Ici et Maintenant

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Je considère la boule qui se forme au creux du ventre, parce qu’il me faut reprendre le chemin du travail demain. J’écoute le message, mortifère, qu’elle m’envoie : ce boulot n’est pas pour moi, ce chemin là ne peut pas être mien. Je replonge dans une sensation bien connue : celle de marcher dans des pas qui ne sont pas les miens. En pilote automatique, mue par une force qui est tout sauf vitale…

Je fais défiler les images de ce doux week end avec mon Népou.

Un charmant spectacle, mené tambour battant par 3 jeunes femmes talentueuses et follement énergiques. Un moment exquis que nous n’avons pas vu passer.

Une longue balade dans un parc que nous ne connaissions pas encore, des couleurs d’automne magnifiques, une douceur dans l’air, un moment de vraie joie intérieure. Et la certitude, s’il en était besoin, que c’est dans la nature (même lorsqu’elle est proche du périph’) que je suis le mieux.

Et puis les questions, multiples. Encore….

Que la campagne est belle

Passer la soirée « à la ville ».

Se balader dans LE parc, saturé de poussière, avec des personnes qui courent dans tous les sens. Jolies baskets qui flashent, casques sur les oreilles, portables sur le bras, bracelets connectés aux poignets.

Sans cesse, le bruit de la ville. Voitures, motos, sons divers… Impossible pour mon esprit (agité) de se poser.

Dormir dans un  immeuble entouré de routes hyper passantes.

Être dérangée par des « promeneurs du soir » qui parlent sous les fenêtres à des heures indues, sans chuchoter.

Mal dormir car il est impossible d’ouvrir la fenêtre.

Être réveillée par le ramassage des poubelles à 6 H 30.

Que la ville est moche ! Stressante à souhait, étouffante, enfermante. Je ressens, et de plus en plus, une certaine violence en ville.

Je ne suis évidemment pas objective mais, comme il est bon de vivre à la campagne (même si elle ressemble de moins en moins à la campagne) !

Pouvoir respirer le bon air, savoir ce que le silence de la nature signifie, pouvoir toucher et serrer des arbres en bonne santé. Quelle chance de se sentir complètement connectée aux éléments. Poser son regard sur du beau, du coloré, du qui semble vivant.

Je ne comprends pas certains choix architecturaux d’abord, politique ensuite en matière de gestion des ressources. Il me semble qu’il y a urgence. Urgence à respecter et préserver les ressources que nous avons (encore un peu) à disposition.

Je me sens libre, à ma place, à la campagne et plus encore au creux de mes montagnes. Je me sens connectée à l’essentiel. Est-ce parce que j’ai la chance de vivre là, est-ce parce je m’intéresse un peu plus à l’écologie, à la préservation de nos patrimoines, est-ce parce que j’ai eu la chance de voyager à l’étranger dans des espaces sauvages et relativement protégés ?

Par ailleurs, j’ai vu le film Demain qui m’a particulièrement interpellée. Il y a tant à faire, à tant de niveaux pour que nous ayons tous la chance de vivre mieux, dans des espaces mieux gérés. Je me sens en responsabilité, un devoir de conscience peut être, pour apporter ma pierre à l’édifice.

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Puiser dedans

Il me faut aller chercher loin, les sensations de ces dernières semaines pour affronter cette rentrée.

Chargée, sombre, peu motivante. Comme toutes les autres rentrées sans doute, mais celle ci me coûte particulièrement.

En quelques jours nous sommes passés d’un temps quasi tropical à l’automne, sans préavis, il me manque quelque chose, je ne saurais dire quoi. De l’entrain, de l’envie, du désir. Mais j’avoue que j’en manque cruellement.

Je renoue alors avec notre voyage d’été, féerique, magique, dépaysant…. Je pourrais employer des mots plus forts les uns que les autres, ils ne seraient pas assez puissants je crois pour exprimer mon ressenti.

Cet été, nous avons réalisé un rêve de voyage. Mon second rêve de voyage (après le Canada), pour être précise, exaucé grâce à mon mari.

Nous sommes partis en Islande, les infinies et fabuleuses terres d’Islande. Un pays magnifique,  follement poétique. Nous avons essentiellement longé la côte sud (la plus touristique) , sous un ciel clément.

Que dire du ciel, des terres, du sable noir, des geysers, de la verdure à perte de vue ?

Que dire de plus que cela sans trahir, sans travestir ?

Sinon que je me suis sentie incroyablement bien, calme, à ma place. Ah la place, toujours la place !

Celle qu’il me semble ne plus avoir dans cette société folle de sur-consommation, bruyante, « montrante », débordante de tout, sauf de ce qui me fonde. La nature, la simplicité, le silence. Cette nature si généreuse, je l’aurais souhaitée pour moi seule…

La société islandaise ne se prend pas la tête, tout y semble facile (sauf certains touristes !), les relations, la vie (certes bien trop chère), dans cette cohabitation forcée avec un environnement capricieux. Comme si les difficultés imposées par les éléments forçaient à aller à l’essentiel.

J’ai peu voyagé dans ma vie pourtant, ce voyage là est inoubliable, ancré, incroyablement fort. Il s’est agi je crois d’une communion.

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Farniente

Il y a bien longtemps que je n’avais rien fait.

Je veux dire rien de rien.

La canicule qui s’abat sur ma région m’y a clairement obligée mais je me rends compte à quel point je me laisse grignoter par le quotidien et les injonctions de la société qui obligent à toujours être dans le faire. Faire pour dire, partager, se vanter, montrer tout ce que l’on possède sans doute. Faire pour ne pas culpabiliser.

Je ne me moque pas, ni ne critique, j’ai longtemps (et je le suis encore parfois)  été dans ce schéma.

Pourtant, je ressors toujours plus forte de ces journées où règne le silence, où je respecte mon biorythme, la seule musique de mes envies et besoins.

Et puis j’ai la chance de partager une terrasse. Ça aide lorsqu’il fait beau à se connecter à la nature. La nature qui de plus en plus fait partie de mon équilibre. Le vent, le soleil, le chant des oiseaux, les courses des insectes (et aussi les odeurs de barbecues), sont autant d’éléments qui me font du bien et me permettent de me ressourcer.

Je considère que le silence et le temps aujourd’hui sont des luxes, des luxes que je savoure, dès que je le peux.

In the mood

Je me demande toujours quand je sortirai de cet état.

La lancinante douleur au fond, celle qui m’étreint si fort lorsque je suis seule. A m’étouffer.

Je donne si bien le change.

Je ne suis même pas certaine de savoir. Ou plutôt si, les pistes sont multiples.

Toujours identiques, récurrentes griffures du quotidien.

J’ai pourtant des moments de bonheurs fulgurants. Souvent liés à la nature.

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Vivante

Je me sens vivante lorsque mon mari est près de moi. Lorsque nous partageons les mêmes activités, les mêmes envies, les mêmes projets.

Je me sens vivante lorsque je suis dehors. Tout autour de moi les montagnes, la forêt qui se teinte doucement et le chant des oiseaux comme une douce mélodie.

Je me sens vivante lorsque je suis dans le jardin, lorsque je gratte la terre, la prépare et me projette déjà dans le « ce que ça donnera ». Ici des fleurs, là des plantes aromatiques…

Je suis vivante lorsque nous allons ensemble repérer la chouette effraie, un animal que j’affectionne. Que nous restons plantés là, pauvres humains, à la regarder tourner la tête, encore et encore, rentrer dans son nichoir et que nous scrutons sa sortie. Suspendus à ce moment.

Je suis vivante lorsque je vais à un spectacle et qu’unanimement nous rions. Dans une communion que je n’avais pas connu depuis longtemps, rempart contre cet extérieur si triste.

Je suis vivante dans ma maison, mon cocon, que par touches nous rénovons et faisons évoluer avec qui nous sommes aujourd’hui.

Je suis vivante dans cet instant, lorsque j’aligne les mots ici. Des mots pour me mettre en connexion avec moi, des mots pour m’aligner, des mots pour m’aimer.

Week end

Redonner à la maison un semblant de visage « humain »

Ranger ce qui trainait depuis des semaines

Remettre de l’ordre dans l’administratif

Jeter aussi

Faire des cartes de voeux, courtes cette année, le coeur n’y est pas

Faire le point sur les cadeaux de Noël, les derniers. Rien de superflu. De l’utile et du symbolique.

Prendre le temps de se reconnecter à la nature et au silence. Le silence dont j’ai eu tant besoin ces dernières semaines et que je n’arrivais pas à faire en moi.

Il m’est apparu, en écoutant l’oraison funèbre de mon beau père, que la vie n’est qu’un fil ténu. Qu’il est important de se dire lorsqu’il est encore temps. A la différence de mon beau-père qui a eu deux fils aimants, présents pour l’accompagner jusqu’à son dernier souffle, je n’aurais personne. Cette réalité déchirante, rend cette fin d’année douloureuse et lourde.

Je compose mon gloubiboulga spirituel, fait de lectures, de méditation et d’EFT pour faire entrer un peu de sérénité.

Je m’apprête aussi à solder 2015. Une année fabuleuse et terrible à la fois. Fabuleuse, car je me suis mariée et que cette journée fut une des plus belles, sinon la plus belle de ma vie et terrible au plan national et personnel aussi avec la mort subite de mon beau-père.

Il me faut du temps, pour digérer, réfléchir, tourner les pages, me projeter…

 

Winter is coming

La neige est tombée, accompagnée d’un froid saisissant. Comme pour dire qu’il faut tourner la page. Passer à autre chose.

Passer à autre chose, je ne rêve que de ça.

Un chalet en montagne, une vue baignée de neige. Un feu qui crépite, du chocolat chaud (du Angelina, ma gourmandise n’est jamais loin), un bon bouquin, un pyjama et des chaussettes pilou et un lit king size.

Ce serait ça le bonheur.

Le silence, la nature et moi.

Car tout le reste devient trop, tous les autres sont de trop.

La reconnexion, le silence, la mise à distance me sont indispensables et pourtant impossible à mettre en œuvre. Impossible d’échapper aux contingences du quotidien, même lorsque le bruit intérieur devient assourdissant.

Souvenirs d’été

Je suis restée retirée dans ma grotte. C’est à dire dans ma maison, volets fermés, à attendre que la chaleur se retire.

J’ai travaillé, beaucoup. Reçu des candidats, beaucoup. Certains qui me donnent envie de me battre, encore et toujours. D’autres qui me font baisser les bras et d’autres encore pour lesquels je n’entrevois aucune solution durable. Dur…

Je suis très peu sortie, je n’ai invité personne, je n’ai pas été invitée non plus. Il aura manqué à cet été des barbecues avec du vin rouge pétillant autour.

J’ai lu, un peu et j’ai aimé renouer avec ma passion que j’avais abandonné depuis quelques années.

J’ai tenu tête à Super Directrice, devant toute l’équipe et pour la première fois en 12 ans, je lui ai cloué le bec, puissamment (en transpirant grave et en devenant toute rouge). J’en ai retiré une certaine fierté.

J’ai stoppé la méditation et le pilates. Je n’en retire aucune fierté 😦

J’ai eu un besoin réel de me couper du monde, de mettre loin les informations en tout genre plus déprimantes qu’autre chose.

Nous avons décidé d’acheter une maison, puis avons changé d’avis dès la semaine suivante. Le changement de nid n’est pas pour tout de suite. Nous sommes d’éternels grands enfants.

J’ai compris mon besoin de nature, de vrai, de pur.

Demain et pour trois semaines, ce sont les vacances.

Avant ma rentrée en octobre, dores et déjà très chargée.