De la peur

Il ne faut pas céder à la peur

Il faut rester debout pour montrer aux terroristes que la laïcité et la liberté sont plus fortes

Il ne faut pas faire d’amalgame

Il faut continuer à vivre, comme si

Certes.

Pourtant, j’ai lu guerre contre le terrorisme, je n’ai pas rêvé, nous sommes bien en guerre. Une guerre qui jusque là était lointaine pour moi et qui se rapproche.

Je tente de rester dans ma bulle, de me connecter le moins possible à l’actualité mais il est difficile d’échapper à certaines réalités.

J’ai en mémoire des images (Irak,Mali et tant d’autres….), des retours d’expérience aussi. Un de mes cousins « a fait le Liban », je connais des personnes qui ont combattu en Afghanistan.

La guerre me fait peur. Celle ci plus que les autres. Je ne suis forte ni en géopolitique, ni en politique tout court, je ne parle pas de stratégie pour autant la réalité qui est la nôtre aujourd’hui me fait frissonner. Daesh est loin pour autant il arme et inspire des personnes capables de décapiter des êtres humains, assassiner des journalistes, faire des carnages dans des supermarchés. Il y a ce sombre groupe qui s’enrichit à la barbe des autres états, qui oppresse, viole, vole, applique l’esclavagisme et la traite des femmes ; il y des individualités qui mélangent tout (pour celui qui s’est intéressé un peu au Coran), prêtes à frapper n’importe où.

Alors oui j’ai peur.

Peur pour mon mari qui vit et travaille à la capitale, prend le métro, habite non loin de grands sites touristiques et religieux. Peur pour ma famille la plus proche qui vit non loin de sites SEVOSO, de barrages, de lieux potentiellement à risque.

J’ai peur tout court. Ce monde et ce qu’il produit, sur les êtres, les organisations, les esprits me terrifient. La laïque que je suis, farouchement, intrinsèquement, frémit.

Garder la t^te froide, sa ligne de conduite. Oui bien sûr.

Et pourtant…

 

Escapade

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Une semaine à ne pas penser au travail

A nous balader sans stress, à profiter de chaque instant, de chaque vue

Savourer les rayons du soleil, leur omniprésence

Apprécier la douceur de la ville, l’accueil charmant de ses habitants

Comparer invariablement avec la France (c’est plus fort que moi…)

Regretter que cela ne dure pas plus longtemps.

 

Les listes de Christie

 Pompé chez Christie l’inspiratrice sur son lovely blog !

« Choses pour lesquelles j’aurais bien besoin d’être aidée ». Écrivez 10 choses.

– Je suis hyper forte en rangement mais pas en rangement de placard (inutile de me demander pourquoi). Alors j’aurais besoin de l’aide d’une rangeuse ès placards.

– Pour faire la cuisine parfois. Une idée, une manière d’associer aliments et épices. Je mange toujours la même chose…

– Pour mettre du rouge à lèvres rouge. C’est nul ce petit truc qui dépasse toujours au coin de la lèvre, alors que je m’applique comme une folle. Mais rien à faire. Une manière de me renvoyer à cette féminité qui peine à prendre toute sa mesure.

– Pour la méditation. Seule c’est assez difficile.

– J’aimerais jardiner. Ouaip. Commencer par des aromates et finir par un jardin zen. Je rêve d’un jardin zen.

– La prise de recul n’est pas mon fort. Deux ou trois trucs pour éviter d’être branchée en permanence sur du 10000 volts, ça serait pas mal.

– Pour évacuer la colère qui m’habite depuis tant d’années…

*  « Choses que j’aimerais voir se manifester ». Écrivez 20 choses.

Un nouveau travail pour moi

Un nouveau travail pour mon Népou

Un miracle qui me permettrait de tomber enceinte cette année

Le déclic qui me donnerait le courage d’aller seule à la piscine, de faire du djembé…

La force de dire non sans culpabiliser

Le courage de poser les mots, sans colère et en me traitant en bienveillance

Un changement du corps, qui s’affermirait, s’affinerait

Des relations nouvelles, plus fluides et apaisantes

Un panache retrouvé car je traine ma fatigue

La disparition total de mon hyperphagie

Des cours de gym douce pas loin de chez moi

Une vie plus douce…

 

*  « Choses que j’aimerais posséder ». Écrivez 15 choses.

La confiance et l’amour… de moi, parce que c’est pas gagné cette histoire

Une jolie maison, petite, avec un jardinet et un petit portail, un rosier qui fleure et embaume jusque dans la maison

Du courage, il m’en manque souvent

Du talent pour écrire et photographier

Le sens de l’humour, j’en manque pas mal

Du style, un vrai style affirmé qui me colle à la peau

Une meilleure amie

De longs cheveux très noirs et une peau de bébé

Une hygiène de vie plus saine

Sagesse, patience et spiritualité

Clairement, on va pas se mentir, du pognon, parce que je vis gravement au dessus de mes moyens…

Un mégaQi

 

Pas facile d’aller au bout de la liste

 

Les manques

Elle a 30 ans et en fait dix de moins.

Ses grands cheveux barrent son visage et pour nous parler, elle ne prend pas toujours la peine de les relever. Dommage, car ils cachent ses grands yeux.

Elle s’habille avec des vêtements très amples, baggy, toujours des baskets, toujours des tee shirts longs pour faire taire les nombreux tatouages qui peuplent ses bras et crient sa vie, ses croyances, ses attaches .

Son expérience est mince, des boulots par ci par là, trouvés par sa propre mère. Il y a près de 10 ans.

Une semaine après l’avoir rencontrée, elle était au boulot, une aubaine, un miracle. Certes, un contrat aidé, mais un CDD malgré tout.

Un bonheur pour elle. Celui de pouvoir dire à son enfant que Maman va gagner sa vie, Maman travaille comme les autres Mamans de l’école, Maman existe (enfin).

Car c’est une maman, c’est la première chose qu’elle dit d’elle. Son enfant est sa fierté, sa raison de vivre, son tout. Il y a bien eu le géniteur, un bref passage, puis un papa de cœur qui est parti. C’est cela qui l’a poussée à chercher du travail.

Les premières semaines se passent bien. Très bien. Les compétences sont là, elle tient les cadences, elle est précise, autonome sur son poste de travail. Les cheveux sont rangés dans une grande queue de cheval.

Un mois plus tard, l’employeur note de nombreuses absences, non justifiées, des frottements avec des membres de l’équipe. Elle s’énerve, s’irrite, pleure. On lui donne sa chance malgré tout, on passe l’éponge, car elle est moteur dans l’équipe.

Cinq mois plus tard, c’est la dégringolade, il faut la changer de poste, l’équipe ne la supporte plus, pas plus que son encadrant technique. On repart comme en 14, tout se passe pour le mieux. Elle est contente, plus apaisée, elle envisage l’avenir.

Puis rebelote. Elle n’arrive plus à l’heure, n’honore pas les RDV, ne va pas en formation, s’accroche avec ses collègues.

Aujourd’hui c’était le bilan final de ces quelques mois chaotiques, des mois où nous n’avons jamais cessé d’être présents et d’y croire. D’y croire plus qu’elle.

Alors que je dressais le tableau des constats, que je renvoyais à sa responsabilité, que je questionnais sur ce qui l’animait et  sur ces multiples sabordages, elle a pleuré.

Elle a pleuré en silence, de grosses larmes qui perlaient sur ses joues rebondies d’enfant, son regard implorait. Et finalement les mots sont sortis. Comme des plaintes, un lointain cri.

Le manque de reconnaissance, d’amour de soi, de confiance. La peur. De se lancer, de changer de vie, de réussir.

Elle m’a touchée bien sûr. Car ses mots, douloureux, pénétrants auraient pu être les miens. Je suis du bon côté de la barrière, j’ai un emploi, c’est vrai mais le doute est perpétuel chez moi, la confiance s’effrite souvent. J’ai malgré moi un réel besoin de reconnaissance, de la part de mes pairs (et de mes impairs…), de ma hiérarchie. Enfin, le besoin d’amour ne m’a jamais quittée. Aujourd’hui encore, il y a en moi cette enfant qui lutte pour panser ses plaies.

Mon job, c’est de poser le cadre, les règles, de ramener à la réalité. Pour autant, mon enfant intérieur a rencontré le sien…

 

2/ Les sons

L’aboiement de mon chien, qui attend mon retour de l’école derrière la porte

La salle de restaurant de mes parents, un dimanche,  jour d’affluence

Le ruisseau qui coule à côté de la maison

Le chasse neige, qui annonce qu’il va falloir se lever tôt le matin pour déneiger devant la maison

La pluie sur la fenêtre de toit qui berce mes nuits

La musique à tue tête, les mercredis matins, de la chanson française écoutée avec maman

La sonnerie à l’école, en tant qu’élève, puis en tant qu’aide éducatrice

Le silence apaisant du bureau, le matin, en arrivant, le soir en partant, indispensable SAS

Les feuilles et branches l’automne dans ma forêt

La Tv allumée sans discontinuer chez mes grands parents

L’arrivée du train de mon Népou en gare

Le chant des oiseaux pour accompagner le réveil

 

Lire lire lire ! (Portrait de lectrice)

Librement emprunté et adapté de ce blog (un régal !)

1. Plutôt corne ou marque-page ?

Diantre marque page ! C’est un sacrilège de corner les livres !!!

2. As-tu déjà reçu un livre en cadeau ?

Oui plein ! Quel plus beau cadeau. Un livre c’est une part de soi que l’on offre à l’autre.

3. Lis-tu dans ton bain ?

Jamais (re-sacrilège !)

4. As-tu déjà pensé à écrire un livre ?

Oui, dans mes plus beaux rêves

5. Que penses-tu des séries de plusieurs tomes ?

Je ne les lis pas… sauf en BD, forcément.

6. As-tu un livre culte ?

Non, c’est juste impossible, mais j’ai un Panthéon de mes écrivains cultes

7. Aimes-tu relire ?

Jamais : un livre, une époque, un lieu, un souvenir

8. Rencontrer ou ne pas rencontrer les auteurs de livres qu’on a aimés ?

J’ai rencontré Olivier Adam et des « écrivains jeunesse »…. je n’ai pas aimé. Je préfère projeter, imaginer, rêver même (voire fantasmer). Je ne le ferai plus, même pour une signature.

9. Aimes-tu parler de tes lectures ?

J’aime partager, écouter, en parler, comme toutes les choses que j’aime.

10. Comment choisis-tu tes livres ?

Je les respire, je caresse leur couverture, je les lis, je m’en remets au libraire. Je crois qu’en réalité, ce sont eux qui me choisissent.

11. Une lecture inavouable ?

Je n’ai pas lu 50 nuance de Grey, ni du Musso et un seul Lévy.

12. Des endroits préférés pour lire ?

Dans mon canapé, mon lit, sur ma terrasse, dans mon hamac, au soleil, au coin du feu, avec un thé fumant  côté, sous des kilos de couverture avec la neige qui tombe dehors.

13. Un livre idéal pour toi serait…

Celui qui fait grandir, celui qui réjouit, fait pleurer, celui qu’on a pas envie de quitter, celui qu’on chérit du regard lorsqu’il est posé sur la table de nuit.

14. Lire par-dessus l’épaule ?

Les journaux, les BD si le sujet est prenant.

15. Télé, jeux vidéo ou livre ?

TV et livre…. 😦

16. Lire et manger ?

Nan ! Sauf du chocolat ou des fruits secs (oui bon…)

17. Lecture en musique, en silence, peu importe

En silence, ou bien avec les oiseaux en fond sonore. Rien de plus.

18. Que deviendrais-tu sans livres ?

Comment savoir ?

19. Tu achètes un livre sur le Net et tu le reçois un peu abîmé. Que fais-tu ?

Je le renvoie dare dare. Mais la plupart du temps je vais en librairie pour choisir MON livre.

20. Quel est l’élément qui t’a donné le goût de la lecture ?

Voir ma mère lire, le fait qu’elle m’a toujours lu et offert des livres.  Des enseignants en lettres qui m’ont touchée, ouvert à la littérature.

21. Que penses-tu de toutes ces adaptations cinématographiques ?

Rien sincèrement. Je regarde rarement les adaptations, sauf celles de Pagnol.

22. Si tu ne devais retenir qu’un seul personnage rencontré dans tes lectures, ce serait lequel ?

Je ne peux pas, ce serait comme sacrifier un personnage.

23. Si tu ne pouvais plus lire qu’un seul type de livre, lequel ce serait ?

Les romans du XIXe.

24. Comment classes-tu tes livres dans ta bibliothèque ?

Par catégorie, éditeur et par ordre de parution (dingo quoi)

25.Livres papier ou ebook?

Paper FOREVER !

26. Que fais-tu de tes livres une fois lus ?

Je garde mes préférés et donne ou distribue les autres (peu nombreux au final)

27. Connais-tu la règle de la page 99 ? Et si oui, est ce que tu l’appliques parfois à tes lectures ?

Oui je connais mais ne l’applique pas, je suis dyscalculique (mouhaha, j’adore le placer !)

28. Quel est, parmi toutes tes lectures, ton « méchant » préféré ?

Je ne retiens pas les méchants personnages 😉

29. Que penses-tu des challenges littéraires ?

Rien. La lecture pour moi ne peut être qu’un acte égoïste non contraint

30. Quel est le livre que tu as le plus détesté ?

Je n’ai pas de souvenir, je referme ceux qui ne me plaisent pas et ne continue pas leur lecture, qui ne peut être que plaisir à mon sens

31- Quel livre lis-tu en ce moment ?

Le pouvoir de l’intention de Wayne W. Dyer

C’est un au revoir

Vous partez bientôt.

J’avoue que je ne suis pas peinée, ni nostalgique.

Dans les faits, il y a plusieurs années que vous êtes partie. Vous animez les réunions importantes, vous êtes l’interlocutrice privilégiée des institutions mais pour nous vous n’êtes plus qu’un courant d’air, que l’on aperçoit de temps en temps derrière son bureau.

Vous partez et c’est un nouveau chapitre professionnel qui s’ouvre pour moi et pour notre équipe.

Je me rappelle notre premier entretien. J’étais au bout du rouleau après 6 mois de recherche d’emploi. Désemparée, avec la crainte de devoir renoncer à mon nouveau projet professionnel. J’étais sortie de ma formation de conseillère emploi pleine d’idéaux, de croyances aussi mais la recherche d’emploi m’a fait douter, m’a mise en face des réalités. J’étais prêtre à renoncer, à me tourner vers un emploi alimentaire et il y a eu ce RDV avec vous. Le dernier de ma longue liste, celui sur lequel je misais tout. Je ne me rappelle pas vraiment du contenu de cet échange, sinon que nous avons parlé des SDF. Vous m’avez l’air de rien, glissé une mise en situation sous le nez. Vous m’avez parlé de choix, de respect de la temporalité de chacun, de quelque chose d’essentiel que je n’oublie pas « on n’aide pas une personne qui ne souhaite pas être aidée, le maitre de son parcours, c’est elle ». Mon leitmotiv.

Vous m’avez dit « je vous rappelle », deux semaines après je commençais à travailler. C’était il y a 12 ans. 12 années au cours desquelles j’ai grandi, au cours desquelles j’ai acquis une posture et une identité professionnelle. J’ai muri, avancé, me suis fait des amis, me suis ouverte aux autres, à la société et à moi. Vous avez été une passeuse, un professeur hors pair, jamais avare de conseils, d’invitations à la réflexion, à l’introspection. Votre vision de l’accompagnement m’a inspirée, portée même.  Je crois pouvoir dire que vous portez des valeurs fortes, vous êtes la seule à défendre et afficher une philosophie de la qualité d’accompagnement et non pas celle de la quantité, du chiffre. Vous avez été un exemple, un mentor.

Longtemps, je vous ai mise sur un piédestal. Vos compliments me nourrissaient, tandis que vos critiques me mettaient à terre. Je vous craignais, autant que votre approbation était importante. J’étais comme une enfant face à la directrice toute puissante, fascinée par la maitresse femme. J’en ai oublié d’exercer mon sens critique, je me suis laissée aveugler.

Car si vous supportez toutes les faiblesses des chercheurs d’emploi que nous avons la mission d’accompagner, elle vous est insupportable  chez vos collaborateurs.

Aussi, mes 12 années de travail ont été ponctuées de nombreuses descentes aux enfers.

J’ai appris, par votre entremise et par les circonstances que le monde du « social » est loin d’être aussi tolérant et ouvert que l’on peut le penser. C’est une jungle et cette jungle, vous avez largement contribué à y planter de longues et apparentes racines. Je me suis pris les pieds dedans et vous ne m’avez plus tendu la main.

Je n’ai toujours pas compris aujourd’hui le pourquoi de ce traitement de défaveur. Des convocations, des phrases assassines, des changements de poste, des projets acceptés puis refusés… Lorsque je me suis positionnée (contre vous), vous me boudiez, m’ignoriez, lorsque j’ai craqué, à plusieurs reprises, vous ne me parliez plus, lorsque j’ai demandé des explications, vous m’avez renvoyé la balle, ou bien vous vous êtes dérobée. Puis vous m’avez assené le coup fatal. Juste après ma fausse couche. Vous m’avez reproché mon absence. Ce jour là, quelque chose s’est fissuré en moi. Je vous ai haï. Haï de m’humilier, haï de n’avoir pas de mots. Mots de femme, de mère, de grand mère que vous êtes, de professionnelle. Ce jour là, vous êtes enfin tombée de votre piédestal.

Mes collègues se sont souvent interrogés sur votre manière de me traiter. Mais jamais ils n’ont pris mon parti, ni ne m’ont soutenue. Quelque part, nous avons tous peur de vous, autant que nous vous admirons. Alors qu’à leur tour ils sont l’objet de votre courroux parce qu’eux aussi s’opposent à vos manières de faire, je ris à l’intérieur.

Je ris parce que je sais.

Il m’aura fallu plusieurs séances chez le psy du travail pour comprendre. Comprendre ma relation à vous, votre relation à moi, ce qui s’est joué entre nous. Je me sens libérée et plus forte. Je ne crains plus vos regards, vos salves destructrices, je ne me sens plus cette minuscule chose face à votre immense savoir, je ne suis plus cette conseillère en perpétuel état de doute et d’infériorité. Je me suis posée en victime souvent, je le reconnais aisément, mais s’en est fini.

Cela coïncide  avec votre proche départ. Il y a comme une ironie dans cette situation.

Vous partez bientôt et je ne serai pas là. Je vous laisserai une lettre peut être, je n’en suis pas encore certaine. Je suis résolue à tourner la page et construire mon avenir professionnel plus sereinement.

J’ai besoin de vous oublier.