20 heures le 10 juillet 2018

C’est le grand soir, celui de l’affrontement footballistique.

Le temps est comme suspendu.

Personne sur la grand route, pas plus que sur les routes de ma bourgade.

Je n’ai pas tôt ouvert la porte de ma voiture et posé le pied par terre que j’entends le cri de mon voisin, un grand « merdeeeeeeuh » tonitruant.

Il est curieux ce pays qui se met entre parenthèse, le temps d’un match de foot, entre deux nations amies. Comme si on cherchait à ressentir un lointain 1998, qui nous avait conduit à la victoire, à la croissance, à une nouvelle forme de vivre ensemble.

Tout cela est si loin aujourd’hui. Notre Monarque Président pose son injonction à gagner, comme si l’essentiel était là (où sont passées les notions de fair play, de plaisir, d’équipe, de construction collective….?). C’est comme si notre seul espoir résidait en cette victoire.

Il devient triste ce pays qui n’a plus de figures en lesquelles se projeter ou croire, qui ne rêve que d’argent, de représentation, d’une forme de facilité.

Bien sûr que je serai heureuse…. si le meilleur gagne.  Mais cette ferveur, pour un sport, me questionne et m’attriste quelque peu.

 

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4 réflexions sur “20 heures le 10 juillet 2018

  1. esterina dit :

    Oui la coupe du monde a été gagnée waouhhh hip hip hourra par une magnifique équipe où de nombreux membres sont d’origine africaine, ils sont fiers d’être français et là d’un seul coup d’un seul plus une ombre de racisme (étonnant non?) …je me souviens de 1998 où le black, blanc, beur étaient scandés et bien vite oubliés…Cette liesse populaire ne dure qu’un instant..et en cet instant le foot est devenue l’opium du peuple …un peuple anesthésié !!! une telle mobilisation serait géniale pour la préservation de nos droits sociaux par exemple…mais là c’est moi qui rêve !!!

    • Cloudy dit :

      Cher Estérina, je suis assez d’accord. La victoire, en tant que telle, me fait plaisir. Mais lorsque j’ai entendu le montant de la prime, quand j’ai vu ces superlatifs dans toutes les bouches, des débordements en tout genre, il m’a semblé qu’on touchait un peu le fond…
      Et le moment le plus dur je crois a été lorsque j’ai vu tous ces militaires courir autour d’un bus pour la protection de 23 sportifs. Lesquels militaires sont payés une misère….
      Je n’ose faire le parallèle avec le personne soignant de ce pays qui souffre et est délaissé…

En direction du Cloudy World

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