Débusquer la lumière

Se lever tard et se laisser réveiller par le chant entêtant des oiseaux ;

Fermer les radiateurs et laisser entrer en grand la lumière, le soleil, la fraicheur du petit matin ;

La lumière, ce bien si précieux, me fait me sentir incroyablement vivante, en parfaite harmonie avec cette nature éclatante et piaillante ;

Recevoir des mots d’amour et me dire que décidément, je ne dis que trop peu que j’aime ;

Baigner mon corps trop sec au son de la voix douce de Thierry Marx, chez Eva Bester. J’aime follement ces deux êtres que je ne connais pas mais qui m’inspirent. J’éprouve une grande admiration pour Thierry Marx qui évoque tant de choses chères à mon cœur.

Le temps de la méditation. Celle de l’amour bienveillant, hyper puissante !

Lire sous le plaid, en écoutant tomber la pluie.

Manger tranquillement, sans TV (ouiiiii je sais) et respirer.

 

 

 

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Conversation intérieure

J’ai besoin de beaucoup dormir = la faute à la grippe dont je peine à me remettre.

J’ai des valoches, la peau qui tire, tout le temps soif, froid, puis chaud. Je suis capable de pleurer devant une pâquerette et d’avoir envie la seconde suivante de dégommer tout ce qui passe = la faute à la pré-ménopause.

Je ne sais pas pourquoi tout cela me fait penser au printemps, qui peine à sortir. Des bourgeons, quelques fleurs puis le froid, puis la pluie.

La pluie me rassure. Elle me donne des excuses. Celle de ne pas sortir, celle de n’avoir pas à partager que je reste chez moi, car ma vie sociale est un innommable désert, je ne parle même pas de ma vie culturelle. Je ne peux pas faire l’aveu que tout me coûte, tout me pèse. Parfois, je déplore ce quotidien dépeuplé de visages, d’amitiés et parfois la solitude est un confort que j’apprécie…

J’aime mon nouveau travail. J’accompagne des personnes qui en l’occurrence sont mes collègues. Nous portons, pour la plupart, les mêmes valeurs fortes de service public. Je peux dire que je fais de vraies rencontres qui me font réfléchir et avancer, autant que je leur donne de grains à moudre. C’est fluide. Fluide et tellement difficile à côté. Quand aurais-je le plaisir absolu et plein de me lever pour aller bosser, pour faire ce que j’ai à faire en sérénité. J’ai peu connu cela dans toute ma carrière professionnelle. Le domaine du social est finalement très auto-centré. Il me semble que nous avons des années lumière de retard. En matière de management, d’anticipation, de projection.

Combien de temps vais-je rester ? La question est plutôt, combien de temps peut-on tenir en équipe réduite, à 40 heures de travail par semaine, sans feuille de route, sans reconnaissance, avec la bride serrée, sans pouvoir se former sur l’année à venir. Fondamentalement, je n’apprends rien. Je fais des rencontres, je me nourris mais c’est tout.

Je n’ai pas l’énergie de chercher ailleurs et pourtant, chaque jour, je pèse le pour et le contre. Pourquoi j’aime certaines choses, fortes, qui font sens pour moi. Comment je fais pour transiger avec d’autres choses qui me paraissent totalement iniques… Je ne sais pas. Je me lève, j’y vais et le lendemain j’y retourne.

Hyper dur d’avoir plus de 40 ans et la peau sèche…

Caducée

Ce titre est bidon… Bref.

Fin de 2017, j’ai remercié l’année de m’avoir épargnée de nombreux bobos auxquels je suis sujette chaque année. Je suis une abonnée aux lombalgies, trachéites et autres joyeusetés. Il m’avait semblé par ailleurs, que par le fait, j’avais gagné en sérénité et que mon corps avait suivi ce pas.

Et puis 2O18 est arrivée.

Il y eut d’abord un herpès labial géant dont j’ai largement parlé ici (genre guinness book, tu peux me croire sur parole !).

S’en est suivie ma préférée, une trachéite. Pas du tout gênant lorsque tu reçois du monde toute la journée, en individuel et en collectif. Pour couronner le tout car je donne rarement dans la demi-mesure, je me suis offert un petit lumbago. Pas de son mais une super image.

Pour (presque) finir et pour décrire le tableau actuel, je « suis dans une grippe ». J’aime beaucoup cette expression. Car la grippe, y a pas à dire, tu ne peux être que dedans. La grippe donc. Je ne te fais pas le récap de ce qu’est la grippe, tu vas penser que je veux te tirer des larmes. Nez qui coule, oreilles bouchées, contractures musculaires, et bien sûr toux de camionneur, sans oublier la fièvre (j’avais envie que tu pleures un peu en fait).

Dans la vie je suis une petite joueuse mais là, en plus de la grippe, je me suis offert une allergie. Parce que bon hein voilà.

Je suis donc en arrêt et vis sur mon canapé, au rythme de ma toux et de mes plaques de rougeurs.

Je n’ai pas de conseils à donner, ce n’est pas l’objet de ce billet, néanmoins depuis plusieurs semaines, j’ai eu l’occasion d’utiliser de manière TRÈS intensive les mouchoirs jetables menthol eucalyptus de chez Lotus : une révélation. Les essayer, c’est les adopter, crois moi. Bonne odeur, bonne résistance, pas de trace désobligeante sous le nez, du super mouchoir crois moi.

Je pense que dans quelques mois, je suis prête pour entrer en médecine…

Les tics de langage qui font devenir toc !

En ce moment, j’ai plusieurs tics de langage, un peu relous, je dois bien le dire. Allez c’est

cadeau :

« Du coup ». Du coup ne veut rien dire mais je l’utilise à toutes les sauces. Je remarque que mes collègues ont exactement le même tic-toc. Du coup, nos réunions n’en sont que plus drôles 😉

« Carrément ». Moi qui aime les rondeurs… Je trouve une œuvre « carrément belle », que quelqu’un a « carrément raison ». Je mets des formes dans mon quotidien.

En matière de nourriture je ne tergiverse pas : soit c’est une « tuerie », ou variante une « pure tuerie » et à l’extrême « carrément pas bon ou dégueu » (une vraie dingo je suis !).

Je colle aussi quelques petits surnoms gentils à certains de mes proches « chouquette » pour les filles, « bichon » pour les garçons.

En cas d’énervement, le « sa race » revient beaucoup, au grand désespoir de mon Népou. Car oui, c’est vulgaire, oui ça n’a pas de sens, mais ça soulage grave ! « Quel temps de merde, sa race » ; « Ça fait chier sa race » (oui bon hein….).

« Grave » ! Qui est devenu une ponctuation…. Je n’ai aucune explication pour celui ci qui s’est imposé dans mon quotidien, sans crier gare.

« Tu fais pas d’effort ». Employé exclusivement en situation de crise, pour en remettre une couche OU pour désamorcer la dite crise (huhu).

Notez qu’il n’y a pas de « en même temps » dans mon dico du tic… 😉

Dimanche

Me réveiller tôt mais pas trop.

Suffisamment en tout cas pour ne pas entendre les rumeurs du jour. Suffisamment pour n’entendre que les oiseaux qui paillent un peu partout, annonceurs d’un printemps qui tarde à poindre le bout de son nez.

Partir au petit matin à l’assaut de ce jour si beau. Le soleil fait son apparition et même si les chemins sont encore gelés, il est là. Il vient éclairer la montagne, éclairer le bleu profond du ciel, déclencher des avalanches tout en haut qui me font lever le bout du nez de temps à autre.

Ces instants me font me sentir incroyablement vivante.

Rentrer, aérer la maison, laisser entrer les bruits mais surtout la chaleur qui monte (avant de retomber subitement).

Cuisiner pour l’heure du café.

Déjeuner en silence et seule.

Ce qui est pesant la semaine l’est infiniment moins le week end, où la pression retombe et où il m’est absolument nécessaire de déconnecter, de retrouver une forme de « respiration » normale.

Et puis l’heure du café avec eux. Il me faudra parler un jour des parents de mon filleul bien-aimé. De lui , dont je chéris la présence à mes côtés aujourd’hui. Nos débuts n’ont pas toujours été simples… mais notre relation a pris un tournant il y a quelques mois. J’ai fait un pas vers lui, je l’accepte comme il est et surtout, je le remercie d’être là pour moi.

Gratitude pour ce dimanche.

 

Non !

Je dis presque toujours oui (mais je me soigne).

C’est révélateur chez moi de plusieurs choses : le besoin de faire plaisir, le besoin de prouver que je suis capable / compétente, la nécessité de montrer que je suis une personne à l’écoute qui sait faire de la place à l’autre, le besoin fou d’être aimée/la peur de ne pas l’être.

J’ai quelques pistes pour expliquer cela. Le manque de reconnaissance paternelle, la place qui ne m’a pas été faite dans ma famille, les décisions que l’on a toujours prises pour moi et jusque très tard (ma mère, pour ne pas la nommer qui, au prétexte que je sors de son ventre, sait mieux que moi ce qui est bon pour moi), et bien sûr le cruel manque de confiance qui est une résultante de tout cela.

« Cloudy, tu peux finir l’écriture du projet X, tu es une finisseuse. Variante : toi tu es une littéraire, autre variante, toi tu as le sens de la phrase. Comprendre toi t’as que ça à faire, moi pas.

Oui

Cloudy, j’ai besoin de m’aérer, si on partait en week end ensemble. Lire, je n’ai pas de mec, pas de voiture, y a personne d’autre pour m’emmener.

Oui

Cloudy, y ‘a X qui passe en concert. Viens. Lire, je n’ai trouvé personne d’autre pour m’accompagner.

Oui

Cloudy, tu peux attendre sur le parking pendant que je vais voir mes parents. Lire, je ne peux pas encore te présenter à mes parents (en l’occurrence, je n’ai jamais été présentée).

Oui

Cloudy, notre histoire est trop belle, j’ai pas envie de l’ébruiter. On garde ça pour nous OK ? Lire, quand on rencontre des potes à moi, on fait comme si on était justes potes. Comprendre, je ne t’assume pas. (Je sais j’ai gardé le meilleur pour la fin !).

Oui… »

J’en ai une collection assez intéressante et très caractéristique.

J’ai une facilité folle à me « serpillieriser ». Je me suis peu écoutée, peu considérée. Je me suis retrouvée, et c’est ma seule responsabilité, dans des situations où je me suis sentie mal, mal comprise, mal aimée, pas à ma place. Cela a provoqué chez moi du stress, une perte de confiance plus importante encore (abyssale en fait), cela a développé ou aggravé mon hyperphagie.

Je change, j’essaye de changer. De m’écouter, de prendre le temps avant de répondre.

De me choisir en fait…

Ça caresse

J’ai une gueule de canard : rapport à mon herpès labial qui fait littéralement tomber ma lèvre supérieure sur ma lèvre inférieure.

Dans cette situation (la 3ème fois en 4 ans quand même), je me suis découvert patience et humilité (et il en faut avec la gueule que je me paye !).

Bref, quand le destin s’acharne à ce point (si si j’insiste), il faut prendre un peu de recul et considérer la situation.

J’ai le sentiment de m’acheminer vers un « après », dont je distingue la silhouette floue, sans savoir vraiment comment l’atteindre.

Le mal être du moment s’exprime avec violence et je ne peux que le considérer, lui laisser de la place. Il est sans doute le signe de ce qui s’agite à l’intérieur et ne peut se dire, ou bien qui se dit mais n’est pas entendu.

J’accepte, j’accueille les maux du corps. Je n’ai pas vraiment d’autres solutions d’ailleurs. Je laisse passer la tornade, je repose mon corps. Je dors, je lis sous la couette avec mon thé fumant, je médite, j’écris, je remplis mes carnets, je vais me recueillir dans les écrits inspirants de mes « maîtres » (dont il faudrait que je parle un jour ici). C’est sans doute de cela dont j’avais besoin depuis tant et tant de semaines. Le silence, le repos total.

Voilà plusieurs semaines que je me dis que j’ai besoin de temps pour moi et exclusivement pour moi, pour m’adonner à ce qui me ressource et me fait du bien. Sans cet arrêt forcé, je n’aurais pas pris le temps. de me poser, de me reposer, de me remettre au centre, le mien, tout simplement…

 

Quand ton enfant parle à ton adulte et inversement

Il a suffi d’une petite parole prononcée en réunion, par ma supérieure hiérarchique, pour que le caillou s’immisce dans ma chaussure.

Une remarque adressée à tous les présents (et pas à ma seule attention) mais que j’ai pris pour moi (je t’ai déjà parlé de ma facilité désopilante à porter le malheur du monde sur mes épaules ? Non ? Ça pourrait faire l’objet d’un livre…).

J’ai pensé à cette remarque la nuit, puis les nuits suivantes et elle a envahi mon week end (oui tu peux me décerner la médaille d’or de l’auto-flagellation…). Le truc est donc limite anodin et se transforme en 4 jours en un Everest.

Pourquoi ? Flash back : ma précédente responsable avait le don de nous « recadrer » en collectif. Il fallait suivre sa ligne et rien que sa ligne. Lorsque le recadrage était fait en collectif, elle nous gratifiait ensuite d’un RDV en tête à tête. Et bien sûr, j’en ai gagné plusieurs qui ont laissé des traces. Elle avait le don d’appuyer là où ça fait mal. Face à elle, omnipotente maîtresse femme, je me sentais minuscule. Mon non verbal devait en dire long sur ce qui se passait à l’intérieur de moi. L’enfant était heurtée et a souffert de ce manque d’ouverture et d’écoute, de cette castration parfois. La professionnelle écoutait et baissait les yeux.

Rétrospectivement, je me dis qu’il y avait là une jolie manipulation psychologique. Comme nous sommes entre nous, je peux te l’écrire, c’était une forme habile de harcèlement. (Voilà, c’est fait !)

Bref, en un quart de seconde, je me suis reconnectée à ce passé pas si lointain. Sont remontés les sentiments d’insuffisance, de petitesse, d’incompétence. Et je me suis fait un film (d’horreur) qui m’a emmenée très loin.

Comme en ce moment, je m’accompagne de plusieurs lectures, cela m’a permis de faire le point sur les situations qui me mettent en difficulté et me font aller direct à l’état d’enfant plutôt qu’agir en adulte.

Alors, quand est arrivé le moment du RDV individuel, quelques jours après le collectif (bah voui, la vie te ressert bien les plats pour que tu les digères), malgré ma transe intérieure et mon insécurité, j’ai pu poser  mes émotions et être factuelle, c’est à dire prendre ma place d’adulte dans la conversation et me montrer professionnelle en posant mes arguments. Je me suis écoutée, dans une conversation et non pas jugée.

Tout cela bien sûr s’est assimilé merveilleusement : un herpès géant est venu éclabousser ma lèvre. Mon corps malmené a besoin de s’exprimer.

Prendre sa place, a parfois un prix…