Persona

Je suis allée chez le coiffeur, mes cheveux ont diablement poussé ces derniers mois, je me suis acheté une nouvelle robe, échancrée et longue (que je n’ai finalement pas mise). J’ai rangé mon sac, mis ma trousse en ordre et checker mon agenda.

Je suis rentrée vendredi (en clair, j’ai repris le boulot), avec la même sensation, si vivante, que lors de ma rentrée de seconde (la deuxième). La boule au ventre, la crainte de connaitre mon emploi du temps et une envie relative de répondre aux questions : c’était bien ? pas trop de pluie ? et la bouffe ? et les gens ?…

En un quart de seconde, j’avais remis mon habit de professionnelle. Celle qui répond, qui sourit, qui esquive parfois. J’ai repris les mécanismes si profondément ancrés : les mails, les appels, les nouvelles. Comme la nature a horreur du vide, je suis arrivée comme je suis partie, avec un flot d’informations très conséquent à traiter, puis des réunions, préparer un séminaire à venir, puis les urgences. Comme si jamais, le rythme ne pouvait se ralentir.

Avec les années la ligne devient plus tenue. Je suis moi et la professionnelle, je ne gomme plus grand chose, sauf l’essentiel, le vital pour moi c’est à dire la limite infranchissable que je pose dans ma relation avec mes « accompagnés ». Je sais qu’ils et elles seraient surpris de me connaitre autrement, « en dehors ».

Cette persona est finalement ma plus belle protection…

7 réflexions sur “Persona

  1. Den dit :

    Tu sais… ne te pose plus de questions. Vis ta vie comme tu as envie de la vivre. Chaque instant est une seconde et il n’est pas nécessaire de se tracasser pour ce qui ne pourra jamais être résolu. J’ai vécu (au moins 20 ans) sans prendre un instant pour moi, dans l’empathie complète des autres,. mari, enfants…. Et tu sais plus tu donnes et plus on te prend. Je crois que que vais étonner pas mal de monde en parlant ainsi….gentille petite fille, toujours bien coiffée, bien habillée, appliquée, grosse bosseuse…. il le fallait, maman le voulait, toujours en haut ; pour qui, pour quoi ??? mais tu as vu j’ai failli perdre la vie en écoutant mon médecin de famille, non, lui ne m’écoutait pas….. j’étais toujours en forme, pourquoi aurai-je pu avoir un problème ?? je lui faisais confiance, mais certainement trop lasse d’être toujours « trop bien »… et c’est un miracle si je suis encore là. vis, vis, vis, Cloudy,pour toi, tout le monde ne te vaut pas… après nous les jours continueront…. Profite pour l’amour de l’existence. .. tu sais j’ai compris beaucoup de choses, et j’ai changé ! écoute-moi !
    de gros bisous.
    Excuse d’avoir occupé tant de place !!
    Den
    ,

    • Cloudy dit :

      Chère Den merci de la prendre cette place.
      Je m’enrichis du regard et de l’expérience des « autres ».
      Je sais, intrinsèquement, que tu as raison.
      Je m’efforce de changer pour moi souffrir.
      Tr-s belle après midi à toi
      Des bizettes

  2. Célestine dit :

    Je plussoie au commentaire de Den.
    Le masque de la persona protège, mais qu’il ne te fasse pas t’oublier en chemin…
    Bisous ma Cloudy
    •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

  3. alainx dit :

    Reprendre son activité professionnelle ce n’est pas nécessairement porter un masque. Un costume professionnel, certainement. Mais on est dans le costume, tel que l’on est pour mettre en œuvre ses « talents professionnels » et pas ses autres talents. On ne joue pas un rôle, on accomplit une mission.
    Bien sur les conditions ne sont pas forcément idéales. D’ailleurs des conditions idéales, cela n’existe absolument nulle part. Mais il y a un essentiel de soi que l’on met en œuvre. Pas TOUT l’essentiel évidemment. Ce qui concerne les capacités et aptitudes professionnelles.
    Ce qui est demandé c’est de remplir correctement sa tâche. Pas de se tuer au travail c’est cela qu’il faut faire respecter. Moins on est envahi par des peurs, plus on se fait respecter par sa hiérarchie. J’affirme cela pour l’avoir vécu.
    Ce n’est pas autrui qui fixe le rythme, c’est soi-même. Quand on impose cela, ça marche.
    Quand un de mes responsables me demandait de faire quelque chose pour la veille, je lui répondais que peut-être après-demain et encore c’est pas sûr…
    Les chefs jouent sur nos peurs, quand on n’a pas peur, ils sont totalement démunis.
    Ne peux me faire peur que celui/celle que je lui laisse prendre pouvoir sur moi.

    • PaoDora dit :

      Chère Cloudy, je rejoins les commentaires ici présents et je te comprends aussi. Pas facile de trouver l’équilibre entre tous les états qui nous habitent et parfois mous submergent. Je suis heureuse d’avoir pu vous lire toutes et tout 🙂 vos mots éclairent des zones d’ombre, de doute et de peur que je traînent aussi.
      « ne pas se tracasser pour ce qui ne peut être résolu », « ne pas se perdre », « ne pas s’oublier en chemin », ne pas donner le pouvoir à autrui de jouer de nos peurs…
      On sait déjà souvent tout cela, quand l’intégrons nous vraiment ? C’est la question qui me revienne sans cesse et j’ai hâte qu’elle ne soit plus récurrente…je te le souhaite aussu, Cloudy.
      Merci à toutes, tout. Des bisous

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