En suspension

Partir 4 heures avant l’heure, à cause de la grève, sous le soleil

Arrivée à Paris, dans la grisaille

Rentrer seule à la maison

Savourer le silence

Les 5 jours qui s’annoncent, une parenthèse pour nous retrouver

Tenter de mettre loin nos angoisses, nos questionnements, nos peurs multiples

Décider d’aller se promener sous la pluie, rire comme des baleines, comme des enfants

Aller voir une expo

En ressortir un peu émus, un peu troublés

Puis rentrer

Nous remettre dans le pas de nos habitudes, rassurantes

Dire les mots doux, retrouver le chemin des gestes tendres

Suspendre le temps

 

Le street art élevé au rang d’art majeur ?

Expo Keith Haring au 104

Expo Keith Haring au 104

Le street art élevé au rang d’étendard pour des causes politiques et humanitaires, tel était le projet du très engagé Keith Haring.

Il était habité par une force impérieuse qui le poussait à dessiner sans cesse. Sur des murs en pleine rue, sur toutes sortes de matériaux. Il n’avait de cesse de vouloir éveiller les consciences, de faire tomber les barrières, de rendre l’art accessible à tous, de le démocratiser.

Y est-il parvenu, c’est un vaste débat… Sans doute aura-t-il réconcilié les badauds avec cet art à part, sans doute lui aura-t-il fait acquérir ces lettres de noblesse.

Certaines de ses œuvres sont exposées au 104, l’exposition est complétée par d’autres œuvres montrées au Musée d’Art Moderne à Paris (faut-il se désespérer que toutes les « grandes » expos sont toujours à Paris ?!).

Keith Haring, Sans titre

Keith Haring, Sans titre

L’exposer au 104, c’est remettre l’artiste là où il a émergé : dans la rue.

Cet espace, investi par des jeunes et des créatifs de tout poil est un enchantement tant par la superficie que par l’énergie qui y circule.

Les œuvres grandeur nature sont exposées en intérieur et en extérieur. Elles sont magnifiquement mises en valeur. Partout le message est prégnant : tolérance, respect, acceptation de l’autre dans sa différence, dénonciation de la société de consommation. La couleur sublime l’œuvre, elle nous fait nous sentir petit, humble. Le point fort de Keith Haring est un dessin-langage qui ne souffre aucune contradiction ou interprétation hasardeuse.

Le message est clair, il va droit au but : au cœur de celui qui regarde et se laisse emporter.

Keith Haring, Sans titre

Keith Haring, Sans titre

Si vous êtes parisiens ou de passage : il faut y aller !

Précieux sésame

Octobre, j’ai 16 ans.

J’entame ma deuxième seconde. Je garde mes distances avec cette classe que je trouve « trop jeune ».

Cette année pourtant, côté profs j’ai de la chance.

Notamment en français.

Grâce à cette enseignante passionnée, j’ai le sentiment d’entrer en littérature. Je découvre des auteurs qui ne me quitteront jamais, parmi eux l’icône Duras, le subversif Sartre, l’immense Hemingway. Cette année et grâce à elle, j’ai le sentiment que mes écrits ont du sens, qu’ils sont valorisés.

En ce mois d’octobre, nous partons en « sortie » pour un musée situé en Suisse.

Le peintre exposé, que je ne connais pas, est un certain Edward Hopper.

De la peinture, je connais quelques mouvements. L’impressionnisme dont ma mère raffole, le pointillisme et des noms tels que Dali, Picasso, Monnet…

Et là, je découvre Hopper. Ce n’est pas une découverte mais plutôt une rencontre.  Un coup de cœur.

On me demande de choisir une œuvre et d’y entrer. Rien de plus facile. Je pourrais entrer dans chacune d’entre elles et faire mien leurs univers. Tout me parle, des atmosphères aux personnages. J’aime les lignes pures, je perçois la solitude des personnages, j’aimerai être plongée dans cette campagne, regarder à travers les baies vitrées, m’asseoir à ce comptoir de bar et faire un brin de causette avec cette femme blonde.

Les œuvres d’Hopper s’exposent à Paris, au Grand Palais et que j’ai décroché le fameux sésame, pour aller le voir à nouveau en décembre.

J’attends cette visite avec impatience, pour me reconnecter à ce délicieux moment et me régaler à nouveau de ses œuvres, comme une groupie…