Novembre

Se lever avec l’horreur, encore // Tomber sur le site professionnel de cette femme que j’ai accompagnée jadis. Une personne en mille morceaux, aujourd’hui si joliment reconstruite… et avoir envie de reprendre contact // L’apéro qui décoiffe avec les ex-collègues, un pur moment // Ne plus pouvoir me rendre dans cet l’hôpital honni, avec cette régularité et m’en vouloir… // Les commémorations, indispensables // La neige, dans ce décor féerique… et devoir le quitter // Chercher l’air et ne pas y parvenir // 2 formations à la suite. L’envie de reprendre soit une longue formation, soit des études // Décider pendant un mois de ne pas me connecter à l’information // Cette ville, seule. Une parenthèse heureuse et salvatrice //Le cancer de ma cousine, le cancer de ma cousine, le cancer de ma cousine… // Chercher à prendre un tournant mais lequel ? // Voir la mer // M’offrir l’hôtel et le restaurant, pour moi toute seule, parce que je le vaux bien // Marine et sa fatwa bancaire. A-t-elle pensé au woman show ??? Morte de rire // L’Égypte // Enfin lui trouver une place « en maison » // Le glyphosate (putain de bordel de merde !!!!) // Aller voir le Brio, avec Daniel Auteuil. Tellement aimer Daniel Auteuil (et la fabuleuse Camélia Jordana) // Offrir des chocolats à mon garagiste (non je ne drague pas) // Me rendre compte que cette année a été follement chargée, finalement…// La neige qui arrive (vraiment, enfin !) // Sentir, curieusement et malgré les difficultés que ce nouveau poste et celui qui me convient (pour le moment…) // Une nouvelle accroche avec cette collègue. Insupportable. Pas l’énergie. Envie de l’éclater // Des rencontres.

Publicités

Victoire !!!!

J’ai salué ma maison et lui ai demandé de prendre soin d’elle en mon absence (oui, c’est mon grand truc, parler à ma maison).

Lorsque je suis rentrée dans ma voiture (ma Blanchette, mon objet transitionnel adoré), je lui ai demandé de me conduire à bon port.

Dans l’intervalle bien sûr, j’ai vu mes parents, pour nous dire adieu, pardon au revoir. Lesquels parents étaient à peu près aussi angoissés que moi. J’ai compris (tardivement, je vous l’accorde) que, peut être, possiblement, mes parents étaient les coupables, enfin je veux dire les responsables de ces angoisses d’éloignement. Ailleurs, c’est froid, c’est gris, c’est dangereux, on ne parle pas aux inconnus et on reste au maximum à l’intérieur… On a convenu qu’on ne s’appellerait pas (5 jours faut pas déconner) mais bien sûr, ils n’ont pas tenu parole.

J’ai fait la route, avec mon GPS donc, aller-retour, sans encombre. J’ai trouvé immédiatement à l’aller, me suis trompée une chtouille au retour (une sombre histoire de sortie mal indiquée). Mon hôtel (un puuuuur hôtel) se trouvait à 20 minutes du centre de formation, ce qui m’a permis de faire un peu de sport matin et soir (et donc surtout de ne pas prendre les transports en commun, honnis, vous l’aurez compris). Je m’en suis sortie ! (Hourra moi, Holà !!!!)

Pour me féliciter je me suis offert des boucles d’oreilles ainsi qu’une nuit supplémentaire dans un petit hôtel fort sympathique, dans une ville que j’aime beaucoup. Oui, car autre handicap de taille, je n’aime pas conduire la nuit (j’adore toutes mes excuses). C’était la première fois, celle là aussi. La première fois où je me suis vraiment retrouvée seule face à moi même (en dehors du BAC et de l’épreuve du permis de conduire je veux dire).

Cette parenthèse m’a permis de déconnecter, d’oublier le travail et mon quotidien, de réfléchir à ma vie-mon œuvre (gros chantier !).

Ce temps de travail malgré tout, m’a permis de me rendre compte, non sans peine, de l’état des collectivités locales et de ce que nous vivons, tous de la même manière finalement. Ce qui rassure par certains aspects mais attriste par d’autres…

J’ai franchi avec brio (mais à 42 ans tout de même) une première étape vers l’autonomie. Relative, j’en conviens ! J’ai encore quelques marches à franchir pour une autonomie totale mais je vais y parvenir… l’année prochaine !

😉

 

Prendre l’air

Quand le tourbillon a-t-il commencé ?

En septembre. Au même moment où j’ai cru la perdre.

A la suite de cela, j’ai perdu mes cils et quelques illusions.

Avant cela, avant l’essentiel, mon univers tournait autour du travail.

Le travail, ses codes, ses tromperies, ses mensonges, les moules qu’il crée et dans lesquels il faut entrer.

Aujourd’hui, je ne sais plus ce qui est essentiel.

Les formations après lesquelles je cours pour toujours « progresser », le sens que je cherche désespérément dans le quotidien (de travail) pour m’extraire de ses douces violences.

Je cherche à évacuer le poing lourd qui s’est installé dans ma poitrine et qui pèse. Je m’échappe en montagne, où le silence m’apaise tandis que tout autour est bruit, vacarme, hurlement, tapage.

 

 

8 semaines

Qu’elle est posée sur ce lit, sans pouvoir bouger, se lever

Sans pouvoir rentrer

Le temps est long, affreusement, douloureusement.

Pour elle, infiniment, pour nous continuellement.

Nous faisons les voyages, nous arpentons les couloirs, nous attendons des réponses qui ne viennent pas nous attendons une place, ailleurs, qui ne se libère pas.

« Est ce que je serai rentrée à Noël ? Non Mamina, je ne crois pas… »

Elle ne comprend pas tout et nous ne pouvons pas tout dire. Hyperthyroïdie, transfusions, altération irrémédiable des tissus, Horton qui prend toute la place. Son moral de plus en plus bas.

Putain de Horton…

En 8 semaines, une puis deux, trois, six voisines de chambres se sont succédées et elle est toujours là.

Depuis tout ce temps, elle a tout enduré. Un infirmer en service d’urgence crasseux, qui tandis qu’elle avait soif, après plusieurs heures d’attente dans un couloir surchauffé, lui a demandé de se taire d’abord, si elle voulait boire. Il a eu cette aide soignante qui lui a assené que la nuit, il ne fallait pas sonner : « Les couches c’est fait pour ça ».

Bien sur, l’interne est adorable (mais dépassé), nous avons des infirmières « préférées », attentives, douces, à l’écoute… Comme elle.

Mais quoi ? Jusqu’à quand ? Quelle est cette vie qu’elle endure, cette perte d’autonomie sans penser à la dignité.

La dignité !!!! Cet essentiel lorsque l’on est dans son état. Dans n’importe quel état d’ailleurs…

Noël ?

Si près et tellement loin.

 

Le post où il est interdit de se moquer

Je n’ai jamais voyagé seule.

Je m’explique.

Je suis toujours partie avec quelqu’un-e  ou bien, j’ai toujours rejoint quelqu’un-e. Mais seule, du départ jusqu’à l’arrivée, jamais.

Il se trouve (c’est là que ça devient drôle et que je t’INTERDIS de rire) que la dyscalculique que je suis (oui, je me cherche des excuses) ne sait pas non plus s’orienter dans l’espace. Il me faut pas moins de 2 GPS pour parvenir à peu près, et en m’y prenant plusieurs heures à l’avance, à bon port.

Pour couronner le tout, j’ai une peur panique des transports en commun (en dehors du train), que je ne prends pas ou peu seule.

La mobilité, globalement, me fait sortir violemment de ma zone de confort et provoque chez moi des réactions diverses et variées…

Cette année donc, et pour la première fois en 42 ans, je pars, à trois heures de chez moi, pour suivre une formation, et ce pendant trois jours. SEULE. Autant dire : une épreuve qui va me demander une énergie de dingue et qui me demande, un mois à l’avance, une vraie préparation psychologique.

Avec comme coach, mon Népou.

Clairement et sans vouloir critiquer ses nombreuses compétences, le Charmant où qu’il aille sait se repérer en deux temps trois mouvements : rues, ruelles, autoroutes… Il n’a peur de rien, il possède un GPS interne, qui me rend envieuse, voire très jalouse. Bref, il m’énerve.

Je l’avoue, je me repose entièrement sur lui et me laisse guider. GRAVE erreur, car depuis que nous cheminons ensemble, je n’ai jamais fait le moindre effort pour construire des parcours, dans nos déplacements et voyages. En même temps, ça l’arrange, car je l’énerve à lire des cartes (à l’envers), à mettre mon doigt en l’air pour connaitre le sens du vent, à tergiverser lorsqu’il faut prendre telle ou telle rue. Le pire pour lui, je crois, c’est mon incapacité (même avec une carte) à poser les points cardinaux. Une hérésie !

En clair, j’ai zéro autonomie.

Jusque là je n’en n’éprouvais aucune gêne, ni honte (enfin presque aucune).

Avec cet épisode qui s’impose à moi, c’est un peu différent, cela d’autant plus que je voyage pour des raisons professionnelles.

Me reste à lire dans la carte du ciel 😉