S’extraire

Pendant une semaine

Ne pas écouter les informations d’ici et d’ailleurs,

Se lever quand le corps le décide,

Manger à l’heure où le corps a besoin,

Ne pas se maquiller, ni s’apprêter,

Se laisser porter par le chemin, par les sites à visiter,

Oublier et se sentir profondément ancrée dans le présent,

Se laisser dorer par le soleil, puis se protéger des gifles cinglantes du vent,

Tout apprécier : champs, châteaux, jardins, ruelles animées ou désertes,

Avoir le sentiment curieux de flottaison.

D’apaisement intérieur, de bien être…

 

L’heure du voyage

J’aime plus que tout mettre mon réveil en mode silencieux, ranger mes affaires d’hiver pour laisser place à celles d’été, faire une liste de « choses à emporter », et préparer mon sac.

Nous n’allons pas loin cette fois, dans le sud, dans la famille, au chaud (au propre et au figuré).

Nous sommes attendus par les enfants, par les parents sans doute aussi mais différemment….

Pour la première fois depuis de très nombreuses années, le travail ne me poursuit pas. Je n’en rêve pas, je ne le porte pas dans mon quotidien, ce qui est pour moi un vrai signe que les décisions prises ont été les meilleures possibles pour moi.

Enfin, je profite de chaque instant, de chaque chose que mon regard croise, sans avoir à me dire, « il faudra y retourner (j’ai pas envie) ».

J’ai hâte de mettre le sac dans la voiture et de partir. J’ai hâte de ces vacances en famille, que mes filleules me disent marraine avec le r qui roule et de chaque instant partagé avec elles qui grandissent trop vite.

Ce début de printemps est doux.

Puiser dedans

Il me faut aller chercher loin, les sensations de ces dernières semaines pour affronter cette rentrée.

Chargée, sombre, peu motivante. Comme toutes les autres rentrées sans doute, mais celle ci me coûte particulièrement.

En quelques jours nous sommes passés d’un temps quasi tropical à l’automne, sans préavis, il me manque quelque chose, je ne saurais dire quoi. De l’entrain, de l’envie, du désir. Mais j’avoue que j’en manque cruellement.

Je renoue alors avec notre voyage d’été, féerique, magique, dépaysant…. Je pourrais employer des mots plus forts les uns que les autres, ils ne seraient pas assez puissants je crois pour exprimer mon ressenti.

Cet été, nous avons réalisé un rêve de voyage. Mon second rêve de voyage (après le Canada), pour être précise, exaucé grâce à mon mari.

Nous sommes partis en Islande, les infinies et fabuleuses terres d’Islande. Un pays magnifique,  follement poétique. Nous avons essentiellement longé la côte sud (la plus touristique) , sous un ciel clément.

Que dire du ciel, des terres, du sable noir, des geysers, de la verdure à perte de vue ?

Que dire de plus que cela sans trahir, sans travestir ?

Sinon que je me suis sentie incroyablement bien, calme, à ma place. Ah la place, toujours la place !

Celle qu’il me semble ne plus avoir dans cette société folle de sur-consommation, bruyante, « montrante », débordante de tout, sauf de ce qui me fonde. La nature, la simplicité, le silence. Cette nature si généreuse, je l’aurais souhaitée pour moi seule…

La société islandaise ne se prend pas la tête, tout y semble facile (sauf certains touristes !), les relations, la vie (certes bien trop chère), dans cette cohabitation forcée avec un environnement capricieux. Comme si les difficultés imposées par les éléments forçaient à aller à l’essentiel.

J’ai peu voyagé dans ma vie pourtant, ce voyage là est inoubliable, ancré, incroyablement fort. Il s’est agi je crois d’une communion.

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Un mois déjà

Un mois d’une nouvelle vie, un mois de changements, d’étonnements, de tempêtes intérieures.

Un mois où il m’était impossible de venir ici, écrire, poser des mots, prendre du recul.

Je suis la spécialiste de la tête dans le guidon. Et quand je relève la tête j’ai un mois dans la vue.

En mars donc,

J’ai eu 41 ans. Un anniversaire fêté en trois fois, comme pour rattraper les  40 oubliés pour cause de mariage.

J’ai hésité. Est-ce que je reprends le blog, j’ai envie / pas envie, est ce que je quitte FB, j’ai envie, pas envie ? Finalement, je suis de retour ici et j’ai quitté FB.

Je n’ai cessé de relancer. D’anciennes amies, de vieilles connaissances pour reprendre un semblant de vie sociale. Mais je ne dois pas être douée, car personne n’a donné suite. Marri, j’ai nourri colère et rancœur…

J’ai oublié mon ancien travail (et mes anciens collègues) avec une facilité déconcertante mais ils se sont rappelés à mon bon souvenir. Comme si ça ne voulait pas. Comme s’il était impossible de couper ce lien. Un lien trop tout : trop serré, trop lourd, trop étouffant. Et c’est à propos de moi, une fois encore que les choses sont parties. Étonnamment.

J’ai calé mes prochaines vacances. En Islande. Je vais faire du mauvais esprit en écrivant qu’il y a peu de chances (peut être) qu’un avion saute, une salle de spectacle, des trains… Il y fait trop froid pour Daesh … Décidément, c’est vraiment du très mauvais esprit.

J’ai pris des décisions : parrainer une vache, me remettre à écrire, respirer par le ventre, vivre pour moi. Dans un mois j’aurais sans doute changé d’avis…

J’ai mangé. Beaucoup. Grossi. Beaucoup. As usual. Quand la peur, le stress et la colère prennent le dessus, c’est la bouffe qui gagne. Malgré la douleur, j’ai décidé (encore !) de faire dans la méthode Coué : assurer à mon corps que je l’aime de manière inconditionnelle.

J’ai renoué avec la culture que j’avais laissé de côté depuis un certain temps. Cinéma, concert, spectacle, achats de livres (trooooop)…

Il y a un fil conducteur à tout cela. Comme toujours. L’accompagnement. Ce besoin professionnel de créer du lien, d’apporter, transmettre à l’autre. C’est là, que je me sens utile. Et puis, dans ma vie personnelle, il y a cette persistante solitude. Elle signifie sans doute quelque chose mais je ne sais pas la lire, je ne sais pas transformer ce manque, cruel, en une force.

Un mois déjà… Et c’est comme si j’étais entrée dans une autre dimension, une autre vie.

Dans le monde

Prendre le train jusqu’à la côte.

Au loin découvrir la mer, les palmiers et me sentir projetée dans une atmosphère de vacances, de temps suspendu.

Regarder les couleurs, surprendre un rapace sur une branche, s’émerveiller de tout jusqu’à l’ultime coucher de soleil.

Marcher dans la foule, savourer : le soleil, les mouettes, certaines femmes en tong, des hommes en short. Un air d’été.

Tout est loin.

Puis vient le moment.

Celui de la méditation universelle.

Celui où âme parmi des milliers d’autres, je me sens toute petite et néanmoins puissante.

Dans le monde, là, infiniment.

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Trip Blues

Rentrée hier.

Heureuse de retrouver ma maison, calme, rangée, embellie par mon papa qui a peint en mon absence.

Heureuse de trouver mes parents. Je leur ai manqué et j’avoue j’aime bien ça. Qu’on se dise l’amour et le manque.

J’ai toujours du mal avec le décalage horaire. Impossible de trouver le sommeil à 2h du matin. C’est la seconde fois en 40 ans que je pars aussi longtemps et je goûte cela. Il me semble que quelque chose est resté au Québec. Je ne sais pas quoi exactement, le sentiment est diffus mais rarement j’ai eu autant de plaisir à me retrouver là, simplement, dans le silence de la maison.

Pourtant, ce voyage, dont je reparlerai ici a été fort et magnifique.

J’ai réalisé un de mes rêves, me rendre sur ce continent, au Québec, me perdre dans les grands espaces. Quelle chance, quel bonheur que de vivre ces 3 semaines avec mon Népoux.

Rentrer, c’est reprendre pied dans une actualité dont j’avais presque tout oublié. C’est renouer avec un quotidien parfois oppressant, c’est aussi faire face à des difficultés professionnelles, encore et dont je ne parviens pas à m’extraire. Des soucis donc et pourtant, la certitude qu’un ailleurs est possible…

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Departure

J’ai nettoyé la maison du sol au plafond. Je lui ai consacré plus de 4 heures. Il faut dire, qu’elle a passé 3 longs mois sans grand soin, plongée dans la pénombre, accueillant cependant un nombre non négligeable d’araignées, que j’ai congédié sans préavis.

J’ai récuré Blanchette (ma voiture), je lui ai acheté de nouveaux tapis flambants neufs, j’ai shampouiné les sièges avant et pour finir, j’ai mis une jolie couverture sur le siège arrière (je suis dingue de ma voiture, comme tu le sais).

J’ai appelé des cops, la famille pour un dernier au revoir.

J’ai remis la fiche spéciale « arrosage de plantes » à mon auguste mère (même si je sais qu’elle n’en fera qu’à sa tête).

J’ai jeté mon milliardième coup d’œil à ma grande valise, puis à un sac de voyage, puis un autre (ma vitale trousse de toilette en fait).

Demain, pour finir, je saluerai mon nid.

Cette fois c’est sûr c’est le D day…

Petits pas

2 semaines

Encore, avant d’être en vacances, avant de m’extraire du quotidien.

L’été est passé si vite, aucun temps mort professionnel, des nuits agitées, un temps harassant qui n’a pas permis le repos, le sport mis entre parenthèse, les émotions parfois trop fortes qui m’ont fait replonger tête la première dans la nourriture.

J’ai besoin de dormir, besoin de ralentir le pas, besoin de prendre le temps, besoin de ne plus voir toutes les personnes qui gravitent autour de moi, besoin de grand air, d’espace, de silence, de paix.

Me reconnecter à moi, retrouver une énergie amoindrie, prendre du recul pour aborder une fin d’année chargée avec sérénité.

Mon obsession du moment, c’est la bienveillance (à mon égard), c’est d’être en cohérence, dans mes paroles et dans mes actes.

Une discipline en somme, pas toujours aisée…