l’ordi fermé, je passe allègrement à autre chose.

C’est une vraie chance pour moi de ne pas avoir à me déplacer une journée par semaine. Parce que les transports sont de plus en plus oppressants pour moi, ils sont coûteux et surtout fatigants. Et puis, travaillant en open space, c’est aussi l’occasion de prendre du champ lorsque l’on est à ce point les uns sur les autres.

Je suis studieuse et néanmoins beaucoup moins stressée à la maison, je m’organise comme je le souhaite, en toute liberté. Je trouve que c’est un luxe, ou tout du moins une réelle chance que je savoure.

Seul petit accro, ma pièce de travail : le bureau, qui aujourd’hui accueille outre le vélo d’appartement, la grande bibliothèque un ensemble d’objets qui ne peuvent pas être rangés ailleurs (lire débarras). Aussi, je ne m’y sens que moyennement bien. Il me faudrait ranger (de fond en comble) et surtout organiser la pièce autrement. Ce que je compte bien faire prochainement pour rendre le lieu plus doux, plus apaisant, plus cocoonant.

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Toi + moi

On s’est connu dans nos anciennes vies bloggesques, on s’est plu, parfois on s’est rencontrés, on a eu un vrai feeling. On s’est suivi de blog en blog, on est devenu ami-es.

Parfois cette rencontre a fait pschitt et ce n’est pas grave, parfois cette rencontre a fait pschitt et j’en ai été peinée.

J’aime tellement cette « relation » que nous avons noué de loin en loin. Nous ne nous connaissons pas mais il y a quelque chose de l’ordre de la sororité, quelque chose de fort qui nous unit par delà les mots, par delà la rencontre.

Ce qui est magique dans cette aventure du blog, c’est la découverte, le soutien, l’amitié, l’humanité qui se tisse, fleurit et rend plus forte, nous fait nous sentir un peu moins seule. C’est magique et c’est infiniment beau.

Lorsque j’ai commencé à écrire mon premier blog j’avais un objectif, celui d’écrire pour « monter en compétences », pour me tester auprès d’autres, car je souhaitais publier. Mon rêve secret. En parallèle, j’avais un journal intime tenu depuis mes 12 ans, auquel j’étais d’une fidélité sans faille, thérapeute à peu de prix et facile d’accès. Puis mes velléités d’être publiée se sont éloignées (alléluia) et le blog a supplanté le journal intime.

Le blog permet de poser rapidement ses idées, de les partager en ayant un feed back. J’ai aimé cela. Sur mes deux premiers blogs, j’avais une plus forte « audience » qu’ici et cela m’a permis de prendre confiance en moi, de m’envisager autrement. Au fil du temps ma pratique a évolué. Ce qui n’a jamais changé par contre, c’est mon intention. Celle de continuer à écrire pour mon plaisir, à n’écrire pour moi, rien que pour moi. Si cela vient toucher des sensibilités, j’en suis sincèrement heureuse, si nous tissons au fil du temps une jolie relation bloggesque, alors c’est mon cœur qui s’emplit de joie. Mais je n’ai jamais cherché à être très lue, approuvée par tous les moyens, voire même aimée. Ce blog c’est une histoire entre moi et moi, c’est une prise de risque, celle de m’exposer, de me mettre à nu même si j’ai choisi un avatar.

Pour autant, un lien fort s’est construit, je suis entrée dans un univers de douceur, une fidélité s’est crée…. qui m’a permis de rencontrer mon mari, de traverser les épreuves liées à ma fausse couche d’abord puis aux FIV et aussi les moments plus joyeux comme mon mariage notamment.

Cloudy est follement moi et je vous remercie de l’accepter, de l’enrichir, de la rendre forte, de l’envelopper aussi. Cette relation est un cadeau.

 

La liste des émotions

# La colère

Elle me pousse à revenir écrire ici. Je la connais bien, c’est, je crois l’émotion qui m’habite le plus et depuis toujours. J’y travaille bien sûr mais elle est aussi pour moi un indicateur, une alerte, que j’écoute en certaines circonstances. Elle vient me dire l’insupportable, le trop, le non gérable.

Actuellement, mes sources de colère sont nombreuses. Parmi celles ci, il y a l’inflation immobilière dans la grande ville dans laquelle je travaille. La surenchère bétonnière me rend folle. Chaque espace de la ville, jadis si belle, à taille humaine, offrant de jolies vues sur le paysage alentour est vérolé par les immeubles de plus en plus nombreux. Il faut chercher les espaces de verdure, lesquels ne sont d’ailleurs pas entretenus.

Je me demande comment on peut ainsi penser la ville et je déplore les projets qui sont portés par la municipalité qui ne correspondent en rien à ce que je me représente de la ville de demain, agréable à vivre, écologique, facilitant le vivre ensemble et les déplacements. Le visage qu’elle offre aujourd’hui est déformé, saturé, je le regrette. Je ne m’y que très rarement pour mes loisirs,  car tout est compliqué, du parkage jusqu’à la circulation piétonnière en passant par des lieux de vie « calmes », propices à la détente, à l’échange.

Mon autre sujet de colère est la violence. Jusqu’à aujourd’hui, j’ai toujours travaillé dans des quartiers nommés « Z » (zup, zep…) en 20 ans, j’ai travaillé dans 3 villes dans le top ten des villes et quartiers les plus violentes et précaires de France. Pour autant, je me suis toujours trouvée relativement protégée et j’ai évolué dans ces espaces sans peur. Mais voilà qu’en l’espace de quinze jours, 2 de mes collègues et 2 usagères des services dans lesquels je travaille ont été agressées, avec violence. Malgré moi, la méfiance et une forme de peur s’installent. Je fais attention lors de mes arrivées et départs, je ne me gare plus n’importe où et je regarde beaucoup l’environnement pour savoir qui est dans les parages. On nous a « conseillé » de retirer nos bijoux et de ne pas être dans de l’ostentatoire. L’ostentatoire en ces périodes de chaleur signifiant la manière dont nous les femmes nous nous habillons.

Ceci me met profondément en colère. Car je le pose ici et sans entrer dans le détail, la population féminine ces 10 dernières années a énormément changé dans ces quartiers. Alors quoi ? Faut il que je gomme qui je suis, que je me méfie au motif que je suis une femme ???? La question est posée et elle est effrayante et alarmante.

# L’amour

L’amour infini que je porte à mes parents, mon mari, ma famille, mes filleuls, mes cousines. Un amour inconditionnel qui porte, fait rayonner, qui étouffe parfois, qui questionne souvent. Mais qui est  essentiel. Chacun des êtres auxquels je pense en écrivant ces lignes a fait de moi la personne que je suis, m’a fait grandir, évoluer, m’a rendue meilleure.

Je crois et je le dis peu finalement, que j’aime la vie. Une vraie chienne parfois, qui m’a égratignée souvent. A plusieurs reprises j’ai voulu la quitter, m’effacer. Mais aujourd’hui et malgré des difficultés tenaces, j’éprouve de la gratitude pour ce qu’elle m’a offert, pour ceux et celles qu’elle a mis sur ma route, pour les étapes heureuses de ma vie que je ne regrette pas.

# L’espoir

J’ai l’espoir d’une vie meilleure pour toutes les personnes dans la souffrance, pour les populations en état de guerre.

J’ai l’espoir d’une société qui change, évolue positivement, laissant plus de place à l’être qu’à l’avoir, plus de place à l’écologie qu’au capitalisme.

J’ai l’espoir de vivre un jour avec mon Népou, à la campagne dans une jolie petite maison (de 90 m2 avec terrasse….)

# La haine

C’est un sentiment qui a été très fort chez moi adolescente. La haine de la famille surtout, la haine envers le système scolaire. Il m’a quittée lorsque j’ai commencé à travailler, à devenir plus indépendante et forte, lorsque j’ai eu la possibilité de choisir.

# La joie

J’éprouve de la joie dans la nature avec laquelle je me sens de plus en plus connectée, que je recherche de plus en plus par ailleurs. J’éprouve de la joie à observer la nature, à la respirer, la humer.

Et puis je ressens beaucoup de joies liées à la culture. La découverte d’un auteur, d’un livre, me retrouver dans une salle de spectacle, face à une scène. Tout cela me fait éprouver de la joie.

J’ai des joies professionnelles. Lorsque la personne accompagnée abouti à son projet.

# La peur

J’ai évoqué certaines peurs plus haut. Celle qui revient de plus en plus en ce moment c’est la peur de la mort, d’une certaine personne, celle de mes parents aussi, celle de ceux que j’aime.

Et ma peur la plus forte (en dehors des araignées et des papillons de nuit géants) c’est la peur de vieillir seule…

# La surprise

Devant la nouveauté, devant ce que l’autre offre intentionnellement ou pas, devant ce que la vie pose de joyeux et d’inattendu sur ma route.

# La tristesse

Mes tristesses sont nombreuses et surtout liées à des relations amicales et familiales qui ne sont plus, sans que je sache exactement pourquoi.

L’été de tous les étés…

Je ne viens plus ici. Ce sentiment, cette habitude, ce rituel ne deviennent plus indispensables.

Ce blog, cet essentiel pendant si longtemps, perd de son importance, de sa vitalité, de son essence.

Je n’ai plus rien à dire, plus de traces à laisser. Cloudy semble s’effacer, non pas pour laisser la place à celle que je suis vraiment, je ne sais pas qui je suis vraiment mais Cloudy est lasse de tourner autour d’elle même.

Venir ici, c’est radoter un peu, c’est s’apitoyer, c’est se laisser ensevelir.

Je laisse les jours s’écouler, je n’ai plus de prise sur eux.

Je suis littéralement absorbée par mon travail, par les personnes que j’accompagne, ogres de mon quotidien, personnels qui s’imposent peu de devoirs mais réclament des droits infinis. Et voilà que me revient en pleine face, le sujet qui m’est si important : le sens du travail. Celui que l’on n’a plus, celui qu’on a perdu, celui que l’on n’ a jamais eu….

J’ai rencontré une nouvelle psy. A peu près aussi incompétente que toutes les précédentes. Moins chère certes mais qui a beaucoup de mal à gérer ma personne, son hyperphagie, sa famille dysfonctionnante, son couple « pas classique ». Après elle, je ne vois pas…

Rarement été n’aura été aussi calme, aussi triste aussi…

Enfin et pour clore ce magnifique tableau, je perds mes cheveux. Pas qu’un peu hein, je me alopécite tranquillement mais fermement. Voilà le dernier fait marquant qui a fait plonger mon été (j’omets volontairement la canicule pour ne pas vous plomber).

😉

 

 

20 heures le 10 juillet 2018

C’est le grand soir, celui de l’affrontement footballistique.

Le temps est comme suspendu.

Personne sur la grand route, pas plus que sur les routes de ma bourgade.

Je n’ai pas tôt ouvert la porte de ma voiture et posé le pied par terre que j’entends le cri de mon voisin, un grand « merdeeeeeeuh » tonitruant.

Il est curieux ce pays qui se met entre parenthèse, le temps d’un match de foot, entre deux nations amies. Comme si on cherchait à ressentir un lointain 1998, qui nous avait conduit à la victoire, à la croissance, à une nouvelle forme de vivre ensemble.

Tout cela est si loin aujourd’hui. Notre Monarque Président pose son injonction à gagner, comme si l’essentiel était là (où sont passées les notions de fair play, de plaisir, d’équipe, de construction collective….?). C’est comme si notre seul espoir résidait en cette victoire.

Il devient triste ce pays qui n’a plus de figures en lesquelles se projeter ou croire, qui ne rêve que d’argent, de représentation, d’une forme de facilité.

Bien sûr que je serai heureuse…. si le meilleur gagne.  Mais cette ferveur, pour un sport, me questionne et m’attriste quelque peu.

 

Depuis

Merci pour vos messages et vos attentions, ici et ailleurs.

Je suis toujours bouleversée par cette relation, bien que nous ne nous connaissions pas, par ce qui peut se créer de loin en loin.

Du fond du cœur ❤

Depuis….

Ma filleule a passé son Bac brillamment et bientôt elle prendra son envol. Mon grand filleul va fêter ses 25 ans dans quelques jours. Ces charmantes personnes que j’ai vu naitre , lui le cheveu hirsute et le regard décidé, elle la bouille rose fripé et le poing fermé. Ils grandissent, ils évoluent, ils deviennent des adultes courageux et passionnés. Ils sont la fraicheur et la jeunesse de nos envies.

Je suis partie en vacances, un peu. Jamais je crois ces courtes vacances n’ont été aussi rasserenantes pour moi, pour nous. Dès le lendemain de mon retour, certes, le quotidien s’est abattu sur moi. Mais j’ai aimé chaque seconde de ces moments faits de soleil, de repos, d »amitiés, de balades culturelles…. et de beaucoup de bières. Je déplore que ma vie professionnelle aille de plus en plus vite, avec moins en moins de temps pour l’autre. Celui du bureau d’à côté, celui avec lequel nous passons le plus clair de notre temps.

J’ai assisté à une formation action sur le coaching. Un moment fort riche et intéressant, un moment violent aussi…. où je me suis rendue compte que je n’étais pas forcément faite pour le collectif, pas tout de suite. Nous étions peu nombreuses mais je les ai toutes « reniflé ». La bonne élève, la rebelle, la chercheuse de détails, l’opportuniste. Et je n’ai pas eu envie.

Mon corps a fait des siennes, encore. Beaucoup, me laissant fatiguée, irritable, émotionnée…

J’ai cherché l’énergie d’écrire, de poser pour moi tout ce qui me pèse mais je n’ai pas pu. Pas plus ici qu’ailleurs. Mes démons, les plus anciens ne font que me poursuivre, sans que je ne parvienne à les faire disparaitre, ou les alléger.

Et puis la nature est partout, vivifiante, nourrissante…

Bel été 😉

Arriver à l’écrire

Elle m’a chuchoté qu’elle en a marre de rester toute la journée sur ce fauteuil roulant, à attendre.

Elle m’a dit qu’il faudrait peut être partir. Ce serait mieux.

Il se trouve seulement que je ne peux pas vivre sans elle.

Elle est mon poumon, ma jambe, mon bras, mon œil, une partie de ce corps qui a tant de mal à tenir debout en ce moment.

J’ai pleuré et je lui ai répondu. « Pas tout de suite ».

Je ne serai jamais prête.

Et appréhende le tsunami qui se profile.

 

Poser ma compétence, ma plus-value, aller demander un RDV à ma responsable de service pour lui exposer là où j’en suis aujourd’hui. Dire mon engagement au quotidien et demander en quoi l’employeur peut s’engager pour moi. Attendre encore la réponse.

 

Offrir un week end à ma maman. L’observer vieillir, se fragiliser, flétrir. Regarder son bonheur à être là, tout simplement, loin de ce qu’on mon père ne sait plus lui offrir.

 

Sortir à nouveau, s’enivrer un peu, refaire le monde, piapiater, regarder le monde qui tourne et que trop souvent  j’aimerai stopper tant il m’étourdit. Construire de nouvelles relations, si loin de ce que j’ai connu jusque là…

 

 

 

L’auto stoppeur

J’ai pris un auto-stoppeur.

Un jeune car les autres auto-stoppeurs me font un peu peur… et comme mon carrosse est aussi mon sas de décompression, je ne prends les personnes que lorsque je me sens dans le partage et la discussion. Sinon, cela n’a pas de sens.

Ainsi donc, J et moi avons partagé près de 50 kilomètres.

Quelle rencontre !

J. élève ingénieur, qui pendant son temps libre part en stop aider des personnes dans le besoin : ici refaire un escalier, là retaper une grange. Pour rien, sinon contre le gîte et le couvert pour la durée des travaux,. Lorsque nous nous sommes rencontrés, il avait aidé un jeune couple à refaire son fameux escalier. Il y est resté 3 jours, il est venu avec du thé à partager, quelques noisettes dans sa besace « au cas où aucun conducteur ne te prend et que t’as un petit creux ». Juste pour la rencontre, pour la solidarité, pour proposer sa compétence !

J. rêve de travail solidaire, de voyages à travers le monde, s’inquiète de la société de consommation qui abîme tout, du monde du travail qui lui semble bien difficile et enfermant.

Quelle énergie, quel souffle J. !

J’admire cette jeunesse qui n’a pas peur, qui vit ses rêves, réalise ses désirs. J’aime ces jeunes qui ne cherchent pas à avoir à tout prix mais qui cherchent à partager, à devenir, dans l’aide à l’autre, dans le partage. J’ai reconnu, dans sa naïveté, dans son enthousiasme filleul préféré. Lequel ne voit pas la vie sans rendre service,  sans s’inquiéter de l’autre, quel que soit cet autre.

Ils me rendent infiniment fière. Ils me redonnent de l’espoir.

Je ne doute pas de leur contribution à ce monde, dans leur manière d’être, de consommer, d’envisager les relations.

Nous avons à aider, aimer, encourager, écouter, considérer, valoriser ces jeunes et ne surtout pas les retenir avec nos craintes, nos défiances, nos jugements.

Ils nous donnent de magnifiques leçons de vie !

Le tunnel

La période est compliquée, c’est vrai.

J’ai l’impression d’entrer dans un long tunnel et que l’énergie que je dois déployer pour en venir à bout est incommensurable.

Dans mes rares souvenirs d’adolescence, les choses ne se passaient pas trop mal. Ce n’était pas très heureux mais pas difficile non plus.  J’étais heureuse de grandir même si j’ai très tôt eu des formes et que très tôt ces formes m’ont fait passée pour bien plus âgée que je n’étais. Les règles, les seins, mes hanches, ma taille étaient une manière d’accéder à « autre chose ». Bien sûr, il y avait déjà des questions de poids. A 13 ans j’entamais un régime drastique. Mais rien d’aussi remuant, bouleversant, « dedans comme dehors »

Tout ce que je traverse en ce moment, le tunnel donc, m’égratigne, réveille de vieilles blessures, m’empêche de dormir, m’irrite.

J’ai le sentiment, au propre comme a figuré de changer de peau. Car je change de peau… Mes cheveux aussi changent. Cette mue est un peu cruelle. La peau sèche, irritée, assoiffée, terne. Pareil pour les cheveux, mes cheveux que j’aime tant et pour lesquels je nourris une certaine passion (ça reste entre nous bien sûr !)

Le reste ? Il est immense.

La colère est revenue m’habiter (m’a t elle jamais quittée seulement ?). Celle qui me met en rogne devant les incohérences de ce monde, devant les conventions à la noix, les faux semblants, les règles. J’ai envie de décoller les étiquettes. La gentille, la consensuelle, la « cadrée ». J’ai envie d’exploser les moules. Professionnels notamment. Les incompétences, les hypocrisies, les paroles vides me lassent.

Ma mère ne me « reconnaît » pas, une de mes amies m’a dit que je manquais de « rondeurs dans mes relations », un comble (si tu me suis un peu tu vas hurler de rire) ! Ces remarques m’agacent, me blessent. Quand faudra-t-il cesser de s’excuser, d’être qui on a envie d’être ?

L’adolescence nous fait rentrer dans le vif de la vie. Tout est ouvert, tout est permis, tout est à créer. Aujourd’hui et avec le recul, je regarde toutes les limites, les barrières que je me suis mises ou imposées, tout ce que je rêvais de faire et que je n’ai pas fait. Par crainte, peur, manque de confiance. J’ai des regrets… Beaucoup de regrets.

J’entre dans la deuxième période de ma vie. Et elle me dévore de l’intérieur.

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Je mange

Quand ma belle mère, qui vient une fois par an chez nous, m’appelle pour me dire qu’elle a calé son planning de visite… »Est ce que ça te va ? ». Comment te dire…

Quand l’enfance me revient comme un boomerang dans la gueule et que la petite fille saigne de ce qui n’est pas cicatrisé.

Quand l’injustice est tellement grande et criante mais que personne ne bouge (pas même moi).

Quand je constate que pour avoir des nouvelles, c’est à moi d’appeler. Tout le temps, invariablement.

Quand je n’ai pas de solution pour moi, quand je tourne en rond, quand je me sens « improductive ».

Quand je suis en période down. Fatiguée, le cheveu plat, l’œil de qui se défrise, la bouche en banane inversée (down quoi).

Quand j’entends les infos (pourtant à dose hyper homéopathique) et qu’elles me flinguent (où va l’humanité bordel de marde ????)

Quand je ne pense qu’à manger et surtout du sucré….

Je mange l’absence, je mange les doutes, je mange les peurs, je mange le vide.

(Sinon, tout va bien t’inquiète 😉