Prendre le temps

De s’étirer avant de sauter du lit (oui je saute hors du lit …)

De prendre le petit déjeuner sans avoir l’œil rivé sur la pendule

De filer à la salle de bain

De flâner dans ma campagne, écouter les silences, les oiseaux, les feuilles qui tombent, fermer les yeux, respirer à plein poumons et savourer la chance d’être là

Trainer à la maison, laisser chaque chose vivre sa vie. Les pantalons entassés sur la chaise de bureau, le courrier dans la cuisine, les chaussures dans l’entrée. Personne ne les verra.

Ronfler sur la chaise longue, cachée par les arbres, un livre à la main.

Respirer, encore et encore, évacuer le trop plein de tout, l’indicible qui pèse sur l’estomac, les nuits sans sommeil qui alourdissent les paupières.

Prendre le temps de ne rien faire et aimer profondément cela.

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Attachement # Indéfectible

Est ce l’air du temps (morose), ma fatigue combinée à ma lassitude, les messages récurrents dont on m’abreuve au quotidien ?

Je ne sais pas mais j’ai envie d’affirmer ici, cachée derrière mon anonymat presque protecteur, que j’aime mon pays.

Ne soyez pas effrayé-es, je n’ai pas viré bleu marine, je n’ai aucun penchant nationaliste, je ne suis pas atteinte de chauvinisme aigu, non rien de tout cela.

C’est juste qu’à force d’entendre trop de choses qui m’écorchent les oreilles, j’ai besoin de l’écrire quelque part. Et le quelque part le plus adapté, c’est ici.

J’ai voyagé un peu. En Europe surtout, au Maghreb… Ces immersions, ces rencontres avec d’autres coutumes, ces confrontations diverses m’ont permis de mesurer tant les manques que les chances. Celles que nous avons nous ici.

J’aime ce pays et ses contrastes. Tous ses contrastes et ses aspérités. Géographiques, historiques, culturelles.

J’aime la France plurielle, sa diversité, ses couleurs, ses richesses. Aujourd’hui, les évènements tendent à cliver, se méfier, pourtant pour moi, cette France là est belle.

J’aime la France qui permet l’école pour tous. Une école sans doute imparfaite, en souffrance elle aussi, en doute, mais une école qui forme, se bat, pour un accès au savoir pour tous.

J’aime la France solidaire. Ses multiples associations, ses actions de grandes envergures, ses centres sociaux, ses institutions.

J’aime son système de santé qui nous permet de nous soigner, d’être pris en charge, de rencontrer de nombreux spécialistes qui soignent différentes pathologies.

J’aime les 3 mots affichés aux frontons des mairies, sa laïcité chère à mon cœur.

J’aime sa culture, ses musées, ses festivals, la pluralité de sa musique, son théâtre, ses artistes libres d’écrire, jouer, composer, critiquer, dessiner.

J’aime être une femme dans ce pays. J’y suis libre. Je peux m’habiller comme je veux, conduire, sortir…

Beaucoup de choses m’exaspèrent il est vrai, difficile de le nier surtout lorsque l’on fait un métier comme le mien où les situations de précarité nous prennent à la gorge. Je n’oublie pas ses débordements, ses exagérations, ses crises politiques, ses inégalités.

Il y a cette somme d’éléments insignifiants parfois mais essentiels à mes yeux.

Ces choses mises bout à bout qui disent l’attachement. Indéfectible.

 

 

J’ai rêvé

Ce doit être la 5ème ou 6ème année consécutive qu’à l’approche de septembre je rêve que je passe le Bac.

Ce qui fait de moi une personne hyper diplômée (ben quoi ?!!!)

C’est drôle comme cette angoisse, plus que n’importe quelle autre est encore ancrée en moi.

La crainte de rater le Bac….

Petits pas

2 semaines

Encore, avant d’être en vacances, avant de m’extraire du quotidien.

L’été est passé si vite, aucun temps mort professionnel, des nuits agitées, un temps harassant qui n’a pas permis le repos, le sport mis entre parenthèse, les émotions parfois trop fortes qui m’ont fait replonger tête la première dans la nourriture.

J’ai besoin de dormir, besoin de ralentir le pas, besoin de prendre le temps, besoin de ne plus voir toutes les personnes qui gravitent autour de moi, besoin de grand air, d’espace, de silence, de paix.

Me reconnecter à moi, retrouver une énergie amoindrie, prendre du recul pour aborder une fin d’année chargée avec sérénité.

Mon obsession du moment, c’est la bienveillance (à mon égard), c’est d’être en cohérence, dans mes paroles et dans mes actes.

Une discipline en somme, pas toujours aisée…

Fille d’automne

La fraicheur est revenue et avec elle la « liste de mes envies ».

J’ai le sentiment de revivre. Pouvoir profiter à nouveau des extérieurs, me balader dans ma campagne et surtout m’occuper de ma maison que j’ai laissé en friche tout l’été.

Cet été, j’ai le sentiment d’avoir vécu dans une grotte. Enfermée, les fenêtres ouvertes en soirée seulement, peu de sorties, peu de loisirs, beaucoup de retranchements et de renoncements aussi.

J’ai retrouvé une énergie.

Celle de redonner « visage humain » à mon antre. J’ai rangé, frotté, fait brillé et j’en ai ressenti une immense satisfaction intérieure, un soulagement. Rendre belle ma maison, me permet de ranger mon propre intérieur, prendre de la distance, me sentir soulagée.

Et puis, plus je vieillis je crois et plus je ressens le besoin physique de nature. Toucher les arbres, être en forêt, me retrouver dans une végétation verdoyante et luxuriante sont des essentiels à mon équilibre. Sortir le matin tôt ou en revenant du travail sont des SAS indispensables à un quotidien qui me devient de plus en plus pesant.

Me projeter, notamment par rapport à ma maison, réfléchir à ce que je vais faire de cette horrible cuisine, embellir mon cadre de vie, me réveille un peu.

Au fond, je suis de l’automne et du printemps aussi…

Today

Être réveillée à 5 h 30

Décider de me lever à 6 h et petit-déjeuner

Ronchouiller contre la température, 27° à l’intérieur

Déjà, je n’ai envie de rien alors que j’ai tant à faire à la maison

Me recoucher à 7 h et  être réveillée par l’affreux animal du voisin

Décider de ne rien faire aujourd’hui

Lire sous la tonnelle sans arriver à me plonger dans le livre qu’elle m’a offert, sur l’adoption

Penser toute la matinée aux mots que j’ai besoin de poser, envahissants, tonitruants

Déjeuner avec mes parents. Se désoler ensemble que les couples des cousins, qui se sont aimés au sortir de l’adolescence se soient tous fracassés à la grande barrière de la quarantaine

Penser à ma jolie, embarrassée par son papa bipolaire

Grignoter toute l’après midi, penser qu’il me faudrait une lobotomie pour m’extraire de ça

Larver devant des conneries à la TV puis devant facebook (demain j’arrête)

Attendre les sms de mon Népou qui lutte depuis une semaine jour et nuit contre un virus asiatique avec sa cellule de crise

Contempler mon antre, horrible fouillis, débordant d’inutilités exacte image de ce qui bouillonne dans ma tête

Puis la pluie enfin et l’apaisement…

 

Anicroche

Je ne me souviens plus très bien quand j’ai fait un pas de côté.

Lorsque certaines collègues m’ont reproché de n’avoir pas été invitées à notre mariage ?

Lorsque remise en cause par un partenaire j’ai demandé un soutien franc et massif de mon équipe et qu’il n’est arrivé que par une personne, les autres restant totalement muets ou se manifestants lorsque l’orage était passé ?

Les relations s’effilochent depuis quelques mois déjà.

Nous ne partageons plus la même manière d’envisager notre métier. La tiédeur de certains me révulse, notre manière de nous conformer en supportant toujours plus de la part des institutions, incapables de se connecter au terrain m’épuise chaque jour un peu plus.

J’ai souvent eu des périodes down. Elles alternaient immédiatement par une nouvelle énergie, le sentiment prégnant que j’apprenais encore.

Si on ne fait jamais le tour de l’humain, aujourd’hui j’ai la sensation de connaitre mon métier, sa pratique sur le bout des doigts.

Mon métier, lentement, est devenu alimentaire, certains enjeux me glissent sur le cuir, les projets à venir m’indiffèrent.

Ma seule obsession demeure dans l’autonomisation de mes candidats (faute de trouver des offres), dans la confiance et l’énergie que je me dois de leur insuffler.

Mes collègues, véritables compagnons, soutiens depuis 12 ans, ne sont plus que des collègues de bureau.

Lentement les cordons se coupent…

Pardons

Je me pardonne

Mes hésitations, mes atermoiements, mes emportements, mes peurs, mes faux pas.

De ne pas être celle que j’aurais aimé être, d’avoir tant de mal à me connecter à un moi supérieur.

Je pardonne aux enfants intérieurs de mes parents

Guidés par eux, par leurs peurs, leurs croyances, les pressions familiales, ils ont fait de mon histoire d’enfant une histoire triste.

Je pardonne à Vénérable Directrice d’avoir voulu écraser en moi celle qui a osé dire, celle qui a osé contester ses prises de position et son autoritarisme

Je pardonne à ancienne Meilleure Amie de m’avoir laissée sans aucune explication, d’avoir balayé 30 années d’amitié

Je pardonne à tous ceux qui se sont moqués

Parce que j’étais trop grande

Puis trop grosse

Et aussi trop timide

Trop lente parfois

Je pardonne et tente de trouver ma paix

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Poser les maux

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Avec les années, mes lectures, mes rencontres et mes nombreuses thérapies, j’ai appris à me connaitre.

Je sais les blessures d’enfance : la blessure d’abandon, celle de rejet, je sais le cruel manque de confiance.

Ce sont ces maux qui m’ont conduit à l’hyperphagie et ont fait de moi la cliente parfaite pour les déprimes multiples d’abord puis pour la dépression.

Je sais. Intellectuellement et physiquement tout cela.

Mais savoir n’est pas suffisant. Aux premiers signes, ceux des égratignures, des doutes, des vexations, tous les démons sont vent debout.

Le signe que je ne suis pas guérie, le signe que tout ce qui est tapi, non élucidé n’est pas réglé.

Aussi,  si les valises se sont allégées, elles n’en demeurent pas moins toujours très présentes…