Petit à petit

Acheter des livres

Celui de Christie sur l’Ikigai. Une vraie découverte, un vrai bon moment de lecture. Merci Christie !

Celui d’Elizabeth Gilbert sur la créativité « Comme par magie ».

Déposer ma demande de formation sur les pratiques narratives.

Avancer.

Doucement.

Me rassurer.

Publicités

Pression

En fin d’année dernière, je me prêtais à mon exercice préféré, la rétro.

Un exercice étourdissant, pas forcément agréable.

En dépit de certains évènements, malgré des épisodes franchement douloureux, à regarder cette année écoulée, je l’ai trouvée belle.

Alors, lorsque 10 jours avant ce fatidique 31, je me suis rendue compte de cela, de l’accompli et du non-accompli, je me suis sentie aspirée dans une spirale douloureuse. Laquelle spirale m’a d’ailleurs conduite à être malade (mon corps me parle, 1000ème).

2018, me met une pression monstrueuse. Pour la 1ère année, je n’ai pas de projet. Lire AUCUN projet. C’est une situation particulièrement anxiogène pour moi. Un vide immense que je me dois de « remplir ».

J’ai des envies, des besoins, bien sûr. Immenses même. Mais je ne sais pas de quoi je vais faire cette nouvelle année. Quelles matières, quelles couleurs, quels sentiments, quels choix.

C’est peut être un détail pour vous… mais pas pour moi…

Un nouvel élan se prépare, indéniablement, je sens que des « choses » me quittent et que de nouvelles m’arrivent, l’air de rien, sur la pointe des pieds.

Cette notion de devoir est nouvelle pour moi, depuis sans doute que le cancer est venu  foudroyer notre famille une nouvelle fois. Je ressens une certaine urgence à vivre, ou tout du moins à mieux employer mon quotidien.

 

 

Let’s started

L’énergie qui m’habite, pour aborder cette nouvelle année, est quasi nulle. Rien à voir avec la gastrite ou la trachéite qui squattent mon corps… Non vraiment.

C’est que 2017 était bien finalement. J’ai eu du mal à la laisser partir. Certes, il y a eu des moments franchement moches mais au global, cette année a été très formatrice. J’ai monté une marche vers moi, plus que jamais je crois…

Alors, se projeter dans l’inconnu, c’est un peu difficile.

Incompréhensible cette paralysie, ce manque d’envie, ce vide.

Il va me falloir challenger dès demain…

 

 

Victoire !!!!

J’ai salué ma maison et lui ai demandé de prendre soin d’elle en mon absence (oui, c’est mon grand truc, parler à ma maison).

Lorsque je suis rentrée dans ma voiture (ma Blanchette, mon objet transitionnel adoré), je lui ai demandé de me conduire à bon port.

Dans l’intervalle bien sûr, j’ai vu mes parents, pour nous dire adieu, pardon au revoir. Lesquels parents étaient à peu près aussi angoissés que moi. J’ai compris (tardivement, je vous l’accorde) que, peut être, possiblement, mes parents étaient les coupables, enfin je veux dire les responsables de ces angoisses d’éloignement. Ailleurs, c’est froid, c’est gris, c’est dangereux, on ne parle pas aux inconnus et on reste au maximum à l’intérieur… On a convenu qu’on ne s’appellerait pas (5 jours faut pas déconner) mais bien sûr, ils n’ont pas tenu parole.

J’ai fait la route, avec mon GPS donc, aller-retour, sans encombre. J’ai trouvé immédiatement à l’aller, me suis trompée une chtouille au retour (une sombre histoire de sortie mal indiquée). Mon hôtel (un puuuuur hôtel) se trouvait à 20 minutes du centre de formation, ce qui m’a permis de faire un peu de sport matin et soir (et donc surtout de ne pas prendre les transports en commun, honnis, vous l’aurez compris). Je m’en suis sortie ! (Hourra moi, Holà !!!!)

Pour me féliciter je me suis offert des boucles d’oreilles ainsi qu’une nuit supplémentaire dans un petit hôtel fort sympathique, dans une ville que j’aime beaucoup. Oui, car autre handicap de taille, je n’aime pas conduire la nuit (j’adore toutes mes excuses). C’était la première fois, celle là aussi. La première fois où je me suis vraiment retrouvée seule face à moi même (en dehors du BAC et de l’épreuve du permis de conduire je veux dire).

Cette parenthèse m’a permis de déconnecter, d’oublier le travail et mon quotidien, de réfléchir à ma vie-mon œuvre (gros chantier !).

Ce temps de travail malgré tout, m’a permis de me rendre compte, non sans peine, de l’état des collectivités locales et de ce que nous vivons, tous de la même manière finalement. Ce qui rassure par certains aspects mais attriste par d’autres…

J’ai franchi avec brio (mais à 42 ans tout de même) une première étape vers l’autonomie. Relative, j’en conviens ! J’ai encore quelques marches à franchir pour une autonomie totale mais je vais y parvenir… l’année prochaine !

😉

 

Le post où il est interdit de se moquer

Je n’ai jamais voyagé seule.

Je m’explique.

Je suis toujours partie avec quelqu’un-e  ou bien, j’ai toujours rejoint quelqu’un-e. Mais seule, du départ jusqu’à l’arrivée, jamais.

Il se trouve (c’est là que ça devient drôle et que je t’INTERDIS de rire) que la dyscalculique que je suis (oui, je me cherche des excuses) ne sait pas non plus s’orienter dans l’espace. Il me faut pas moins de 2 GPS pour parvenir à peu près, et en m’y prenant plusieurs heures à l’avance, à bon port.

Pour couronner le tout, j’ai une peur panique des transports en commun (en dehors du train), que je ne prends pas ou peu seule.

La mobilité, globalement, me fait sortir violemment de ma zone de confort et provoque chez moi des réactions diverses et variées…

Cette année donc, et pour la première fois en 42 ans, je pars, à trois heures de chez moi, pour suivre une formation, et ce pendant trois jours. SEULE. Autant dire : une épreuve qui va me demander une énergie de dingue et qui me demande, un mois à l’avance, une vraie préparation psychologique.

Avec comme coach, mon Népou.

Clairement et sans vouloir critiquer ses nombreuses compétences, le Charmant où qu’il aille sait se repérer en deux temps trois mouvements : rues, ruelles, autoroutes… Il n’a peur de rien, il possède un GPS interne, qui me rend envieuse, voire très jalouse. Bref, il m’énerve.

Je l’avoue, je me repose entièrement sur lui et me laisse guider. GRAVE erreur, car depuis que nous cheminons ensemble, je n’ai jamais fait le moindre effort pour construire des parcours, dans nos déplacements et voyages. En même temps, ça l’arrange, car je l’énerve à lire des cartes (à l’envers), à mettre mon doigt en l’air pour connaitre le sens du vent, à tergiverser lorsqu’il faut prendre telle ou telle rue. Le pire pour lui, je crois, c’est mon incapacité (même avec une carte) à poser les points cardinaux. Une hérésie !

En clair, j’ai zéro autonomie.

Jusque là je n’en n’éprouvais aucune gêne, ni honte (enfin presque aucune).

Avec cet épisode qui s’impose à moi, c’est un peu différent, cela d’autant plus que je voyage pour des raisons professionnelles.

Me reste à lire dans la carte du ciel 😉

 

J’attends la pluie

Je suis très sensible aux saisons et suis très attachée au printemps et à l’automne.

Les saisons ont un retentissement physique et émotionnel sur moi (aujourd’hui, toi et moi savons pourquoi). Ainsi, et c’est sans doute un cliché, mais je ressens très clairement la sève du printemps, comme je sens à l’automne que mon corps se prépare tranquillement à l’hibernation tant aimée. Je me sens, très fortement connectée à la terre, aux éléments. Au printemps, je perçois une forme de « ressourcement » intérieur. Le paysage qui s’offre à moi, permet cette connexion : en ouvrant mes fenêtres, je suis entourée de montagnes, qui se teintent , qui attrapent les nuages, captent les rayons du soleil.

C’est une chance et j’en mesure chaque jour l’importance.

Je l’ai répété maintes fois ici, cette année a été particulièrement difficile pour moi. Trop de soleil, trop de chaleur, mon corps a souffert. A la maison, j’ai traversé l’été dans la pénombre. Impossible pour moi avant 22 ou 23 heures d’ouvrir fenêtres et volets tant la chaleur était accablante, le matin, à parti de 7 H 30, la maison était bouclée. Un enfermement très insupportable pour moi qui avait l’impression d’être oppressée dedans comme dehors. Impossible de se promener en fin de journée et cela jusqu’à très récemment et donc de respirer à plein poumon tel que je le pratique quotidiennement.

Désormais, j’attends la pluie.

Savez vous que l’odeur qui se dégage de la terre lorsque la pluie tombe a un nom, certes peu poétique mais quand même : le pétrichor. J’aime cette idée que je trouve follement romantique…

J’attends la pluie, le frais qui se dégage une fois qu’elle est tombée. J’attends les odeurs de terre et d’asphalte, j’attends que mettre de petits pulls, de commencer à penser aux soupes que je vais préparer le soir et aux thés dont je vais pouvoir me délecter sous une couverture sur mon divan bien aimé. J’attends de pouvoir ouvrir grands les fenêtres et l’écouter tomber, secouer les feuilles des arbres en face de chez moi.

J’attends les odeurs de pierre et du sang des dieux…

 

Tout ce temps ici

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai écrit. Des historiettes, des nouvelles. L’écriture a été, est, ma meilleure amie, mon remède absolu, un besoin physique.

J’ai nourri le secret espoir d’écrire un livre sur les femmes de ma famille. Tout était prêt dans ma tête. Il aurait été question d’immigration (mon arrière-grand mère italienne), de féminité (si peu présente chez toutes, des arrières grands mères, en passant par les grands mères et les tantes, sans oublier ma propre mère), et bien sûr de maternité. Un point central et néanmoins épineux dans ma famille.

Mais je me suis rapidement rendue à l’évidence que je n’ai pas de talent, ni même la patience suffisante de me jeter dans un tel projet.

Alors, le titre chéri que je voulais donner à ce livre, je l’ai donné à mon précédent blog. La Femme floue. J’ai ouvert ce blog lorsque nous avons commencé notre parcours PMA avec mon Népou, afin d’y relater nos premiers pas, pour partager et aussi déposer tout ce que cela représentait pour moi. Une période longue et douloureuse, faite de deuils, de renoncements mais aussi et surtout d’amour. Impossible néanmoins de continuer avec lui.

Impossible de me relire, de remonter le fil de ce chemin parcouru. J’ai donc fermé ce blog pour venir m’installer ici.

C’était il y a 5 ans, c’était hier.

J’aime cet espace où je peux être moi sans filtre, où je peux laisser jaillir les mots, explorer des recoins ; déposer sans craintes, mes ressentis, mes doutes, mes espoirs aussi. Je crois pouvoir dire que l’écriture est ma thérapie. Une thérapie, certes partagée mais le moyen rêvé pour mettre en mots et me faire avancer et réfléchir. Un moyen de me recentrer alors que mon quotidien (professionnel) est tourné vers l’écoute de l’autre. Une fenêtre sur moi…

Parfois, je m’éloigne mais je reviens toujours avec le même plaisir et la même énergie. Grâce à cet outil, j’ai ouvert des portes et j’en ai fermé quelques autres.

Certes, les pratiques ont beaucoup changé, on ne partage plus de la même manière avec nos « lecteurs », mais peu m’importe. Je prends toutes les bonnes choses que me réserve ce lieu aimé.

 

 

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Aligner les mots

J’aurai tant à écrire sur cette semaine apocalyptique.

Sur l’hôpital public d’abord. Ses arcanes, ses codes, ses contradictions, ses violences, son humanité aussi. Je découvre ce que je ne soupçonnais pas, moi la supportrice du système de santé à la française. Je déchante. A fréquenter aussi souvent l’hôpital, les informations m’arrivent avec une certaine brutalité. Les conditions de travail des personnels soignants, la totale et flagrante incompétence de certains se dispute à l’immense humanité et au professionnalisme d’autres. Je ne suis pas dans la découverte totale, néanmoins certaines pratiques me choquent au plus haut point et cela d’autant plus parce que je suis directement concernée. Je suis assez abasourdie par la manière dont nos seniors malades sont traités et le déplore infiniment. Rudesse, précipitation, manque de temps, manque d’écoute. Voilà autant d’éléments qui m’interpellent. Comme m’interpelle aussi la manière peu amène dont se comportent des familles ainsi que des patient-es.

Depuis plusieurs mois, je suis confrontée, ainsi que mes collègues à un rythme de travail hyper soutenu. Nos conditions de travail sont dégradées, fonctionnaires, chargés d’accueillir et accompagner un public en grande précarité, nos services ont vu leurs dotations tranchées dans le vif. Ainsi, nous avons de moins en moins de moyens pour offrir un service public de qualité à une population qui s’achemine à grand pas vers un chemin de paupérisation. Les départs à la retraite, les mobilités diverses ne sont pas remplacés. En conséquence, nous nous retrouvons à occuper une voire deux et parfois trois fonctions en même temps. Kafkaïen. Parfois, la tension est telle que tout explose avec une telle intensité, qu’elle balaye tout sur son passage. Pour autant, il y a entre nous ce lien assez fantastique, qui nous fait mettre nos egos de côté pour y retourner et assurer ces multiples missions, pensées et assumées par des personnes souvent très éloignées du terrain.

J’ai peu d’ami-es. Je l’ai écrit souvent ici. Je l’ai déploré d’abord avant de me rendre compte qu’il y a des liens que je ne suis plus en mesure, pour le moment, de nouer. J’ai besoin d’espace, de liberté, de silence, peut être même en ce moment de solitude. Depuis un an, nous nous éloignons une précieuse amie et moi. Un éloignement du à des incompréhensions qui n’ont jamais été discutées, à des chemins de vie désormais radicalement différents. Je suis attristée et pourtant dans l’acceptation, ce qui me ressemble peu finalement. Jusque là chaque séparation, rupture amicale ont toujours été infiniment douloureuses et difficiles pour moi. Au delà du pincement au cœur, je me dis que je grandis peut être, que je me sécurise et aussi que j’ai besoin d’autres « choses ». Du vrai, du simple, du sans prise de tête, du « sans concurrence » (consciente ou inconsciente).

Dans cette folle semaine, il y a eu des rires tonitruants pour évacuer, souffler, reprendre le dessus. Il y a eu des pleurs, de l’incompréhension, de la douleur. Il y a une invitation qui tombe, à Paris, pour se retrouver en famille ; ce dont nous ne sommes pas certains d’avoir envie. Il y a eu un arc en ciel fantastique, tombé au milieu d’une conversation tendue. Il y a eu des nuits avec peu de sommeil et des réveils douloureux.

La vie, juste la vie….

 

She

Je vais la visiter tous les deux jours environ.

Je la regarde, allongée sur ce lit depuis tant de semaines, que j’en ai perdu le fil.

Son visage et ses mains sont gonflés, ses yeux sont fatigués, sa jambe attaquée par un vilain microbe, dans un piètre état. Son corps qui a tant lutté ces dernières années et plus encore ces derniers mois est constellé de tâches brunes, sa peau toute fine marquant à chaque frottement trop appuyé.

Elle est l’ombre d’elle-même.

Elle me demande quand elle va rentrer, déplore de sa petite voix chevrotante le manque de goût de la nourriture, le bruit qui émane de certaines chambrées et qui l’empêche de dormir, le manque de lumière dans la chambre.

Je l’écoute, je lui caresse la main, le front, parfois les joues. Je donnerai tout pour la serrer contre moi à nouveau.

Mais je l’avoue, la voir ainsi m’arrache les tripes.

Elle me manque, infiniment et je sais au fond de mon cœur que plus rien ne sera jamais comme avant.

La petite fille en moi combat la tristesse, le vide, l’espace béant qu’elle laisse.

Égoïstement, je l’écris, je n’étais pas prête à cela. Je vais même vous faire une confidence, du haut de mes 42 printemps, je l’ai toujours pensée éternelle. Je viens seulement de toucher du doigt qu’il nous reste si peu ensemble. Si peu de confidences, de sourires, de fêtes de famille, de partage, à rire, à se dire, à échanger.

Lorsque le médecin nous a dit qu’il fallait nous préparer, je n’ai d’abord pas entendu. J’étais dans un déni protecteur. Je me suis voilée la face, j’ai protégé la petite fille. Je combats les souvenirs et les « après ». Ils n’existent pas pour le moment. Nous sommes dans l’instant, nous nous attachons à des taux auxquels nous ne comprenons pas tout mais dont savons qu’ils ne peuvent pas dépasser une certaine limite, synonyme de fin.

Une fin que je sais désormais inéluctable mais à laquelle je ne me résoudrais jamais.

Nous nous sommes rapprochés tous. Nous nous appelons plus souvent, nous nous voyons régulièrement, dans ce lieu honni, l’hôpital et à l’extérieur. Elle est notre préoccupation, notre sujet de conversation, notre tout.

Demain est peut être un autre jour…

 

Enregistrer

Enregistrer

DouteS

Le doute est insidieux, il s’infiltre par tous les pores.

Il suffit de peu de choses parfois. Une petite griffure, assénée l’air de rien. Et la petite plaie ouverte, se met à suppurer.

« On » pensait avoir travaillé, avancé, progressé pour soi, voire même guéri…. Mais non.

BIM.

Voilà que l’édifice, re-construit de haute lutte s’effrite à nouveau.

Il y a toujours une personne pour appuyer là où ça fait mal.

La question qui tourne en boucle dans ma tête depuis hier est la suivante : « qu’est ce que je fais de ça » ???

Pourquoi cette remarque vient me heurter à ce point, dois-je lui donner l’importance et la place que je lui accorde à cet instant, est-ce que la personne en face mérite tout ce crédit ?

Pour être tout à fait sincère, je mouline encore et n’ai pas toutes les réponses…