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J’ai espéré qu’il me le dise.

« Je vous arrête. Une semaine. »

J’ai espéré et j’ai imaginé ladite semaine : sommeil, repas équilibré, lecture, écriture, méditation.

Je n’ai rien eu de particulier à dire, il me connaît. « Ça vous permettra de vous reposer un peu mais ça ne changera rien ».

Il me connaît.

En réalité, je suis rentrée et j’ai dormi.

Il y a que mon corps ne peut plus… Il y a que je n’en suis pas fière et que je le vis même comme un aveu de défaite. De n’avoir pas réussi ma mission jusqu’au bout, la défaite de mon corps qui ne peut plus avancer et de mon esprit qui ne peut plus absorber…

Mais le problème n’est pas là.

Il réside dans les questions qui m’assaillent : comment j’ai pu penser m’en sortir ? pourquoi je ne suis pas entendue lorsque je dis que je ne peux plus ? qu’est ce qui fait que je ne réussis pas ? pourquoi je perds à nouveau confiance ? comment fait-on lorsqu’on n’est pas à la hauteur mais qu’on ne peut plus reculer ?

Qu’est ce qui fait que j’en suis là, encore, tout simplement.

Cela fait 16 mois que j’ai endossé mon nouvel habit de nouvelle professionnelle, cela fait 13 mois que mon équipe est réduite de moitié. J’ai donc beaucoup porté.

Je passe sur les petits et grands évènements qui ont égrené ces derniers mois. Plutôt difficiles.

Je ne peux pas regretter mon choix d’avoir quitté mes anciennes fonctions et mon ancienne équipe. Après 13 années, il était plus que nécessaire que j’aille prendre un nouvel air.

Mais j’avoue que cet air là me brûle les poumons.

Je me dis toujours que la vie sait, qu’il faut que j’accueille et qu’elle me donnera les réponses, d’une manière ou d’une autre.

C’est comme si la vie venait me refoutre le nez dedans. Mais je ne sais pas pourquoi…