L’heure du voyage

J’aime plus que tout mettre mon réveil en mode silencieux, ranger mes affaires d’hiver pour laisser place à celles d’été, faire une liste de « choses à emporter », et préparer mon sac.

Nous n’allons pas loin cette fois, dans le sud, dans la famille, au chaud (au propre et au figuré).

Nous sommes attendus par les enfants, par les parents sans doute aussi mais différemment….

Pour la première fois depuis de très nombreuses années, le travail ne me poursuit pas. Je n’en rêve pas, je ne le porte pas dans mon quotidien, ce qui est pour moi un vrai signe que les décisions prises ont été les meilleures possibles pour moi.

Enfin, je profite de chaque instant, de chaque chose que mon regard croise, sans avoir à me dire, « il faudra y retourner (j’ai pas envie) ».

J’ai hâte de mettre le sac dans la voiture et de partir. J’ai hâte de ces vacances en famille, que mes filleules me disent marraine avec le r qui roule et de chaque instant partagé avec elles qui grandissent trop vite.

Ce début de printemps est doux.

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S’acheter des fleurs

Je suis allée m’acheter des fleurs. 3 roses blanches. Pour couronner cette journée.

Une journée de vacances, de RTT, une vraie parenthèse, où pour une fois, je ne me suis pas sentie tiraillée, happée.

Je me suis réveillée avec un rêve qui vient me visiter chaque année, où il est question d’un ami aimé et perdu.

J’ai savouré chaque seconde de mon petit déjeuner, pris lentement, avec les mots terrifiants de Patrick Cohen en fond (Patrick si tu me lis, je t’aime d’amour).

Je suis allée me balader, accompagnée par le seul chant des oiseaux.

J’ai déjeuné avec des personnes aimées, qui savent tout de moi, plus que moi (ce qui en soi est très embêtant).

J’ai lu les mots doux d’Agnès Ledig, puis je suis allée visiter une amie.

J’ai mis loin le travail et ses contingences, le prochain entretien que je vais devoir passer à nouveau, la surcharge de travail, la fatigue, la colère sourde.

J’ai mis loin mon couple, moi, nous …

J’ai adoré cette journée.

Il me faut définitivement plus de parenthèses…

Elle

Elle me sait.

Plus que ma mère, plus que mon Népou, plus que moi.

Elle me devine à travers mes gestes, ma voix, ma peau.

Elle est mon âme sœur, mon pilier, mon poumon, ma tendre.

Elle m’a accueillie, soignée, pansée, nourrie, cajolée, caressée, aimée.

Plus que son propre enfant peut être, autrement, différemment, intensément.

Notre histoire, c’est celle d’une quarantenaire, qui accepte de faire entrer dans sa famille un bébé dont les parents éprouvent quelques difficultés à s’occuper…

C’est celle d’une mère déjà flanquée d’un grand ado, qui a le cœur assez grand pour donner encore, pour donner plus, pour combler les trous, remplir les vides. C’est celle d’une femme  qui décide malgré les obstacles, malgré les difficultés, de couver l’oisillon d’une autre, tout en lui laissant la place.

Pour moi, elle a gommé les différences, elle a surmonté ses peurs, affronté les critiques. Elle m’a fait sienne. Je suis entrée dans sa famille, j’ai eu d’emblée une place naturelle, une place que je n’ai jamais eu « chez moi ». Avec le recul, je sais que ce chez moi n’a aucune signification. Il n’y a jamais eu de réel chez moi, sauf chez elle.

Nous avons beaucoup vécu toutes les deux. Fusionnelles. Son fils prenant son envol, son mari travaillant de par le monde. Nous nous sommes, un peu, reposées l’une sur l’autre. J’étais la présence indéfectible lors de ses épisodes de souffrance et de solitude, elle a été mon repère dans mes nuits.

Cet amour là est incommensurable, il a toujours été inconditionnel aussi.

Aujourd’hui, elle a 80 ans. Elle ne voit presque plus, elle est souffrante. Il y a des choses qu’elle ne peut plus faire seule : mettre  ses chaussures, boutonner son manteau, couper sa viande. Ses mains se sont teintées, ses cheveux clairsemés, sa peau affinée.

Elle est un bien précieux que l’on chérit. Son fils, ses petits-fils, moi.

Elle a toujours l’esprit alerte, toujours ses emportements, ses émotions exacerbées mais ses yeux sont tristes, infiniment. Il y a la souffrance à ne plus voir la vie, ses petits enfants, la nature…

A mesure qu’elle s’étiole, me cœur se serre….

Je me prépare à faire sans Elle, chose dont je me sens totalement incapable aujourd’hui. La vie sans elle, ne serait plus la même vie.

Un père et passe

Chaque année, aux abords de Noël, notre famille se crispe, pour des raisons diverses et variées.

Cette année, pour une raison qui m’échappe mon père nous fait des crises d’autorité, dénuées de sens.

Plus le temps passe, et malgré mes années de thérapie, et plus  le fossé entre nous se creuse. Une incompréhension mutuelle abyssale nous oppose.

Ce qui ne faisait que m’égratigner il y a quelques années, voire même me frôler  le cuir ; m’irrite et me blesse aujourd’hui.

A cause de l’âge sans doute, à cause de cette famille que nous n’agrandirons pas avec le Népou, à cause de l’urgence que je ressens de plus en plus, de manière prégnante.

Nous avons raté le coche, nous ne nous sommes jamais rencontrés, j’ai pourtant fait des efforts mais rien n’y fait, il y a toujours quelque chose qui grince, qui accroche. Ces choses que je ne sais pas faire (le jardin, les confitures, la cuisine de manière générale), le goût que je n’ai pas (pour les antiquités), le vrai travail que je ne réalise pas (je suis fonctionnaire et ne travaille que 37, 30 heures / semaine) et coup de grâce suprême, cet enfant que je ne ferai jamais.

A quand cela peut-il remonter ? Au commencement je crois, à son besoin d’être un fils parfait (pour des parents qui ne l’ont jamais aimé) mais un père absent. A sa manière de toujours prendre parti pour môman lorsque celle ci dénigrait avec plaisir et perversité sa fille à lui (trop grosse, trop grande, pas assez gracieuse, pas assez gentille….). A sa façon de toujours se taire, toujours botter en touche pour toutes les grandes décisions. Voir petit, penser petit, faire petit ; tel a toujours été son credo. Ne pas se faire remarquer, ne pas attirer l’attention sur soi. Surtout pas de vague.

De vagues, il n’y a en a jamais eu et il n’y en aura jamais.

Je crois que je peux mettre des mots sur cette colère sourde. C’est celle de voir cet homme de 70 ans, dénigré autant d’années par sa mère, qui ne supporte pas de la voir en maison de retraite, qui ne se fait pas à son absence, qui n’a pas coupé le cordon et qui dès lors nous le fait payer, à sa manière.

Je me demande, si ce qui sort en ce moment, c’est la jalousie, la tristesse ou l’absence. Il me semble que je pleure la place béante du père, les re-pères qu’il ne m’a jamais donnés.

 

Last Year

Nous nous sommes levés tard.

Nous avons allumé nos portables et l’un comme l’autre avons lu les messages reçus en cascade. Est ce que nous étions sortis la veille ? Est ce que nous allions bien ? Est ce que nous comptions rester dans la capitale ? Nous n’avons pas compris tout de suite. Alors nous avons allumé la TV et dans la foulée, mon beau-père appelait inquiet que nous n’ayons pas pris la peine de le rassurer.

Il y a un an, nous venions de nous marier et flottait encore autour de nous ce parfum de joie, ce bonheur simple.

Il y a un an, j’avais un entretien pour un nouveau travail. Je croisais les doigts pour être prise, pétrie néanmoins de doutes et d’une peur sourde.

Il y a un an, mon beau père était encore parmi nous, mes parents n’étaient pas encore entrés dans le cercle infernal des opérations et des résidences forcées dans les hôpitaux.

Il y a un an, V. n’était pas encore atteinte de son cancer.

Il y a un an, nous n’avions pas eu cette terrible dispute qui m’a fait prendre conscience, plus que jamais, que tout est ténu, fragile.

Il y a un an, la vie a décidé de nous épargner, nous et nos proches, nos aimés.

Il y a un an notre monde avait commencé à vaciller, mais depuis lors il ne cesse d’être ébranlé. Il y a comme un avant et un après. Des pouvoirs qui s’entrechoquent, des valeurs qui volent en éclats, des colères qui grondent, des contre-pouvoirs, des informations tronquées…

Il y a un an, je voyais la vie d’une certaine façon. Simpliste peut être, différente d’aujourd’hui en tout cas.  Aujourd’hui tout est plus précieux, plus savoureux, plus doux, plus beau, plus fragile aussi. Plus urgent.

Oui depuis un an, tout est infiniment plus urgent…

Le dimanche

Le matin, elle regarde les émissions religieuses. Elle écoute, se remémore, se connecte à son Dieu, désormais figure lointaine, auquel elle n’est plus très sûre de croire.

A 10 h, c’est l’heure de la pause, l’heure du thé ou du café brûlant, selon l’humeur.

Après seulement, elle concède à ce que je lui masse pieds et jambes, en l’absence du passage de l’infirmière.

C’est le moment où elle me répète que mes mains sont vraiment douces et que j’aurais dû en faire mon métier.

Et puis, l’air de rien, enfoncée dans son grand fauteuil, elle lance les hostilités  « papotage ». Le boulot, le mari, la famille… Elle radote un peu mais je la laisse faire.

Parce qu’elle aime bien et moi aussi. J’aime ses petits conseils, ses vieux adages, ce doux moment rien que pour nous 2. Un moment de présence l’une à l’autre, précieux.

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Après l’été

Il ne s’est rien passé cet été.

Presque rien :

  • Les allers-retours dans les établissements hospitaliers de la grande ville pour mes parents.
  • Une engueulade monumentale avec le Népou et l’impression infantile que mon cœur allait se fendre en mille morceaux.
  • Une semaine de retard et ma machine intérieure qui s’est remise en marche : espoir, projections en tous genres et dégringolade.
  • Un RDV avec un nouveau nutritionniste qui m’a fait mordre la poussière, si je puis dire.
  • Une énième déception familiale (pas de mon côté cette fois).

Il m’est apparu que mes parents vieillissent. Je veux dire vraiment. Ces alertes de santé successives en ont été les révélateurs. Ils ne peuvent plus faire certaines choses, ils commencent à radoter, à s’inquiéter pour tout et de tout. Nos relations glissent, changent. Je deviens celle qui doit rassurer, faire à la place de, je rabroue aussi. J’ai gardé trop longtemps l’image de parents forts et protecteurs, qu’ils ne sont plus.

Je me remémore la personne que ma mère était « avant » et celle qu’elle est aujourd’hui. Toute petite, frêle, tassée, frileuse, vite fatiguée, angoissée aux moindres petits changements dans son quotidien. Lorsque je la serre contre moi, j’ai le sentiment qu’elle va se briser.  Et c’est mon cœur qui se brise. Je ne suis pas prête, je ne supporte pas l’idée que les choses se dégradent au point que je doive devenir le parent protecteur de mes parents. Je le supporte d’autant moins qu’étant fille unique je ne peux partager mes angoisses qu’avec moi-même.

Ces dernières années, les parents de certaines de mes amies ont disparu, parfois tragiquement et je remercie le ciel d’avoir toujours les miens. Néanmoins, cette réalité s’impose durement à moi : ils deviennent vieux, s’affaiblissent et moi je me prépare à l’idée qu’un jour, je devrais faire sans eux. Notre famille alors ne sera plus. Et c’est je crois le douloureux à imaginer, le fait que cette fois, je serai vraiment seule.

Comme il est difficile de vivre séparée de son Népou. Comme il est difficile de ne pas savoir quels sont les doutes, les craintes, les freins, qui traversent l’esprit de son mari… Il y a chez lui cette part de mystère, cet insondable dans lequel je n’ai pas (vraiment) de place.

Une semaine de retard, une toute petite. Chaque jour, l’espoir a grandi, chaque jour ma machine intérieure s’est un peu plus mise en marche. Comme la première fois, je me voyais avec un enfant dans les bras le jour de son baptême, je lisais déjà la joie sur le visage du papa. Et puis non. Évidemment allais-je dire. Je sais que je ne pourrais plus avoir d’enfant. Pourtant, inconsciemment, j’ai du continuer à nourrir ce fol espoir, tricoter. Ce nouvel épisode, en effet, m’a montré que rien n’était tout à fait réglé. Le deuil au fond, n’est pas totalement fait. Tout est bien là, présent, pesant.

Cette année, je me suis rapprochée de mes filleuls, tous grands désormais. Et j’ai mesuré, au delà de l’amour que je leur porte, à quel point il est bon et doux d’avoir des jeunes autour de soi. Nous avons passé quelques jours chez « notre grand » à Nancy, nous nous sommes laissés porter par lui. Il nous a fait découvrir sa ville d’adoption, ses passions. Je le découvre. Homme, professionnel… Puis « notre petite » nous a rejoint à Paris. Un vent frais a soufflé sur notre été grâce à eux. Lorsque je vois mon Népou soucieux de leur bien être, avec l’envie de partager ses connaissances, ce qu’il aime, la douleur de ne pas pouvoir avoir d’enfant se fait plus puissante. La dégringolade n’en a été que plus terrible.

Une énième tentative pour agir sur l’hyperphagie. La rencontre avec un nouveau nutritionniste, conseillé par l’amie d’une amie d’une amie. La rencontre est froide et je perçois que le M. méprise les gros qui le font vivre. Il me rentre dans le lard (mouhaha) et évidemment je rends l’uppercut (faut pas me prendre pour un jambon). Le problème, ce sont les chiffres qui s’affichent et qu’il me lance : poids, glycémie et tout le toutim. Le salaud. Puis viennent les mots qui appuient bien là où ça fait mal. Diabète, obésité, risques, déni, inconscience, maltraitance. Et voilà que je m’effondre. Il a bien réussit son coup (le salaud). Me voilà embarquée dans un énième « régime », avec une feuille de route drastique. Pour une fois, et à son crédit, le personnage connait l’hyperphagie. La partie technique seulement, car pour ce qui est de la partie psychologique, des crises, de la dépression, le M. ne les prend pas en compte… A suivre donc (ou pas).

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Juin !

Je suis une femme d’hiver.

J’aime le froid qui saisit le corps et les joues, j’aime dormir ensevelie sous une tonne de couverture, boire du thé fumant à longueur de journée, prendre des bains , porter des chaussures fermées qui cachent mes pieds, des foulards, des chapeaux. J’aime les nuits fraîches qui favorisent le rêve. La chaleur m’anesthésie, me fatigue.

La violence qui a traversé tout le mois de juin me laisse dubitative. La violence intérieure, au niveau national, une violence meurtrière à l’échelle européenne, celle enfin à nos frontières et celle enfin qui a touché Orlando . La folie des hommes, pour un Dieu, une idée, me glace. J’ai peur de perdre une certaine innocence, j’ai peur de m’habituer, de renoncer. J’ai envie de continuer à flâner dans les rues parisiennes, sans craindre qu’une bombe explose dans une gare ou une station de métro. J’espère de tout cœur pouvoir retourner à Istanbul pour montrer cette belle capitale à mon Népou. J’ai le sentiment douloureux que notre vieille Europe s’essouffle, que les rêves d’hier ne sont que de lointains mirages qui se cognent à la bêtise et à la cupidité. Pourquoi est-il si compliqué de vivre ensemble ? N’est-il pas possible de s’unir autour d’autres valeurs que celles économiques… ?

En juin, j’ai beaucoup photographié, regardé, flâné. Je découvre une nouvelle joie, hors de celle des mots. Celle de regarder, considérer, apprivoiser. C’est si bon de prendre le temps de regarder, respirer l’air d’une place, d’un jardin, d’un quartier.

En juin, mes parents ont tous deux eu des accidents de santé. Un accident cardiaque pour l’une et une opération pour l’autre. Comme à chaque fois qu’ils sont diminués, la réalité vient me saisir. Me revient en conscience qu’ils deviennent vieux et qu’ils vont mourir, que je serai seule pour porter tout cela, que la vie est parfois affreusement cruelle, elle arrive sur la pointe des pieds sans frapper. Ma mère est partie en toute vitesse aux urgences, agitant sa main,, sans un mot. Je me suis dit qu’elle pourrait mourir, sans que nous nous soyons dit le plus important…

En juin, une nouvelle fois, je me suis retrouvée seule au travail. Ma collègue étant prolongée de semaine en semaine. Bien sûr elle n’est pas remplacée… et je suis contrainte d’abattre le travail de deux personnes et de retomber dans mes anciens schémas. Je n’ai fait que cela. Partir, travailler, manger, travailler, rentrer pour m’écrouler. Pauvre vie sociale, insatisfaction professionnelle. Je travaille mécaniquement, sans conscience, en réalisant un travail superficiel. Je n’apprends rien, sinon que je suis capable, oui capable de tenir seule. Que me réserve cet emploi, comment les prochains mois vont-ils se dérouler ? Les restrictions budgétaires qui nous assaillent sont des plus anxiogènes. Comment rassurer lorsque soi même on tangue, on doute, on subit une forme de malmenance….

En juin, il y a eu l’annonce de la rééducation maxillaire et enfin j’entrevois la fin de mes affreuses souffrances et la perspective d’une opération.

En juin, la colère est revenue ravagée mon intérieur. La colère contre la famille qui a toujours su si bien trouver le chemin de notre maison lorsqu’elle avait besoin. Mais qui n’a pas su se montrer présente lorsque mes parents étaient au plus mal. La colère contre mon Népou de ne pas être plus investi dans sa recherche d’emploi et de nous imposer un rythme de vie éreintant. La colère contre moi, placée dans l’attente, l’attente qui me renvoie à l’enfance invariablement. Attente des parents, des amis, des hommes, de mon Népou…. Je suis dans une forme d’attentisme, impossible de me réveillée tant la fatigue a investi tous les pores de mon corps.

Vivement l’automne….

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Places

La place qu’il faut se faire, à coup de coude, dans la famille d’abord

Puis dans la famille d’accueil

Dans la faune scolaire : A l’école, au collège, au lycée, à la fac

Dans le champ de l’emploi : l’avant dernier travail, complexe face à tant de professionnels si compétents, si exigeants, si déroutants parfois  ; dans le nouveau travail, complexe face à tant de professionnels…

Avec les hommes rugueux, indifférents

Avec mon Népou

Avec les ami-es

Dans la société si tourmentée

Dans la vie, ma propre vie

….

Bain de famille

Mars « chez nous » est une succession d’anniversaires. Mars le mois du printemps, mon mois bien aimé.

Ce week-end, nous fêtions ses 80 ans à lui, ses 60 ans à elle, mes 26 ans à moi (oui bon…).

Je garde précieusement les photos d’il y a 20 ans en arrière. Déjà c’était une grande fête. Ce week end, il nous manquait du monde autour de la table mais nous n’avons cessé de les évoquer pour nous réchauffer le cœur de leur absence.

« Chez nous », la vraie fête c’est un bon gueuleton, avec du rire et des souvenirs autour. On  trinque, on partage, nos yeux disent qu’on s’aime.

Les centres de table sont faits maison, les fleurs sont partout, chacun repart avec son petit cadeau.

Tableau idyllique d’une famille qui n’est pas la mienne.

Il est si déroutant de se sentir aimée inconditionnellement dans une famille qui n’est pas la sienne.

J’aime une partie de ma famille brinquebalante mais elle m’insupporte par son manque d’écoute, son égoïsme, sa suffisance. Je suis tellement touchée d’être considérée « ailleurs », telle que je suis, d’être prise dans mon unicité et avec bienveillance. Je suis blessée que nous n’ayons pas de tels liens « chez moi ».

La famille un puits sans fond de réflexions, remords, blessures…