Se mobiliser

Publicités

Poussière

Des sanglots, entendus, étouffés dans le couloir.

Puis à 10 h l’annonce. Le crabe l’a emportée, en 3 mois.

Je connaissais peu cette collègue. Nous nous croisions au moment du déjeuner et parfois dans les couloirs. Un sourire, un bonjour et c’était tout.

Et pourtant, cette annonce m’a pétrifiée.

Tu travailles toute ta vie, dans des conditions parfois difficiles et à quelques années de la retraite, la grande fourche vient faire son sale boulot.

Est ce que cela m’empêchera de retomber dès lundi dans le tourbillon professionnel qui est le mien, à laisser trainer une situation personnelle pesante, à ne pas râler pour un oui ou pour un non, à prendre du champ comme j’aime à le dire ? Je ne sais pas. Sans doute pas. Mais merde, il faut profiter !

Déflagration

Des mois que je n’étais pas allée sur son blog. Il faut dire qu’il poste peu, de ci de là des photos toujours belles, chaleureuses, douces, comme je les aime. Des photos comme lui. Papa aimant, homme charmant, ami fidèle.

Et puis le message. Terrible. L’annonce du cancer de son enfant de 8 ans, il y a exactement 10 jours. Avec des mots choisis, sourds, d’une violence inouïe.

Quand nous sommes vus pour la dernière fois ? Il y a un mois et demi. Nous évoquions l’achat de leur nouvelle maison, la nouvelle cuisine dans laquelle il pourrait s’adonner à sa passion, les chambres des filles, plus grandes, son rêve de jardin d’hiver.

Quelque chose s’abat sur mes épaules. L’incompréhension, la colère, l’infinie tristesse, l’impossibilité à trouver les mots.

Je l’imagine, petite V., pleine de vie, au rire doux. Une enfant, qui bascule dans la douleur quotidienne, dans la gravité, qui depuis peu a élu domicile, contraint et forcé, dans un univers hospitalier.

La vie. Étrange,implacable.

Dans un mail discret, j’ai assuré de mon amitié, de mon soutien, de ma présence. Je vais prier aussi, offrir des méditations, m’efforcer d’honorer la vie…

dsc02207