DouteS

Le doute est insidieux, il s’infiltre par tous les pores.

Il suffit de peu de choses parfois. Une petite griffure, assénée l’air de rien. Et la petite plaie ouverte, se met à suppurer.

« On » pensait avoir travaillé, avancé, progressé pour soi, voire même guéri…. Mais non.

BIM.

Voilà que l’édifice, re-construit de haute lutte s’effrite à nouveau.

Il y a toujours une personne pour appuyer là où ça fait mal.

La question qui tourne en boucle dans ma tête depuis hier est la suivante : « qu’est ce que je fais de ça » ???

Pourquoi cette remarque vient me heurter à ce point, dois-je lui donner l’importance et la place que je lui accorde à cet instant, est-ce que la personne en face mérite tout ce crédit ?

Pour être tout à fait sincère, je mouline encore et n’ai pas toutes les réponses…

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Le livre de mon visage

A chaque rentrée, pétrie de bonnes intentions quant à ce lieu, je me demande ce que je vais en faire. Comment je vais le faire grandir, évoluer, comment je vais pouvoir aussi enrichir mon écriture, mon propos, comment je vais sortir de mon éternel sujet de presque prédilection : moi, ma vie, mon œuvre.

J’ai cessé toute connexion au livre des visages. Je perdais beaucoup trop de temps en consultations vaines et échanges stériles avec des personnes portées à la controverse, bien plus d’ailleurs qu’en relation constructive avec mes « amis ».

Pour revenir ici.

Cette lucarne, indispensable respiration dans mon quotidien, est définitivement l’outil parfait pour moi. Pas de publicité, pas de fil d’actu qui me met en rogne, pas d’infos bidons. Un espace dans lequel la créativité non formatée peut s’exprimer, où le propos peut s’exposer en plus de 100 caractères, sans crainte que son auteure ne soit jetée aux lions à la moindre controverse, ou opinion contradictoire. Le respect de « mon avatar » , auquel je tiens beaucoup. J’ai besoin de savoir que cet anonymat sera toujours préservé.

J’avais envie de rendre hommage à ce lieu refuge qui m’a fait rencontrer de belles personnes, avoir de beaux échanges ici et en off, aligner une quantité non négligeable de mots-thérapie, prendre du recul et de la hauteur parfois.

Oui, revenir ici  🙂

 

 

 

Du sable dans la serviette

Il se trouve que je bourdonne. Sévère.

Rien de grave, sinon que c’est sans doute le signe que l’été et donc les vacances sont terminées pour moi. Des souvenirs à ranger dans de jolies cases.

Déjà sont derrière moi ce temps partagé avec mon filleul, nos vacances « à la mer », le bateau, les apéros en terrasse, les ballades, le petit déjeuner sur le balcon, les soirées lecture, les belles ballades, les bons repas faits de produits frais, le temps qui s’égrène lentement et qui n’égratigne pas.

Avant de partir, nous avons fait un détour par la plage.

Cette petite station du sud m’a accueillie depuis ma plus tendre enfance. J’y suis venue ensuite avec tous mes aimé-es, à des moments clés de ma vie. J’en connais les recoins, les odeurs, les bruissements, les ruelles, certains commerçants. Je n’aime pas particulièrement le sud mais j’aime cette région témoin de mes doux moments. Y aller me fait me sentir invariablement en paix, calme.

Alors avant de partir, une dernière fois, j’ai ancré. L’image de la mer, du bleu du ciel, le chant des mouettes, le son de l’eau, la sensation du sable sur la peau.

Je suis partie avec tout cela car je sais à l’avance ce que ma rentrée ne sera pas.

Elle ne sera pas sportive. Enfin, j’ai lâché cette idée que je dois à tout prix faire du sport « quelque part ». J’accepte le fait de ne pas savoir m’inscrire durablement dans un projet sportif quel qu’il soit.

Elle ne sera pas zen. Mon service, en restructuration depuis près d’un an continue à se « structurer »…. Et nous, petites mains, devons exécuter parfois à l’insu de notre plein gré, parfois à l’encontre du bon sens.

Elle ne sera pas familiale, mon Népou ne s’étant toujours pas rapproché de moi…

Que sera-t-elle ? Je ne sais pas. J’ai peu d’envies, peu de choses ou de projets qui me portent, peu de souhaits vrais.

Bref, ça bourdonne mais rien de grave.

 

 

Burn-Aout (le tourbillon de la vie)

Une drôle de soirée ésotérique où il est question de gourou et de pratiques crudivores //  Le masque pour les pieds de Sephora (raaaaaah : je l’aiiiiime d’amûr) // Trouver le temps hyper long et compter les jours // La canicule. Encore et toujours : Nicolas tu fous quoi bordel (de marde) !!! // 220 millions d’euros = le prix du transfert d’un footballeur brésilien au PSG. 22O millions d’euros = le montant des dotations que les collectivités territoriales ne toucheront pas cette année. Juste envie de vomir // Parfois, regretter de ne pas savoir me battre (avec mes poings) // Aimer : le pique nique au bord de l’eau ; la bière du vendredi soir ; d’avoir froid à nouveau, écouter la pluie, faiseuse de vie, s’abattre lourdement sur le sol ; les goûters de fin de journée avec les collègues, les apéros avec les keupines ; la visite de jardins // Après 5 ans sans se voir, après cette rupture violente, recroiser ex Meilleure Amie… et ne plus avoir mal // Renouer avec ma vieille copine l’insomnie // Déplorer la décrépitude  de l’hôpital public // Souffrir de la voir ainsi allongée dans la douleur, craindre encore de la perdre // La Corée du Nord, le Vénézuela… l’oppression a encore de beaux jours devant elle // Avoir envie de me poser et dormir // Supporter de moins en moins la ville, avoir un besoin physique de verdure // S’énerver pour de petits rien, prendre des décisions que je ne devrai pas prendre, déplorer le manque de lien // Toujours la lancinante question de l’appartenance familiale : me sentir si peu intégrée à la mienne et tellement aimée dans une autre… L’histoire de ma vie… // Charlottesville : vomitif et effrayant // Le scandale des œufs. Merci Papa d’avoir un poulailler fourni… // Faire beaucoup de sport… A Londres…. devant ma TV 😉 // Le bilan professionnel annuel // Partager de doux moments avec des personnes qui font du bien. Et me demander si moi aussi je fais du bien…? (T’es pas obligé de répondre) // Barcelone. S’habituer ? Se résigner ? Ne pas y penser ? …// Gratitudes // Croiser cette personne, que j’ai accompagnée longtemps. Lorsqu’elle était sans emploi et au fond du trou. La voir resplendissante et salariée et me dire que tout ça finalement n’aura pas été vain… // Raffoler de toutes mes petites babioles pour les pieds (et surkiffer mes pieds, voire même en être un peu amoureuse) // La soirée avec un BG et son chat (je t’aime d’amour) // Quand on fait mine de découvrir la violence faite aux femmes au Maroc : grosse blague // La dernière journée avant les vacances : de l’espace // Les messages mimis de mes collègues sur mon bureau avant le départ //Ma soirée de fêtage de vacances avec ma C. // Relativiser // M’inquiéter // Tes longs mails, mes longues réponses // Le bruit, trop présent, de moins en moins supportable // Partir (enfiiiiiin) en vacances // Me sentir très vieille au milieu d’un groupe de jeunes. En vrai.  (Mais toi, tu es définitivement une belle personne !)// Nos journées n’étaient pas toutes faites de samedi. En vrai (Val si tu me lis….) // Définitivement, ne pas être faite pour le sud // Me plaindre 6593 fois par jour « j’ai chaud (putain) » // Savourer chaque millième de seconde.

Couleur sépia

J’aimerais, parfois, avoir le don d’arrêter le temps.

Ancrer la sensation de cette brise légère sur ma peau, rafraîchissante et douce, qui tranche avec cette journée encore trop caniculaire.

Garder pour moi le silence (certes temporaire), lors de ma sieste sous le gros arbre rouge. Un silence de paix habité par le seul chant des oiseaux et le bruissement des arbres.

Imprimer cette perfection, la retenir, la transformer en souvenir.

Avant que tout ne change, avant que tout ne soit bouleversé et expulser cette furieuse envie de pleurer…

 

 

Juillet

Attendre. La pluie, les résultats du bac, les vacances, que ça se calme, d’avoir des réponses, des remerciements (qui ne viendront pas) // Supporter les logorrhées interminables de la mère du voisin et avoir envie de lui foutre mon poing dans sa gueule (de poissonnière) // Faire les soldes et désespérer des fringues proposées, à moins que je ne désespère de moi // Diner avec ma Sev Power (je te surkiffe d’amour) // S’offrir une fabuleuse parenthèse à la montagne. Aimer follement le décor et la paix qu’il m’offre // Chercher. Des réponses, des pistes, des explications // Le pouvoir de la gratitude // Macron. Avec Poutine, avec Trump, avec Angela, avec Rihanna, avec Bono. Sur les Champs, à Versailles, au Touquet, qui fait du sport, qui se prend pour un pilote de chasse… Je vais adorer ce quinquennat aux relents de pognon et me mets progressivement à pencher du côté de Mélenchon et Ruffin // Julie // Les longs week ends coupure, qui font patienter jusqu’aux vacances // Se préparer à accueillir une nouvelle collègue // Avoir des nouvelles rassurantes de ma C. // Les bières avec toi… // Rire. Beaucoup, souvent, peu importe la circonstance // La thalasso des pieds gagnée sur Amazon. (Moi qui ne gagne jamais rien !!!). Méga kiffance //  Savourer les températures en dessous de 26 degrés // S’offrir des robes // Chercher une activité pour la rentrée // Le bruit : du livreur de journaux, tous les matins à 6 h pétantes ; des enfants qui hurlent pour s’exprimer (c’est moi ou bien ???) ; des gens ; dans la rue, dans les jardins, dans les bureaux, sous mes fenêtres… // Les APL, les 3 milliards d’euros offerts à Rihanna, la débandade à l’Assemblée Nationale : vaste rigolade. Je corrige : je vais infiniment aimer ce quinquennat, le Manu et sa BriBri // Avoir envie de me couper les cheveux, de me faire tatouer, liposucer puis renoncer // 3 millions d’amende pour Hanouna : Alléluia !!!! // Dire trop haut ce que je pense et le regretter // Les nanas qui photographient à longueur de journée leur cuisine et sdb sur IG et comptent des 100aines de followers et pas moi : cherchez l’erreur (elle déchire sa race pourtant ma cuisine) // Déplorer la solitude mais rechercher paradoxalement le silence // L’opération de la mâchoire qui s’éloigne définitivement : un an et demi de rééducation, pas mal de douleurs mais une victoire finale (même si le bout du tunnel n’est pas pour tout de suite) //  Des femmes politiques qui se font tabasser sur les marchés, une nouvelle mode française ? // M’emmêler dans mes contradictions // La fin des aides à l’agriculture bio : on n’a pas fini de s’étrangler pendant 5 ans… // Penser à la rentrée, alors que je ne suis pas encore partie en vacances… songer que tout file à la vitesse de la lumière.

 

Étayer le propos

J’ai eu un échange très particulier avec un monsieur FB à propos des femmes « rondes », toutes « très douces, très gentilles ». Sans doute manquait-il à la panoplie : toutes très drôles, bonnes copines, bonnes épouses et bonnes mamans.

Des propos irritants, désobligeants, qui en cette période d’été résonnent follement chez moi. Je ne suis rien de tout cela. D’ailleurs, je suis grosse. La fausse pudeur autour de ce que je suis vraiment, m’ennuie affreusement. Ma « situation » à un nom clinique : hyperphage, obèse de type 1 (répartie sur tout le corps), de niveau 1 (pas encore morbide). J’aime cette précision toute médicale de classer les gens. Pour une fois que je me retrouve dans les premiers groupes ! Je suis une winneuse du surpoids finalement….

La période d’été disais-je me plonge toujours dans les tréfonds de cette réalité : c’est l’été on sort nos plus beaux atours, jupettes, débardeurs, robes décolletées. Ainsi donc, je me sens en concurrence avec à peu près toutes les femmes de la planète, je me bats pour trouver des vêtements assez stylés pour ne pas ressembler au sac que l’industrie du vêtement pour grosses souhaite me faire ressembler.

Je lutte donc contre l’extérieur et aussi contre moi ; moi qui suis perpétuellement au régime. Mais vous objecterez, « tu dis que tu es grosse, c’est quoi ce binz ???? ». Il se trouve que lorsque l’on a comme moi suivi des  régimes à peu près toute sa vie, le corps ne suit plus et même si on mange en petite quantité, le corps ne sait plus faire la différence… et on reste donc « grosse ».

Alors oui, j’écris de là moi aussi. De chez cette catégorie de personnes qui cristallisent à peu près tous les clichés négatifs et qui pourtant lutte quotidiennement. Car non, la volonté n’a rien à voir là dedans.

Aujourd’hui des mouvements fleurissent, notamment celui du body positive. Mais ne nous y trompons pas. Même si certaines d’entre nous revendiquent leur grossitude, toutes, oui toutes, nous aimerions avoir un corps différent. Non pas un corps de déesse mais un corps qui nous permette de rentrer dans du 44 comme presque tout le monde, d’aller nous baigner sans que certains soit ne se retournent, soit nous jettent des regards noirs de réprobation. Nous aimerions toutes pouvoir monter des escaliers sans souffler et suer comme des vaches, manger des glaces en terrasse, ne pas nous affamer dans les repas de famille ou professionnels pour ne pas montrer qu’on mange trop parce qu’on en a besoin.

J’adorerai pouvoir m’assumer, accepter mes courbes, chérir mes joues rebondies sans rides, caresser mon 95 E avec amour, considérer mes vergetures avec amitié. Ce n’est pas le cas. Même si mon Népou semble ne pas être dérangé par tout « ça ». Vous pensez « elle s’empêche » et vous avez raison. Je m’empêche parce que c’est plus fort que moi, parce que certes la vie est courte mais je ne peux toujours pas me considérer avec toute la douceur et la bienveillance qui seraient nécessaires.

C’est de là que j’écris oui. Parce que cette certitude intime, ancrée par un nombre colossal de remarques en tout genre, continue de me coller à la peau…

« J’écris de chez les moches »

« J’écris de chez les moches, pour les moches, les frigides, les mal baisées, les imbaisables, toutes les exclues du marché à la bonne meuf (…).
Parce que l’idéal de la femme blanche séduisante qu’on nous brandit tout le temps sous le nez, je crois bien qu’il n’existe pas ».
Virginie Despentes (King Kong Théorie, 2006