Jeudi 20

Je suis allée m’acheter une collection de légumes verts pour ma soupe du soir.

Je me suis offert des roses, de toutes les couleurs pour égayer mon salon. 9 roses éclatantes.

J’ai pris RDV avec une psy « fouillie », qui m’a paru très jeune (non je n’ai rien contre les jeunes), à suivre…

J’ai regardé de plus près ce qu’est le yoga kundalini (si vous pratiquez, je suis preneuse d’infos).

J’ai fait ma méditation de l’amour bienveillant.

Je suis allée balader ma truffe dans ma campagne teintée de couleurs chatoyantes.

J’ai récupéré des assiettes de ma grand-mère, entrée en maison de retraite et avec  laquelle je ne suis plus en contact depuis plus de 10 ans… Je me demande pourquoi je les ai prises et surtout si je pourrais manger dedans.

J’ai réfléchi au goûter que je lui préparerai demain, lui qui fait l’effort de venir jusqu’à moi. Ce que nous pourrons bien nous dire…

J’ai accueilli toutes les émotions et manifestations physiques qui me traversent, les larmes, les crises de panique. J’ai respiré fort, regardé, laissé filer.

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Ce que je peux faire pour moi

M’offrir 8 cours pour apprendre à méditer seule

Avoir le plaisir de regarder mon jardin même si rien ne pousse pour le moment

Passer mon après midi de RTT à la maison, toutes fenêtres ouvertes, écouter le chant des oiseaux, le bruit du ruisseau et me détendre

Aller me promener le soir après le travail, dans ma campagne pour décompresser

Faire du vélo d’appart’ après manger pour me reconnecter à moi

Reprendre RDV avec la psy

M’acheter de la peinture pour peindre mes galets, en attente depuis plusieurs mois

Me répéter chaque jour, que j’avance

Me pomponner tous les matins, de la couleur sur les yeux et la bouche pour me faire belle pour moi toute seule

Aimer la vie, envers et contre tout….

 

Gangnam style

Quand on est sur la corde, quand les larmes s’écoulent plus souvent à tort qu’à raison, quand on a envie de s’enfuir loin et seule, quand tout est source d’irritation, d’énervement voire de colère, c’est sans doute le signe.

J’ai mis plus d’un mois à trouver un psy (tu fais le lien avec le jeu de mot pourri du titre ?). Certains sont débordés, d’autres te gardent 15 minutes pour plus de 50 euros, d’autres encore te laissent t’échouer sur un divan sans te répondre (sais pas ce que c’est ça comme courant mais franchement !!!)…

Finalement, c’est elle que j’ai choisie.

D’abord parce qu’elle pouvait m’accompagner et que son cadre de travail de convient en terme de pratique : type d’échange, durée, tarif. Puis parce que son prénom est un appel au voyage et à l’Orient. Quitte à se voir toutes les semaines autant que ce choix repose sur des critères qui ne soient pas qu’objectifs.

Elle a un cabinet dépouillé, un immense bureau qui regorge de dossiers, de feuilles empilées. Dans la pièce , un meuble de salon, un canapé, des fauteuils, une table basse comme à la maison. Dans la salle d’attente de vieux magasines qui accusent 5 à 6 années d’ancienneté et qui tombent en lambeaux.

Des murs vierges, pas de tableau, pas de phrases de Freud nonchalamment exposées (comme j’ai déjà pu le voir ailleurs). Un lieu donc propice à la réflexion, à l’introspection, au voyage intérieur.

A la fin du premier rendez-vous, tu vas rire, lorsque je lui ai demandé quelle est son origine et qu’elle m’a répondu qu’elle est syrienne, je m’en suis voulu. Je m’en suis voulu d’aller l’emmerder avec les broutilles de ma vie alors que son peuple meurt dans l’indifférence générale. J’ai presque eu envie de la serrer contre moi, en signe de fraternité.

Quand je te dis que je suis un peu à l’est…