Chercher la procrastination

Les articles sur la procrastination fleurissent, de même que les billets de personnes qui mettent en place des « trucs » pour cesser de procrastiner.

Ce qui, je dois le dire, me laisse songeuse, sans pour autant le critiquer.

En effet, je n’ai qu’une envie : PROCRASTINER !!!

Prendre le temps, voire même le perdre, à se poser, à ne rien faire est devenu un réel besoin pour moi. J’ai besoin de vide, de moments de contemplation et bien sûr de méditation. Dans ma tête, il m’est nécessaire de laisser de la place pour me retrouver un peu, pour m’ennuyer si nécessaire, pour contempler la nature, pour faire une pause tout simplement dans un quotidien qui me dévore parfois.

Ce besoin de me retrouver avec moi est assez récent. J’ai vécu, en effet, des moments très anxiogènes de solitude, tandis que je les recherche fortement aujourd’hui. Rien n’est plus ressourçant pour moi que ces moments de silence, mes moments d’écriture, de lecture…. de paix intérieure.

Aujourd’hui, en recup’, je savoure chaque instant, qui me remplit littéralement et me rend heureuse (rassurez-vous, il ne fait pas le temps de la photo ;)).

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Revue de semaine

Lundi

Sitôt arrivée, je vais voir Vénérable Directrice pour l’informer que le salaire, négocié au moment de ma nouvelle prise de fonction, m’a finalement été refusé. En conséquence et comme j’en ai informé la RH, je quitte le poste que j’occupe depuis moins de 3 mois. Douche froide pour elle qui n’en savait rien (!), situation kafkaïenne pour moi.

Mardi

1er jour de congé de l’année.

Je virevolte dans la maison, je prends le temps, je savoure le soleil, la nature, j’écris, je médite. Tout ça dans le désordre. Pas très évident de me reconnecter à moi, après cette nouvelle épreuve. Mais au moins, je me repose.

Je reçois une jolie lettre d’une belle amie. Que j’aime recevoir des lettres ! A l’intérieur, ça sautille comme lorsque j’étais enfant. J’aime le beau papier, les mots choisis, la douceur, les nouvelles qu’on me donne. J’aime cette relation, aujourd’hui un peu désuète, un peu old school, à l’heure où on tweete et facebook plus vite que son ombre. Ça me fait du bien, ça me réchauffe le cœur, car à y regarder de plus près mon cercle amical est rachitique et ce constat n’est pas des plus agréable pour moi.

Mercredi

Nouvel entretien avec Vénérable Directrice qui a fait le point avec « plus haut ». Je suis, elle est estomaquée par les arguments qui sont avancés, malgré les promesses antérieures, c’est le statu quo. C’est donc le début d’un nouveau rapport de force qui s’engage pour faire valoir mes droits. Ce dont je me serai clairement passée.

Jeudi

Commencer la lecture de « Rien ne s’oppose à la nuit » de Delphine de Vigan. Ah l’écriture de Delphine de Vigan, la figure de la mère, de la grand mère. Son écriture est toujours aussi bouleversante, belle. Une histoire de famille captivante et pourtant douloureuse.

Vendredi

J’enchaine les RDV. Janvier est là et une fois les fêtes passées les personnes renouent avec une recherche d’emploi plus active, avec des attentes fortes pour « trouver vite ». Ce qui en l’état actuel du marché est compliqué…

Samedi

Nouvelle lettre envoyée par cousine préférée. Je suis doublement émue car elle n’écrit jamais. C’est drôle une relation qui change…

Dimanche

Elle est la matriarche discrète de notre drôle de famille. Chaque année, nous nous retrouvons autour d’elle pour son anniversaire. Les petits (devenus les plus grands) ont fait un effort pour se lever à des heures raisonnables. Les plus anciens se racontent les histoires d’un autre temps. C’est un moment suspendu. On se voit peu en dehors de ce moment, on se croise les uns les autres mais sans plus. Elle est heureuse. Elle aime avoir son monde autour d’elle, juste pour elle et on aime la voir rayonner. On sait bien, chacun dans le secret de notre cœur, que lorsqu’elle ne sera plus là, le plus tard possible, notre « famille » ne sera plus tout à fait la même…

Des lassitudes

Professionnelles pour commencer.

Nous sommes tous, à des niveaux différents, fatigués, irritables, sur la brèche. La fin d’année est loin d’être notre période préférée. Nous devons préparer nos bilans d’activité, nous projeter sur l’année à venir, accueillir des personnes qui vivent la période des fêtes de fin d’année dans la difficulté, voire un grand dénuement. Avec les années, j’ai le sentiment de ne plus accompagner mais d’être pressée par des impératifs financiers et des contraintes administratives toujours plus lourdes.

Alors que les écarts ne cessent de se creuser, je vis violemment le fait d’accompagner non plus des personnes en tant qu’individualité, en fonction d’un projet, mais en fonction d’un dispositif. Autant de critères ineptes et enfermants, si peu connectés à la notion d’humanité. Nous n’avons pas les moyens suffisants aujourd’hui pour faire face aux multiples crises auxquelles nous sommes confrontées et je m’en désole.

Familiales aussi.

Pour la troisième fois cette année, la mort est venue nous visiter. Nous nous y attendions, nous étions « préparés » (peut on l’être seulement ?), car selon l’expression consacrée, la maladie avait creusé son sillon.

Pour autant et à chaque fois, je suis ébranlée. Questionnée dans mes fondements, dans ma relation à la vie et à la mort, dans ma relation à l’autre. Comment j’investis mes relations, le chemin que je prends est-il le bon, est ce que je profite de chaque instant à sa juste valeur, où est le vrai… ? Des questions finalement très « judéo-chretiennes »… mais ce sont celles qui me taraudent aujourd’hui.

Et puis, tandis que cette épreuve devrait nous réunir, les antagonismes se révèlent, les anciennes querelles se ravivent. Chacun joue sa partition, à sa manière, comme on sait si bien le faire dans ma famille… C’est un spectacle que j’observe de l’extérieur, incrédule et avec une pointe de dégoût.

Individuelles enfin.

Mon corps ne peut plus avancer. Je suis épuisée, tous mes membres sont tendus à l’extrême.

Le nouvel ostéo m’a avertie, « votre corps n’est pas prêt pour une autre FIV »… Je suis prise en tenailles entre ce corps que je me dois d’écouter enfin et de respecter, et le temps qui file et qui de plus en plus nous éloigne de la perspective de pouvoir avoir un enfant. Je ne sais plus. Où j’en suis, ce que je veux. La saturation est partout. Je ne peux plus écouter, entendre, me lever, aller travailler.

Je ne rêve que d’une chose : m’extraire du quotidien, m’exiler pour deux ou trois semaines, ne plus rien entendre, ne plus être sollicitée. Un chalet, de la forêt, de la neige et la nature, quelques bouquins, un peu de ravitaillement (faut pas déconner) et un bon lit, voilà un cadre idéal. Pour me reconnecter, me retrouver, prendre du recul et prendre le temps. Prendre GRAND soin de moi finalement.

Encore quelques jours jusqu’à la fin d’année. J’espère que les mauvaises nouvelles s’arrêtent ici.