Prison intérieure

Impressionnantes ces barrières que l’on se met

Et ce corps qui se débat et l’esprit qui flanche

On dit souvent qu’il faut tomber bas pour remonter

Mais combien de fois déjà ai-je flanché avec le sentiment de regarder passer les trains dans lesquels tout le monde était monté sauf moi.

Douloureuses sensations que d’avoir toujours tout à reconstruire

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Ce blog a deux ans.

Merci à toutes et tous, lecteurs et lectrices de France, du Mexique, de Corée et d’ailleurs ; merci à celles et ceux qui laissent des messages, à ceux qui lisent sans oser commenter.

Merci pour votre soutien, votre sens critique, votre bienveillance.

Votre chaleureuse présence.

Merci aux fidèles, aux nouveaux, à ceux de passage.

Que d’étapes en deux ans !

A très vite 🙂

Gratitudes

Je remercie ma mère d’être venue me chercher à la clinique et de comprendre que j’ai besoin d’y retourner encore.

Je remercie mon père d’avoir laissé un cadeau sur la table du salon, un cadeau pour remplacer les mots.

Je remercie copine de clinique de m’avoir envoyé un message d’encouragement ce we,  pour tenir.

Je remercie meilleure amie de m’avoir consacré du temps et de m’avoir offert un joli livre.

Je remercie R. de sa chaleur et de son accueil lors de la cérémonie de célébration de son PACS.

Je remercie le soleil d’avoir éclairé mon we, mon cœur et d’avoir chassé mes idées sombres.

Je me remercie…

D’içi

Nous avons toutes et tous d’imposantes carrures et autant de fragilités à l’intérieur, que nous faisons taire à coup de chocolat, biscuits, plats en sauce (c’est selon)…

Les repas sont pris à horaire fixe. Impossible d’y déroger. Du chaos doit renaitre l’ordre.

Nous sommes protégés, portés, par toute une équipe.

Quand d’autres mangent avec leur ventre, nous mangeons avec nos émotions.

Ici l’extérieur pourrait devenir un lointain souvenir.

On pratique 8 heures de sport par semaine. Autant dire que cela n’est jamais arrivé à aucun de nous auparavant et notre corps vient nous dire des choses qu’il n’avait jamais pu livrer.

On vit des séances de psys en accéléré, pour nous révéler à nous même et nous assumer.

On mange dans le bruit, ambiance colo, pour ne pas se laisser envahir.

Je réfléchis, beaucoup, trop, sur l’ici et maintenant, sur l’avant et sur l’après…

Je me rends compte que nous souffrons toutes et tous à des degrés différents de la même pathologie et ça fait du bien.

Nous sommes tous des hyper sensibles, souffrant d’un cruel manque de confiance.

J’apprends à me connaitre et à me reconnaitre.

Enfin

 

Congruences

Nous nous cotoyons depuis plusieurs années sur le plan professionnel.

Notre relation, jusque là, se cantonnait à un bonjour-bonsoir et à partager la meme cantine. Nous parlions peu et en superficialité. Jusqu’à ce qu’émerge le sujet de l’hyperphagie. Problème qui nous afflige toutes les 2.

C’est elle qui m’a parlé de la clinique dans laquelle je séjourne aujourd’hui et c’est elle encore qui m’a permis de cheminer.

Je lui ai donné quelques vetements lorsqu’elle a commencé à beaucoup maigrir. Mais là encore nous avions peu à partager sinon cette lancinante question des kilos. Notre marronnier.

Jusqu’à ce que nous nous croisions à la clinique qui fait les bébés. M’a-t-elle considerée autrement ? A-t-elle été touchée par notre histoire ? En tout cas, notre comunication a changé. Une plus grande écoute, des gestes et des paroles attentives, une autre présence.

C’est la seule, en dehors de mes parents et du Namoureux a étre venue me visiter en ce lieu. Une manière pour elle aussi, de m’annoncer sa grossesse gemellaire, ses angoisses, ses peurs et ses espoirs. Nous avons parlé ici, comme jamais je n’ai pu le faire auparavant avecquelqu’un de « mon » hyperphagie et de monangoisse à porter un enfant.

Il nous a fallut à l’une et à l’autre beaucoup de retenue, du respect et de la bienveillance pour nous confier.

Et pour la 1ère fois, je n’ai pas eu mal. Là, dans les tripes. Et je lui en suis sincèremennt reconnaissante.

Fissures

Dès le premier jour, j’ai su.

Que ça allait craquer, se fissurer de toutes parts. J’ai senti monter la vague, tranquillement.

J’ai passé une semaine à pleurer, à me repasser en boucle les mots durs (mais justes) de la psy.

Ca fait mal…

Ce serait prétentieux de le dire mais pourtant c’est vrai. Je sais tout des stratégies mises en place, des mensonges que j’ai construit au fil du temps, des masques que j’ai portés, l’air de rien.

Depuis que je suis ici, je dors, je ne pense pas sans cesse à la bouffe, je ne me remplie pas, je prends le temps de prendre soin de moi. Depuis que je suis ici, je suis moi. Complètement, totalement.

Il va falloir quitter ce cocon, retrouver la vie de l’extérieur (la vraie vie ?), ses contraintes et contingences.

Je n’ai aucune idée de la manière dont je vais annoncer à mon employeur que je veux le quitter, je ne sais pas ce que je ferai après, ni si enfin, Namoureux et moi allons trouver un nid ensemble.

Je ne suis pas plus avancée que ça, sinon l’idée qui a creusé son chemin avec force.

Est il possible de se laisser à ce point anéantir par son travail, les convenances ?