J’ai pleuré

Parce que je suis épuisée que mon corps ne suit plus ;

Parce que ma mâchoire, à mesure que le temps avance, me fait incroyablement souffrir ;

Parce que au quotidien, je me sens dans une énergie qui avoisine les 10000 volts et que ça ne va pas durer ;

Parce que je me retrouve encore dans une boucle infernale. Une boucle professionnelle, douloureuse. Et je me demande bien pourquoi ;

Parce que OK, c’est bon, j’ai compris les messages que m’envoient l’univers ;

Parce que merde, ce ne peut pas être ça la vie…

 

Tardive apparition

Il m’est apparu (un peu tardivement) que je n’étais plus faite pour le travail.

Tout ce gâchis : j’entends des talents, des compétences qui restent sur le carreau, des patrons sourds aux demandes (à part à la SNCF plus personne n’est en mesure de revendiquer aujourd’hui) des salariés, des milliers d’offres qui restent non pourvues, des milliers d’euros mis dans des formations qui ne servent à rien… lasse, je me dis qu’il serait bon que je laisse la place à plus motivé-e que moi. Je ne le suis plus.

Surtout, je m’affranchis (enfin !) de la culture travail transmise par mes parents. Ponctualité, sourire, exécution des tâches sans rechigner, arrêt maladie seulement si on frôle la mort, zéro contestation ou opposition parce-que le patron a le droit de vie ou de mort sur toi (j’exagère à peine) et surtout, surtout, se faire bien voir par TOUT LE MONDE. J’en ai soupé de ça aussi.

Longtemps, j’ai été revancharde. Fille de parents qui ont le certificat d’études, il me fallait « réussir », avoir un emploi stable et ne surtout pas, comme eux, faire mes 40 heures par semaine pour un salaire de misère. Le travail a été mon obsession longtemps. Je vivais par et pour lui. Faire social a été ma mission. Celle qui donnait un sens à ma vie, celle qui me donnait un rôle social « important » à mes yeux. Erreur. J’ai tenté,comme j’ai pu, avec quelques moyens et au prix d’une énergie folle, de ramener vers l’emploi femmes et hommes souvent blessés et déconsidérés par la société.

Et puis, je ne savais pas vivre avec moi. Les instants « off » étaient une torture. Il y avait bien la lecture, les balades, quelques sorties mais ça ne me remplissait pas. Le travail oui. Il m’a fait prendre pas mal de kilos et me délester de mon énergie vitale aussi.

Aujourd’hui, je vis bien avec moi. J’aime ne rien faire, je me délecte de la contemplation : des arbres, des oiseaux, de mes montagnes, des fleurs, de la pluie. Rester plusieurs heures à lire ne me fait pas culpabiliser, de même que je ne me sens plus perdue face au silence. Plus je vieillis et mieux je vis en ma présence. Je ne me sors plus par les yeux. J’ai testé le collage un temps, puis la peinture de galets, je me suis mise au jardinage, je ne quitte plus mon appareil photo. L’écriture quant à elle, reste et restera ma béquille, ma plus fidèle compagne. Toutes ces petites choses mises bout à bout me font toucher du doigt qui je suis.

Un beau bureau, une mission éclatante, une mallette chic de maitresse d’école, des réunions… tout ça ne me fait plus rêver.  Je ne sais pas si je m’en fous mais je n’en suis pas loin. Il faut dire que mon emploi actuel est loin de répondre à mes attentes. Je ne lui ai pas encore donné mes couleurs, je l’occupe avec difficultés et de manière très extérieure. Je m’implique au minimum.

« L’autre » m’a épuisée ou plus exactement, je me suis laissée épuiser par lui.

La vie m’a rattrapée. Il faut se dépêcher de la vivre. Surtout maintenant…

Pourtant, il y a toujours chez moi ces soubresauts. Lorsque je dois animer une information collective ; les mots compétences et parcours professionnel ou encore formation tout au long de la vie (glurps) me font tendre l’oreille et me mettre au garde à vous. J’aime ça, je suis faite de ça : l’accompagnement de l’autre vers lui même, une part de lui en tout cas.

Peut être que c’est à mon tour maintenant….

052

Petits pas

2 semaines

Encore, avant d’être en vacances, avant de m’extraire du quotidien.

L’été est passé si vite, aucun temps mort professionnel, des nuits agitées, un temps harassant qui n’a pas permis le repos, le sport mis entre parenthèse, les émotions parfois trop fortes qui m’ont fait replonger tête la première dans la nourriture.

J’ai besoin de dormir, besoin de ralentir le pas, besoin de prendre le temps, besoin de ne plus voir toutes les personnes qui gravitent autour de moi, besoin de grand air, d’espace, de silence, de paix.

Me reconnecter à moi, retrouver une énergie amoindrie, prendre du recul pour aborder une fin d’année chargée avec sérénité.

Mon obsession du moment, c’est la bienveillance (à mon égard), c’est d’être en cohérence, dans mes paroles et dans mes actes.

Une discipline en somme, pas toujours aisée…

Anicroche

Je ne me souviens plus très bien quand j’ai fait un pas de côté.

Lorsque certaines collègues m’ont reproché de n’avoir pas été invitées à notre mariage ?

Lorsque remise en cause par un partenaire j’ai demandé un soutien franc et massif de mon équipe et qu’il n’est arrivé que par une personne, les autres restant totalement muets ou se manifestants lorsque l’orage était passé ?

Les relations s’effilochent depuis quelques mois déjà.

Nous ne partageons plus la même manière d’envisager notre métier. La tiédeur de certains me révulse, notre manière de nous conformer en supportant toujours plus de la part des institutions, incapables de se connecter au terrain m’épuise chaque jour un peu plus.

J’ai souvent eu des périodes down. Elles alternaient immédiatement par une nouvelle énergie, le sentiment prégnant que j’apprenais encore.

Si on ne fait jamais le tour de l’humain, aujourd’hui j’ai la sensation de connaitre mon métier, sa pratique sur le bout des doigts.

Mon métier, lentement, est devenu alimentaire, certains enjeux me glissent sur le cuir, les projets à venir m’indiffèrent.

Ma seule obsession demeure dans l’autonomisation de mes candidats (faute de trouver des offres), dans la confiance et l’énergie que je me dois de leur insuffler.

Mes collègues, véritables compagnons, soutiens depuis 12 ans, ne sont plus que des collègues de bureau.

Lentement les cordons se coupent…