Pièce par pièce

J’aime beaucoup ma maison, qui n’en n’est pas une et qui ne m’appartient pas (au sens strict du terme).

J’ai hérité de cet endroit il y a plus de 15 ans  déjà. J’ai eu du mal à l’investir, car je ne l’avais pas choisi. Ce n’était alors pas du rejet ou de l’ingratitude, au contraire…

Je l’ai meublé avec du matériel suédois, monté par ma maman ; mes parents m’ont cédé quelques meubles et pour finir  j’en ai acheté d’autres à une cousine qui partait s’installer en Afrique. Aussi, cet endroit m’a ressemblé un peu, sans plus. Je n’avais pas beaucoup d’argent au début, alors je l’ai fait évoluer par touches. De ci de là. Un patchwork plus ou moins bien assorti.

Aujourd’hui, cet endroit a considérablement changé.

La cuisine, ce gloubiboulga de meubles de famille s’est transformée l’année dernière. Grise et blanche, avec une belle lumière, avec des meubles jusqu’au plafond pour ranger notre ti’bordel. J’aime cette cuisine !!! Elle est à présent rangée, plus cohérente, plus joyeuse. Depuis l’achat de cette cuisine (je vois des signes partout et je fais des analyses sauvages), mon alimentation a changé. Plus saine, plus « rangée »…

Nous avons re-commencé l’aménagement du salon il y a quatre ans. Canapé plus grand (gris et blanc), changement de la TV, antique meuble suédois décoloré changé par un joli gris anthracite (je vous ai dit qu’on aime le gris ?). C’est de loin ma pièce préférée. Épurée, claire, avec des tableaux de couleur aux murs notamment. Cette pièce, c’est un peu ma carte famille-amis. Des éléments solides, qui prennent de la place, des touches de couleurs peu nombreuses et néanmoins très présentes.

La chambre… C’est irrégulier, doux et pourtant un peu distant. Le placard déborde de tous les côtés. Il y a des photos sur un mur, des babioles sur la commode. C’est enfantin, à bien y regarder. C’est tout à fait nous en réalité…

Le bureau enfin est un infini bordel. Des livres par terre, à donner, qui accompagnent mon vieil ordi en rade. La poubelle papier déborde de toutes les choses que je découpe. Notre administratif traine, le vélo d’appartement est posé dans un coin, avec le tapis de méditation. La couleur des murs commence lentement à me sortir par les yeux, ma bibliothèque bien aimée, prend tout à coup trop de place. La psy à deux balles que je fais, dirait que ma pièce travail et inspiration est en rade et que je manque follement de créativité. Cette pièce c’est un peu mon furoncle. Celui qui me rappelle tous les jours que « ça » est encombré, ne va pas, n’est pas en ordre, pas évident, pas clair.

Si totalement, si complètement moi, au fond…

 

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