Last Year

Nous nous sommes levés tard.

Nous avons allumé nos portables et l’un comme l’autre avons lu les messages reçus en cascade. Est ce que nous étions sortis la veille ? Est ce que nous allions bien ? Est ce que nous comptions rester dans la capitale ? Nous n’avons pas compris tout de suite. Alors nous avons allumé la TV et dans la foulée, mon beau-père appelait inquiet que nous n’ayons pas pris la peine de le rassurer.

Il y a un an, nous venions de nous marier et flottait encore autour de nous ce parfum de joie, ce bonheur simple.

Il y a un an, j’avais un entretien pour un nouveau travail. Je croisais les doigts pour être prise, pétrie néanmoins de doutes et d’une peur sourde.

Il y a un an, mon beau père était encore parmi nous, mes parents n’étaient pas encore entrés dans le cercle infernal des opérations et des résidences forcées dans les hôpitaux.

Il y a un an, V. n’était pas encore atteinte de son cancer.

Il y a un an, nous n’avions pas eu cette terrible dispute qui m’a fait prendre conscience, plus que jamais, que tout est ténu, fragile.

Il y a un an, la vie a décidé de nous épargner, nous et nos proches, nos aimés.

Il y a un an notre monde avait commencé à vaciller, mais depuis lors il ne cesse d’être ébranlé. Il y a comme un avant et un après. Des pouvoirs qui s’entrechoquent, des valeurs qui volent en éclats, des colères qui grondent, des contre-pouvoirs, des informations tronquées…

Il y a un an, je voyais la vie d’une certaine façon. Simpliste peut être, différente d’aujourd’hui en tout cas.  Aujourd’hui tout est plus précieux, plus savoureux, plus doux, plus beau, plus fragile aussi. Plus urgent.

Oui depuis un an, tout est infiniment plus urgent…

Des colères

Sur une invitation de l’inspirante Christie

Ce qui me met en colère :

– la politique du gouvernement actuel

– ma dyscalculie

– les personnes qui ne viennent jamais commenter chez moi alors que je vais SOUVENT commenter chez elles

– mon incapacité à aller à la piscine

– les réunions dans lesquelles on ne prend pas de décisions

– la neige en ville

– les photos des enfants mises sur facebook, sur les blogs à tirelarigot (les enfants ont AUSSI droit au respect de leur image)

– les fêtes de Noël

– mon hyperphagie

– mon absence de sens pratique

– la détresse qui s’exprime dans mon bureau

– ma mère lorsqu’elle ne m’écoute pas

– mon Namoureux quand il ronfle

– les gens qui te klaxonnent parce que tu ne démarres pas assez vite au feu

– les personnes qui mangent du pop corn au cinéma la bouche ouverte

– les filles qui font du 36 et qui ont l’air heureuses en plus !