Prendre de ci de là

Le silence de la pièce, après que tout le monde ait pris son café, dans un joyeux brouhaha ;

Un sourire dans le couloir, un « comment ça va » qui sonne comme une vraie question et non pas comme une interjection lancée à la volée ;

Un repas au cours duquel on se confie, on fait le point sur ce qui va (très bien pour elle) et ce qui ne va pas (pour moi) ; nos projets, nos aspirations, nos espoirs déçus, les hommes (une récurrence) ;

Dessiner ensemble notre demain, séparément mais avec ce qui nous fonde : l’autre.

Fouler le tapis de feuilles qui crissent un peu sous les chaussures. Prendre ce temps pour respirer profondément, avant d’y retourner.

Participer à ce « temps convivial », nouveau moment obligé pour faire croire que nous sommes un tout. Prendre la décision pour moi, de savourer ce café, puis m’en aller.

Avant la fin de la journée, prendre du temps avec collègue désormais préférée, pour faire le point. Tranquillement.

Traverser le parking et observer le ballet des feuilles qui s’offre en spectacle au dessus de ma tête.

Prendre, un peu, de ci de là…

Que la campagne est belle

Passer la soirée « à la ville ».

Se balader dans LE parc, saturé de poussière, avec des personnes qui courent dans tous les sens. Jolies baskets qui flashent, casques sur les oreilles, portables sur le bras, bracelets connectés aux poignets.

Sans cesse, le bruit de la ville. Voitures, motos, sons divers… Impossible pour mon esprit (agité) de se poser.

Dormir dans un  immeuble entouré de routes hyper passantes.

Être dérangée par des « promeneurs du soir » qui parlent sous les fenêtres à des heures indues, sans chuchoter.

Mal dormir car il est impossible d’ouvrir la fenêtre.

Être réveillée par le ramassage des poubelles à 6 H 30.

Que la ville est moche ! Stressante à souhait, étouffante, enfermante. Je ressens, et de plus en plus, une certaine violence en ville.

Je ne suis évidemment pas objective mais, comme il est bon de vivre à la campagne (même si elle ressemble de moins en moins à la campagne) !

Pouvoir respirer le bon air, savoir ce que le silence de la nature signifie, pouvoir toucher et serrer des arbres en bonne santé. Quelle chance de se sentir complètement connectée aux éléments. Poser son regard sur du beau, du coloré, du qui semble vivant.

Je ne comprends pas certains choix architecturaux d’abord, politique ensuite en matière de gestion des ressources. Il me semble qu’il y a urgence. Urgence à respecter et préserver les ressources que nous avons (encore un peu) à disposition.

Je me sens libre, à ma place, à la campagne et plus encore au creux de mes montagnes. Je me sens connectée à l’essentiel. Est-ce parce que j’ai la chance de vivre là, est-ce parce je m’intéresse un peu plus à l’écologie, à la préservation de nos patrimoines, est-ce parce que j’ai eu la chance de voyager à l’étranger dans des espaces sauvages et relativement protégés ?

Par ailleurs, j’ai vu le film Demain qui m’a particulièrement interpellée. Il y a tant à faire, à tant de niveaux pour que nous ayons tous la chance de vivre mieux, dans des espaces mieux gérés. Je me sens en responsabilité, un devoir de conscience peut être, pour apporter ma pierre à l’édifice.

2016-08-04-18-51-37