News from the World : april

La télé réalité tue. Cette TV poubelle dont le seul objectif est de flatter des esprits voyeurs (dont le mien) en faisant du chiffre, n’en finit plus de faire parler d’elle. Il m’aura fallu cet évènement tragique (le suicide du médecin urgentiste sur Koh Lanta) pour prendre définitivement conscience qu’en regardant  toutes ces daubasses je crédite, je participe. Aussi exit 4 mariages pour et autres stupidités du genre… vais lire et méditer, ce sera plus productif.

Pendant 4 mois, un ministre de la République nous a trimballé à coups de mensonge éhontés. Légitime tollé général. Commentaires jusqu’à la lie. Encore un, un de plus qui vient salir par ses actes, par sa risible « part d’ombre » l’exercice de l’État. Encore un qui méprise non seulement son électorat mais aussi la France entière. C’est un acte inqualifiable et honteux. Il a matraqué la France à coups de réformes drastiques : qu’il rembourse ! Il est désolé, dévasté ? J’en suis personnellement ravie. Lorsque l’on occupe de tels postes, on prend ses responsabilités, on se montre digne de sa fonction.  Je ne sais pas ce qui me fait le plus mal, son mensonge inqualifiable ou bien les larmes de Gérard Filoche (Inspecteur du Travail et élu socialiste). Un homme que j’ai eu la chance de croiser. Un de ses êtres merveilleux, proche du terrain, militant engagé pour ceux qui n’ont rien.
Aller jusqu’à demander à ce que les ministres publient leur patrimoine ? Tout aussi risible. J’attends d’un Ministre de la République qu’il soit sérieux dans son job et compétent, qu’il ne me mente pas, ce sont pour ce qui me concerne des critères de confiance suffisants.

De nouvelles rencontres blogguesques. Vocale avec la pétillante et énergique MoO . Puis « en vrai » avec Folène. Maman passionnée et femme passionnante.  Une belle rencontre dans un écrin vert, que j’ai quitté sous la neige (Je vous embrasse !).

Dans mon pays, dans ce pays que j’aime tant, on défile dans la rue, contre l’égalité. Les esprits d’une autre époque, s’éveillent. On ratonne, comme aux heures les plus sombres de notre histoire. Et des personnes que nous avons élues, sensées nous représenter, se mettent sur la gueule dans l’Hémicycle pour un regard de travers. Cela confine au cauchemar. Tout cela va bien trop loin. J’ai honte et j’ai mal. Chacun pense ce qu’il veut, c’est entendu. Mais quand donc les français descendront ils dans la rue ENSEMBLE pour les bonnes raisons ?! Si le vote pour le mariage pour tous est une victoire, il a réactivé des clivages qui m’effrayent. Quant à Virginie Tellenne, nouvelle Jeanne d’Arc autoproclamée, appelons la par son vrai nom et non par son ridicule « nom de scène », cessons de donner du crédit à cette marionnette téléguidée et faisons en sorte qu’elle ne fasse AUCUNE voix aux prochaines élections.

Lorsque « tout cela » sera terminé, nous nous rendrons compte, mais trop tard, que le code du travail a été piétiné et que personne n’en a rien dit…

J’ai compris, tandis que Vénérable Directrice a été très absente ces derniers temps, combien les chefs nous imprègnent de ce qu’ils sont. Ils indiquent le chemin, donnent le cadre. En son absence, les lignes sont devenues plus floues et le contexte actuel (baisse du nombre d’offres, sollicitations des entreprises moindres, climat de gravité et de baisse de confiance) nous rend stressés, durs les uns envers les autres. Nous ne prenons plus soin de nous. Je le déplore, je le regrette. Un chef, indéniablement est celui qui insuffle le sens, rassure, s’appuie sur les compétences des uns et des autres pour faire avancer collectivement. Il faut une intelligence, une sensibilité, une force pour être chef. Pour la première fois, j’ose l’écrire : elle m’a manqué.

Quand le calme revient à l’intérieur, il faut toujours qu’un vent de tempête vienne semer le trouble, comme si la sérénité « totale » n’était jamais possible. Les pires tempêtes viennent toujours de ma famille. Chaque griffure éveille en moi les blessures d’enfance et la petite fille s’en trouve touchée. Si j’ai décidé de « rendre », de ne plus me laisser envahir, il y a toujours des petits fragments qui viennent m’atteindre. Sans doute ai-je encore besoin de grandir.

Premier chant du coucou : j’ai fait un voeu 😉

Et mai, qui se profile,  le mois des très attendues vacances 😉

See you soon

Publicités

Rituels

– La radio: tout au long de la journée. France Inter à la maison, une radio locale dans la voiture à l’aller, Skyrock au retour.

– Le petit déjeuner : la même chose la semaine, autre chose le week end

– Les soins du corps : les mêmes produits Avène , le long bain du dimanche, le masque + peeling  juste après (en écoutant Rebecca Manzoni). Devant la TV, la crème pour les pieds puis pour les mains (dans cet ordre strict !)

– Au travail : ouvrir la boutique, déplier les mails, regarder le programme de la journée. Lorsque tous les collègues sont arrivés, faire le tour des bureaux pour les saluer, puis aller prendre mon café.

– Les pages du soir, le plus souvent sur le canapé et de moins en moins à mon bureau tant aimé.

– Avant le dodo : quelques pages de lecture, les mantras récités plusieurs fois

Rassurants, cadrants, qui ancrent dans le présent, dans l’être…

De la poésie, des ballets, une symphonie

Dès les premières images, le ton est donné. Il y aura de la pluie, beaucoup et de nombreuses démonstrations de kung fu.

Les films de Wong Kar Wai, sont une promesse. D’esthétique, de poésie, d’images soignées.

Avec « The Grandmaster », il ne déroge pas à la règle.

The Grandmaster

Tourné sur plusieurs années, le film retrace la vie d’Yip Man, un maitre en arts martiaux (le Wing chun, pour être précise) qui fut le mentor d’un certain Bruce Lee. Sur fond de guerre sino-japonaise,  on suit le parcours de ce maitre pacifiste, qui commence son enseignement en Chine, pour finir à Hong Kong par l’ouverture de plusieurs écoles.

S’il est question de kung fu dans ce film, on y parle aussi et en filigrane d’amour. L’amour pour son pays, pour des femmes, pour son art élevé au rang d’art suprême.

Tout dans ce film respire la poésie, il est d’ailleurs truffé d’allégories (sur la vie, la mort, la filiation), de symboles (les couleurs, les éléments).

Bref, j’ai aimé ce film malgré quelques longueurs, ruptures de rythme et des incohérences dans les dialogues. Un bon moment, des images léchées et une histoire certes un peu décousue mais qui accroche.

S’émerveiller

Après le travail, sortir vite.

Prendre l’air et le soleil, évacuer, respirer.

La montagne se teinte ça et là, la neige commence à fondre sur les cimes, les champs sont verdoyants, les coucous me gratifient de leurs douces et entêtantes musiques.

Que peut-il y avoir de plus beau à cet instant que les cerisiers et les magnolias en fleurs ?

Rien, absolument rien.

Quête-s

Après le travail, filer vite fait avec ancienne keupine de travail.

Papoter comme des grues en terrasse et se moquer des filles qui font du 32 (non je n’exagère pas) et qui portent des shorts en avril (en avril, tu ne te découvres pas…!!!)

Manger une pizza sur le banc rouillé d’un arrêt de bus et continuer à ricaner comme des gamines de 15 ans. Se reconnecter à la légèreté et à l’insouciance.

Puis y aller.

Découvrir le lieu : simple, dépouillé, sobre, qui respire la paix.

Découvrir l’intervenante : qui respire la paix, simple, charismatique, belle.

Tester une nouvelle méthode de méditation (créatrice).

Lutter contre toutes les pensées parasites les 5 premières minutes, les 5 suivantes, tenter de se connecter à chaque dimension du corps et les 7 dernières, atteindre un niveau surprenant de plénitude.

J’ai atteint la lumière, elle a coulé en moi avec une étonnante fluidité, elle m’a illuminée de l’intérieur. Ça fourmillait de vie. Hier, à 20 h, je me suis sentie incroyablement vivante.

Je crois que je vais continuer….

Revue de semaine

♠ Lundi

Vénérable Directrice n’est pas là. En son absence, nous prenons certaines libertés que nous ne pourrions pas nous autoriser en temps normal. La réunion d’équipe vire à la sérieuse récréation. Il faut traiter les sujets mais nous le faisons dans un certain brouhaha. Ils sont drôles ces adultes quand la figure de l’autorité n’est pas là. Nous nous transformons, nous redevenons des enfants qui cherchent à se placer, à prendre le dessus sur les autres.

Cela montre aussi à quel point nous avons besoin de nous dire, dans notre quotidien de travail, d’être entendus.

Mardi

Je suis en récup. ce qui me permets de déjeuner avec ancienne collègue de travail bien aimée. Elle est retournée dans son ancienne machine à broyer… Malgré nos 12 années d’écart nous nous ressemblons de manière déconcertante. Physiquement, dans notre histoire, dans nos colères, dans les sujets qui nous animent, dans la place que nous cherchons désespérément à prendre auprès de nos pères. Coup de foudre personnel puis professionnel. Elle est drôle notre histoire. Elle a fait, par sa lumineuse présence, tomber les barrières. Elle a osé dire tandis que je n’avais plus de mots, elle m’a forcée à la douceur en me prenant maintes fois dans ses bras lorsque j’étais sur le fil. Elle a remis de l’humanité. Pour tout cela, je lui suis d’une infinie reconnaissance.

J’ai RDV chez une photographe professionnelle. J’ai envie de faire un cadeau à Namoureux. Quelle douleur que de se soumettre ainsi à l’objectif… Quand on aime…

Mercredi

Mon après midi est faite de « RDV Messieurs ». Accompagnant majoritairement des femmes, ces RDV sont rares, pas exceptionnels mais rares.

Je retiens le premier RDV. Un jeune homme que je vois régulièrement depuis plusieurs mois, au gré de ses missions. Un garçon attachant, qui se donne du mal, qui se bat à la fois contre la solitude et contre quelques patrons qui n’ont pas eu peur d’abuser de son statut d’étranger maitrisant mal la langue et les rouages de l’administration française. Il me parle de son découragement, de sa rancœur. Touchant dans les mots, dans la colère, dans l’envie de s’en sortir, de faire mieux que ceux restés « là bas ». Touchant dans sa confidence : sa confiance en moi. « Tu sais, il n’y a que toi qui sais me parler vrai ».

Je retiens le dernier RDV. Un homme d’âge mûr. Qui semble avoir traversé toutes les tempêtes : la guerre, le déracinement, le mariage forcé, le couple qui se déglingue, le chômage, la famille qui renie tout. Il faut tout recommencer de zéro. Il a besoin que je comprenne. La souffrance, l’errance, son état intérieur, avant de commencer le travail ensemble. Nous parlons pendant une heure. Nous parlons de tout sauf d’emploi, nous parlons essentiellement de lui. Il ponctue ses phrases de longs silences puis parfois de « vous comprenez ? ».

Oui.

Jeudi

Soirée collègues. Nos soirées deviennent de plus en plus rares et à la fois de plus en plus intenses. A quoi cela tient il ? Le métier plus difficile, plus éreintant ? Est ce parce que nous avons vieilli ? Est ce parce qu’après tant d’années, nous nous connaissons sur le bout des doigts. Nous partageons les mêmes valeurs, fortes. Celles de l’égalité de traitement, la laïcité, un accompagnement centré sur la personne. Au fond et sans doute, plus que tout autre chose, c’est cela qui nous guide et qui a fait qu’après bien des turbulences nous nous entendons encore si bien.

Vendredi

Pour quelques semaines je mène avec une de mes collègues un collectif axé sur la recherche de la compétence. C’est mon atelier préféré, celui qui me donne une pêche de fous. On découvre, à travers des exercices et des mises en situation, l’autre. Au fur et à mesure des semaines, on les sent renouer avec la confiance, mettre des mots sur ce qu’ils savent faire, prendre conscience de leurs compétences et savoirs faire. Rien de magique, juste le révélateur de ce qu’ils sont vraiment. Avoir le temps de mener ce type d’atelier, c’est juste un vrai luxe. Un luxe d’autant plus appréciable quand il est mené avec une personne dont on se sent proche et qui pratique en complémentarité.

Samedi

Cousine préférée, ma sœur de cœur, m’apprend que cousin préféré (son mari) lutte depuis plusieurs semaines contre une dépression sévère et que par deux fois, il a fait un tour aux urgences psychiatriques. Cousin préféré est un joyeux luron, une « personne soleil » comme j’aime à les appeler. Toujours un bon mot, une bonne blague, un farceur notoire, le sourire et le rire éclatants. Nous nous connaissons depuis plus de 20 ans. Je sais de lui ses doutes, ses colères noires parfois, son manque de confiance. Mais jamais, vraiment jamais, je n’aurais pu soupçonner son envie d’en finir, son désespoir intérieur. Ces deux là ont tout traversé, les pires des tempêtes. Je le voyais solide comme un roc. Le roc s’est fissuré et avec lui mes certitudes et croyances. Cette joie, ce rire si flamboyants n’étaient peut être qu’un rempart.

Ne pas oublier d’investir chaque seconde de vie…

Care

J’ai ressorti mes livres bien aimés : professionnel, « bien être », pour me ressourcer  et pour ne pas perdre le sens

Je me suis replongée dans mes mantras, rangés jusque là confortablement dans mon portefeuille. Ils sont désormais sur la table nuit et dans l’agenda. Histoire de me gorger de positivisme.

Je me suis mis à cuisiner, c’était plutôt réussit…

Je suis allée chez l’esthéticienne  me faire papouiller. J’ai rencontré une personne délicieuse aux doigts de fée, qui pendant une heure à fait de moi la personne la plus belle et importante de la terre. Un moment d’absolu douceur.

J’ai déjeuné avec des cops et fait une soirées de collègues : rafraichissant !

J’anime un collectif avec super collègue de travail et je me régale. Je prends enfin le temps de prendre le temps et d’accompagner « autrement ».

J’ai demandé et obtenu un renouvellement de mon 80 %.

Pour me mettre au centre, prendre soin de moi et tenter de m’apaiser…

Se prendre un bus (dans la gueule)

Je crois aux signes. Bien plus qu’en tout autre chose. Ils me parlent et me montrent la voie.

Ces derniers temps certains d’entre eux se sont multipliés. Les reportages sur les femmes enceintes et les accouchements, les livres et magasines sur la questions, des affiches de bébé, des femmes enceintes par paquets inhabituels. Je les ai interprétés positivement, j’y ai vu une réponse à nos questionnements et angoisses actuels.

Les signes m’ont trompée (à moins que je ne sache plus les lire).

Ce matin, nouvel entretien dans la clinique de la fertilité. Que ce mot est horrible. D’ailleurs, on devrait passer les uns après les autres : les fertiles et les infertiles pour éviter de nous croiser. Les ventres ronds, les bébés, les couples tristes. Le mélange ne donne rien de bon. On évite de se regarder, on est presque gênés.

Puis vient mon tour.

Analyses de sang, échographies, radiographies… Depuis un an, le dossier s’épaissit.

Elle regarde, lit à haute voix, prend des notes.

« Taux trop bas, protocole de soins, FIV ?, pendant un mois, puis on voit, on commence par, votre âge… ».

J’ai décroché, je n’écoute plus. Je regarde les montagnes par la fenêtre, je voudrais être là haut, respirer à m’en faire éclater les poumons.

Et voilà que les larmes coulent à torrent, que le ventre se tord. Uppercut.

Elle en a vu d’autres. Silence. « Séchez vos larmes, ça va aller ». Elle me laisse le temps de me reprendre, me tend de la documentation et m’accompagne vers la secrétaire pour régler.

En fait, non ça ne va pas.

Mes jambes flagellent, mon corps peine à me porter et mes larmes ne cessent de couler, un flot interminable.

Je hoquette.

Rien de grave. Pas encore. Non mais ma nature est celle d’une anxieuse compulsive.

Est ce que je vais tenir physiquement, est ce que je vais souffrir physiquement et Namoureux, restera-t-il si le Sunnybaby ne pointe pas le bout de son nez ?

Trop de questions pour ce soir, trop d’émotions… Je vais me coucher…