Introspections

Les thérapies, les rencontres, les coups durs m’ont poussé loin dans l’introspection. Ma nature aussi. Depuis toujours, j’ai cette tendance naturelle au questionnement, à l’analyse.

Mes dernières lectures aussi, notamment en matière de psychogénéalogie, me font poser certains constats, m’invitent à faire des rapprochements et aussi des oppositions  :

– être élevée en nourrice par une nourrice qui elle même a été élevée par une nourrice

– choisir un homme absent tandis que la présence de mon père m’a toujours manquée, vouloir faire un enfant avec un homme qui habite loin, lors que la présence de mon père m’a toujours manquée : merveilleuse façon de me faire travailler ma peur de l’abandon

– travailler dans le social, comme maman, qui a cessé son activité lors de sa rencontre avec mon père. Son plus grand regret.

– avoir une addiction à la nourriture, comme mon père, comme sa mère avant nous

– avoir des grands mères « fertiles » qui ne voulaient pas d’enfants, une mère qui souhaitait une grande famille et qui n’a pas eu d’autres enfants que moi et moi…

– choisir un métier d’aide, d’accompagnement, alors que je me suis si souvent sentie seule

– déplorer la trop grande proximité familiale et avoir des difficultés à m’en affranchir

– choisir un taiseux, comme papa

– être colérique, possessive, de mauvaise foi comme la grand mère détestée et détester lui ressembler par ces aspects

– porter et revendiquer toutes les valeurs de la famille d’accueil et très peu me reconnaitre dans celles de ma famille

– avoir tant de mal avec le corps, dans une famille où personne ne s’est jamais écouté, n’a pris soin de son corps

– des maux d’estomac, des migraines, des problèmes de circulation, comme toutes les femmes de la famille

Des coïncidences et d’autres pas…

 

Gangnam style

Quand on est sur la corde, quand les larmes s’écoulent plus souvent à tort qu’à raison, quand on a envie de s’enfuir loin et seule, quand tout est source d’irritation, d’énervement voire de colère, c’est sans doute le signe.

J’ai mis plus d’un mois à trouver un psy (tu fais le lien avec le jeu de mot pourri du titre ?). Certains sont débordés, d’autres te gardent 15 minutes pour plus de 50 euros, d’autres encore te laissent t’échouer sur un divan sans te répondre (sais pas ce que c’est ça comme courant mais franchement !!!)…

Finalement, c’est elle que j’ai choisie.

D’abord parce qu’elle pouvait m’accompagner et que son cadre de travail de convient en terme de pratique : type d’échange, durée, tarif. Puis parce que son prénom est un appel au voyage et à l’Orient. Quitte à se voir toutes les semaines autant que ce choix repose sur des critères qui ne soient pas qu’objectifs.

Elle a un cabinet dépouillé, un immense bureau qui regorge de dossiers, de feuilles empilées. Dans la pièce , un meuble de salon, un canapé, des fauteuils, une table basse comme à la maison. Dans la salle d’attente de vieux magasines qui accusent 5 à 6 années d’ancienneté et qui tombent en lambeaux.

Des murs vierges, pas de tableau, pas de phrases de Freud nonchalamment exposées (comme j’ai déjà pu le voir ailleurs). Un lieu donc propice à la réflexion, à l’introspection, au voyage intérieur.

A la fin du premier rendez-vous, tu vas rire, lorsque je lui ai demandé quelle est son origine et qu’elle m’a répondu qu’elle est syrienne, je m’en suis voulu. Je m’en suis voulu d’aller l’emmerder avec les broutilles de ma vie alors que son peuple meurt dans l’indifférence générale. J’ai presque eu envie de la serrer contre moi, en signe de fraternité.

Quand je te dis que je suis un peu à l’est…