Je vote

Je vote

Lorsque je choisis la composition de mon repas au petit déjeuner, au déjeuner et au diner.

Dans les produits de 1ere nécessité que j’achète, en choisissant le lieu d’achat, en regardant la provenance, les moyens de fabrication, les heures de vol au compteur, le prix final.

Lorsque je me vêts, me chausse.

Dans les produits que j’achète pour me maquiller.

Dans le choix de mes déplacements : voiture essence, train, transports en commun.

Lorsque je pars en vacances, en France, en Europe, sur un autre continent.

Dans le choix de mes lectures, des quotidiens que j’achète.

Dans la manière de me soigner.

Dans mes activités, mes hobbys.

Dans les lieux que je visite, que je « fréquente ».

Dans le choix de mon métier et le lieu où je l’exerce.

La France fait battre mon cœur et j’ai la volonté qu’elle avance, progresse, grandisse, se répare.  Je pense qu’elle en a la force et qu’unis nous y parviendrons. Je ne tiens pas à ce que l’on parle en mon nom, je ne suis pas insoumise, ni tout à fait en marche…

 

Histoires de vie

J’aime toujours autant ça.

Les écouter parler d’eux, de leur parcours professionnels, de leur histoire de vie au boulot.

Les termes techniques, les compétences, viennent caresser mes oreilles.

J’aime les belles histoires racontées avec passion. Celles qui s’enchaînent joliment, les autres plus chaotiques, celles encore à rebondissements où tout n’est pas linéaire.

J’aime quand les mains s’animent et que les yeux pétillent. Ils sont synonymes du sens.

Du sens donné à son travail, à ses gestes, à ses décisions, à ses choix.

J’aime quand ça questionne, quand ça frotte, que c’est « rugueux ».

Je suis toujours étonnée des compétences, nombreuses, si peu conscientisées parfois, si mal présentées souvent, du manque de fierté à réaliser, à être.

Et puis j’aime les surprises. Un Cv banal et une personne qui donne à voir d’elle le meilleur, dans des mots simples, choisis, justes. Ou au contraire, un CV et une lettre hyper prometteurs et une personne mollassonne, triste, qui ne donne pas envie d’aller au bout de la découverte.

Malgré les difficultés, la violence du quotidien, la fatigue, le trop plein, il me restera toujours ça, je le sais : la curiosité de l’autre.

 

La culpabilité

Nous cheminons depuis de nombreuses années.

Avec la culpabilité.

L’émotion préférée de notre société judéo-chrétienne, l’émotion phare dans ma famille. Un truc qu’on se traine comme un immense boulet et dont j’ai hérité, non sans enthousiasme (quitte à se transmettre des trucs, autant que ce soit bien lourd).

Ma culpabilité a un nom et un visage : burn-in doublé d’un herpès géant. Je recommande.

En allant voir le médecin avec ma gueule d’éléphant man, j’ai espéré secrètement qu’il m’arrête. Un arrêt de quelques jours pour reposer mon corps en pilotage automatique depuis quelques mois, fatigué, tendu, allez je vais le dire, à bout. Lorsqu’il a pris ma tension, vérifié mon état psychique (pas topissime) il a convenu que la meilleure chose à faire en la circonstance, c’était l’arrêt.

Et là patatras. La dame n’assume plus. Le démon posé sur mon épaule droite (le démon est toujours à droite chez moi….) a sorti sa fourche et ses vociférations. Du genre : « tu devrais avoir honte, tu ne bosses pas à la chaine non plus, pense à tes parents (qui ne se sont jamais arrêtés), pense à tes collègues, et le trou de la sécu ?!!! »

Pas hyper constructif.

La culpabilité sert à masquer la réalité.

La réalité de la dépression ancrée, qui fait son retour quelques mois seulement après l’arrêt des médicaments, une dépression tue pour ne pas alerter le Népou, ne pas soucier mes parents. Une dépression dont je ne sors pas, dont je n’arrive pas à parler, que je ne peux pas partager. Je tourne en rond, merveilleusement, avec brio. Je suis dans le mur, j’en ai la certitude mais je suis incapable de sortir du cercle infernal. Faire des choix, prendre des décisions assumées…. je n’y suis pas.

Invariablement, je reviens à mon point de départ. Pourquoi ? Je me sens prête à comprendre.

2016-07-13-19-04-19

Tendances

Il y a chez moi cette tendance naturelle à être rattrapée par mes démons.

Ils courent toujours plus vite que moi.

Je vais bien, plutôt très bien, si ce n’est toujours ce besoin de manger-manger-manger… qui bien sûr est le signe.

Le signe que la secousse n’est pas loin. Tout à coup, tout s’écroule à l’intérieur, dans un grand fracas.

Je ne me sens pas à ma place, la mélancolie fait des ravages, j’ai envie de pleurer, crier et m’enfuir, loin.

J’ai besoin de soleil, de nature, de silence, de ne rien faire. J’ai besoin de me retrouver.

Car, je le sens, chaque jour m’éloigne un peu plus de moi. De mes envies (bien minces à l’heure qu’il est), de mes besoins.

Par ce travail, un immense désenchantement, dans lequel je ne me sens pas utile, pas à ma place.

Ma vie qui ressemble à de « l’obligé », à de la contrainte. Contrainte d’aller travailler pour gagner sa vie, pour avoir un statut social, pour rassurer l’entourage. Contrainte de faire comme si.

Rien dans ma vie aujourd’hui ne me ressemble. Je me demande ce qui m’a conduit là et comment j’y suis arrivée. Il y a bien sûr les croyances familiales dont je suis chargée, que dis-je lestée. Mais il n’y a pas que cela.

Mes choix, ces drôles de choix qui m’ont conduite là où je suis aujourd’hui. Le choix d’un travail, le choix d’amitiés des plus éphémères.

Je sens bien que c’est la fin de quelque chose mais je ne sais pas de quoi.

Je sens bien que ce travail n’est qu’une étape mais vers quoi….?

Cette semaine, je vais annoncer que je souhaite quitter ce poste.

Avant de sombrer totalement et pour arrêter de faire semblant.

DSC01045