Rétro 2015

En couleur : le rouge de mes chaussures de mariage

En émotions : la joie infinie du mariage, la peine et la colère suite aux attentats, la tristesse de perdre mon beau-père

En évènements perso : le mariage, le changement d’emploi, le décès

En voyage : Le Québec, mon coup de foudre (et toujours ma bien-aimée Belgique)

En romanciers : Erri de Luca, Delphine de Vigan, Jami Attenberg, A. Garrido, I. Ogawa, Cheryl Strayed, pour les plus marquants.

En déception: clash irrémédiable avec cette collègue de 10 ans

En saison : l’été qui dure et qui harasse

En rencontre : Amma à Toulon

En lieu : celui ci, même s’il est de moins en moins visité et lu

En transport : le traiiiiiin, troooop de traiiiiin

En manque : l’amitié….

En fierté : dire ! (enfin) et avoir changé de travail

 

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Moi et quelques autres…

Je leur demande d’apprendre à se connaître, de poser leurs compétences, leurs points forts. Je les entraîne à parler d’eux, en des mots précis et concis, pour attirer l’attention d’un employeur mais surtout pour eux. Pour apprendre à gagner en confiance, pour être convaincant.

Suis je seulement capable de faire cet exercice ? De dire qui je suis. Qui je suis vraiment.

Je peux dire que je suis une professionnelle de l’accompagnement. Une bonne professionnelle. Il m’aura fallu plusieurs années pour être en mesure d’écrire et penser vraiment cela. Plusieurs années de divan aussi pour comprendre quelles étaient mes motivations réelles, pour avoir plaisir  à exercer mon métier.  Je suis une conseillère emploi méthodique et à l’écoute. Les personnes que j’accompagne savent qu’elles peuvent compter sur mon écoute et ma bienveillance.  Je n’ai plus besoin de signes de reconnaissance, je ne fais plus ce métier pour me réparer, pour travailler dans le social comme ma mère avant moi. Je fais ce métier pour l’autre. Pour lui apporter mon expertise, ma technicité, mon humanité aussi mais sans complaisance ni misérabilisme.

Je suis une femme amoureuse de son mari. De son rire, de ses mots et de ses silences, de ses hésitations et de ses prises de décisions, de ses passions, de qui il est tout simplement. Il y a des choses dans ses manies qui m’énervent. Il est vrai mais ce n’est rien à côté du bonheur que j’ai de l’avoir près de moi (même lorsqu’il ronfle). Nous ne sommes pas un couple tout à fait comme les autres, si l’on se compare à notre entourage. Nous composons plus avec l’absence qu’avec la présence l’un à l’autre.  Mais c’est ainsi que nous nous sommes construits. Est-ce que j’ai peur  ? Oui, tous les jours. Est ce qu’il me manque ? A tous les instants. Est-ce que nous allons surmonter tout cela, tenir la distance sans nous lasser, sans nous trahir. C’est en cela que réside notre défi, celui que nous avons formulé dans nos vœux de mariage.

Je suis un être solitaire, avec peu d’amis. Cette réalité m’a longtemps laissée indifférente, tant j’avais besoin de solitude, de silence pour me retrouver. En réalité, je me suis cachée et me suis menti. Aujourd’hui, cette solitude me pèse. Comment fait-on pour se faire des amis à 40 ans ? Je ne sais pas. Je dois ajouter que mes plus grandes histoires d’amitié se sont toutes terminées dans des circonstances douloureuses. Me faisant douter de moi et par ricochet des autres. Mon besoin d’amour et de reconnaissance m’a longtemps poussée à entretenir des relations fusionnelles dans lesquelles je n’étais pas moi. Je me sens réparée, plus solide mais pas suffisamment armée pour faire le premier pas, dans une société de l’instantané.

Je suis une femme qui ne peux pas avoir d’enfant. Qu’est ce qu’apporte cette information ? Rien. C’est juste que je peux l’écrire et depuis peu le dire. Sans honte, sans avoir le ventre qui se serre, sans avoir envie de prendre la main de mon mari, sans éviter le regard de ma mère. Je suis une femme qui n’aura jamais d’enfant.

Je suis une contemplative de peu de passion. L’écriture, la nature, les voyages (forcés). Des tas d’envies et peu de réalisations, incapable que je suis de m’engager sur le long terme. Est-ce que c’est un problème ? Parfois oui…

Je suis la fille de mes parents. Ce serait la partie la plus complexe à expliquer. La plus douloureuse aussi. Cette histoire de famille chaotique, douloureuse et pourtant si riche.

Je suis athée et socialiste (mais plus pour très longtemps), je suis humaniste, républicaine et laïque, française (follement).

Je suis tout et son contraire. Sensible et forte, mélancolique et enjouée, dépressive et furieusement optimiste, drôle et plombante à mort, solide et fuyante, rebelle et soupe au lait, susceptible et capable de tout entendre, curieuse et blasée, réaliste et utopiste…

Pourtant, à l’intérieur, tout cela sonne un peu creux…

Toucher du doigt le bonheur

Tous les invités sont définitivement partis. La maison est rangée (ou presque). La déco a retrouvé ses cartons. Les cartes de vœux ont pris place non loin de cartons de remerciements que nous devons envoyer.

Nous sommes mariés.

Une semaine déjà. Qu’il est cruel de passer une année à préparer un moment qui file si vite !

Pour autant, j’ai le sentiment d’avoir savouré chaque seconde de cette journée.

La préparation avec ma maman, la présence de mes filleules attendant derrière la porte de la chambre, mes témoins un brin tendues, mon filleul qui nous attendait sagement dans la voiture.

Et puis la surprise réservée par le Namoureux : son arrivée en cape et chapeau de cavalier.

L’arrivée à la Mairie, baignés par un joli soleil. Voir la famille et les amis qui se sont faits beaux et ont respectés le thème.

Et l’émotion…

C’est un ami qui s’est occupé de notre cérémonie laïque, d’une main de maître, avec le juste équilibre entre humour et anecdotes. Un joli moment.

Je me suis transformée en rivière au moment de la lecture de mes vœux.

Je crois pouvoir dire (sans prétention aucune) avoir vécu là un moment magique. Tout simplement. J’ai touché du doigt le bonheur parfait, un bonheur que je n’avais pas connu jusqu’alors.

Avoir la chance de se marier avec l’homme que l’on aime, entourés de tous les êtres qui nous sont chers, réaliser notre mariage dans un cadre et avec les prestataires que nous étions en mesure de nous offrir, c’est un vrai cadeau.

Si j’ai toujours souhaité (secrètement) me marier, je n’avais pas de rêves particuliers en la matière. Mon envie était que notre mariage nous ressemble. Qu’il soit simple, doux, sincère. Je crois que nous avons réussi cela.

Ce que cela va changer ? Rien et tout à la fois.

Mon Namoureux est devenu mon Népou, notre couple s’inscrit dans le temps, dans une famille, une nouvelle réalité.

Pendant une semaine, j’ai flotté. Je me suis repassé le film de cette journée, de cette soirée où je n’ai cessé de danser, m’amuser, apprécier.

Je garde les sourires, les mots, les étreintes, le moment partagé. Qu’importe ce qu’il se passe à partir d’aujourd’hui, nous avons vécu ce moment ensemble.

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Last wedding point (before the W Day)

Ce qu’il n’y aura pas à notre mariage :

Une marche nuptiale

La mariée avec voile et jarretière

Le marié avec un haut de forme

Une pièce montée

Des dragées dans de petits sachets avec des nœuds

Une grosse cylindrée qui brille et qui fait vroum, avec de grosses fleurs dessus et une pancarte « Just Married »

Un lâché de colombes

« Ah la queue leu leu » et la « Danse des canards » (sauf sous la torture)

Une pyramide de champagne

Des demoiselles d’honneur habillées en rose

Une choré de la mort pour ouvrir le bal

Une traine de 15 m de long tenue par des personnes de petite taille habillées en lutin des neiges (comprendre des enfants…)

Un jeté de bouquet, car tu las compris, il n’y aura pas de bouquet de mariée

MAIS

Un petit supplément d’âme (I hope so)

Des instants

Mon Namoureux et futur Népoux qui m’offre LE parfum pour notre mariage

Ces quelques instants dans son bureau pour me parler de son couple qui prend l’eau

Cette formation si riche, dans un groupe bienveillant et hyper dynamique

Ma cousine qui m’oublie pour mes 40 ans

Tous mes collègues qui ont pensé à mes 40 ans

La chanteuse qui nous lâche 6 semaines avant le mariage (pétaaaasssssssssse !!!!!!)

Des invités qui n’ont toujours pas répondu 6 semaines avant le mariage (Argh)

Mon cœur qui fait boum quand Christie me nomme sa lovely Cloudy (j’admiiiire Christie !)

Ma vie tourne un peu autour du mariage… au point que je me demande si je ne vais pas faire un wed’blues à l’issue de celui ci…

Une découverte

Quelques jours ailleurs

Prendre un thé dans une toute petite boutique, avec une seule table et deux chaises, entourés de thés, de livres, servis par un homme passionné qui parle des thés comme de rencontres amoureuses.

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Autour d’un bon repas coréen, parler ensemble du mariage, tous les quatre. Définir les lignes de ce que sera notre cérémonie laïque. Évoquer tous les mariages auxquels nous avons assisté, ceux que nous avons gardé en mémoire et les autres.

Rire au spectacle de Nora Hamzaoui. A gorge déployée, comme nous ne l’avions pas fait depuis longtemps. Savourer la parenthèse, aimer l’écriture vive, regarder la comédienne tenir la salle non sans gourmandise.

Aller voir Birdman. Un acteur déchu qui retrouve le chemin de la gloire. Quand la fiction rencontre la réalité, quand le réalisateur interroge la culture et ses mythes.

A Paris, être toujours aussi heurtée, par le nombre incalculable de mendiants, de SDF. Intolérable. Ne plus supporter cette ville où tout et tout le monde va trop vite, sans jamais se regarder, sans se sourire. Enervant.

Avoir le sentiment, pour quelques jours, d’avoir évacué le quotidien. Avec bonheur et soulagement.

Je est une autre

Longtemps, je n’ai pas aimé mon nom de famille et encore moins mon prénom.

Parce que je ne m’aimais pas, parce que j’étais en conflit avec ma famille du côté paternel dont je porte le nom. Je me sentais assimilée à tout ce que je ne supportais pas chez eux. Je faisais clan, malgré moi, tandis que je ne souhaitais qu’une chose : vivre avec ma famille d’accueil.

Puis j’ai cheminé, grandi et cette part d’identité par la transmission du nom est devenue mienne.

Je porte un prénom composé, transmis par mes deux parents (chacun le sien), ce qui est beau dans la symbolique. Mon nom a une étymologie qui me plait, qui pour moi est chargée de sens.

Le quitter, curieusement me coûte, ne le garder qu’au travail est un compromis qu’il m’est difficile de faire, un cadeau que mon futur s’attend à ce que je lui fasse.

Ou comment me torturer encore avec mon identité.

Wedding Point : J – 3 mois

Décider de se marier, c’est choisir de vivre une aventure, pour soi, avec l’homme qu’on aime mais aussi avec nos familles respectives.

Ce projet de mariage, m’a permis d’échanger beaucoup avec le Namoureux d’abord mais aussi avec mes parents. Sur leur chemin de couple, sur leurs attentes, celles qu’ils projettent sur moi aussi, de manière consciente ou inconsciente.

Depuis près d’un an, je plonge dans mes désirs, mes besoins et mes manques, mes contradictions aussi, liés à la famille au sens large. Finalement, depuis plus de 3 ans, entre les FIV et le mariage, la question de la famille ne m’a jamais quittée. Je l’ai interrogée sous toutes ses formes, j’ai plongé loin dans une exploration qui m’a fait grandir. Néanmoins l’enfant blessée en moi, celle qui a toujours eu mal à sa famille, n’a pas tout à fait cicatrisé.

J’ai regardé amusée (pas toujours, j’exagère) les réactions au moment de l’annonce, je regarde aujourd’hui avec peu de distance les arguments qui nous sont donnés par ceux qui ne peuvent pas venir. Je prends cela de manière très personnelle, tout en sachant très bien que je ne devrais pas.

J’ai l’impression que c’est demain et demain c’est tout de suite… le stress mooooonte grave.

Nous n’avons toujours pas eu notre RDV à la Mairie.

Nous n’avons pas tranché ce que nous allions choisir pour l’apéritif, ni pour le vin blanc d’ailleurs.

Je suis assez peu inspirée pour la déco, bien que j’ai fouiné dans au moins 10 000 sites et pinté à tout va.

Pour l’ouverture de bal, mon Namoureux a choisi de se lancer dans une choré de LMFAO, chopée sur le net… en oubliant que nous sommes 2 quiches de première en danse.

Nous avons tenues et accessoires mais je ne suis pas calée sur le maquillage, ni la coiffure.

Je ne parle même pas de mes voeux d’engagement, je n’arrive pas à les écrire.

Et le truc qui me tue : mes ongles !!! Trop moches, cassants, trop courts. Un vrai désespoir.

Si vous pouviez faire des incantations pour qu’il ne pleuve pas, évidemment, je vous en serai éternellement reconnaissante 😉

Wedding point J – 4 mois

Quand tu te maries, tu aimerais que la terre entière tout ton entourage soit au taquet comme toi. Qu’on s’enthousiasme, pousse des cris de joie devant ton merveilleux faire-part, qu’on te pose des questions pour s’informer de l’avancée des festivités, qu’on saute de joie à la seule idée de franchir cette étape avec toi.

Tu aimerais n’avoir pas à supplier pour que les témoins lisent un texte et pour que la famille soit présente quelques jours avant pour aider un peu.

Ça c’est dans un monde idéal.

Car en réalité, les gens (cette nébuleuse que tu as invité à ta noce et qui va te couter un bras), se fichent pas mal de savoir que tu as sué sang et eau pour trouver le faire part et pour en faire une œuvre qui va traverser le temps avec des phrases qui vont bien, quant au blog que tu as passé des week end à construire, ils ont tout simplement oublié l’adresse.

Monde cruel.

A l’heure qu’il est il ne nous reste plus qu’à construire la cérémonie laïque (tu sais ce truc venu des États Unis, auquel personne ne comprend rien) et à nous concentrer sur la décoration. Soit sans doute le plus gros morceau.

A moins que nous décidions de tout annuler pour filer en douce à Las Vegas.

Wedding point : mois 2

J’ai lu des kilomètres de blogs sur la question (qui m’ont donné envie de pleurer tant ils sont beaux)

J’ai ingurgité des kilotonnes de photos (thanks pinterest)

Je me suis ruinée en magazines spécialisés

J’ai fait des listes : des invités, des hôtels, des traiteurs, d’accessoires de déco, de prix pour la déco, de chansons, de magasins de mariage

J’ai fait du tri dans ces listes

J’ai rencontré des traiteurs : des boutiques familiales, de grosses machines à gaz sans âme, un jeune couple hypra dynamique. Rassurant.

J’ai fait mon premier chèque pour la salle (glurps). J’ai découvert qu’il y a très peu de salles dans mon coin et surtout très peu de salles vraiment accessibles financièrement.

On a tranché sur les couleurs : rouge et gris anthracite

On a trouvé LE faire part

On s’est dit : allez, on fait un save the date, non le save the date c’est trop modeux, c’est pas nous. Allez si, on fait un save the date délire (mais on n’est pas sur le même délire…)

On est à peu près ok sur la déco : simple et pas chichiteux, en dehors des modes actuelles (rétro chic, guinguette, champêtre, romantique, écolo) MAIS avec des ballons.

La wedding team est au complet, le weeding week end est calé, le célébrant pour la cérémonie laïque est trouvé (Olé !)

On a répondu à 10000 questions (au moins), attention, c’est dans le désordre :

se marier ? mais pour quoi faire ?!!! ; dépenser autant d’argent par les temps qui courent, c’est une hérésie ! ;  je te le donne en 1000 t’es enceinte ? (mouhaha) ; à votre âge, ce sera un petit mariage non ? ; à ton âge, tu ne seras pas en blanc au moins ?! ; tu as pensé à mettre le cousin Jérôme dans ta liste (pas vu depuis 10 ans) ; une célébration laïque, c’est quoi ce truc ? c’est pour faire comme les américains ? tu pouvais pas te contenter de la mairie ? (coche la mention inutile) ; dis, pas de robe meringue, hein, parce que bon, invites ta grand mère, ça fera plaisir à ton père (re mouhaha).

Dans 10 mois, sûr, je peux devenir wedding planeuse 😉