Chemin faisant

C’est fou comme le temps passe, comme il file invariablement….

« On se voit bientôt ? On mange ensemble ? Dans 15 jours…. »

15 jours ont passé et on ne s’est pas rappelé, au bout de deux mois on ne s’est toujours pas revues mais ce n’est pas si grave, à bien y réfléchir.

Quelque chose s’est fané. Et on n’y peut rien.

Pourtant nous en avons vécu des choses.

Au travail d’abord. Les exaltations et les difficultés de l’accompagnement,  les aléas de la vie d’équipe.

Puis lorsque l’amitié est née, des étapes importantes et riches qui l’ont renforcée. Les voyages, les vacances, les week ends, les soirées, les repas, les rires souvent, les larmes tout autant, les combats communs, les concerts, le théâtre… Tous ces moments ont scellé un sentiment profond, que j’ai cru durable.

Mais le fossé s’est creusé. Mon mariage, sa séparation, mon changement d’emploi, son licenciement, son appétence croissante pour des courants spirituels dans lesquels je ne me reconnais pas. Le sentiment de toujours écouter (puisque je suis heureuse moi !) mais de ne pas l’être et donc de ne pas évoluer dans une relation équitable. Par conséquent épanouissante.

De manière insidieuse et pour des raisons que je m’attribue par ailleurs, la relation change. Les choses ne sont pas dites, elles flottent mais ne sont pas prononcées pour ne pas blesser.

Il y a dans l’amitié tellement d’amour au fond…

Dans cette amitié, il y a eu de ma part une admiration sans borne pour une femme de conviction, forte, courageuse.  Elle a été un modèle.

Et puis, ces dernières années, j’ai du grandir, me prendre en main, devenir plus forte. Je ne sais pas si ce que j’admirais chez elle est devenu mien. Peut être, différemment.

La vie se charge de mettre sur notre chemin les personnes dont nous avons besoin et les fait s’éloigner ensuite…