Gratitudes de la journée

Se lever tard.

Déjeuner de petites choses nouvelles et laisser le temps s’étirer parce que c’est bon, doux, bien.

Aller se balader au petit matin avec ma maman et bavasser sur l’utile, le futile, le fondamental et la famille (on y revient toujours).

Aérer la maison, ouvrir grand les fenêtres qui donnent sur la montagne. J’aime toujours autant ce décor de roc qui me rassure, habille mon décor, le sublime.

Ranger. Je ne sais pas d’où me vient ce goût pour le rangement…

Aller lui rendre visite. L’écouter radoter, me poser les questions qu’elle m’a déjà posé 1000 fois. Regarder sa peau tachetée, abîmée.

Me poser. Larver. Je n’en peux plus d’être dans le faire. Je surkiffe le bullage !

Cuisiner, un peu, à nouveau, reprendre goût.

Faire le sac pour le lendemain, penser à ce qu’il y a à faire au cours de la semaine à venir. Pour soi, pour ne pas s’oublier.

Écouter mon Namoureux me raconter sa journée.

L’aimer, cette journée.

 

Pilotage automatique

Rentrer le soir après 19 h 30. Après le boulot, après l’hôpital.

Manger vite fait ce qui me tombe sous la main, préparer vite fait quelque chose pour le lendemain.

Au mieux prendre un livre, au pire m’avachir devant la TV, puis m’écrouler.

Se lever à 6 H 30, partir au max. une heure plus tard, s’enfiler dans les bouchons.

8 h 15 au plus tard, allumer l’ordi. top départ de la journée.

Déjeuner en 30 minutes et recommencer.

Alterner les réunions, les groupes de travail, l’administratif, le recrutement.

Quand il reste du temps, papoter autour d’un café, se donner des nouvelles, rire.

Je suis en pilotage automatique. depuis plusieurs mois, pour différentes raisons. Je regarde autour moi les choses changer, vite. Mon organisation de travail, l’organisation de mon service, ma collectivité. Mon monde aussi change de configuration, les piliers qui s’effritent, les rôles qui changent.

Pas le temps. De respirer à fond, de regarder par la fenêtre, de rêver, de faire le vide et même de penser à demain.

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Ici et Maintenant

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Je considère la boule qui se forme au creux du ventre, parce qu’il me faut reprendre le chemin du travail demain. J’écoute le message, mortifère, qu’elle m’envoie : ce boulot n’est pas pour moi, ce chemin là ne peut pas être mien. Je replonge dans une sensation bien connue : celle de marcher dans des pas qui ne sont pas les miens. En pilote automatique, mue par une force qui est tout sauf vitale…

Je fais défiler les images de ce doux week end avec mon Népou.

Un charmant spectacle, mené tambour battant par 3 jeunes femmes talentueuses et follement énergiques. Un moment exquis que nous n’avons pas vu passer.

Une longue balade dans un parc que nous ne connaissions pas encore, des couleurs d’automne magnifiques, une douceur dans l’air, un moment de vraie joie intérieure. Et la certitude, s’il en était besoin, que c’est dans la nature (même lorsqu’elle est proche du périph’) que je suis le mieux.

Et puis les questions, multiples. Encore….

Le dimanche

Le matin, elle regarde les émissions religieuses. Elle écoute, se remémore, se connecte à son Dieu, désormais figure lointaine, auquel elle n’est plus très sûre de croire.

A 10 h, c’est l’heure de la pause, l’heure du thé ou du café brûlant, selon l’humeur.

Après seulement, elle concède à ce que je lui masse pieds et jambes, en l’absence du passage de l’infirmière.

C’est le moment où elle me répète que mes mains sont vraiment douces et que j’aurais dû en faire mon métier.

Et puis, l’air de rien, enfoncée dans son grand fauteuil, elle lance les hostilités  « papotage ». Le boulot, le mari, la famille… Elle radote un peu mais je la laisse faire.

Parce qu’elle aime bien et moi aussi. J’aime ses petits conseils, ses vieux adages, ce doux moment rien que pour nous 2. Un moment de présence l’une à l’autre, précieux.

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Tracer les lignes

Nous avons collaboré 4 ou 5 mois avant que je ne quitte mon précédent emploi.

J’ai aimé son côté solaire, la vivacité de ses 27 ans, son côté engagé, voire rebelle.

Et puis son histoire avait un côté fascinant pour moi. Des parents globe-trotters qui ont vécu en communauté, une indépendance prise très tôt, le virus du voyage, du partage, la curiosité des peuples et des êtres, l’incroyable aisance relationnelle. Et un inénarrable grain de folie. Je crois qu’elle me renvoyait ce que j’aurais aimé être et que je n’étais pas.

J’ai appris qu’elle a quitté son travail, laissé son appartement pour rejoindre dans le nord de la France, un homme rencontré il y a peu.

Elle a osé et je n’en suis pas surprise.

Je me suis remémorée la longue liste des actes que je n’ai pas posés, des paroles que je n’ai pas prononcées, des choses que je n’ai pas réalisées, car je n’ai pas osé.

Je ne vais plus à la piscine, car je n’ose pas « exposer » mon corps ;

Je n’ai pas poursuivi le théâtre, car je n’osais pas monter sur scène ;

Je n’ai pas pris parti dans certaines situations professionnelles tendues, car je n’ai pas osé ;

Je n’ai pas dit à certaines personnes que je les aimais et à d’autres que je n’avais plus d’amour, car je n’osais pas dire ;

Je n’ai pas osé, alors qu’il était plus que temps, quitter mon emploi ;

Je n’ai pas accepté des propositions amicales,  de voyages, de sorties, parce que je n’osais pas ;

Parce que je ne me sentais pas à la hauteur à dire vrai. Je ne me pensais pas légitime, à ma place.

L’enfant, insécure, n’a pas fait le premier pas, n’a pas pris le risque, n’a pas affronté ses peurs, n’a pas fait tomber ses croyances erronées.

Quels étaient les risques ? A première vue, aucun n’était mortel.

Les conséquences ? Du gâchis. Un incroyable gâchis.

A mettre les autres toujours avant et devant moi, je me suis oubliée, invisibilisée.

Il y a toujours chez moi cette part un peu bancale, un peu atrophiée, qui doit aujourd’hui se redresser, se réveiller.

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4 ans ici !

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MERCI !

De venir de temps en temps ou plus souvent

De laisser des petits mots

D’être fidèle

Pour votre soutien, vos mots doux

Bref,

D’être là avec moi 🙂

Jeudi 20

Je suis allée m’acheter une collection de légumes verts pour ma soupe du soir.

Je me suis offert des roses, de toutes les couleurs pour égayer mon salon. 9 roses éclatantes.

J’ai pris RDV avec une psy « fouillie », qui m’a paru très jeune (non je n’ai rien contre les jeunes), à suivre…

J’ai regardé de plus près ce qu’est le yoga kundalini (si vous pratiquez, je suis preneuse d’infos).

J’ai fait ma méditation de l’amour bienveillant.

Je suis allée balader ma truffe dans ma campagne teintée de couleurs chatoyantes.

J’ai récupéré des assiettes de ma grand-mère, entrée en maison de retraite et avec  laquelle je ne suis plus en contact depuis plus de 10 ans… Je me demande pourquoi je les ai prises et surtout si je pourrais manger dedans.

J’ai réfléchi au goûter que je lui préparerai demain, lui qui fait l’effort de venir jusqu’à moi. Ce que nous pourrons bien nous dire…

J’ai accueilli toutes les émotions et manifestations physiques qui me traversent, les larmes, les crises de panique. J’ai respiré fort, regardé, laissé filer.

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Déflagration

Des mois que je n’étais pas allée sur son blog. Il faut dire qu’il poste peu, de ci de là des photos toujours belles, chaleureuses, douces, comme je les aime. Des photos comme lui. Papa aimant, homme charmant, ami fidèle.

Et puis le message. Terrible. L’annonce du cancer de son enfant de 8 ans, il y a exactement 10 jours. Avec des mots choisis, sourds, d’une violence inouïe.

Quand nous sommes vus pour la dernière fois ? Il y a un mois et demi. Nous évoquions l’achat de leur nouvelle maison, la nouvelle cuisine dans laquelle il pourrait s’adonner à sa passion, les chambres des filles, plus grandes, son rêve de jardin d’hiver.

Quelque chose s’abat sur mes épaules. L’incompréhension, la colère, l’infinie tristesse, l’impossibilité à trouver les mots.

Je l’imagine, petite V., pleine de vie, au rire doux. Une enfant, qui bascule dans la douleur quotidienne, dans la gravité, qui depuis peu a élu domicile, contraint et forcé, dans un univers hospitalier.

La vie. Étrange,implacable.

Dans un mail discret, j’ai assuré de mon amitié, de mon soutien, de ma présence. Je vais prier aussi, offrir des méditations, m’efforcer d’honorer la vie…

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