Non !

Je dis presque toujours oui (mais je me soigne).

C’est révélateur chez moi de plusieurs choses : le besoin de faire plaisir, le besoin de prouver que je suis capable / compétente, la nécessité de montrer que je suis une personne à l’écoute qui sait faire de la place à l’autre, le besoin fou d’être aimée/la peur de ne pas l’être.

J’ai quelques pistes pour expliquer cela. Le manque de reconnaissance paternelle, la place qui ne m’a pas été faite dans ma famille, les décisions que l’on a toujours prises pour moi et jusque très tard (ma mère, pour ne pas la nommer qui, au prétexte que je sors de son ventre, sait mieux que moi ce qui est bon pour moi), et bien sûr le cruel manque de confiance qui est une résultante de tout cela.

« Cloudy, tu peux finir l’écriture du projet X, tu es une finisseuse. Variante : toi tu es une littéraire, autre variante, toi tu as le sens de la phrase. Comprendre toi t’as que ça à faire, moi pas.

Oui

Cloudy, j’ai besoin de m’aérer, si on partait en week end ensemble. Lire, je n’ai pas de mec, pas de voiture, y a personne d’autre pour m’emmener.

Oui

Cloudy, y ‘a X qui passe en concert. Viens. Lire, je n’ai trouvé personne d’autre pour m’accompagner.

Oui

Cloudy, tu peux attendre sur le parking pendant que je vais voir mes parents. Lire, je ne peux pas encore te présenter à mes parents (en l’occurrence, je n’ai jamais été présentée).

Oui

Cloudy, notre histoire est trop belle, j’ai pas envie de l’ébruiter. On garde ça pour nous OK ? Lire, quand on rencontre des potes à moi, on fait comme si on était justes potes. Comprendre, je ne t’assume pas. (Je sais j’ai gardé le meilleur pour la fin !).

Oui… »

J’en ai une collection assez intéressante et très caractéristique.

J’ai une facilité folle à me « serpillieriser ». Je me suis peu écoutée, peu considérée. Je me suis retrouvée, et c’est ma seule responsabilité, dans des situations où je me suis sentie mal, mal comprise, mal aimée, pas à ma place. Cela a provoqué chez moi du stress, une perte de confiance plus importante encore (abyssale en fait), cela a développé ou aggravé mon hyperphagie.

Je change, j’essaye de changer. De m’écouter, de prendre le temps avant de répondre.

De me choisir en fait…

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23 réflexions sur “Non !

  1. Célestine dit :

    « Serpillèriser »c’est tellement ça…
    Et ça fait tellement de bien quand ça s’arrête…Tu sais quand j’ai commencé à m’apercevoir que j’étais en tain de me détruire ? Quand je disais « oui » à deux personnes pour deux choses qui devaient avoir lieu en même temps…Là je me suis dit non mais dans quelle situation je me mets à ne pas savoir dire non ?
    De tout coeur avec toi.
    ¸¸.•*¨*• ☆

  2. Kaymet dit :

    Écrire tout ça est déjà une bien belle avancée. Je te souhaite de cheminer chaque jour un peu plus vers qui tu es toi, et de n’accepter que ce qui te convient réellement.
    Dire « non » peut aussi être difficile parce que ça peut paraître violent et qu’on n’a pas envie d’avoir l’impression d’être la source de ‘violence’, mais on peut aussi dire « non » de façon douce et bienveillante (même si je te l’accorde c’est loin d’être toujours facile). Prends bien soin de toi, c’est un pas après l’autre qu’on avance

    • Cloudy dit :

      Merci Kaymet pour ta venue ici et pour ce message tout en bienveillance.
      Je te rejoins tout à fait, il y a des manières de dire et de faire.
      C’est un travail que de cheminer vers soi et donc vers les autres avec plus de légèreté.
      Avançons tranquillement, à notre rythme 😉
      Très belle soirée

  3. Dédé dit :

    Olala. Et les autres sont parfois tellement subtils pour nous mettre en tête que si on dit non, nous sommes égoïstes. Je m’insurge. On peut dire non pour dire oui à son intérieur, à son moi. Et c’est bénéfique. Bon changement. Et belle journée. 😉

    • Cloudy dit :

      Absolument Dédé !
      Et aujourd’hui, c’est à moi que j’ai envie de dire oui. Je n’en serai que mieux dans mes relations avec les autres. J’en suis intimement persuadée.
      Bises polaires 😉

  4. sylvie dit :

    après, on peut toujours interpréter les paroles des autres autrement; et les recevoir comme qqchose de positif et pas toujours chercher la petite bête….je connais ça, toujours remettre en doute ce que les autres disent de moi, mais leurs paroles peuvent aussi être vraies dans le sens de valoriser ce qu’on est et nos compétences
    enfin j’essaye de tendre vers ça ce qui permet de dire tantôt oui tantôt non
    bises affectueuses

    • Cloudy dit :

      Oui tu as raison. Il y a des situations où c’est le cas : une erreur d’interprétation, un feed back qui n’a pas été demandé, pour valider ou non ce que l’on pense.
      Et puis il y a les situations floues, fausses, équivoques, où l’on sent que le plaisir n’est pas là pour l’autre. Très clairement.
      Je ne suis pas dupe de cela.
      Et comme toi, je tends à me respecter dans mes réponses 😉

  5. Chantal dit :

    En avoir conscience et ne plus vouloir faire ainsi = le début du changement.
    Je me retrouve beaucoup dans ce texte, je me suis comportée ainsi pendant de très longues années où, en plus de ne pas savoir dire non, je me proposais, je me sentais obligée de me proposer, dès que j’entendais ou croyais entendre une demande. Je ne m’accordais aucune valeur ni importance, je devais donc rendre service pour en avoir.
    Et puis, grâce à un médecin de l’âme, expression de Célestine, j’ai changé et ne suis plus dans ces schémas-là.
    Au fond, je reste la même personne, à l’écoute, heureuse de donner un coup de main mais plus à n’importe quel prix ni à n’importe qui. Lorsqu’on me propose, me demande quelque chose, je me donne le temps de la réflexion, le précise à mon interlocuteur en lui disant quand je lui donnerai ma réponse. Enfin, ça dépend bien sûr, il m’arrive aussi de répondre tout de suite.
    Faîtes-vous confiance, écoutez-vous, ce n’est pas très facile au début car certains plis sont pris par nous et les autres. N’hésitez pas à dire en quelques mots que jusqu’à maintenant vous avez fait comme ci, ça et que c’est fini, vous faites autrement.

    • Cloudy dit :

      Bonsoir Chantal, bienvenue ici 🙂
      Je vous remercie pour votre message et votre partage.
      J’avance à petits pas. Et comme vous, je prends le temps de la réflexion, en me demandant ce qui me fait plaisir, si je m’y retrouve.
      Et finalement, je m’y retrouve.
      Très jolie soirée à vous

  6. AlainX dit :

    Sans doute faut-il faire l’expérience en disant NON que l’on continue quand même à être apprécié et aimé.
    Sans doute faut-il prendre conscience qu’on se dévalorise soi-même et que l’on est dévalorisé par les autres à toujours leur dire OUI.
    Sans doute faut-il être attentif à tout ce qu’il y a de BON en soi, et que c’est au nom de ce « bon en soi » que l’on est légitimé à dire NON …

  7. Camille-madeleine dit :

    La première fois où j’ai lu ce billet j’ai pensé : Non, je ne vais pas luis dire ce qu’elle veut, je ne prendrai PAS la peine de commenter … et puis je suis revenue sur mes pas et je ne veux surtout pas savoir pourquoi. Dire « non », un premier pas que je n’ai presque jamais effectué mais surtout je lis que vous pointez la racine : « le besoin fou d’être aimée/la peur de ne pas l’être », vous avez plusieurs fois évoqué ce qui vous a amenée là. Et si vous acceptiez de vous faire VRAIMENT aider pour nourrir autrement cette racine qui vous empêche de vous épanouir ? Bon courage Cloudy ! D’ailleurs ce nom n’est-il pas une entrave ?

    • Cloudy dit :

      Votre message Camille-Madeleine est intéressant. Il vient me chercher par ce que vous posez.
      Pour être honnête, je n’attends pas que vous (ou quelqu’un d’autre d’ailleurs) vienne me dire ce que je veux.
      Parce qu’en l’occurrence je n’attends pas d’assentiment, de compassion, ou tout autre chose.
      Je pose un vécu, une douleur, et surtout un chemin sur lequel j’avance tranquillement, pas à pas.
      Il se trouve Cammille-Madeleine, que je suis VRAIMENT aidée et surtout que JE m’aide, à me considérer et à me regarder autrement.
      Cloudy est mon vrai moi.Sans artifice, sans masque. Il est tout sauf une entrave, il est ce qui me permet de venir poser ici en vérité.
      Il est mon moi thérapeutique.
      Très bonne soirée 🙂

  8. lalalaitou dit :

    oui, qu’y a t-il de si valable et vital à perpetuer rechercher ces situations où on est objet de quelqu’un, je me pose la question aussi en ce moment et je m’ébroue de tout ça le plus que je peux pour décider ce qui est bon pour moi. enfin. dire non ça libère et on dit mieux oui!

  9. MoO dit :

    Comme je reconnais la MoO d’avant….
    Comme je voudrais que tu saches que ton travail sur toi même paiera comme il a payé pour moi….
    Ce n’est pas simple, ce n’est pas sans douleur, mais ça ce fait !
    Et même qu’une fois le travail fait, on prend plaisir à dire NON ! 🙂

    Courage ma Cloudy, Je t’embrasse fort

  10. gballand dit :

    Comme le dirait Oscar Wilde  » soyez vous même les autres sont déjà pris » 🙂 Bonne continuation sur le chemin de l’acceptation de soi.Comprendre est une chose, revivre émotionnellement en est une autre…

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