L’instant à soi

Depuis que j’ai repris à plein temps et bien que je sois « relativement » disponible (lire sans enfant, sans animal de compagnie et avec un Népou à mi-temps), je ne trouve plus de temps pour moi.

Ou plutôt, les rares instants à moi sont pollués par mes addictions aux réseaux sociaux types FB, IG, LdIn, Pint. Je n’en suis pas très fière et je le suis d’autant moins que cette nouvelle pratique (limite acharnée) me coupe de tout ce que j’ai toujours aimé faire profondément et qui me fait du bien : écrire, lire, méditer, faire mes petites cartes, mes exercices d’étirement, mes rêveries, mes trucs de fille.

Je me sens totalement envahie (mais par quoi à part le vide des réseaux sociaux ????), un peu coupée de moi aussi… Démunie pour me déconnecter, pour revenir à moi.

Alors j’ai décidé de fonctionner « kaizen », par petites touches, pour refaire le chemin vers moi.

 

La preuve par le vide

Il pleut, il y avait si longtemps !

Cela me donne envie de me consacrer à ma maison et à tout ce qui déborde : placard, grenier….

Depuis hier soir, je trie,  je jette, éclairci. Cet exercice est hautement cathartique. A mesure que les sacs poubelle et les sacs « à donner » se remplissent, je m’allège.

J’aime cette sensation qui remplit tout mon être, le sentiment de passer à autre chose, d’avoir suffisamment d’espace physique et spirituel peut être pour construire du nouveau.

C’est bon aussi de renouer avec les anciens mécanismes de la documentaliste que j’ai été et que je suis encore en pointillés.

Enfin et à nouveau, du dépouillement, des espaces libres pour laisser circuler mes idées et mes envies.

 

2 h 34

Se lever parce que le sommeil est impossible à trouver.

Se faire un café. Le prendre devant la fenêtre grande ouverte. Goûter la nuit enveloppante, le silence. Déplorer déjà la trop grande chaleur.

Se laisser envahir par un certain nombre de pensées.

Compter le nombre de mails en souffrance auxquels il faut répondre, les coups de téléphone à passer.

Se dire que le courage manquera tout à l’heure pour donner à la maison un semblant d’apparence normale (on dirait qu’on a campé ici !).

Grignoter (off course)

Naviguer sur internet pour trouver une hypothétique robe chemise en solde, tout en sachant que la robe chemise ne me va pas. Aller sur facebook (quelle connerie ce facebook quand même) contempler la vie de mes nombreux non-amis

Me dire qu’il faut que je revienne par ici pour écrire. Car il n’y a guère que l’écriture qui remplisse tous mes vides.

 

Trainer

Il fait froid.

Dehors et surtout dedans.

Je me suis levée, puis recouchée.

Je me suis habillée des vêtements du Namoureux. Larges, doux, chauds, empreints de son odeur.

Je traine sur le canapé, tentant, avant les jours fous qui approchent, de me vider.

Je regarde des reportages sur le Japon, sur Delphine Horvilleur que je découvre et que je trouve d’une inspiration joyeuse.

J’ai besoin de nature, de silence et d’écriture. Mais à mon grand désespoir, rien ne sort…

Trainer pour tenter de se recomposer un peu.