Écrire

« Je pense que l’acte d’écrire trahit quelque chose qui suinte, un grain de sable dans l’engrenage, quelque chose qui vous tracasse, vous fait gamberger. Si on avait des vies parfaitement lisses, on n’écrirait pas ». Tatiana De Rosnay  

Ma vie est lisse, sans aucun doute pourtant l’acte d’écrire m’est indispensable. Car à n’en pas douter, cela suinte et je gamberge tout le temps.

Depuis aussi longtemps que je me souvienne, depuis que je sais écrire, j’écris.

J’écris pour aplanir les lignes, pour prendre de la hauteur, pour atténuer les maux.

J’écris car cela m’apporte une certaine légèreté, une forme de bonheur, un plaisir réel. J’aime voir mon texte prendre forme, j’aime me sentir, une fois l’idée, le propos posés, alignée. Écrire est pour moi physique.

J’écris ici, sur plusieurs blogs depuis plus de 12 ans, dans des carnets, dans des cahiers. Un pour , chacun avec sa couleur, son format. J’écris le soir, la plupart du temps et depuis peu, je me suis mis aux morning pages, insomnie oblige.

J’écris sur moi, sur mon quotidien. Je ne suis pas certaine de pouvoir écrire sur autre chose. Je m’y suis essayée une fois, dans un atelier d’écriture. Le thème imposé était tellement remuant que j’en ai pleuré, incapable d’explorer le propos tel que je l’aurais souhaité, je suis partie.

J’écris en ritualisant. Sans cela, le plaisir ne serait pas le même, je ne pourrais pas m’installer aisément dans l’instant.

Longtemps, j’ai tout gardé. Les journaux intimes sont rangés précieusement. Mon 1er blog est toujours en ligne. J’ai imprimé chaque texte du second. Quant à celui ci, je le laisse vivre…

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Violences

Matin

Il est 7 H 45, je patiente à un feu.

Traverse un homme avec une laisse autour du cou, une cannette de bière à la main, dégingandé, suivi par un chien qui avance la queue entre les jambes.

Comme le font tous les êtres qui sont humiliés, voire violentés.

Un court instant, mon regard décroche et lorsque je le regarde à nouveau alors qu’il a traversé, je le vois hurler sur son chien, brandissant la laisse, prêt à lui taper dessus, le chien à terre, regard baissé. Résigné.

Mes tripes se tordent mais je n’ai pas le temps de klaxonner, de baisser la vitre, il faut avancer déjà.

Lâche violence, contre un animal. Violence crasse, à l’image du personnage.

Après-midi

Sous les fenêtres de mon bureau, au travail, avec ma collègue nous entendons des crissements de pneus, un bruit violent. Nous nous mettons à la fenêtre : une voiture percute un motard sur l’avenue. Un policier pour être précise. Nous ne voyons pas le reste de la scène. En une poignée de seconde surgissent des habitants du quartier, des enfants et évidemment, une armada de policiers. Plus tard, nous voyons l’homme encadré par des policiers, plus tard encore les habitants caillasseront quelques voitures. Le journal nous a appris ce matin que cet homme était armé…

Matin

Informations matinales à la radio. Une jeune femme, sortant d’uns discothèque toulousaine se fait violer par 5 ou 6 individus (!!!). La scène est filmée, diffusée sur les réseaux. A cause (grâce ?) à cette diffusion la victime est identifiée mais pas ses violeurs.

J’ai la nausée, à regarder, entendre, écouter. Je vomis cette société qui partout crée de la violence. Elle est inhérente à l’humanité. Je le sais, je l’ai intégré. Je n’en demeure pas moins atterrée, si je considère les habitants de mon pays comme « éduqués ».

Vaste débat…

Comme un lundi de rentrée

DSC03431.JPGIl y a eu cette boule au ventre, comme pour ma rentrée en seconde A2, il y a quelques années déjà, mais cette rentrée est restée gravée…

Et puis, le saut, dans cette salle, où nous nous sommes retrouvés à 60 pour notre séminaire de rentrée (comme les partis politiques nous avons aussi notre séminaire de rentrée… mais pas à la Rochelle…).

Il y a eu les présentations des nouveaux arrivés, ma DRH qui m’a souhaité un bon retour de vacances (devant 59 personnes, steuplait), il y a eu de multiples présentations projetées au mur : nos objectifs. Puis et pour finir, les groupes de travail, dont un que j’ai eu la chance de co-animer.

Voilà je suis rentrée.

Je nous ai regardé tous. A nous agiter, à cogiter, à donner pour la plupart le meilleur, à nous engager, à écouter les axes, les objectifs, les attendus, les lignes directrices… Et j’ai pensé que le cœur du service public battait là. C’est hyper prétentieux à écrire. Mais je le pense si fort ! Nous nous contorsionnons avec toujours moins de moyens, des situations toujours plus compliquées mais nous continuons, inlassablement à y croire. Il y a objectivement assez peu de choses qui nous réunissent tous, si CA. Le sens du service public.

Est ce que c’est moi ou ce poste qui m’absorbe totalement ?

J’ai besoin, comme ce soir, de faire silence, de faire ma revue de gratitude, ma méditation, écrire, pour me reconnecter à ce moi qui s’étiole.

J’ai besoin de me faire confiance pour enfin aller vers des activités qui me plaisent et me permettraient de renouer avec « mon artiste ».

Peut être qu’il me faut pousser des portes…?

J’attends l’automne

 

Je suis partie avec la canicule (et vais devoir revenir avec elle).

Je suis partie au moment où tout le monde revenait, bronzé-e, où d’autres préparaient leurs cartons pour partir définitivement.

Je suis partie au moment des annonces, ministérielles (qui m’ont fait tomber de ma chaises) et aussi internes (qui m’ont fait retomber de ma chaise, ouille !).

Je suis partie en ayant bouclé de justesse un projet, remis 15 jours avant tandis que j’étais seule au bureau. Un projet exaltant, dans lequel j’ai mis toutes mes tripes, sans savoir s’il va obtenir toutes les validations attendues.

Je suis partie lessivée, sur les genoux, portant les questions lancinantes qui sont toujours les miennes : suis je à ma place ? suis je capable de relever les défis qui me tentent tant et que l’on me confie enfin ?! Puis, il y a eu cette phrase, lancée par ma DRH, avant mon départ, lorsque je lui remettais tremblante comme une petite fille « ma copie ». « Cloudy, vous êtes enfin là où on vous attendait ». Je l’ai décortiquée cette phrase. Le « enfin », le « on », le « où on vous attendait ». Ça m’a fait les vacances, évidemment.

Mes vacances ont été à l’image de ces derniers mois. Fatigantes, peu satisfaisantes, chargées d’émotions, chargées de questions demeurées sans réponses. Il y a eu trop de soleil, trop de bruit, trop de nuit sans sommeil. J’attends donc les prochaines avec une infinie impatience, quelques petits jours en octobre.

A la rentrée, dès lundi pour moi donc, il y aura ce fameux projet, à mettre en œuvre (ou pas), une nouvelle responsable de service, des collègues qui partent, d’autres qui sont propulsés responsables de service… Parmi tout cela, toutes ces petites choses qui vont habiter mon quotidien, je DOIS me faire de la place afin de ne pas m’oublier comme précédemment… Prendre du temps pour moi, essayer de méditer tous les jours, faire de l’exercice, prendre le temps de lire tous les jolis livre commandés dernièrement. Bref, comme je le dis toujours, me mettre au centre…