Ça passera pas

J’ai eu peur de ne pas avoir mon Bac,

Puis de ne pas trouver mon chemin professionnel,

J’ai eu peur de me foutre en l’air dès que j’aurai mon permis,

Voire même de tuer quelqu’un.

J’ai eu peur de ne pas rencontrer de garçon, de ne pas rencontrer l’homme de ma vie, de ne pas avoir d’enfant (oui bon là…).

J’ai eu peur de ne pas être à la hauteur, de ne pas tenir un boulot et de devoir faire de l’alimentaire pour m’en sortir.

La confiance.

Elle m’a toujours paralysée.

Je me revois en terminale, paralysée devant ma feuille blanche en devoir sur table en histoire. Incapable d’écrire quoi que ce soit, fondant finalement en larmes car j’avais bossé comme une malade. Quelques semaines plus tard, le bac blanc, des nuits, déjà, que je dormais mal.

J’ai passé suffisamment d’heures sur différents divans pour analyser pourquoi le manque de confiance a creusé son sillon. Une famille peu encline à la reconnaissance (de l’être, de la compétence, du savoir faire), peu encline à l’encouragement (pas assez judéo-chrétien). Des adultes fatalistes, blâmants « les puissants ». Je crois que mes parents se sont forgés sur un modèle, un modèle qu’ils ne pouvaient que transmettre. Une forme de pensée qui dit que les « petits » restent petits, c’est comme ça et tant pis.

J’ai pensé ainsi longtemps, j’ai pensé que je n’y arriverai jamais. Que la vie, la vraie, la belle vie n’était pas pour moi.

J’ai changé sur le tard. Très concrètement avec le parcours éreintant de la PMA.

Mes forces enfouies se sont révélées. Ça n’a pas marché, je me suis pris une grande claque personnelle, qui est venue toucher ma personne, mon statut, mon couple. QUi nous a mis à terre. Mais je l’ai fait. Je me suis connectée à cette part d’humanité trop longtemps tue. A partir de cet instant, tout (ou presque) est devenu possible. Changer de travail, dire ce que j’avais sur le cœur, me reconnaitre. Reconnaitre ma personne, mon parcours, légitimer mes ombres MAIS surtout reconnaitre mes qualités, mes compétences, ma force.

Je ne me compare plus, je n’envie plus, je me plains moins, je reconnais tout ce qui fait moi. Je savoure, je prends, je donne et je rends. Surtout, je rends. Ce qui n’est pas moi, ce qui limite, ce qui abime, ce qui minimise.

J’ai un boulot, un toit, une famille, je pars en vacances, je peux me faire plaisir, je suis en bonne santé.

J’ai et  je suis.

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Faire un peu, faire vraiment

Il y a cette liste de choses que j’aimerais faire et que je ne fais jamais. Ou alors si, quelques jours, quelques semaines et puis je m’arrête. Je n’ai plus le temps, plus l’envie, je n’en vois plus l’intérêt.

Pourtant, je sais que toutes ces actions mises bout à bout me seraient bénéfiques.

Lire plus, regarder moins (de tv poubelle) ;

Méditer plus, plus exactement, méditer à nouveau ;

Consommer moins et mieux ;

Ranger tous les jours (plutôt que d’y passer des heures le we) ;

Cuisiner avec de vrais et bons produits ;

Faire du sport.

J’ai décidé de ne plus me fixer d’objectifs, lesquels, puisqu’ils ne sont jamais atteints me font  tomber dans des abîmes d’auto flagellation (comment ça, je suis excessive ?!!!). Je fais un peu tous les jours, j’essaye de ne rien m’imposer, de cesser de m’enfermer avec des « il faut que, tu devrais », qui sont mes poisons.

Je commence à faire un acte de la liste par jour. Pour restaurer de l’envie, de la confiance, de la bienveillance (mon désormais maitre mot).

On s’en reparle dans quelques mois pour savoir si j’ai progressé sur la voie 😉

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Nue

Un mois déjà que je baigne dans une culture professionnelle qui n’est pas la mienne.

Je me sens dans la peau de l’enfant qui fait ses premiers pas debout. C’est nouveau, pas toujours agréable, chancelant, parfois ça laisse des bleus parce qu’on se cogne.

C’est à cela, à peu près, que ressemble mon quotidien depuis deux semaines.

Je dois désapprendre quelque chose pour apprendre quelque chose d’autre. Une nouvelle langue, de nouveaux codes, de nouvelles règles et références.

Et je ne m’y fais pas. C’est un peu douloureux et j’en sors avec des bleus. Car mes tâtonnements, mes tentatives m’ont fait trébucher.

Tomber lorsqu’on a 12 ou 16 mois, c’est une chose. A 41 c’en est une autre…

J’ai quitté un endroit, Maison Compagnie, parce qu’un ensemble de choses (dont le cadre) me tapaient franchement sur le système. J’étouffais. Je n’avais plus l’énergie suffisante, par ailleurs, pour accompagner des candidats plus en recherche de solutions sociales qu’en recherche d’emploi (pour faire très court).

Aujourd’hui, je travaille dans une machine sans cadre, où l’humain (avec un grand H) me manque.

Pourtant, c’est bien dans un service ressources humaines que je travaille.

Ne plus savoir, devoir demander, avoir besoin de validation, perdre du temps, oublier les règles, me tromper comme une débutante  me met en position de faiblesse.

Il en va ainsi je crois pour les personnes qui n’ont pas confiance en elles.

J’ai mis plus de trois ans à faire le grand saut. Je n’aurais pas pu tenir plus longtemps. Et voilà que ce poste tant espéré me met dans un état de souffrance proche de celui que j’ai connu jusque là.

Mon meilleur collègue a toujours dit de moi que je ne suis pas la meilleure techniquement (en gros les cadres légaux, les statistiques et les bilans chiffrés ne sont pas ma came) mais que je suis une vraie chefe scout. Mais à quoi peut bien servir une chefe scout entourée de jeannettes hyper qualifiées.

Mon chemin professionnel a été ponctué de longues périodes de souffrances. Je pensais en avoir définitivement terminé avec ça. Mais il n’en est rien. Et encore une fois je me demande pourquoi la vie a décidé de me mettre dans cette situation. Celle où je me sens petite, un peu minable, très en dessous, au point encore de ne plus dormir, trop manger et m’autoflageller.

La confiance disais-je….

 

 

Brand New World

Nouveau lieu de travail

Nouvel établissement (labyrinthique)

Nouvelle équipe

Nouvelle direction

Nouvelle mission

Mais toujours le même tract, les mêmes crispations, les mêmes doutes énormes

Je ne suis pourtant pas une débutante. Ni dans la vie, ni dans le domaine.

Quelle plaie. Celle béante du manque de confiance.

Je me rends compte, au bout de deux jours, que ce changement est arrivé au bon moment.

Je suis restée si longtemps dans une certaine zone de confort avec mes habitudes, mes mécanismes.

Je dois tout réapprendre, que ce soit techniquement mais aussi humainement.

Je suis surprise très positivement sur un certains nombre de points, notamment la relation, si difficile d’où je viens.

Et effarée par le manque de cadre, d’outils, de process, si importants pour moi (et d’où je viens aussi).

La formation tout au long de la vie n’est pas un vain mot pour moi. Je mets en pratique et pour moi et pour pour mes candidats, ce que j’ai toujours prôné  jusqu’alors.

Ce poste, cette nouvelle vie professionnelle sont une vraie chance pour moi et pourtant, je me sens prise au piège. Sur un poste où il faut encore donner 150 % de son énergie, car il s’agit d’accompagner des personnes, lorsque je ne suis en mesure de ne donner que 90 petits %.

J’ai tellement donné et peu reçu par le passé. Aujourd’hui, je voudrais me consacrer… à moi et à ma vie tout simplement…

 

Wanted

Je cherche

de l’inspiration

du réconfort

des envies

un nouveau chemin à suivre

l’amour

des amis

de la confiance

de la sérenité

du calme intérieur

une nouvelle vie peut être

Anicroche

Je ne me souviens plus très bien quand j’ai fait un pas de côté.

Lorsque certaines collègues m’ont reproché de n’avoir pas été invitées à notre mariage ?

Lorsque remise en cause par un partenaire j’ai demandé un soutien franc et massif de mon équipe et qu’il n’est arrivé que par une personne, les autres restant totalement muets ou se manifestants lorsque l’orage était passé ?

Les relations s’effilochent depuis quelques mois déjà.

Nous ne partageons plus la même manière d’envisager notre métier. La tiédeur de certains me révulse, notre manière de nous conformer en supportant toujours plus de la part des institutions, incapables de se connecter au terrain m’épuise chaque jour un peu plus.

J’ai souvent eu des périodes down. Elles alternaient immédiatement par une nouvelle énergie, le sentiment prégnant que j’apprenais encore.

Si on ne fait jamais le tour de l’humain, aujourd’hui j’ai la sensation de connaitre mon métier, sa pratique sur le bout des doigts.

Mon métier, lentement, est devenu alimentaire, certains enjeux me glissent sur le cuir, les projets à venir m’indiffèrent.

Ma seule obsession demeure dans l’autonomisation de mes candidats (faute de trouver des offres), dans la confiance et l’énergie que je me dois de leur insuffler.

Mes collègues, véritables compagnons, soutiens depuis 12 ans, ne sont plus que des collègues de bureau.

Lentement les cordons se coupent…

Les listes de Christie

 Pompé chez Christie l’inspiratrice sur son lovely blog !

« Choses pour lesquelles j’aurais bien besoin d’être aidée ». Écrivez 10 choses.

– Je suis hyper forte en rangement mais pas en rangement de placard (inutile de me demander pourquoi). Alors j’aurais besoin de l’aide d’une rangeuse ès placards.

– Pour faire la cuisine parfois. Une idée, une manière d’associer aliments et épices. Je mange toujours la même chose…

– Pour mettre du rouge à lèvres rouge. C’est nul ce petit truc qui dépasse toujours au coin de la lèvre, alors que je m’applique comme une folle. Mais rien à faire. Une manière de me renvoyer à cette féminité qui peine à prendre toute sa mesure.

– Pour la méditation. Seule c’est assez difficile.

– J’aimerais jardiner. Ouaip. Commencer par des aromates et finir par un jardin zen. Je rêve d’un jardin zen.

– La prise de recul n’est pas mon fort. Deux ou trois trucs pour éviter d’être branchée en permanence sur du 10000 volts, ça serait pas mal.

– Pour évacuer la colère qui m’habite depuis tant d’années…

*  « Choses que j’aimerais voir se manifester ». Écrivez 20 choses.

Un nouveau travail pour moi

Un nouveau travail pour mon Népou

Un miracle qui me permettrait de tomber enceinte cette année

Le déclic qui me donnerait le courage d’aller seule à la piscine, de faire du djembé…

La force de dire non sans culpabiliser

Le courage de poser les mots, sans colère et en me traitant en bienveillance

Un changement du corps, qui s’affermirait, s’affinerait

Des relations nouvelles, plus fluides et apaisantes

Un panache retrouvé car je traine ma fatigue

La disparition total de mon hyperphagie

Des cours de gym douce pas loin de chez moi

Une vie plus douce…

 

*  « Choses que j’aimerais posséder ». Écrivez 15 choses.

La confiance et l’amour… de moi, parce que c’est pas gagné cette histoire

Une jolie maison, petite, avec un jardinet et un petit portail, un rosier qui fleure et embaume jusque dans la maison

Du courage, il m’en manque souvent

Du talent pour écrire et photographier

Le sens de l’humour, j’en manque pas mal

Du style, un vrai style affirmé qui me colle à la peau

Une meilleure amie

De longs cheveux très noirs et une peau de bébé

Une hygiène de vie plus saine

Sagesse, patience et spiritualité

Clairement, on va pas se mentir, du pognon, parce que je vis gravement au dessus de mes moyens…

Un mégaQi

 

Pas facile d’aller au bout de la liste

 

Les manques

Elle a 30 ans et en fait dix de moins.

Ses grands cheveux barrent son visage et pour nous parler, elle ne prend pas toujours la peine de les relever. Dommage, car ils cachent ses grands yeux.

Elle s’habille avec des vêtements très amples, baggy, toujours des baskets, toujours des tee shirts longs pour faire taire les nombreux tatouages qui peuplent ses bras et crient sa vie, ses croyances, ses attaches .

Son expérience est mince, des boulots par ci par là, trouvés par sa propre mère. Il y a près de 10 ans.

Une semaine après l’avoir rencontrée, elle était au boulot, une aubaine, un miracle. Certes, un contrat aidé, mais un CDD malgré tout.

Un bonheur pour elle. Celui de pouvoir dire à son enfant que Maman va gagner sa vie, Maman travaille comme les autres Mamans de l’école, Maman existe (enfin).

Car c’est une maman, c’est la première chose qu’elle dit d’elle. Son enfant est sa fierté, sa raison de vivre, son tout. Il y a bien eu le géniteur, un bref passage, puis un papa de cœur qui est parti. C’est cela qui l’a poussée à chercher du travail.

Les premières semaines se passent bien. Très bien. Les compétences sont là, elle tient les cadences, elle est précise, autonome sur son poste de travail. Les cheveux sont rangés dans une grande queue de cheval.

Un mois plus tard, l’employeur note de nombreuses absences, non justifiées, des frottements avec des membres de l’équipe. Elle s’énerve, s’irrite, pleure. On lui donne sa chance malgré tout, on passe l’éponge, car elle est moteur dans l’équipe.

Cinq mois plus tard, c’est la dégringolade, il faut la changer de poste, l’équipe ne la supporte plus, pas plus que son encadrant technique. On repart comme en 14, tout se passe pour le mieux. Elle est contente, plus apaisée, elle envisage l’avenir.

Puis rebelote. Elle n’arrive plus à l’heure, n’honore pas les RDV, ne va pas en formation, s’accroche avec ses collègues.

Aujourd’hui c’était le bilan final de ces quelques mois chaotiques, des mois où nous n’avons jamais cessé d’être présents et d’y croire. D’y croire plus qu’elle.

Alors que je dressais le tableau des constats, que je renvoyais à sa responsabilité, que je questionnais sur ce qui l’animait et  sur ces multiples sabordages, elle a pleuré.

Elle a pleuré en silence, de grosses larmes qui perlaient sur ses joues rebondies d’enfant, son regard implorait. Et finalement les mots sont sortis. Comme des plaintes, un lointain cri.

Le manque de reconnaissance, d’amour de soi, de confiance. La peur. De se lancer, de changer de vie, de réussir.

Elle m’a touchée bien sûr. Car ses mots, douloureux, pénétrants auraient pu être les miens. Je suis du bon côté de la barrière, j’ai un emploi, c’est vrai mais le doute est perpétuel chez moi, la confiance s’effrite souvent. J’ai malgré moi un réel besoin de reconnaissance, de la part de mes pairs (et de mes impairs…), de ma hiérarchie. Enfin, le besoin d’amour ne m’a jamais quittée. Aujourd’hui encore, il y a en moi cette enfant qui lutte pour panser ses plaies.

Mon job, c’est de poser le cadre, les règles, de ramener à la réalité. Pour autant, mon enfant intérieur a rencontré le sien…

 

A partir de tout de suite

Le Namoureux m’a prévenue : « il faut que tu changes ».

Plusieurs semaines que je me prépare, portée par les paroles de la psy du centre. « Vous avez évolué, portez un nouveau regard sur les choses et les gens, faites vous confiance ».

La confiance, si j’en avais, je n’en serai sans doute pas là…

Elle m’a néanmoins offert une phrase, lors de notre dernier RDV, pour m’en inspirer m’a-t-elle dit lorsque je reprendrais :

« Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s’habitueront » – René Char, Rougeur des Matinaux

Mais aujourd’hui, en reprenant le chemin du travail, en entrant dans ce bureau, en traitant la masse d’information et en écoutant Vénérable Directrice, j’ai su que je n’avais pas tant changé que cela (elle non plus d’ailleurs) et que ce dont je vais avoir le plus besoin, c’est de courage.

Crash test

C’est ma première réunion d’équipe depuis ma prise de fonction.

Je la mène seule car Vénérable Directrice est en vacances. Et moi j’aime bien quand Vénérable Directrice est là. D’abord parce qu’elle a un regard encourageant et ensuite parce qu’elle a une manière de poser le cadre, bien à elle, du genre qui ne se conteste pas.

Il y a un peu de stress. Le regard de l’autre, l’appréciation de l’autre… Ces considérations anodines mais pas tant que cela finalement.

Je me suis autorisée à changer la configuration de la salle de réunion, j’ai rapproché toutes les tables afin de créer un ilot central et non plus des tables disposées en U.

Je déroule mon petit programme, déroule les sujets, distribue la parole, prends des notes.

Tout se passe bien, jusqu’à ce que l’on évoque LE sujet, celui qui crispe tout le monde, celui qui cristallise. Il n’est pas amené par moi. J’avoue que je l’aurais pas présenté tel que cela a été fait mais c’est ainsi, par ailleurs, je n’ai pas eu le temps de me caler avec la porteuse de projet.

Et là c’est le bouzou complet. Je tente de reprendre les commandes mais impossible. On s’énerve, on s’excite et moi aussi.

Je me sens attaquée, je ne sais pas pourquoi. Je monte le ton (et le son qui va avec).

C’est drôle la vie d’une équipe, c’est curieux de voir un processus monter, atteindre son paroxysme puis redescendre. Nous sommes des professionnels, adultes, nous nous respectons professionnellement mais il y a des moments de décrochage où la colère s’exprime et ressortent des tensions irrésolues, des contentieux jamais vraiment réglés.

Et cette histoire, qui n’est finalement pas grave, prend des proportions qui me dépassent et que je n’arrive pas à gérer. Professionnellement, émotionnellement. Il me faut « relire » la scène pour prendre le recul nécessaire, une amie m’y aide. Mais ce n’est pas suffisant.

Le poids est présent, récurrent et pour tous. Je ne comprends pas que l’on s’emporte pour quelque chose qui me semble non pas anodin mais pas si grave.

Le grave, je le sais, n’est pas là.

Je commençais à me sentir bien, voire très bien dans mon poste, à me reconnecter à cette part de moi, qui s’était un peu diluée dans la fonction que j’occupais jusque là.

Il m’a manqué la confiance, le calme intérieur, le soutien, la prise de recul.

Il me manque une « supervision » en dehors de ma structure, avec une personne « extérieure ».

A vouloir être partout, on ne produit à mon sens que du superficiel.