Le post où il est interdit de se moquer

Je n’ai jamais voyagé seule.

Je m’explique.

Je suis toujours partie avec quelqu’un-e  ou bien, j’ai toujours rejoint quelqu’un-e. Mais seule, du départ jusqu’à l’arrivée, jamais.

Il se trouve (c’est là que ça devient drôle et que je t’INTERDIS de rire) que la dyscalculique que je suis (oui, je me cherche des excuses) ne sait pas non plus s’orienter dans l’espace. Il me faut pas moins de 2 GPS pour parvenir à peu près, et en m’y prenant plusieurs heures à l’avance, à bon port.

Pour couronner le tout, j’ai une peur panique des transports en commun (en dehors du train), que je ne prends pas ou peu seule.

La mobilité, globalement, me fait sortir violemment de ma zone de confort et provoque chez moi des réactions diverses et variées…

Cette année donc, et pour la première fois en 42 ans, je pars, à trois heures de chez moi, pour suivre une formation, et ce pendant trois jours. SEULE. Autant dire : une épreuve qui va me demander une énergie de dingue et qui me demande, un mois à l’avance, une vraie préparation psychologique.

Avec comme coach, mon Népou.

Clairement et sans vouloir critiquer ses nombreuses compétences, le Charmant où qu’il aille sait se repérer en deux temps trois mouvements : rues, ruelles, autoroutes… Il n’a peur de rien, il possède un GPS interne, qui me rend envieuse, voire très jalouse. Bref, il m’énerve.

Je l’avoue, je me repose entièrement sur lui et me laisse guider. GRAVE erreur, car depuis que nous cheminons ensemble, je n’ai jamais fait le moindre effort pour construire des parcours, dans nos déplacements et voyages. En même temps, ça l’arrange, car je l’énerve à lire des cartes (à l’envers), à mettre mon doigt en l’air pour connaitre le sens du vent, à tergiverser lorsqu’il faut prendre telle ou telle rue. Le pire pour lui, je crois, c’est mon incapacité (même avec une carte) à poser les points cardinaux. Une hérésie !

En clair, j’ai zéro autonomie.

Jusque là je n’en n’éprouvais aucune gêne, ni honte (enfin presque aucune).

Avec cet épisode qui s’impose à moi, c’est un peu différent, cela d’autant plus que je voyage pour des raisons professionnelles.

Me reste à lire dans la carte du ciel 😉

 

Attachement # Indéfectible

Est ce l’air du temps (morose), ma fatigue combinée à ma lassitude, les messages récurrents dont on m’abreuve au quotidien ?

Je ne sais pas mais j’ai envie d’affirmer ici, cachée derrière mon anonymat presque protecteur, que j’aime mon pays.

Ne soyez pas effrayé-es, je n’ai pas viré bleu marine, je n’ai aucun penchant nationaliste, je ne suis pas atteinte de chauvinisme aigu, non rien de tout cela.

C’est juste qu’à force d’entendre trop de choses qui m’écorchent les oreilles, j’ai besoin de l’écrire quelque part. Et le quelque part le plus adapté, c’est ici.

J’ai voyagé un peu. En Europe surtout, au Maghreb… Ces immersions, ces rencontres avec d’autres coutumes, ces confrontations diverses m’ont permis de mesurer tant les manques que les chances. Celles que nous avons nous ici.

J’aime ce pays et ses contrastes. Tous ses contrastes et ses aspérités. Géographiques, historiques, culturelles.

J’aime la France plurielle, sa diversité, ses couleurs, ses richesses. Aujourd’hui, les évènements tendent à cliver, se méfier, pourtant pour moi, cette France là est belle.

J’aime la France qui permet l’école pour tous. Une école sans doute imparfaite, en souffrance elle aussi, en doute, mais une école qui forme, se bat, pour un accès au savoir pour tous.

J’aime la France solidaire. Ses multiples associations, ses actions de grandes envergures, ses centres sociaux, ses institutions.

J’aime son système de santé qui nous permet de nous soigner, d’être pris en charge, de rencontrer de nombreux spécialistes qui soignent différentes pathologies.

J’aime les 3 mots affichés aux frontons des mairies, sa laïcité chère à mon cœur.

J’aime sa culture, ses musées, ses festivals, la pluralité de sa musique, son théâtre, ses artistes libres d’écrire, jouer, composer, critiquer, dessiner.

J’aime être une femme dans ce pays. J’y suis libre. Je peux m’habiller comme je veux, conduire, sortir…

Beaucoup de choses m’exaspèrent il est vrai, difficile de le nier surtout lorsque l’on fait un métier comme le mien où les situations de précarité nous prennent à la gorge. Je n’oublie pas ses débordements, ses exagérations, ses crises politiques, ses inégalités.

Il y a cette somme d’éléments insignifiants parfois mais essentiels à mes yeux.

Ces choses mises bout à bout qui disent l’attachement. Indéfectible.