Fille d’automne

La fraicheur est revenue et avec elle la « liste de mes envies ».

J’ai le sentiment de revivre. Pouvoir profiter à nouveau des extérieurs, me balader dans ma campagne et surtout m’occuper de ma maison que j’ai laissé en friche tout l’été.

Cet été, j’ai le sentiment d’avoir vécu dans une grotte. Enfermée, les fenêtres ouvertes en soirée seulement, peu de sorties, peu de loisirs, beaucoup de retranchements et de renoncements aussi.

J’ai retrouvé une énergie.

Celle de redonner « visage humain » à mon antre. J’ai rangé, frotté, fait brillé et j’en ai ressenti une immense satisfaction intérieure, un soulagement. Rendre belle ma maison, me permet de ranger mon propre intérieur, prendre de la distance, me sentir soulagée.

Et puis, plus je vieillis je crois et plus je ressens le besoin physique de nature. Toucher les arbres, être en forêt, me retrouver dans une végétation verdoyante et luxuriante sont des essentiels à mon équilibre. Sortir le matin tôt ou en revenant du travail sont des SAS indispensables à un quotidien qui me devient de plus en plus pesant.

Me projeter, notamment par rapport à ma maison, réfléchir à ce que je vais faire de cette horrible cuisine, embellir mon cadre de vie, me réveille un peu.

Au fond, je suis de l’automne et du printemps aussi…

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Today

Être réveillée à 5 h 30

Décider de me lever à 6 h et petit-déjeuner

Ronchouiller contre la température, 27° à l’intérieur

Déjà, je n’ai envie de rien alors que j’ai tant à faire à la maison

Me recoucher à 7 h et  être réveillée par l’affreux animal du voisin

Décider de ne rien faire aujourd’hui

Lire sous la tonnelle sans arriver à me plonger dans le livre qu’elle m’a offert, sur l’adoption

Penser toute la matinée aux mots que j’ai besoin de poser, envahissants, tonitruants

Déjeuner avec mes parents. Se désoler ensemble que les couples des cousins, qui se sont aimés au sortir de l’adolescence se soient tous fracassés à la grande barrière de la quarantaine

Penser à ma jolie, embarrassée par son papa bipolaire

Grignoter toute l’après midi, penser qu’il me faudrait une lobotomie pour m’extraire de ça

Larver devant des conneries à la TV puis devant facebook (demain j’arrête)

Attendre les sms de mon Népou qui lutte depuis une semaine jour et nuit contre un virus asiatique avec sa cellule de crise

Contempler mon antre, horrible fouillis, débordant d’inutilités exacte image de ce qui bouillonne dans ma tête

Puis la pluie enfin et l’apaisement…

 

Commencer vraiment l’année

La maison s’est vidée.

De la famille puis des amis.

Et pour terminer, de la présence de Namoureux et de toutes les petites affaires qu’il laisse trainer dans la maison…

J’aime savoir que la maison va résonner de rires, de bruit, de vie, au fur et à mesure qu’elle se remplit.

J’aime aussi retrouver le silence, renouer avec mes petits rituels, mes nombreuses habitudes.

Investir à nouveau mon antre, en prendre soin, tranquillement.

J’ai besoin du silence pour faire le vide et appréhender ma « rentrée », car mon année professionnelle s’est terminée avec un moment dur, un haussement de voix, des menaces feutrées. Le tout m’ayant laissée quelque peu amère.

C’est comme si le calme, la paix ne pouvaient jamais exister vraiment (ou si brièvement) et qu’il fallait toujours mener des luttes : pour faire valoir ses droits, être reconnue, entendue, légitimée (entre autre chose…).

Je dois puiser dans mes forces pour commencer cette année sur de nouvelles bases, reprendre confiance, trouver une nouvelle énergie. Je pensais avoir franchis des caps mais il y a visiblement toujours quelque chose qui me fais faire un pas en arrière. Douloureusement.

Que le monde de l’emploi est étrange et déroutant, violent dans les rapports que les êtres instaurent entre eux. Des luttes pouvoir pour prendre le dessus sur l’autre, des luttes dont personne ne sort jamais grandi.

Savoureux week-end

Dans le tourbillon qui est le mien en cette fin d’année, j’ai le sentiment de ne plus m’appartenir.

Tout va vite tout le temps, je n’ai plus, malgré un temps de travail de 30 heures / semaine, un espace suffisant pour moi. Me poser, lire, écrire… toutes ces choses qui me nourrissent. Notre société, je crois, génère trop de bruit. Un bruit superficiel et nocif, un bruit dans lequel je ne me reconnais pas et qui me perd.

Aussi, me retrouver dans une relative solitude et dans le silence ce week end m’a procuré du bonheur et une certaine paix intérieure.

Je me suis d’abord occupée de ma maison laissée en friche depuis plus d’un mois. Tout s’est accumulé, poussière, fringues, documents administratifs. J’aime infiniment prendre soin de mon nid. J’aime quand tout est propre, bien rangé, quand ça brille et sent le propre. C’est drôle, parce qu’enfant, j’étais désespérée de voir ma mère briquer, d’être si attentive à notre intérieur, ce qui pour moi était une perte de temps. Je me disais que plus tard, lorsque je serais grande, j’aurais les moyens d’avoir quelqu’un pour le faire à ma place. J’en rêve encore parfois, il est vrai, mais j’aime m’investir pour mon intérieur. Je me sens bien lorsque je sais mes placards rangés, les choses à leur juste place. J’en tire un vrai plaisir, certes temporaire mais réel.

J’ai réceptionné dans la matinée un nouveau canapé. Un vrai canapé d’adulte, qui donne à notre salon une physionomie nouvelle et douce. Je dis adulte car jusque là, je ne possédais que des meubles achetés lorsque j’étais étudiante, certains d’occasion. Ce qui donnait un intérieur disparate, sans trop de caractère ni d’harmonie. Ainsi, après le lit nous voilà les heureux proprios d’un canapé MAGNIFIQUE. C’est con et drôle à la fois ce sentiment de s’acheminer vers autre chose, un tournant dans mes goûts et aussi, d’une certaine manière dans ma vie. Cette nouveauté me met en joie, comme une enfant avec un nouveau jouet.

J’ai écrit, colorié des mandalas, fait des découpages en vu de mes collages. C’est ça le temps pour moi, pour mes bidouillages, pour mes RDV avec moi (avec l’artiste comme le dit Julia). Un temps qui m’est nécessaire, notamment pour écrire. L’écriture ma meilleure amie, ma béquille de toujours, un besoin physique, de l’ordre du vital. Modestement, tranquillement, juste pour moi.

Trainer. Voilà plusieurs mois que je ne traine plus. Trainer à la table du petit déjeuner, sur le divan avec plusieurs revues de filles, au lit, dans la salle de bain. Trainer et tout laisser derrière soi.

J’aimerais que pour la semaine à venir, tout soit aussi savoureux…