Débusquer la lumière

Se lever tard et se laisser réveiller par le chant entêtant des oiseaux ;

Fermer les radiateurs et laisser entrer en grand la lumière, le soleil, la fraicheur du petit matin ;

La lumière, ce bien si précieux, me fait me sentir incroyablement vivante, en parfaite harmonie avec cette nature éclatante et piaillante ;

Recevoir des mots d’amour et me dire que décidément, je ne dis que trop peu que j’aime ;

Baigner mon corps trop sec au son de la voix douce de Thierry Marx, chez Eva Bester. J’aime follement ces deux êtres que je ne connais pas mais qui m’inspirent. J’éprouve une grande admiration pour Thierry Marx qui évoque tant de choses chères à mon cœur.

Le temps de la méditation. Celle de l’amour bienveillant, hyper puissante !

Lire sous le plaid, en écoutant tomber la pluie.

Manger tranquillement, sans TV (ouiiiii je sais) et respirer.

 

 

 

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J’ai un filleul…

J’en ai 4 en réalité.

Deux grands garçons et deux ados, des filles.

J’ai, je dois le dire, un petit faible pour lui.

Lorsqu’il était enfant, nous ne nous entendions pas très bien. Nous ne nous sommes pas vraiment rencontrés. Je l’avoue ici, avec une pointe de honte, je me suis tenue très éloignée de cet enfant bruyant (et si tu me suis, tu sais à quel point le bruit me fait fuir !), très bouge-bouge (non je n’ai pas écrit hyperactif), qui me regardait sans me considérer vraiment.

Son enfance a été agitée. C’était un enfant colérique, qui parfois, pouvait se mettre dans des colères noires qui le conduisait à se blesser. J’en ai été peinée pour lui. Et j’ai pensé secrètement au fond de mon cœur (oui c’est mal), que je serai bien incapable de gérer un tel enfant, qui était tout sauf un cadeau.

Ado, j’allais parfois le chercher au collège. Avec moi, il était mutique. Dans la voiture nous écoutions du rap, « ça va ? mmmmh ». Nous nous en tenions donc à cela.

Il a vécu, comme moi, des années scolaires très difficiles. Il n’y trouvait pas sa place, son seul souhait étant d’être dehors, dans la nature.

Et puis, il a trouvé la bonne filière. Une filière technique qui lui a permis aussi de rencontrer des patrons avec lesquels il s’est entendu immédiatement, qui ont pris le temps de le former techniquement et de le faire grandir.

C’est un jeune homme engagé dans le travail. Il a toujours été recommandé par un employeur à un autre, a cumulé dans sa courte vie plus de CDI que moi. Il s’est révélé. Aidé bien sûr par toutes ces personnes qui lui ont ouvert des portes vers l’extérieur et vers lui même.

Il a repris des études, il a voyagé en Europe (plus que moi !).

Aujourd’hui, c’est un homme que j’ai un infini plaisir à côtoyer, à connaitre vraiment.

Nous avons passé quelques jours de vacances ensemble ces dernières années. Chez lui. Et je suis bluffée de voir quelle magnifique personne il est. Attentif, curieux de l’autre, à l’écoute, généreux, un ami fidèle. Bien sûr, il y a ce grain de folie de l’enfance qui est toujours là. Son besoin de bouger, de découvrir le monde, ses fantaisies parfois couteuses. Mais il prend la vie par tous les bouts, il profite des instants, il fête tout ce qu’il peut fêter.

Il s’entend merveilleusement avec le Népou, qui l’apprécie énormément aussi. Et ça aussi, c’est un cadeau pour notre famille.

A chaque fois que nous nous voyons, j’ai ce petit pincement au cœur. Celui qui me dit, « toi, tu ne vivras jamais ça ». Le bonheur d’avoir dans ma vie un bel être à aimer, qui s’épanouit, grandit de la plus jolie des manières, vient mettre du soleil dans ma vie à moi…

 

 

Elle

Elle me sait.

Plus que ma mère, plus que mon Népou, plus que moi.

Elle me devine à travers mes gestes, ma voix, ma peau.

Elle est mon âme sœur, mon pilier, mon poumon, ma tendre.

Elle m’a accueillie, soignée, pansée, nourrie, cajolée, caressée, aimée.

Plus que son propre enfant peut être, autrement, différemment, intensément.

Notre histoire, c’est celle d’une quarantenaire, qui accepte de faire entrer dans sa famille un bébé dont les parents éprouvent quelques difficultés à s’occuper…

C’est celle d’une mère déjà flanquée d’un grand ado, qui a le cœur assez grand pour donner encore, pour donner plus, pour combler les trous, remplir les vides. C’est celle d’une femme  qui décide malgré les obstacles, malgré les difficultés, de couver l’oisillon d’une autre, tout en lui laissant la place.

Pour moi, elle a gommé les différences, elle a surmonté ses peurs, affronté les critiques. Elle m’a fait sienne. Je suis entrée dans sa famille, j’ai eu d’emblée une place naturelle, une place que je n’ai jamais eu « chez moi ». Avec le recul, je sais que ce chez moi n’a aucune signification. Il n’y a jamais eu de réel chez moi, sauf chez elle.

Nous avons beaucoup vécu toutes les deux. Fusionnelles. Son fils prenant son envol, son mari travaillant de par le monde. Nous nous sommes, un peu, reposées l’une sur l’autre. J’étais la présence indéfectible lors de ses épisodes de souffrance et de solitude, elle a été mon repère dans mes nuits.

Cet amour là est incommensurable, il a toujours été inconditionnel aussi.

Aujourd’hui, elle a 80 ans. Elle ne voit presque plus, elle est souffrante. Il y a des choses qu’elle ne peut plus faire seule : mettre  ses chaussures, boutonner son manteau, couper sa viande. Ses mains se sont teintées, ses cheveux clairsemés, sa peau affinée.

Elle est un bien précieux que l’on chérit. Son fils, ses petits-fils, moi.

Elle a toujours l’esprit alerte, toujours ses emportements, ses émotions exacerbées mais ses yeux sont tristes, infiniment. Il y a la souffrance à ne plus voir la vie, ses petits enfants, la nature…

A mesure qu’elle s’étiole, me cœur se serre….

Je me prépare à faire sans Elle, chose dont je me sens totalement incapable aujourd’hui. La vie sans elle, ne serait plus la même vie.

Volonté

« Faculté de déterminer librement ses actes en fonction de motifs rationnels ; pouvoir de faire ou de ne pas faire quelque chose.
Disposition de caractère qui porte à prendre des décisions avec fermeté et à les conduire à leur terme sans faiblesse, en surmontant tous les obstacles : Avoir une volonté de fer. »

Je n’ai pas de volonté, je suis trop fatiguée pour en avoir, je ne suis pas certaine d’en avoir jamais eu d’ailleurs.

La vie m’a fait prendre des décisions, c’est vrai. Choisir cette option plutôt que celle ci. Suivre ce chemin plutôt que tel autre. Suivre certaines personnes, renoncer à d’autres.

Il m’a fallu de l’amour, il m’a fallu renoncer, espérer, croire, prier, souhaiter au creux de mon cœur.

Mais la volonté…

Si seulement

J’aimerais que Paris soit toujours aussi doux que ce week end.

J’aimerais que nos dimanches ressemblent toujours à celui ci : du soleil, de la douceur, des amis , du rire, un bon repas. Une évidence.

J’aimerais que nous arrivions toujours à rire comme ça. Pour tout, pour rien, comme des enfants.

J’aimerais que nous nous aimions toujours comme ça. Doucement, sincèrement, fortement.

J’aimerais qu’il y ait toujours au fond de mon être cette paix qui me fait me sentir dans le monde, légère, heureuse.

J’aimerais que certains week ends ne se terminent jamais.

Des week ends comme celui ci où tout semble simple, fluide, follement printanier.

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Places

La place qu’il faut se faire, à coup de coude, dans la famille d’abord

Puis dans la famille d’accueil

Dans la faune scolaire : A l’école, au collège, au lycée, à la fac

Dans le champ de l’emploi : l’avant dernier travail, complexe face à tant de professionnels si compétents, si exigeants, si déroutants parfois  ; dans le nouveau travail, complexe face à tant de professionnels…

Avec les hommes rugueux, indifférents

Avec mon Népou

Avec les ami-es

Dans la société si tourmentée

Dans la vie, ma propre vie

….

Bain de famille

Mars « chez nous » est une succession d’anniversaires. Mars le mois du printemps, mon mois bien aimé.

Ce week-end, nous fêtions ses 80 ans à lui, ses 60 ans à elle, mes 26 ans à moi (oui bon…).

Je garde précieusement les photos d’il y a 20 ans en arrière. Déjà c’était une grande fête. Ce week end, il nous manquait du monde autour de la table mais nous n’avons cessé de les évoquer pour nous réchauffer le cœur de leur absence.

« Chez nous », la vraie fête c’est un bon gueuleton, avec du rire et des souvenirs autour. On  trinque, on partage, nos yeux disent qu’on s’aime.

Les centres de table sont faits maison, les fleurs sont partout, chacun repart avec son petit cadeau.

Tableau idyllique d’une famille qui n’est pas la mienne.

Il est si déroutant de se sentir aimée inconditionnellement dans une famille qui n’est pas la sienne.

J’aime une partie de ma famille brinquebalante mais elle m’insupporte par son manque d’écoute, son égoïsme, sa suffisance. Je suis tellement touchée d’être considérée « ailleurs », telle que je suis, d’être prise dans mon unicité et avec bienveillance. Je suis blessée que nous n’ayons pas de tels liens « chez moi ».

La famille un puits sans fond de réflexions, remords, blessures…

Wanted

Je cherche

de l’inspiration

du réconfort

des envies

un nouveau chemin à suivre

l’amour

des amis

de la confiance

de la sérenité

du calme intérieur

une nouvelle vie peut être

Memento mori

Lorsque nous avons été présentés, il a décrété qu’il m’aimerait quoi qu’il puisse arriver.

Son fils m’aime, il m’aimerait de manière inconditionnelle, sans même me connaitre.

Un personnage mon beau père !

Je suis devenue sa belle fille avant même que son fils sache s’il voulait vraiment s’engager avec moi.

120 kilos de rire, de mauvaise foi, de générosité, de colère, de sensibilité.

Un drôle de bonhomme, un père poule comme on en trouve peu dans sa génération. Un homme de peu de mots, discret et parfois fort en gueule, dont le seul objectif était que ces deux fils « soient bien, heureux ».

Depuis le mariage, nous nous sommes peu vus, nous avons peu échangé sinon des « ça va » et quelques mots sur le quotidien. Vite fait, sans plus.

Nous ne savions pas qu’il était mal, qu’il négligeait sa santé, qu’il n’avait plus la force.

Alors, cet appel, celui qui dit que beau papa est au plus mal, que son diagnostic vital est engagé, nous a mis KO debout.

Le voir sur son lit d’hôpital, saisir l’infinie souffrance de mon Népou m’ont fait basculer dans une réalité que je ne soupçonnais pas. Le fil ténu de la vie, l’importance de chaque moment de bonheur, l’importance des présences, de l’amour. Je sais désormais que tout peut basculer. Je le savais avant, je ne suis pas naïve bien sûr, mais ces derniers évènements m’ont fait prendre conscience des choses autrement.

C’est la vie, la mort.

Mais quel coup du sort ! Il vient nous secouer, ébranler nos fondations et nos croyances, secouer les liens, les mettre à l’épreuve. Chacun, nos regardons ce que nous avons fait de notre vie, nous interrogeons nos liens avec lui, nous questionnons demain, ce que sera notre famille sans lui.

Pour le moment, nous resserrons les liens pour affronter le difficile quotidien.

Trip Blues

Rentrée hier.

Heureuse de retrouver ma maison, calme, rangée, embellie par mon papa qui a peint en mon absence.

Heureuse de trouver mes parents. Je leur ai manqué et j’avoue j’aime bien ça. Qu’on se dise l’amour et le manque.

J’ai toujours du mal avec le décalage horaire. Impossible de trouver le sommeil à 2h du matin. C’est la seconde fois en 40 ans que je pars aussi longtemps et je goûte cela. Il me semble que quelque chose est resté au Québec. Je ne sais pas quoi exactement, le sentiment est diffus mais rarement j’ai eu autant de plaisir à me retrouver là, simplement, dans le silence de la maison.

Pourtant, ce voyage, dont je reparlerai ici a été fort et magnifique.

J’ai réalisé un de mes rêves, me rendre sur ce continent, au Québec, me perdre dans les grands espaces. Quelle chance, quel bonheur que de vivre ces 3 semaines avec mon Népoux.

Rentrer, c’est reprendre pied dans une actualité dont j’avais presque tout oublié. C’est renouer avec un quotidien parfois oppressant, c’est aussi faire face à des difficultés professionnelles, encore et dont je ne parviens pas à m’extraire. Des soucis donc et pourtant, la certitude qu’un ailleurs est possible…

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