Last Year

Nous nous sommes levés tard.

Nous avons allumé nos portables et l’un comme l’autre avons lu les messages reçus en cascade. Est ce que nous étions sortis la veille ? Est ce que nous allions bien ? Est ce que nous comptions rester dans la capitale ? Nous n’avons pas compris tout de suite. Alors nous avons allumé la TV et dans la foulée, mon beau-père appelait inquiet que nous n’ayons pas pris la peine de le rassurer.

Il y a un an, nous venions de nous marier et flottait encore autour de nous ce parfum de joie, ce bonheur simple.

Il y a un an, j’avais un entretien pour un nouveau travail. Je croisais les doigts pour être prise, pétrie néanmoins de doutes et d’une peur sourde.

Il y a un an, mon beau père était encore parmi nous, mes parents n’étaient pas encore entrés dans le cercle infernal des opérations et des résidences forcées dans les hôpitaux.

Il y a un an, V. n’était pas encore atteinte de son cancer.

Il y a un an, nous n’avions pas eu cette terrible dispute qui m’a fait prendre conscience, plus que jamais, que tout est ténu, fragile.

Il y a un an, la vie a décidé de nous épargner, nous et nos proches, nos aimés.

Il y a un an notre monde avait commencé à vaciller, mais depuis lors il ne cesse d’être ébranlé. Il y a comme un avant et un après. Des pouvoirs qui s’entrechoquent, des valeurs qui volent en éclats, des colères qui grondent, des contre-pouvoirs, des informations tronquées…

Il y a un an, je voyais la vie d’une certaine façon. Simpliste peut être, différente d’aujourd’hui en tout cas.  Aujourd’hui tout est plus précieux, plus savoureux, plus doux, plus beau, plus fragile aussi. Plus urgent.

Oui depuis un an, tout est infiniment plus urgent…

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Si seulement

J’aimerais que Paris soit toujours aussi doux que ce week end.

J’aimerais que nos dimanches ressemblent toujours à celui ci : du soleil, de la douceur, des amis , du rire, un bon repas. Une évidence.

J’aimerais que nous arrivions toujours à rire comme ça. Pour tout, pour rien, comme des enfants.

J’aimerais que nous nous aimions toujours comme ça. Doucement, sincèrement, fortement.

J’aimerais qu’il y ait toujours au fond de mon être cette paix qui me fait me sentir dans le monde, légère, heureuse.

J’aimerais que certains week ends ne se terminent jamais.

Des week ends comme celui ci où tout semble simple, fluide, follement printanier.

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Departure

J’ai nettoyé la maison du sol au plafond. Je lui ai consacré plus de 4 heures. Il faut dire, qu’elle a passé 3 longs mois sans grand soin, plongée dans la pénombre, accueillant cependant un nombre non négligeable d’araignées, que j’ai congédié sans préavis.

J’ai récuré Blanchette (ma voiture), je lui ai acheté de nouveaux tapis flambants neufs, j’ai shampouiné les sièges avant et pour finir, j’ai mis une jolie couverture sur le siège arrière (je suis dingue de ma voiture, comme tu le sais).

J’ai appelé des cops, la famille pour un dernier au revoir.

J’ai remis la fiche spéciale « arrosage de plantes » à mon auguste mère (même si je sais qu’elle n’en fera qu’à sa tête).

J’ai jeté mon milliardième coup d’œil à ma grande valise, puis à un sac de voyage, puis un autre (ma vitale trousse de toilette en fait).

Demain, pour finir, je saluerai mon nid.

Cette fois c’est sûr c’est le D day…