Tout ce temps ici

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai écrit. Des historiettes, des nouvelles. L’écriture a été, est, ma meilleure amie, mon remède absolu, un besoin physique.

J’ai nourri le secret espoir d’écrire un livre sur les femmes de ma famille. Tout était prêt dans ma tête. Il aurait été question d’immigration (mon arrière-grand mère italienne), de féminité (si peu présente chez toutes, des arrières grands mères, en passant par les grands mères et les tantes, sans oublier ma propre mère), et bien sûr de maternité. Un point central et néanmoins épineux dans ma famille.

Mais je me suis rapidement rendue à l’évidence que je n’ai pas de talent, ni même la patience suffisante de me jeter dans un tel projet.

Alors, le titre chéri que je voulais donner à ce livre, je l’ai donné à mon précédent blog. La Femme floue. J’ai ouvert ce blog lorsque nous avons commencé notre parcours PMA avec mon Népou, afin d’y relater nos premiers pas, pour partager et aussi déposer tout ce que cela représentait pour moi. Une période longue et douloureuse, faite de deuils, de renoncements mais aussi et surtout d’amour. Impossible néanmoins de continuer avec lui.

Impossible de me relire, de remonter le fil de ce chemin parcouru. J’ai donc fermé ce blog pour venir m’installer ici.

C’était il y a 5 ans, c’était hier.

J’aime cet espace où je peux être moi sans filtre, où je peux laisser jaillir les mots, explorer des recoins ; déposer sans craintes, mes ressentis, mes doutes, mes espoirs aussi. Je crois pouvoir dire que l’écriture est ma thérapie. Une thérapie, certes partagée mais le moyen rêvé pour mettre en mots et me faire avancer et réfléchir. Un moyen de me recentrer alors que mon quotidien (professionnel) est tourné vers l’écoute de l’autre. Une fenêtre sur moi…

Parfois, je m’éloigne mais je reviens toujours avec le même plaisir et la même énergie. Grâce à cet outil, j’ai ouvert des portes et j’en ai fermé quelques autres.

Certes, les pratiques ont beaucoup changé, on ne partage plus de la même manière avec nos « lecteurs », mais peu m’importe. Je prends toutes les bonnes choses que me réserve ce lieu aimé.

 

 

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L’Open space

Depuis un an, j’ai la joie de travailler en open space low cost. Je m’explique : nous sommes trois dans un petit espace, avec un peu de lumière, beaucoup de passage et peu d’intimité (de fait).

Qui a eu cette idée folle ? Je ne sais pas mais si je l’avais en face de moi, je le dézinguerai. De même que si j’avais su, je n’aurais pas signé.

Vraiment.

Alors quand j’entends que certaines entreprises lancent un concept encore plus fou, pour soi disant créer de l’émulation et rapprocher les équipes, à savoir avoir moins de bureaux que de personnels ; je m’étouffe. Tous les matins, c’est la course avec ta pile de dossiers sous le bras, ainsi que ton matériel de bureau (dont pc), les plus malins (lorsqu’ils le peuvent et non pas 45 min minimum de transports aller puis retour), arrivent tôt, les autres font ce qu’ils peuvent… Certains sont partis, les plus jeunes et résistants trouvent ça fun, les autres subissent… Vive les sans bureaux fixes !

Cette manière de toujours vouloir gagner, du temps, de l’espace, de l’argent, au détriment de l’humain me laisse pensive et amère. D’autant plus amère que nous sommes bassinés par le méga concept d’AQVT (amélioration de la qualité de vie au travail).

De quoi mon employeur a-t-il peur ? Que je me relâche, que je ne fasse pas mon travail, que je le vole ????

L’open space me stresse, cela d’autant plus que j’ai des difficultés d’audition, que je crains le bruit mais aussi la chaleur… J’ai développé des qualités de patience, certes, d’écoute aussi et à contrario, je suis plus vite fatiguée, plus vite perturbée par mon environnement.

Que mon employeur ne souhaite pas garantir la confidentialité à laquelle j’ai droit, au moins qu’il la garantisse pour toutes les personnes que j’ai la charge d’accueillir !

Où est la confiance, que fait-on de mon professionnalisme ? Dilués dans un souci de productivité sans doute…

Je ne resterai pas. Pour un certain nombre de raisons, dont celle ci majeure à mon sens.

Le travail, sa valeur sont dévoyés et de fait, mon action avec eux.