Les choses arrivent quand elles veulent…

Chaque année, en début d’année, je remplis la liste de mes envies, pour qu’elles s’inscrivent, pour qu’elles prennent corps, pour qu’elles s’envisagent en tant que projet à réaliser.

Cette année, à la fois je n’en ai pas eu le temps et surtout et surtout ma liste n’avait pas de « corps ».

Mes intentions printanières commencent à pousser :

– bouger mon corps, le remettre tranquillement en mouvement et surtout le reconnecter à la nature,

– m’éloigner de la TV et des réseaux sociaux (je suis accro à instagram, c’est hyper moche) et me replonger dans mes livres, ils me manquent,

– trouver ABSOLUMENT une activité pour la rentrée. Du doux, du pas prise de tête, du flexible

– me consacrer cette année, me recentrer, faute de m’épanouir professionnellement

– étudier de plus près l’alimentation intégrative (si ça te parle, on s’en parle en mp)

– « étudier » la ménopause et ses effets, lesquels me rendent bien plus sensibles que je n’étais déjà…

– aménager mon bureau qui ressemble à un vaste chantier et non plus à un lieu de lecture et de réflexion (je ne comprends pas pourquoi je peux organiser et ranger TOUTE la maison, sauf le bureau…)

– choisir le sens que je dois donner à ma vie…

La vie choisira ce qu’elle réalisera en 1er.

 

 

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Caducée

Ce titre est bidon… Bref.

Fin de 2017, j’ai remercié l’année de m’avoir épargnée de nombreux bobos auxquels je suis sujette chaque année. Je suis une abonnée aux lombalgies, trachéites et autres joyeusetés. Il m’avait semblé par ailleurs, que par le fait, j’avais gagné en sérénité et que mon corps avait suivi ce pas.

Et puis 2O18 est arrivée.

Il y eut d’abord un herpès labial géant dont j’ai largement parlé ici (genre guinness book, tu peux me croire sur parole !).

S’en est suivie ma préférée, une trachéite. Pas du tout gênant lorsque tu reçois du monde toute la journée, en individuel et en collectif. Pour couronner le tout car je donne rarement dans la demi-mesure, je me suis offert un petit lumbago. Pas de son mais une super image.

Pour (presque) finir et pour décrire le tableau actuel, je « suis dans une grippe ». J’aime beaucoup cette expression. Car la grippe, y a pas à dire, tu ne peux être que dedans. La grippe donc. Je ne te fais pas le récap de ce qu’est la grippe, tu vas penser que je veux te tirer des larmes. Nez qui coule, oreilles bouchées, contractures musculaires, et bien sûr toux de camionneur, sans oublier la fièvre (j’avais envie que tu pleures un peu en fait).

Dans la vie je suis une petite joueuse mais là, en plus de la grippe, je me suis offert une allergie. Parce que bon hein voilà.

Je suis donc en arrêt et vis sur mon canapé, au rythme de ma toux et de mes plaques de rougeurs.

Je n’ai pas de conseils à donner, ce n’est pas l’objet de ce billet, néanmoins depuis plusieurs semaines, j’ai eu l’occasion d’utiliser de manière TRÈS intensive les mouchoirs jetables menthol eucalyptus de chez Lotus : une révélation. Les essayer, c’est les adopter, crois moi. Bonne odeur, bonne résistance, pas de trace désobligeante sous le nez, du super mouchoir crois moi.

Je pense que dans quelques mois, je suis prête pour entrer en médecine…

Soi contre soi

Je l’ai ignoré longtemps, puis combattu. Je lui ai infligé des vexations et des blessures. Je l’ai laissé de côté, mis au rebut.

J’ai compris trop tard, que je devais en prendre soin, l’aborder avec douceur, bienveillance, tolérance.

Avec mon corps, nous ne nous sommes pas rencontrés… J’ai fait avec cette enveloppe contre mon gré, je l’ai trainée sans l’assumer.

L’hyperphagie m’a dévorée littéralement, m’a pourri la vie.

Il m’a semblé, ces derniers mois que la vie nous réconciliait un peu.

Et puis voilà que la pré ménopause a fait son entrée. Ma peau change, elle est hyper asséchée, mes traits se creusent, je dors mal, je pleure beaucoup et à tout bout de champ, j’ai envie de dégommer beaucoup de monde, la moindre contrariété me fait monter dans les tours, mon odeur a changé (truc de dingue !!!). L’ascenseur émotionnel est  déroutant et particulièrement éreintant.

Tandis que je commençais à m’accepter (un peu), à me considérer (plus), voilà que mes hormones viennent, encore une fois, foutre le bordel.

La pré ménopause, c’est aussi le moment, où tu prends (violemment) conscience que tu avances vers quelque chose et que tu ne pourras plus jamais revenir en arrière. Parce que voilà, à partir de maintenant c’est définitivement trop tard. C’est mort. Et ce deuil, c’est un putain de deuil.

 

Étayer le propos

J’ai eu un échange très particulier avec un monsieur FB à propos des femmes « rondes », toutes « très douces, très gentilles ». Sans doute manquait-il à la panoplie : toutes très drôles, bonnes copines, bonnes épouses et bonnes mamans.

Des propos irritants, désobligeants, qui en cette période d’été résonnent follement chez moi. Je ne suis rien de tout cela. D’ailleurs, je suis grosse. La fausse pudeur autour de ce que je suis vraiment, m’ennuie affreusement. Ma « situation » à un nom clinique : hyperphage, obèse de type 1 (répartie sur tout le corps), de niveau 1 (pas encore morbide). J’aime cette précision toute médicale de classer les gens. Pour une fois que je me retrouve dans les premiers groupes ! Je suis une winneuse du surpoids finalement….

La période d’été disais-je me plonge toujours dans les tréfonds de cette réalité : c’est l’été on sort nos plus beaux atours, jupettes, débardeurs, robes décolletées. Ainsi donc, je me sens en concurrence avec à peu près toutes les femmes de la planète, je me bats pour trouver des vêtements assez stylés pour ne pas ressembler au sac que l’industrie du vêtement pour grosses souhaite me faire ressembler.

Je lutte donc contre l’extérieur et aussi contre moi ; moi qui suis perpétuellement au régime. Mais vous objecterez, « tu dis que tu es grosse, c’est quoi ce binz ???? ». Il se trouve que lorsque l’on a comme moi suivi des  régimes à peu près toute sa vie, le corps ne suit plus et même si on mange en petite quantité, le corps ne sait plus faire la différence… et on reste donc « grosse ».

Alors oui, j’écris de là moi aussi. De chez cette catégorie de personnes qui cristallisent à peu près tous les clichés négatifs et qui pourtant lutte quotidiennement. Car non, la volonté n’a rien à voir là dedans.

Aujourd’hui des mouvements fleurissent, notamment celui du body positive. Mais ne nous y trompons pas. Même si certaines d’entre nous revendiquent leur grossitude, toutes, oui toutes, nous aimerions avoir un corps différent. Non pas un corps de déesse mais un corps qui nous permette de rentrer dans du 44 comme presque tout le monde, d’aller nous baigner sans que certains soit ne se retournent, soit nous jettent des regards noirs de réprobation. Nous aimerions toutes pouvoir monter des escaliers sans souffler et suer comme des vaches, manger des glaces en terrasse, ne pas nous affamer dans les repas de famille ou professionnels pour ne pas montrer qu’on mange trop parce qu’on en a besoin.

J’adorerai pouvoir m’assumer, accepter mes courbes, chérir mes joues rebondies sans rides, caresser mon 95 E avec amour, considérer mes vergetures avec amitié. Ce n’est pas le cas. Même si mon Népou semble ne pas être dérangé par tout « ça ». Vous pensez « elle s’empêche » et vous avez raison. Je m’empêche parce que c’est plus fort que moi, parce que certes la vie est courte mais je ne peux toujours pas me considérer avec toute la douceur et la bienveillance qui seraient nécessaires.

C’est de là que j’écris oui. Parce que cette certitude intime, ancrée par un nombre colossal de remarques en tout genre, continue de me coller à la peau…

Déjà maintenant

Ça y est, on y est.

Je veux dire, c’est déjà 2017.

Je me souviens avec une extrême précision dans quel état j’étais il y a un an.

Il me restait un mois à faire dans ancien travail. J’étais excitée, terrifiée et néanmoins anesthésiée car sous anti dépresseur. Je n’avais qu’une envie : voir du large, changer d’horizon, apprendre.

J’ai réussi mon coup… Non sans y laisser, encore, quelques plumes. 10 mois que je travaille dans une équipe incomplète, 10 mois que je cravache, que je ne parviens pas à lever la tête du guidon.

Émotionnellement, je me retrouve dans les mêmes pas qu’il y a un an. Étrangement  en arrière. Professionnellement, un nouveau chantier m’attend. Un nouveau challenge dont je ne suis pas certaine de vouloir. La stabilité espérée ne sera pas au rendez-vous.

Définitivement la vie va trop vite pour moi. La vie professionnelle, la vie 3.0, où tu n’as pas fini d’exécuter les dernières directives que déjà il faut penser à celles d’après demain.

Je me sens un peu prise au piège… Sans plus d’horizon qu’en 2016. d’ailleurs, comme l’année dernière, je n’ai envie de rien… Pas de résolution, pas de projet particulier.

Des besoins. Juste des besoins :

  • me remettre à lire, ce dont je suis incapable depuis un an
  • prendre du temps pour moi
  • manger mieux,
  • prendre soin de mon corps.

Juste ça, me remettre au coeur de moi.

 

En tous sens

Mes cours de méditation se sont arrêtés. Avec cette fin annoncée, un pincement au cœur. Celui que ça se termine et d’être lâchée seule dans la « nature », celui de ne plus être entourée et accueillie par le groupe.

Le groupe, celui qui tend vers un même objectif même lorsqu’il ne s’est pas choisi, celui qui est porté par les mêmes valeurs possède des ressorts de puissance. J’ai aimé ça.

Comme j’aime la méditation bien que sa pratique au quotidien soit bien plus difficile que je ne l’ai imaginé. Il faut se consacrer du temps, se consacrer à son esprit, son corps aussi, se traiter avec bienveillance, laisser passer les ombres, nombreuses qui me traversent tous les jours.

J’attends ces RDV avec moi, je les aime. Ils sont difficiles mais ils me font du bien. Je ne sais pas s’ils nettoient en profondeur, si je tiendrais sur la distance mais pour l’instant ils sont mon indispensable sas en rentrant du travail.

Après plusieurs années de lectures sur le sujet, de recherches infructueuses pour intégrer un cours abordable, j’ai enfin trouvé et je me souhaite de continuer sur ce chemin intérieur.

 

L’inénarrable

Je n’en aurais jamais fini.

Avec mon corps.

C’est mon inépuisable sujet.

Les cheveux blancs sur les tempes, les joues bien remplies, le dos légèrement courbé, les seins lourds, une ceinture abdominale fournie, des ailes de chauve-souris qui pendouillent de plus en plus, des cuisses qui n’en finissent pas de se tendre. Bref un corps charnu, gros, gras.

Des tocs alimentaires qui viennent frapper le corps et l’âme.

Il y a des jours (des mois), où je me fais l’effet d’être une camée. Où rien ne calme la vague, la déferlante intérieure. Pas les tranches de jambon, pas les amandes, pas les galettes de riz ou de maïs avalés en quantités astronomiques.

Il n’y a rien de grave.

J’ai une famille un peu unie, un mari, un emploi, un toit, j’ai de quoi m’offrir quelques loisirs et quelques vacances, je peux me soigner convenablement. D’ailleurs, j’ai fréquenté pendant 10 ans quelques psys, des spécialistes du gras, des gourous en tout genre. Mais rien. Il y a toujours cette putain d’hyperphagie qui trace son sillon, qui envahit tout.

La faim tout le temps, impossible à calmer.

Pas la respiration, pas la lecture, pas les exercices physiques, pas la marche. Rien.

Le corps gavé est gras, douloureux.

Difficile de s’accroupir, se vêtir (je veux dire avec des fringues qui ne font pas ressembler à un sac), marcher vite, se montrer dans l’intimité.

Si tous les enfants qui ont manqué de présence parentale, de confiance, d’un peu de considération familiale sombraient dans l’hyperphagie ça se saurait….

Alors quoi ? Je n’ai pas de réponse.

Juste des faits. Ceux d’un corps fatigué, qui se dégrade, qui est bien plus vieux qu’il ne devrait…

 

Investir le temps

Le temps s’égrène peu à peu.

Plus que deux petites semaines.

Mon message de départ est écrit, le pot de départ pensé, les relais de mes candidats sont en cours. Je vide mon bureau un peu tous les jours, pas trop. Je suis attentive aux messages, aux gestes, adressés par mes collègues, en freinant mes élans d’émotions néanmoins.

Je pensais que tout se ferait en douceur mais non. Mon corps se rebelle, comme à chaque changement radical (si peu au final). Je ne tiens plus debout, je flanche. Enfin, lui plutôt. Il me signifie…quoi ? je ne sais même pas.

Chaque jour, je me répète que j’ai été choisie, « C.H.O.I.S.I.E. », que ça va bien se passer. Mais ces affirmations positives, ne sont pas suffisantes. La peur est là. Et le sentiment qu’encore une fois, je vais vivre cette grande étape loin de mon Népou…

Il y a…

Ces quelques cheveux blancs. Sur les tempes et sous la frange. de plus en plus nombreux, de plus en plus difficiles à cacher (longtemps)

Ces rides aux coins des yeux. Et la pire, celle du lion (salope) qui se creuse de plus en plus.

Les joues. Remplies, rosées la plupart du temps, rouges en période de grand stress ou lorsque je pique un fard.

Le double menton. Omniprésent, omnipotent, risible de fatuité

Ces bras qui avec le temps se transforment en chauves souris.

Les bouées, sur le ventre, de plus en plus opulentes. Affreusement, douloureusement visibles.

Les cuisses, qui frottent, vallonnées, orangées, striées.

Il y a trop de tout partout….

Food Junkie

Qu’est ce qui fait que je pourrais me mettre à table, à 18 h en rentrant du travail et m’enfiler à peu près tout ce que contiennent mes placards

Qu’est ce qui fait que lorsque j’ai fini de manger, j’ai encore faim et que je pense à la bouffe une grande partie de la journée

L’exigence, l’image dépréciée de moi, le manque (de mon mari, d’amis, d’amour, de reconnaissance ?)

Je me fais l’effet d’être une junkie. Qui a besoin de sa dose de sucre pour supporter un quotidien exécrable.

C’est vrai, j’ai un toit, de quoi manger justement, je suis en relative bonne santé, j’ai de quoi me vêtir et j’ai un foyer. Bien sûr que c’est vrai et parfois j’ai presque honte de cette opulence lorsque je croise, chaque jour, le dénuement des autres

Mais il n’empêche, le besoin coupable de me remplir, coûte que coûte est revenu comme un oiseau de mauvaise augure

Je sais ce que ça me dit, mon corps le sait aussi, victime discrète de ce cerveau qui ordonne les prises de poids puis les mises à l’épreuve drastique

Un adage dit « qui a bu, boira » en est il de même pour ce cercle infernal dans lequel je suis depuis des dizaine d’année

J’ai tout essayé. Mise à part la lobotomie je ne vois pas.

Comment fait on pour se remettre de ce qui a été enfant, de ce qui n’est plus adulte mais qui a creusé son sillon si profondément que chaque secousse revient remuer la boue encore et encore

Parfois, je surprends le regard des autres sur moi. Sur ce que je mange et je lis parfaitement ce qui s’imprime dans ces regards compatissants ou accusateurs, à la marge interrogateurs et je n’en mange que plus

Je suis ma victime et mon bourreau, ma sauveuse parfois mais une sauveuse qui encore une fois n’ai pas capable de se battre à armes égales.