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La fenêtre est ouverte et donne sur le grand tilleul, lequel obstrue totalement ma vue habituelle sur la montagne.

J’entends l’eau couler dans le ru à côté de chez moi, les voitures qui passent dans un flot continue à cette heure.

Le voisin s’affaire dans son atelier, tandis que ses enfants jouent encore dehors.

Il y a exactement un jour, j’étais dans un pays où il fait jour la nuit, où nature et verdure ont leur place partout, où la vie s’écoule au rythme des ondées et des éclaircies.

Une dizaine de jours, enchantés, qui m’ont permis de mettre à distance non pas la fatigue mais la lassitude liée à un quotidien de travail et aussi de vie, qui vont trop vite pour moi, me donnent l’impression de passer à côté de l’important. Je ne me reconnais pas dans cette folle fuite en avant qui malheureusement crée, à mon sens, plus de difficultés que de bien être.

J’ai profité de cette parenthèse, je me suis gorgée de nature, de silence, de paysages plus déments les uns que les autres. Que la nature est belle ! La perfection était là, partout, où que mon regard s’est posé. Le précieux, piétiné dans notre pays, nos villes, ma montagne… Je me suis sentie petite, toute petite, si humaine finalement. Et si chanceuse aussi d’avoir la possibilité de voyager, de voir de telles beautés. L’immensité, cette nature me remplit, m’apaise, m’aligne.

En rentrant, j’ai pris 20 degrés dans la vue, serrée comme un sandwich dans un RER bondé où l’on ne se sourit pas, où l’on consulte son portable toutes les 15 secondes… J’ai vu défiler devant mes yeux plusieurs banlieues parisiennes, côté gare…

En quelques instants, bien courts finalement, sont remontés toutes les tensions de ces dernières semaines, tout ce qui me pèse.

Je repars en septembre, heureusement…