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J’ai espéré qu’il me le dise.

« Je vous arrête. Une semaine. »

J’ai espéré et j’ai imaginé ladite semaine : sommeil, repas équilibré, lecture, écriture, méditation.

Je n’ai rien eu de particulier à dire, il me connaît. « Ça vous permettra de vous reposer un peu mais ça ne changera rien ».

Il me connaît.

En réalité, je suis rentrée et j’ai dormi.

Il y a que mon corps ne peut plus… Il y a que je n’en suis pas fière et que je le vis même comme un aveu de défaite. De n’avoir pas réussi ma mission jusqu’au bout, la défaite de mon corps qui ne peut plus avancer et de mon esprit qui ne peut plus absorber…

Mais le problème n’est pas là.

Il réside dans les questions qui m’assaillent : comment j’ai pu penser m’en sortir ? pourquoi je ne suis pas entendue lorsque je dis que je ne peux plus ? qu’est ce qui fait que je ne réussis pas ? pourquoi je perds à nouveau confiance ? comment fait-on lorsqu’on n’est pas à la hauteur mais qu’on ne peut plus reculer ?

Qu’est ce qui fait que j’en suis là, encore, tout simplement.

Cela fait 16 mois que j’ai endossé mon nouvel habit de nouvelle professionnelle, cela fait 13 mois que mon équipe est réduite de moitié. J’ai donc beaucoup porté.

Je passe sur les petits et grands évènements qui ont égrené ces derniers mois. Plutôt difficiles.

Je ne peux pas regretter mon choix d’avoir quitté mes anciennes fonctions et mon ancienne équipe. Après 13 années, il était plus que nécessaire que j’aille prendre un nouvel air.

Mais j’avoue que cet air là me brûle les poumons.

Je me dis toujours que la vie sait, qu’il faut que j’accueille et qu’elle me donnera les réponses, d’une manière ou d’une autre.

C’est comme si la vie venait me refoutre le nez dedans. Mais je ne sais pas pourquoi…

 

 

 

Pièce par pièce

J’aime beaucoup ma maison, qui n’en n’est pas une et qui ne m’appartient pas (au sens strict du terme).

J’ai hérité de cet endroit il y a plus de 15 ans  déjà. J’ai eu du mal à l’investir, car je ne l’avais pas choisi. Ce n’était alors pas du rejet ou de l’ingratitude, au contraire…

Je l’ai meublé avec du matériel suédois, monté par ma maman ; mes parents m’ont cédé quelques meubles et pour finir  j’en ai acheté d’autres à une cousine qui partait s’installer en Afrique. Aussi, cet endroit m’a ressemblé un peu, sans plus. Je n’avais pas beaucoup d’argent au début, alors je l’ai fait évoluer par touches. De ci de là. Un patchwork plus ou moins bien assorti.

Aujourd’hui, cet endroit a considérablement changé.

La cuisine, ce gloubiboulga de meubles de famille s’est transformée l’année dernière. Grise et blanche, avec une belle lumière, avec des meubles jusqu’au plafond pour ranger notre ti’bordel. J’aime cette cuisine !!! Elle est à présent rangée, plus cohérente, plus joyeuse. Depuis l’achat de cette cuisine (je vois des signes partout et je fais des analyses sauvages), mon alimentation a changé. Plus saine, plus « rangée »…

Nous avons re-commencé l’aménagement du salon il y a quatre ans. Canapé plus grand (gris et blanc), changement de la TV, antique meuble suédois décoloré changé par un joli gris anthracite (je vous ai dit qu’on aime le gris ?). C’est de loin ma pièce préférée. Épurée, claire, avec des tableaux de couleur aux murs notamment. Cette pièce, c’est un peu ma carte famille-amis. Des éléments solides, qui prennent de la place, des touches de couleurs peu nombreuses et néanmoins très présentes.

La chambre… C’est irrégulier, doux et pourtant un peu distant. Le placard déborde de tous les côtés. Il y a des photos sur un mur, des babioles sur la commode. C’est enfantin, à bien y regarder. C’est tout à fait nous en réalité…

Le bureau enfin est un infini bordel. Des livres par terre, à donner, qui accompagnent mon vieil ordi en rade. La poubelle papier déborde de toutes les choses que je découpe. Notre administratif traine, le vélo d’appartement est posé dans un coin, avec le tapis de méditation. La couleur des murs commence lentement à me sortir par les yeux, ma bibliothèque bien aimée, prend tout à coup trop de place. La psy à deux balles que je fais, dirait que ma pièce travail et inspiration est en rade et que je manque follement de créativité. Cette pièce c’est un peu mon furoncle. Celui qui me rappelle tous les jours que « ça » est encombré, ne va pas, n’est pas en ordre, pas évident, pas clair.

Si totalement, si complètement moi, au fond…

 

La JDM

Quand est ce que tu sais que la journée que tu viens de passer était vraiment une journée de merde ?

Quand alors que tu as fait le choix assumé de porter des nus pieds, sitôt assis ton popotin dans la voiture, il se met à tomber des trombes d’eau. Vu l’heure, tu sais que tu ne peux pas rentrer te changer car dans cette VDM (ville de merde), dès qu’il pleut, c’est l’orgie sur l’autoroute… ?

Quand le premier mail que tu découvres dans ta boite est celui d’une ancienne collègue. Laquelle avait décidé de ne plus te parler car tu ne l’avais pas invitée à ton mariage, alors même que vous étiez tout sauf des amies. A la fin de la lecture de son mail, tu ne sais toujours pas pourquoi elle a pris la peine de t’écrire… ?

Quand lorsque tu fais ton point hebdomadaire avec ta nouvelle responsable de service et que tu l’interpelles sur le bordel ambiant, elle t’invite à prendre du recul (mais prendre plus de recul signifierait que je suis dans le muuuuur !!!!!). Et là, tu te demandes objectivement, laquelle est la plus concernée par le service…. ?

Quand tu te rends compte que pour ce recrutement hyper important, tu as envoyé des semaines durant des mails à beaucoup de personnes mais que tu en as oublié quelques unes au passage, comme une débutante… ?

Quand tu manques écraser un enfant, fils de réfugiés, dont les parents font la manche tous les jours à ce feu HYPER DANGEREUX… ?

Quand, tandis que tu fais tes courses, tu tombes sur ton ancien voisin. Celui qui lors de son déménagement, t’as rendu déchiquetées les chaises que tu lui avais prêtées, bonne poire… mais qu’il y a prescription pour lui arracher les yeux… ?

Si tu as envie… je prends !

 

 

Mai (mais mais)

Quand il est question de moule à gaufres autour d’un verre de vin blanc et d’une bière. Est ce que je t’ai déjà dit que je t’aime d’amour ? // Patrick Cohen me quitte (salaud !) // Faire, défaire, refaire, défaire pour refaire autrement mais pas en mieux (WTF !!!) // LinkedIn qui se retourne contre moi (WTF bis !!!) // L’arrachage des dents qui met K.O // La sidération lorsqu’il s’agit de montrer encore et encore sa motivation, alors même que j’ai le sentiment de m’arracher tous les jours // La colère sourde // Le week end de 3 jours où je larve avec délectation // Ces élections, infâmes et clivantes // Chercher à s’engager mais comment et avec qui ? // François tu m’as déçue, peinée, ton mandat fut une caricature qui m’a définitivement coupée de la politique. Pour autant, j’ai pour toi une réelle affection et ton humour va me manquer // »Cos I’m only human after all, you’re only human after all. Don’t put the blame on me » (again and again and again) // L’insomnie qui fait son grand retour // Se sentir incroyablement seule et pourtant follement accompagnée // L’entretien pour montrer qu’on est à la hauteur… mais de quoi ? // Suivre les cérémonies républicaines… et pleurer à l’écoute du chant des partisans (non je n’avais rien sniffé) // L’achat (à rebondissements) de la nouvelle voiture // L’épuisement // La couleur de cheveux de mes 17 ans, avec du bleu dedans // Pluie, soleil, pluie, soleil… // Le voyage express en Germanie, avec des bières et des bretzels dedans // Pathétiques Trump et Poutine // La TV poubelle au sommet de son art entre homophobie crasse et sexisme (à quoi sert le CSA bordel de merde ?!!!!) // Avoir des envies de formation (still) // Acheter le dernier Gavalda = bonheur // Lancer mon réseau professionnel au féminin (wait and see) // La bienveillance au travail : fumisterie ou but à atteindre ? (vous avez 4 heures) //

L’instant à soi

Depuis que j’ai repris à plein temps et bien que je sois « relativement » disponible (lire sans enfant, sans animal de compagnie et avec un Népou à mi-temps), je ne trouve plus de temps pour moi.

Ou plutôt, les rares instants à moi sont pollués par mes addictions aux réseaux sociaux types FB, IG, LdIn, Pint. Je n’en suis pas très fière et je le suis d’autant moins que cette nouvelle pratique (limite acharnée) me coupe de tout ce que j’ai toujours aimé faire profondément et qui me fait du bien : écrire, lire, méditer, faire mes petites cartes, mes exercices d’étirement, mes rêveries, mes trucs de fille.

Je me sens totalement envahie (mais par quoi à part le vide des réseaux sociaux ????), un peu coupée de moi aussi… Démunie pour me déconnecter, pour revenir à moi.

Alors j’ai décidé de fonctionner « kaizen », par petites touches, pour refaire le chemin vers moi.

 

Mon ici

C’est drôle…

Comme ce lieu vit sans moi, quand je ne suis pas capable de l’alimenter, quand l’écriture devient plus un poids qu’une aide, quand la balade quotidienne chez mes sœurs et frères de blogs ne peut pas s’envisager.

Pourtant, je reviens toujours. Malgré moi, victime consentante…

En ce moment, la vie me regarde avec un œil qui frise, se moque de moi, met de la couleur par touche, un peu… et puis les nuages circulent, à nouveau.

La vie, celle qui ne peut pas toujours se raconter.

C’est OK

J’ai envie de me nourrir exclusivement de légumes, de faire des gouters d’amandes plusieurs fois par jour : c’est ok.

J’ai besoin de larver et de ne rien faire, de laisser la maison proche d’un état apocalyptique : c’est ok.

Je prends un bain, débordant de mousse qui sèche la peau, et je trempe bien plus que nécessaire : c’est ok.

Je regarde des émissions relatives à la décoration et à la vie des animaux  des journées durant (merci Stéphane Plaza et C8) : c’est ok .

Je n’arrive pas à penser, à m’organiser, me projeter : ça fait chier mais c’est ok quand même.

Je vais 15000 fois par jour sur instagram, facebook et linkedIn (tout en regardant la tv) : c’est ridicule mais c’est ok.

Quelle que soit la couleur des jours à venir, c’est ok.

 

 

Écrire de là où j’en suis*

* en réponse à la bien aimée Christie

J’ai remis le chauffage ce matin, il fait terriblement froid dedans, dehors. C’est infiniment triste, sombre, comme cette période que nous avons à traverser.

Je suis restée à la maison, je me remets de mon intervention dentaire. Un moment fulgurant et néanmoins douloureux. J’ai traversé la journée, car je suis bourrée de médicaments.

Néanmoins j’ai terminé mon MOOC sur la GRH. J’ai adoré ! Adoré l’idée de me former gratuitement chez moi, quand et comme je le veux, à mon rythme, sur un sujet qui m’intéresse. Je trouve vraiment puissante cette nouvelle forme d’apprentissage, même si au final l’exercice est solitaire et ne permet pas de se confronter à d’autres apprenants. Il me faut digérer un peu mais je crois que je vais regarder de plus près d’autres sujets proposés sous cette forme.

J’ai laissé fleurir des envies, faute de pouvoir les mettre en application immédiatement : ré-amenager mon bureau pour l’investir autrement, pour me donner la place d’écrire, de m’occuper à mes « petits papiers », j’ai cherché en vain une formation de pratiques narratives dans ma région.

J’ai reçu un sms d’une amie avec laquelle je ne suis plus en contact, j’ai reçu des encouragements pour cette journée, ma maman poule est venue me visiter, j’ai réservé un week end en Ardèche avec mon Népou, j’ai cherché une robe cache cœur sur le net.

Les mots de mon ami de cœur ont creusé des sillons, le travail s’est immiscé dans cette journée.

Mais où j’en suis ? Vraiment ?

Et bien je ne sais pas…

Avril

Penser que le printemps sera doux, différent // Les vacances, enfin ! // Enfiler les kilomètres en voiture et penser que décidément, le train c’est bien // Le Puy en Velay, ses montées, sa Vierge, son Saint Joseph, la maison collée au rocher, le dîner haut en couleurs  avec un graffeur hyperactif // Le Tarn et Garonne, la famille, l’enfance, l’amour, nos souvenirs communs ma cousine bien-aimée, mes regrets, une nuit de colère, le pont de Millau, L’Aveyron, la nature resplendissante // 2 ans, déjà… Le sentiment que c’était hier. Les souvenirs de cet instant si fort à la Mairie d’abord puis après. Et cette question lancinante : « est ce que ça peut durer toute la vie ? » // Avoir des conversations de l’espace avec des personnes en recherche d’emploi qui ne cherchent plus, qui se demandent pourquoi on les appelle, qui ne savent pas chercher… qui font chier // Un attentat, encore. Et la peur qui se noue à nouveau au creux du ventre // Décider définitivement de ne pas y aller // Avoir des envies de robes // La nature à respirer à pleins poumons, le vert, les fleurs, les arbres, les oiseaux // Après notre échange téléphonique, mesurer que notre amitié est définitivement fanée // L’intervention des dents qui se rapproche et l’opération de la mâchoire qui s’éloigne (alléluia !!!) // Être stressée, constamment, un peu perchée, dans les tours et se demander quand tout cela va enfin redescendre // L’au revoir émouvant de cette responsable de service (si tu me lis, je t’überkiffe) // Des énervements successifs liés à cette élection. Les injonctions, les leçons de morale, la culpabilisation, qui n’ont pas de prise sur moi //