Retour vers le futur

Je ne te l’ai pas dit mais à partir du mois prochain, je retourne à mon ancien métier.

Par une drôle d’opération difficile à expliquer ici. Il n’empêche, je retourne au front, celui qui consiste à accompagner, écouter, conseiller, (s’effacer).

Je renoue avec ce que j’avais quitté non sans soulagement, à une autre époque, dans un autre contexte.

C’est un vrai choix, raisonné, mûrement réfléchi.

Comme ailleurs, c’est à dire comme dans toute entreprise, le travail évolue sans cesse dans la fonction publique et nécessite de s’adapter en permanence à de nouvelles organisations. On le sait, le temps de l’entreprise, de l’institution est rarement celui de l’employé. Lequel doit assimiler, exécuter plus vite, prouver sans cesse son « employabilité » sur un marché de l’emploi contraint, précaire.

Et les fonctionnaires, comme les autres salariés, sont mis à mal. Agents en fin de carrière fatigués, agents usés qui ont encore de nombreuses années à travailler, collectifs de travail exsangues.

Alors, sans bureau attitré, encore à moitié sur un autre poste, je replonge donc dans ce qui a été un long chapitre de mon parcours professionnel : l’accompagnement.

Avec excitation, avec craintes, avec incertitude.

L’excitation de retourner vers ce métier que j’ai aimé follement, j’ose l’écrire. Car il permet la rencontre, il permet d’être en contact avec des professionnels le plus souvent dévoués à leur métier, il m’a toujours fait me sentir dans la vie, il a toujours fait sens pour moi. Aider l’autre, le valoriser, lui donner les outils pour avancer, pour lui.

Les craintes sont liées au fait que cette mission est éreintante, énergivore. Il y a des rencontres passionnantes et puis d’autres qui griffent un peu, ne laissent pas tout à fait indemnes.

Je repars, avec une énergie certaine, à moins que ce soit avec une certaine énergie car au fond, pour moi, c’est là que je me sens la plus utile.