Ron Mueck (maitre du temps)

Artiste australien, demeurant à Londres, Ron Mueck travaille la matière. C’est un modéliste d’une précision chirurgicale, une personne qui dompte le temps pour produire des figures humaines, des portraits, qui campent le temps.

Il faut aller voir l’exposition mais plus encore le documentaire qui lui est consacré.

Ron Mueck travaille en équipe, dans le silence d’un petit atelier dans lequel il entre le matin pour façonner des visages, des corps, des expressions jusque tard. Peu de mots, mais des gestes exigeants, des regards, des réflexions, des caresses. Ron Mueck caresse doucement ses œuvres, comme on le fait avec un être que l’on aime infiniment, définitivement.

Car Ron Mueck parle à ses œuvres d’ailleurs, il me semble qu’il y a un peu de lui en chacune d’elle. Une expression, un regard, une mimique.

Il dépeint le temps, les relations avec une certaine tristesse, voire une nostalgie.

J’ai trouvé son travail puissant, il faut regarder « Couple under an umbrella », se laisser imprégner par la force de ce tableau qui n’en est pas un. Ils sont seuls au monde et nous nous faisons les voyeurs de leur relation. On les épie, on les regarde par en dessous. On pourrait les envier. Ils sont seuls au monde, figés dans l’éternité.

Image du web. A découvrir jusqu’en octobre http://fondation.cartier.com/#/fr/art-contemporain/26/expositions/866/en-ce-moment/862/ron-mueck/

Il faut compter 9.50 euros pour l’entrée. Un brin excessif….

Publicités

Orgie à tous les étages : Gatsby Le Magnifique de Baz Luhrmann

Avant d’être des films, Gatsby est un livre publié en 1925 par Scott Fitzgerald. Un livre de plus de 200 pages, dont l’objectif est de dépeindre une époque, l’Amérique des années 20 et la relation ambiguë de deux amants Daisy et un certain Gatsby.

Gatsby le Magnifique

Synopsis (Allo Ciné) :

« Printemps 1922. L’époque est propice au relâchement des mœurs, à l’essor du jazz et à l’enrichissement des contrebandiers d’alcool… Apprenti écrivain, Nick Carraway quitte la région du Middle-West pour s’installer à New York. Voulant sa part du rêve américain, il vit désormais entouré d’un mystérieux millionnaire, Jay Gatsby, qui s’étourdit en fêtes mondaines, et de sa cousine Daisy et de son mari volage, Tom Buchanan, issu de sang noble.

C’est ainsi que Nick se retrouve au cœur du monde fascinant des milliardaires, de leurs illusions, de leurs amours et de leurs mensonges. Témoin privilégié de son temps, il se met à écrire une histoire où se mêlent des amours impossibles, des rêves d’absolu et des tragédies ravageuses et, chemin faisant, nous tend un miroir où se reflètent notre époque moderne et ses combats »

Aller voir le film c’est s’exposer à un déluge chromatique, une avalanche de costumes et de décors, une musique survoltée, des dialogues certes très fidèles au livre mais qui sonnent faux. La 3D ne sert en rien l’œuvre car l’œil est noyé sous une foultitude de détails et ne retient rien au final.

Dommage.

Tout semblait réunit pour que ce fil soit prometteur. Le réalisateur et sa vision du monde, les acteurs, la musique, le sujet.

A mes yeux, il s’agit ici d’un vaste ratage qui me désole. J’ai eu la sensation pendant plus de deux heures de regarder un clip vidéo grandeur nature. A aucun moment je n’ai été touchée, émue. Pas même par la démonstration de Léonardo Di Caprio. [D’ailleurs, j’ai découvert dans ce film à quel point  il a de grosses mains (zaviez remarqué ? Plus aussi charmant à mes yeux le Léo, bref…)]. Au contraire, je suis restée sur le bord du chemin. C’est un peu comme si le réalisateur avait eu besoin de faire joujou sans penser à ses spectateurs.

La seule question qui m’est venue en regardant le film (c’est dire…), c’est si Fitzgerald s’était inspiré de Zelda (sa femme) pour la figure de Daisy, femme frivole et inconstante, qui fait tourner les têtes jusqu’à la tragédie.

En un mot comme en cent : passez votre chemin !

 

 

Le street art élevé au rang d’art majeur ?

Expo Keith Haring au 104

Expo Keith Haring au 104

Le street art élevé au rang d’étendard pour des causes politiques et humanitaires, tel était le projet du très engagé Keith Haring.

Il était habité par une force impérieuse qui le poussait à dessiner sans cesse. Sur des murs en pleine rue, sur toutes sortes de matériaux. Il n’avait de cesse de vouloir éveiller les consciences, de faire tomber les barrières, de rendre l’art accessible à tous, de le démocratiser.

Y est-il parvenu, c’est un vaste débat… Sans doute aura-t-il réconcilié les badauds avec cet art à part, sans doute lui aura-t-il fait acquérir ces lettres de noblesse.

Certaines de ses œuvres sont exposées au 104, l’exposition est complétée par d’autres œuvres montrées au Musée d’Art Moderne à Paris (faut-il se désespérer que toutes les « grandes » expos sont toujours à Paris ?!).

Keith Haring, Sans titre

Keith Haring, Sans titre

L’exposer au 104, c’est remettre l’artiste là où il a émergé : dans la rue.

Cet espace, investi par des jeunes et des créatifs de tout poil est un enchantement tant par la superficie que par l’énergie qui y circule.

Les œuvres grandeur nature sont exposées en intérieur et en extérieur. Elles sont magnifiquement mises en valeur. Partout le message est prégnant : tolérance, respect, acceptation de l’autre dans sa différence, dénonciation de la société de consommation. La couleur sublime l’œuvre, elle nous fait nous sentir petit, humble. Le point fort de Keith Haring est un dessin-langage qui ne souffre aucune contradiction ou interprétation hasardeuse.

Le message est clair, il va droit au but : au cœur de celui qui regarde et se laisse emporter.

Keith Haring, Sans titre

Keith Haring, Sans titre

Si vous êtes parisiens ou de passage : il faut y aller !

De la poésie, des ballets, une symphonie

Dès les premières images, le ton est donné. Il y aura de la pluie, beaucoup et de nombreuses démonstrations de kung fu.

Les films de Wong Kar Wai, sont une promesse. D’esthétique, de poésie, d’images soignées.

Avec « The Grandmaster », il ne déroge pas à la règle.

The Grandmaster

Tourné sur plusieurs années, le film retrace la vie d’Yip Man, un maitre en arts martiaux (le Wing chun, pour être précise) qui fut le mentor d’un certain Bruce Lee. Sur fond de guerre sino-japonaise,  on suit le parcours de ce maitre pacifiste, qui commence son enseignement en Chine, pour finir à Hong Kong par l’ouverture de plusieurs écoles.

S’il est question de kung fu dans ce film, on y parle aussi et en filigrane d’amour. L’amour pour son pays, pour des femmes, pour son art élevé au rang d’art suprême.

Tout dans ce film respire la poésie, il est d’ailleurs truffé d’allégories (sur la vie, la mort, la filiation), de symboles (les couleurs, les éléments).

Bref, j’ai aimé ce film malgré quelques longueurs, ruptures de rythme et des incohérences dans les dialogues. Un bon moment, des images léchées et une histoire certes un peu décousue mais qui accroche.

Ceux qui laissent des traces

Sur l’invitation d’Anne-Sophie (merci à toi pour cette belle idée)

– les livres de l’enfance

  • Fantomette, le Club des 5, Martine, Heidi, Les malheurs de Sophie, Les contes de Grimm

Les histoires racontées avant le dodo, les histoires lues avant de partir à l’école, celles du dimanche soir avant de préparer mon cartable, celles lues sous les couvertures.

  • Plus tard, il aura le Petit Prince, le plus fort d’entre tous.

– les livres de l’adolescence

  • L’Éducation Européenne de Romain Gary
  • Les mots de Sartre
  • L’Amant, Moderato Cantabile de Marguerite Duras
  • L’écume des jours de Boris Vian
  • Le silence de la mer de Vercors
  • et les Maupassant et certains Zola et Verlaine et Rimbaud

les livres les plus offerts

  • « Le métier d’homme » d’Alexandre Jollien.  Ce magnifique philosophe, qui me bouleverse à chaque fois que je l’entends et qui me donne à réfléchir.
  • « La répudiée » d’Eliette Abecassis. Un de ces livres qui vient tordre les tripes et le cœur.
  • « Inconnu à cette adresse » de Kressman Taylor

– les livres à suspens

  • Fred Vargas… car je suis un brin pétocheuse et sujette aux cauchemars et certains de Harlan Coben.

– le livre sur lequel j’ai le plus travaillé

  • « Pour qui sonne le glas » d’Ernest Hemingway. Une découverte. J’ai passé des jours et des nuits sur ce livre, sans regret.

les livres qui me donnent à réfléchir (encore et toujours)

  • « Une vie bouleversée » d’Etty Hillesum
  • « Siddhartha » Hermann Hess
  • « Où cours tu, ne sais tu pas que le ciel est en toi », Ch. Singer

– je les suis de livres en livres

  • Milena Agus, magnifique écrivaine italienne
  • Claudie Gallay
  • Anna Gavalda

– je l’ai rencontré dans la vraie vie

Olivier Adam (lu tous ses livres, périodes avant le melon)

celui qui m’a chamboulée récemment

  • Journal d’un corps, Daniel Pennac

Précieux sésame

Octobre, j’ai 16 ans.

J’entame ma deuxième seconde. Je garde mes distances avec cette classe que je trouve « trop jeune ».

Cette année pourtant, côté profs j’ai de la chance.

Notamment en français.

Grâce à cette enseignante passionnée, j’ai le sentiment d’entrer en littérature. Je découvre des auteurs qui ne me quitteront jamais, parmi eux l’icône Duras, le subversif Sartre, l’immense Hemingway. Cette année et grâce à elle, j’ai le sentiment que mes écrits ont du sens, qu’ils sont valorisés.

En ce mois d’octobre, nous partons en « sortie » pour un musée situé en Suisse.

Le peintre exposé, que je ne connais pas, est un certain Edward Hopper.

De la peinture, je connais quelques mouvements. L’impressionnisme dont ma mère raffole, le pointillisme et des noms tels que Dali, Picasso, Monnet…

Et là, je découvre Hopper. Ce n’est pas une découverte mais plutôt une rencontre.  Un coup de cœur.

On me demande de choisir une œuvre et d’y entrer. Rien de plus facile. Je pourrais entrer dans chacune d’entre elles et faire mien leurs univers. Tout me parle, des atmosphères aux personnages. J’aime les lignes pures, je perçois la solitude des personnages, j’aimerai être plongée dans cette campagne, regarder à travers les baies vitrées, m’asseoir à ce comptoir de bar et faire un brin de causette avec cette femme blonde.

Les œuvres d’Hopper s’exposent à Paris, au Grand Palais et que j’ai décroché le fameux sésame, pour aller le voir à nouveau en décembre.

J’attends cette visite avec impatience, pour me reconnecter à ce délicieux moment et me régaler à nouveau de ses œuvres, comme une groupie…

M

Comme Mission, comme EMma, comme Maman.

2 h 15, (un chouicha trop long au regard de l’histoire), c’est le temps qu’il faut pour sauter pour plonger dans les aventures du Bond, l’espion le plus charming du Royaume, voire du Monde (allez soyons fous). La recette qui a fait le succès des films successifs est la même : action, ce qu’il faut de violence, belles nanas, belles voitures et bien sûr  placements de produits à gogo.

Quoi de neuf ?

Bah rien en fait.

Daniel Craig joue aussi justement qu’une quiche (c’est dire !) : peu de dialogues, peu d’expressions mais il court bien (après tout on ne lui en demande pas beaucoup plus…).

L’originalité de cet opus est de mettre le focus sur le personnage emblématique de M. Ses choix, ses failles, son rapport au pouvoir, ce qui la lie à Bond, au delà du professionnel. Il y a de l’Oedipe dans Skyfall, un retour aux sources.

La surprise de ce film, pour ce qui me concerne, réside dans la partition jouée par Javier Bardem (le méchant). Une palette de couleurs et d’expressions réjouissantes. Pour moi, le grand gagnant du film, c’est lui (même si le blond de ses cheveux est franchement désopilant).

Pour ne pas être définitivement vacharde, le Bond est sympathique MAIS un brin longuet.