Memento mori

Lorsque nous avons été présentés, il a décrété qu’il m’aimerait quoi qu’il puisse arriver.

Son fils m’aime, il m’aimerait de manière inconditionnelle, sans même me connaitre.

Un personnage mon beau père !

Je suis devenue sa belle fille avant même que son fils sache s’il voulait vraiment s’engager avec moi.

120 kilos de rire, de mauvaise foi, de générosité, de colère, de sensibilité.

Un drôle de bonhomme, un père poule comme on en trouve peu dans sa génération. Un homme de peu de mots, discret et parfois fort en gueule, dont le seul objectif était que ces deux fils « soient bien, heureux ».

Depuis le mariage, nous nous sommes peu vus, nous avons peu échangé sinon des « ça va » et quelques mots sur le quotidien. Vite fait, sans plus.

Nous ne savions pas qu’il était mal, qu’il négligeait sa santé, qu’il n’avait plus la force.

Alors, cet appel, celui qui dit que beau papa est au plus mal, que son diagnostic vital est engagé, nous a mis KO debout.

Le voir sur son lit d’hôpital, saisir l’infinie souffrance de mon Népou m’ont fait basculer dans une réalité que je ne soupçonnais pas. Le fil ténu de la vie, l’importance de chaque moment de bonheur, l’importance des présences, de l’amour. Je sais désormais que tout peut basculer. Je le savais avant, je ne suis pas naïve bien sûr, mais ces derniers évènements m’ont fait prendre conscience des choses autrement.

C’est la vie, la mort.

Mais quel coup du sort ! Il vient nous secouer, ébranler nos fondations et nos croyances, secouer les liens, les mettre à l’épreuve. Chacun, nos regardons ce que nous avons fait de notre vie, nous interrogeons nos liens avec lui, nous questionnons demain, ce que sera notre famille sans lui.

Pour le moment, nous resserrons les liens pour affronter le difficile quotidien.

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Toucher du doigt le bonheur

Tous les invités sont définitivement partis. La maison est rangée (ou presque). La déco a retrouvé ses cartons. Les cartes de vœux ont pris place non loin de cartons de remerciements que nous devons envoyer.

Nous sommes mariés.

Une semaine déjà. Qu’il est cruel de passer une année à préparer un moment qui file si vite !

Pour autant, j’ai le sentiment d’avoir savouré chaque seconde de cette journée.

La préparation avec ma maman, la présence de mes filleules attendant derrière la porte de la chambre, mes témoins un brin tendues, mon filleul qui nous attendait sagement dans la voiture.

Et puis la surprise réservée par le Namoureux : son arrivée en cape et chapeau de cavalier.

L’arrivée à la Mairie, baignés par un joli soleil. Voir la famille et les amis qui se sont faits beaux et ont respectés le thème.

Et l’émotion…

C’est un ami qui s’est occupé de notre cérémonie laïque, d’une main de maître, avec le juste équilibre entre humour et anecdotes. Un joli moment.

Je me suis transformée en rivière au moment de la lecture de mes vœux.

Je crois pouvoir dire (sans prétention aucune) avoir vécu là un moment magique. Tout simplement. J’ai touché du doigt le bonheur parfait, un bonheur que je n’avais pas connu jusqu’alors.

Avoir la chance de se marier avec l’homme que l’on aime, entourés de tous les êtres qui nous sont chers, réaliser notre mariage dans un cadre et avec les prestataires que nous étions en mesure de nous offrir, c’est un vrai cadeau.

Si j’ai toujours souhaité (secrètement) me marier, je n’avais pas de rêves particuliers en la matière. Mon envie était que notre mariage nous ressemble. Qu’il soit simple, doux, sincère. Je crois que nous avons réussi cela.

Ce que cela va changer ? Rien et tout à la fois.

Mon Namoureux est devenu mon Népou, notre couple s’inscrit dans le temps, dans une famille, une nouvelle réalité.

Pendant une semaine, j’ai flotté. Je me suis repassé le film de cette journée, de cette soirée où je n’ai cessé de danser, m’amuser, apprécier.

Je garde les sourires, les mots, les étreintes, le moment partagé. Qu’importe ce qu’il se passe à partir d’aujourd’hui, nous avons vécu ce moment ensemble.

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Temps suspendu

Quelques jours de vacances (encore…), et :

Filer rejoindre Cousine préférée dans sa nouvelle maison. Profiter des enfants, du soleil, de la ville. Évoquer les autres membres de la famille (sans trop critiquer hein !), ébaucher des projets de vacances ensemble. La regarder au milieu de ses enfants et mesurer à quel point nous avons des conceptions très différentes en matière d’éducation alors que nous avons été élevées de la même façon (ou presque).

Profiter de la maison-refuge, trier, ranger, jeter, projeter de nouveaux travaux et de nouveaux achats. Je me sens de mieux en mieux dans cet intérieur, qui me correspond de plus en plus.

Écrire, bloguer, pinterester ! Je viens de découvrir pinterest et cet outil m’éclate vraiment.

Profiter de la nature, (malgré les giboulées de mai), respirer à pleins poumons, contempler les couleurs… Rien de mieux pour lutter contre mon appréhensuin du retour au travail…

Enchainer les RDV : visites de salles, RDV traiteurs et commencer à angoisser pour la déco (un peu tôt, donc un peu ridicule, je le sais).

Oublier le quotidien, mettre loin certaines préoccupations et soucis.

Retrouver Louise ma coiffeuse, qui a vaincu le crabe avec force et détermination. Louise est fine psychologue, elle me décrypte à travers mes cheveux. Cette femme est rock’n’roll roll, magnifique, incroyablement terre à terre.

Échanger longuement avec les cousins de Marseille. Comme j’aime mes cousins ! Nous nous voyons peu mais toujours avec énormément de plaisir, toujours dans le partage et surtout le rire.

Savourer ces moments suspendus, de bonheur, de bien être.

Avant de retourner au travail demain (sans plaisir ni envie).

 

Caniculaire

Il faut aller à plus de 1000 mètres pour espérer avoir un peu d’air frais.

Je bénis le vent qui vient caresser ma peau.

Dans ce décor de rêve tout est sujet à contemplation et à émerveillement.

Je ferme les yeux et je me repais du silence.

Ici il n’y a rien d’autre que le chant des oiseaux et le bruissement du vent dans les feuillages.

Je ferme les yeux pour photographier le décor, respirer à plein poumons, me fondre dans les éléments.

Et toucher du doigt le bonheur.

Oui, le bonheur est ici dans cet instant, avec lui…

Forty

40 ans, le chiffre rond qui donne le tournis.

L’âge qui marque un cap, celui de la maturité mais aussi celui du questionnement : qui suis-je, où vais-je et sur quelle étagère. Il y a le travail, la famille, les amis, les enfants, le couple, la santé (le sexe, le rapport au corps)… Bref une valse de questions et non des moindres. Des questions de fond, sur ce que fût notre vie jusque là, sur ce qu’on aimerait qu’elle soit, la couleur qu’on a envie de lui donner.

Namoureux va avoir 40 ans cette année.

Se posent donc LES questions : fêter ou pas, dans son homeland ou dans la ville dans laquelle il vit aujourd’hui, avec les potes, avec les potes + la famille… ?

Bref, pour Namoureux c’est un cap et j’ai quelques difficultés à l’accompagner sur son chemin.

J’aime les fêtes, les symboles, je suis du genre à ritualiser, tandis qu’il est plus timoré. Je brûle d’impatience d’envoyer un petit message aux copains, alors qu’il est encore dans une hésitation très marquée, qui pencherait plutôt vers le no : no festivités, no friends, no gifts… J’ai envie de faire la fête, qu’autour de nous, il y ait tous nos essentiels, j’ai envie de célébrer la vie et le bonheur.

Mon Namoureux est impressionné par cet âge qui se profile dans quelques mois. Par ce grand tournant à prendre, à la fois pour lui même et pour notre couple, notre vie de famille. Ce nid que nous n’avons pas encore, ce Sunnybaby que nous aimerions tant voir arriver et last but not least un nouvel emploi à sa mesure.

Je pensais qu’aller voir « 40 ans mode d’emploi » serait une solution pour alléger les choses. En fait non.

40 ans : mode d'emploi

Certes, les dialogues sont bien ficelés, les situations sentent le vécu pour certaines, il y a dans ce film un esprit à la Friends. On savoure des moments de franche rigolade et de pur régal, mais rien de suffisamment inspirant pour encourager Namoureux à passer le cap en sérénité… Au contraire, ce film a révélé je crois tout ce qui le tourmente, ce qui semble difficile à surmonter.

Il nous faudrait je crois un peu plus de légèreté, laisser encore vibrer en nous les enfants puis les adolescents que nous avons été, pour continuer à rêver…