Je suis jalouse

Ça fait tout bizarre de l’écrire ici, comme ça.

Je ne suis pas une jalouse crasseuse, non une jalouse du « dimanche ».

Mon premier grand sujet de jalousie s’appelait Muriel, en primaire.

Tout était sujet à envie chez elle. Sa plastique, son succès auprès des autres enfants, sa maison, ses parents, leur voiture (déjà !). Muriel était plutôt très moyenne à l’école mais très brillante rayon popularité. Il faut dire qu’elle débarquait de la ville, tandis que nous étions (enfin moi)  encore  très « campagne ». Muriel avait un walkman, écoutait The Cure, Telephone et Dire Straits alors que je sortais juste de Dorothée. Ses parents avaient des loisirs (le tennis), partaient en vacances à la mer, allaient à des concerts avec leurs filles, étaient (selon moi) hypers branchés. Elle avait les oreilles percées, se mettait du gloss à la fraise, organisait des boums, tenaient des garçons par la main et avant de passer en 6ème, avait déjà flirté avec Cédric et Julien (que je n’aimais pas). Bref, j’étais jalouse de Muriel…

Ensuite, j’ai été jalouse des filles qui entraient dans du 40, avec des cheveux bouclés et un corps de rêve (encore !). Un détail.

Est arrivée Suzanne, j’avais 25 ans. Elle avait son appartement, faisait de l’animation, était drôle, joyeuse, sportive, brillante. Je l’ai eu dans le pif dès que je l’ai rencontrée. Elle était la xième petite amie du collègue dont j’étais gravement amoureuse. Il a été très amoureux un certain temps, il a souhaité qu’elle et moi devenions amies, jusqu’à ce qu’il la laisse (rapidement) car il en pinçait pour moi….

Plus tard, il y eut  C., la libre-amie de mon Népou. Je l’ai détestée immédiatement , sans la connaitre (et je n’avais pas tout à fait tort). Une artiste bohème, libre dans son corps, son cœur et son esprit…

Puis et par un triste concours de circonstance, je me suis retrouvée temporairement en position d’être jalouse de femmes enceintes puis de mères de famille.

Aujourd’hui, je suis toujours jalouse de grandes femmes brunes, aux cheveux bouclés, qui entrent dans du 40. Des femmes épanouies, qui font du sport, se nourrissent de graines au déjeuner, sont drôles, brillantes et ont une vie sociale débordante.

Je prends le parti d’en rire, cela fait partie de ma résolution 1 : « se traiter avec bienveillance ».

J’accueille l’enfant en moi qui n’a pas confiance, qui tâtonne, qui a peur…

 

Les copains d’un autre temps

Je me retrouve fortuitement (?) sur le site et découvre que j’ai toujours un compte.

Horreur.

Je déteste la notion de réseau social, de près ou de loin.

Je ne me rappelle plus quand je l’ai ouvert, ni pourquoi mais c’était il y a très looooogtemps.

Bref.

J’y suis, j’ai quelques invitations en attente. Et là contre toute attente et à mon corps défendant, je me retrouve catapultée dans le passé.  Ce passé là, je ne l’aime pas. Tout cela est derrière moi, bien rangé dans des boites avec des noms dessus.

Mais bizarrement, revoir certains visages, lire où ils en sont me fait mal.

C’est peut être de la jalousie, peut être le fait que les choses ne sont pas aussi bien rangées que cela, peut être que je ne m’assume pas.

J’ai clôturé le compte, en espérant mettre définitivement un trait sur ces années pour passer à autre chose et enfin assumer. Les réussites visibles et les autres, les échecs cuisants et relatifs.

Bref, accepter d’être moi.

 

 

Le voile de poison

J’ai mangé la glace.

Toute la glace (lire une TRÈS GRANDE quantité de glace).

A cause d’une remarque presque anodine.

Relative à l’ex.

La sienne.

Et l’air de rien en quelque seconde la gangrène de la jalousie a tracé son sillon.

Je me pensais guérie.

Bah non.

Lorsque je ne m’aime pas (soit 360 jours / 365), certains sujets m’atteignent.

Particulièrement celui ci.

Je n’arrive pas à faire avec sa vie d’avant. Sa vie amoureuse et sexuelle pour être tout à fait claire. La peur de ne pas être suffisamment désirée, la peur de ne pas le « satisfaire », la peur qu’on me laisse encore et toujours.

L’ex. lumineuse, solaire, créatrice, libérée. Soit mon exacte opposée.

Notre histoire n’a pas été des plus simples au commencement et il me semblait qu’elle occupait tout l’espace… J’ai eu peine à trouver ma place et à la prendre.

Alors reparler d’elle, c’était comme souffler sur des braises qui n’étaient pas éteintes.