Pourquoi je me lève

Pour  aller bosser. Retrouver mes collègues, accompagner, avancer sur des projets, faire des bilans d’accompagnement, essayer de me faire entendre, aller me confronter, apprendre, me dépasser parfois.

En ce moment, je suis réveillée entre 4 h 43 pour être précise et 5 h 15. Invariablement, à quelques minutes près. J’ai des valoches sous les yeux, une tête de déterrée. L’insomnie devient année après année une vieille compagne.

Je me lève pour contribuer mais parfois je ne sais plus, parfois je ne comprends plus et je désespère.

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Laisser fleurir

Ensemble nous avons déterminé ce qui cloche : ma place. Ma place dans la vie, dans ma famille, dans mon couple au travail. Cette place que je me suis faite par le corps mais que les « autres » étaient si peu enclins à me faire, pour un ensemble de circonstances dépendant d’eux et de moi.

La place, un élément si essentiel finalement.

Je me suis mise à croire en ce pouvoir des mots, ceux qu’on écrit, qu’on laisse résonner, ceux qu’on laisse fleurir pour qu’ils donnent quelque chose. Une inspiration, une forme de vérité, une certaine force.

Il y a eu des rêves et puis une conviction profonde (alors pas tout de suite la profondeur hein), celle de ce que je veux faire demain.

Quand j’aurais trouvé la bonne formation, quand on me financera (quand les planètes seront alignées).

Car je sais que c’est le bon moment. Le bon moment intérieur, le bon moment dans ma pratique, le moment de ma maturité.

15 années à accompagner, à mettre en œuvre des outils, à les appliquer pour mieux accompagner. Et la satisfaction (prétentieuse ?) de voir des personnes retisser les fils, pour elles-mêmes, pour construire un projet professionnel, pour mieux se connaître.

J’aime follement ça. Je ne le dirais jamais ni dans une formation, ni dans un entretien (c’est un peu trop quand même…). Mais je ressens cette satisfaction égoïste à voir les personnes que j’accompagne avancer sur leur chemin. Un peu, beaucoup, pour certaines reculer mais toujours trouver une clé pour avancer vers soi, s’aimer un peu plus, se traiter en bienveillance, prendre des décisions.

C’est peut être le début d’un nouveau chemin…

De l’humain

Une nuit écourtée. Merci la trachéite… Des valoches sous les yeux, l’humeur massacrante.

Pas l’envie d’y retourner, de faire des bises, de formuler des vœux, de voir du monde tout simplement, de m’installer dans ce bureau si vaste et doux, que je vais devoir quitter, à mon grand désespoir,  d’ici 15 jours…

Et puis et puis…. Elle.

Elle avec sa voix d’enfant, son parcours parsemé d’embûches, ses trois pas en avant et cinq en arrière, son regard fuyant, craintif.

La confiance qu’elle m’accorde, aveuglément.

Elle et sa peur de me décevoir.

Je souris toujours lorsque je les entends me demander si je suis déçue.

Je ne le suis jamais.

J’ai tellement tergiversé moi aussi, je me suis tellement cherchée, j’ai tellement reculé, si souvent.

Alors non, je ne suis jamais déçue. Je suis comme elle, comme les autres, tous les autres. Je ne suis au dessus de rien et elle, contrairement à ce qu’elle pense, inférieure à personne.

Au moment de nous quitter, elle sort de son sac deux paquets. Deux cadeaux.

L’humain est là.

Dans la larme qui coule, dans le cadeau donné, dans les remerciements murmurés, dans la gêne, le plaisir, dans l’au revoir.

L’humain, toujours. Celui qui donne sens à cette mission si difficile parfois. Écouter, accompagner, orienter, réconforter, revaloriser.

Je retrouve l’étincelle qui, la coquine, me quitte parfois… pour mieux revenir.

 

La phrase qui résonne

Elle m’a dit, noyée dans notre échange, la phrase qui claque :

« Au fond, vous avez besoin d’accompagner les autres parce-que vous ne l’avez jamais vraiment été ».

A la réflexion, je crois que c’est vrai.