Toi + moi

On s’est connu dans nos anciennes vies bloggesques, on s’est plu, parfois on s’est rencontrés, on a eu un vrai feeling. On s’est suivi de blog en blog, on est devenu ami-es.

Parfois cette rencontre a fait pschitt et ce n’est pas grave, parfois cette rencontre a fait pschitt et j’en ai été peinée.

J’aime tellement cette « relation » que nous avons noué de loin en loin. Nous ne nous connaissons pas mais il y a quelque chose de l’ordre de la sororité, quelque chose de fort qui nous unit par delà les mots, par delà la rencontre.

Ce qui est magique dans cette aventure du blog, c’est la découverte, le soutien, l’amitié, l’humanité qui se tisse, fleurit et rend plus forte, nous fait nous sentir un peu moins seule. C’est magique et c’est infiniment beau.

Lorsque j’ai commencé à écrire mon premier blog j’avais un objectif, celui d’écrire pour « monter en compétences », pour me tester auprès d’autres, car je souhaitais publier. Mon rêve secret. En parallèle, j’avais un journal intime tenu depuis mes 12 ans, auquel j’étais d’une fidélité sans faille, thérapeute à peu de prix et facile d’accès. Puis mes velléités d’être publiée se sont éloignées (alléluia) et le blog a supplanté le journal intime.

Le blog permet de poser rapidement ses idées, de les partager en ayant un feed back. J’ai aimé cela. Sur mes deux premiers blogs, j’avais une plus forte « audience » qu’ici et cela m’a permis de prendre confiance en moi, de m’envisager autrement. Au fil du temps ma pratique a évolué. Ce qui n’a jamais changé par contre, c’est mon intention. Celle de continuer à écrire pour mon plaisir, à n’écrire pour moi, rien que pour moi. Si cela vient toucher des sensibilités, j’en suis sincèrement heureuse, si nous tissons au fil du temps une jolie relation bloggesque, alors c’est mon cœur qui s’emplit de joie. Mais je n’ai jamais cherché à être très lue, approuvée par tous les moyens, voire même aimée. Ce blog c’est une histoire entre moi et moi, c’est une prise de risque, celle de m’exposer, de me mettre à nu même si j’ai choisi un avatar.

Pour autant, un lien fort s’est construit, je suis entrée dans un univers de douceur, une fidélité s’est crée…. qui m’a permis de rencontrer mon mari, de traverser les épreuves liées à ma fausse couche d’abord puis aux FIV et aussi les moments plus joyeux comme mon mariage notamment.

Cloudy est follement moi et je vous remercie de l’accepter, de l’enrichir, de la rendre forte, de l’envelopper aussi. Cette relation est un cadeau.

 

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De l’humain

Une nuit écourtée. Merci la trachéite… Des valoches sous les yeux, l’humeur massacrante.

Pas l’envie d’y retourner, de faire des bises, de formuler des vœux, de voir du monde tout simplement, de m’installer dans ce bureau si vaste et doux, que je vais devoir quitter, à mon grand désespoir,  d’ici 15 jours…

Et puis et puis…. Elle.

Elle avec sa voix d’enfant, son parcours parsemé d’embûches, ses trois pas en avant et cinq en arrière, son regard fuyant, craintif.

La confiance qu’elle m’accorde, aveuglément.

Elle et sa peur de me décevoir.

Je souris toujours lorsque je les entends me demander si je suis déçue.

Je ne le suis jamais.

J’ai tellement tergiversé moi aussi, je me suis tellement cherchée, j’ai tellement reculé, si souvent.

Alors non, je ne suis jamais déçue. Je suis comme elle, comme les autres, tous les autres. Je ne suis au dessus de rien et elle, contrairement à ce qu’elle pense, inférieure à personne.

Au moment de nous quitter, elle sort de son sac deux paquets. Deux cadeaux.

L’humain est là.

Dans la larme qui coule, dans le cadeau donné, dans les remerciements murmurés, dans la gêne, le plaisir, dans l’au revoir.

L’humain, toujours. Celui qui donne sens à cette mission si difficile parfois. Écouter, accompagner, orienter, réconforter, revaloriser.

Je retrouve l’étincelle qui, la coquine, me quitte parfois… pour mieux revenir.

 

Un père et passe

Chaque année, aux abords de Noël, notre famille se crispe, pour des raisons diverses et variées.

Cette année, pour une raison qui m’échappe mon père nous fait des crises d’autorité, dénuées de sens.

Plus le temps passe, et malgré mes années de thérapie, et plus  le fossé entre nous se creuse. Une incompréhension mutuelle abyssale nous oppose.

Ce qui ne faisait que m’égratigner il y a quelques années, voire même me frôler  le cuir ; m’irrite et me blesse aujourd’hui.

A cause de l’âge sans doute, à cause de cette famille que nous n’agrandirons pas avec le Népou, à cause de l’urgence que je ressens de plus en plus, de manière prégnante.

Nous avons raté le coche, nous ne nous sommes jamais rencontrés, j’ai pourtant fait des efforts mais rien n’y fait, il y a toujours quelque chose qui grince, qui accroche. Ces choses que je ne sais pas faire (le jardin, les confitures, la cuisine de manière générale), le goût que je n’ai pas (pour les antiquités), le vrai travail que je ne réalise pas (je suis fonctionnaire et ne travaille que 37, 30 heures / semaine) et coup de grâce suprême, cet enfant que je ne ferai jamais.

A quand cela peut-il remonter ? Au commencement je crois, à son besoin d’être un fils parfait (pour des parents qui ne l’ont jamais aimé) mais un père absent. A sa manière de toujours prendre parti pour môman lorsque celle ci dénigrait avec plaisir et perversité sa fille à lui (trop grosse, trop grande, pas assez gracieuse, pas assez gentille….). A sa façon de toujours se taire, toujours botter en touche pour toutes les grandes décisions. Voir petit, penser petit, faire petit ; tel a toujours été son credo. Ne pas se faire remarquer, ne pas attirer l’attention sur soi. Surtout pas de vague.

De vagues, il n’y a en a jamais eu et il n’y en aura jamais.

Je crois que je peux mettre des mots sur cette colère sourde. C’est celle de voir cet homme de 70 ans, dénigré autant d’années par sa mère, qui ne supporte pas de la voir en maison de retraite, qui ne se fait pas à son absence, qui n’a pas coupé le cordon et qui dès lors nous le fait payer, à sa manière.

Je me demande, si ce qui sort en ce moment, c’est la jalousie, la tristesse ou l’absence. Il me semble que je pleure la place béante du père, les re-pères qu’il ne m’a jamais donnés.

 

Brand New World

Nouveau lieu de travail

Nouvel établissement (labyrinthique)

Nouvelle équipe

Nouvelle direction

Nouvelle mission

Mais toujours le même tract, les mêmes crispations, les mêmes doutes énormes

Je ne suis pourtant pas une débutante. Ni dans la vie, ni dans le domaine.

Quelle plaie. Celle béante du manque de confiance.

Je me rends compte, au bout de deux jours, que ce changement est arrivé au bon moment.

Je suis restée si longtemps dans une certaine zone de confort avec mes habitudes, mes mécanismes.

Je dois tout réapprendre, que ce soit techniquement mais aussi humainement.

Je suis surprise très positivement sur un certains nombre de points, notamment la relation, si difficile d’où je viens.

Et effarée par le manque de cadre, d’outils, de process, si importants pour moi (et d’où je viens aussi).

La formation tout au long de la vie n’est pas un vain mot pour moi. Je mets en pratique et pour moi et pour pour mes candidats, ce que j’ai toujours prôné  jusqu’alors.

Ce poste, cette nouvelle vie professionnelle sont une vraie chance pour moi et pourtant, je me sens prise au piège. Sur un poste où il faut encore donner 150 % de son énergie, car il s’agit d’accompagner des personnes, lorsque je ne suis en mesure de ne donner que 90 petits %.

J’ai tellement donné et peu reçu par le passé. Aujourd’hui, je voudrais me consacrer… à moi et à ma vie tout simplement…

 

Anicroche

Je ne me souviens plus très bien quand j’ai fait un pas de côté.

Lorsque certaines collègues m’ont reproché de n’avoir pas été invitées à notre mariage ?

Lorsque remise en cause par un partenaire j’ai demandé un soutien franc et massif de mon équipe et qu’il n’est arrivé que par une personne, les autres restant totalement muets ou se manifestants lorsque l’orage était passé ?

Les relations s’effilochent depuis quelques mois déjà.

Nous ne partageons plus la même manière d’envisager notre métier. La tiédeur de certains me révulse, notre manière de nous conformer en supportant toujours plus de la part des institutions, incapables de se connecter au terrain m’épuise chaque jour un peu plus.

J’ai souvent eu des périodes down. Elles alternaient immédiatement par une nouvelle énergie, le sentiment prégnant que j’apprenais encore.

Si on ne fait jamais le tour de l’humain, aujourd’hui j’ai la sensation de connaitre mon métier, sa pratique sur le bout des doigts.

Mon métier, lentement, est devenu alimentaire, certains enjeux me glissent sur le cuir, les projets à venir m’indiffèrent.

Ma seule obsession demeure dans l’autonomisation de mes candidats (faute de trouver des offres), dans la confiance et l’énergie que je me dois de leur insuffler.

Mes collègues, véritables compagnons, soutiens depuis 12 ans, ne sont plus que des collègues de bureau.

Lentement les cordons se coupent…