8 semaines

Qu’elle est posée sur ce lit, sans pouvoir bouger, se lever

Sans pouvoir rentrer

Le temps est long, affreusement, douloureusement.

Pour elle, infiniment, pour nous continuellement.

Nous faisons les voyages, nous arpentons les couloirs, nous attendons des réponses qui ne viennent pas nous attendons une place, ailleurs, qui ne se libère pas.

« Est ce que je serai rentrée à Noël ? Non Mamina, je ne crois pas… »

Elle ne comprend pas tout et nous ne pouvons pas tout dire. Hyperthyroïdie, transfusions, altération irrémédiable des tissus, Horton qui prend toute la place. Son moral de plus en plus bas.

Putain de Horton…

En 8 semaines, une puis deux, trois, six voisines de chambres se sont succédées et elle est toujours là.

Depuis tout ce temps, elle a tout enduré. Un infirmer en service d’urgence crasseux, qui tandis qu’elle avait soif, après plusieurs heures d’attente dans un couloir surchauffé, lui a demandé de se taire d’abord, si elle voulait boire. Il a eu cette aide soignante qui lui a assené que la nuit, il ne fallait pas sonner : « Les couches c’est fait pour ça ».

Bien sur, l’interne est adorable (mais dépassé), nous avons des infirmières « préférées », attentives, douces, à l’écoute… Comme elle.

Mais quoi ? Jusqu’à quand ? Quelle est cette vie qu’elle endure, cette perte d’autonomie sans penser à la dignité.

La dignité !!!! Cet essentiel lorsque l’on est dans son état. Dans n’importe quel état d’ailleurs…

Noël ?

Si près et tellement loin.

 

Publicités