La part de lui

J’ai hésité longtemps, mis un temps fou (3 ans) à quitter mon travail.

Je ne supportais plus le poids de l’administratif dans mon quotidien, le regard inquisiteur de l’institution, le cadre étrangleur, les politiques iniques en matière d’emploi et certains de mes collègues aussi.

Je suis une personne d’habitudes. J’aime le ronron. Les mêmes horaires, les mêmes procédures, les mêmes repères. L’enfant en moi a besoin de cette musique rassurante.

J’ai fait le saut (que dis-je un pas dans le vide) pour casser ce qui devenait pesant, presque aliénant.

Et voilà que je regrette. Pas tout non, mais ce qui faisait que j’aimais envers et contre tout mon métier, l’image qu’il me renvoyait de moi. La maîtrise des process, une forme d’expertise.

Aujourd’hui, revenir au statut de débutante me fait trébucher. J’ai mis tant de temps à trouver ma place, j’ai travaillé dur pour l’obtenir et j’y ai laissé beaucoup de moi… Faire des erreurs, douter, ne pas savoir me renvoie au pied des marches. Un sentiment douloureux et déstabilisant.

Je ne m’attendais pas à cela.

C’est comme un retour en arrière. L’inconfiance qui vient me brûler de l’intérieur.

En cela, je reconnais mon père… Cette part de lui me gêne, tout autant que la situation je crois…

Je ne m’aime pas dans ce nouveau travail. Je n’aime pas le service que je rends, la place que j’occupe et la manière dont je le fais. Ce n’est pas moi, ce n’est pas non plus ce que je souhaitais faire.

Je ne recrute pas, je ne réfléchis pas à la compétence, je ne professionnalise pas dans les services, « j’administrative ».

Continuer, c’est renoncer. Continuer, c’est sécuriser…