La parole juste

Au quotidien, j’essaye d’avoir une parole juste. Pour moi, mes interlocuteurs, pour les personnes que j’ai la charge d’accompagner, de près ou de loin.

Cette semaine, ma parole a été volée, sans mon consentement. Transformée, diluée, répandue.

Et, dans certains contextes, une parole transformée, diluée, répandue s’appelle une rumeur. La rumeur qui enfle, à prendre des proportions inconsidérées, portée par des esprits petits et malveillants n’épargne personne.

Alors, à partir de cette semaine et plus que jamais, je vais continuer à pratiquer la parole juste.

Celle qui ne blesse pas, celle qui n’accuse pas sans savoir, celle qui ne juge pas, celle qui ne ment pas. Une parole qui suit le flot de mes émotions, qui les respecte. Une parole avec laquelle je suis fondamentalement en accord. Une parole vraie et peut être même humaine. Afin que je ne me retrouve plus dans ce type de situation, qui semble se répéter d’ailleurs…

Un moment douloureux où des personnes (mes collègues donc), qui s’ennuient sans doute, qui ont une vie tellement triste qu’ils ont besoin de s’occuper en s’en prenant aux autres.

Si on se contentait juste de faire le job ?

15 réflexions sur “La parole juste

  1. Melle Bulle dit :

    C’est malheureusement fréquent de voir nos paroles détournées et utilisées contre nous. Pour moi, la rumeur, c’est l’arme du lâche et du jaloux …

  2. Florence dit :

    Ah comme tu sais écrire avec justesse la malveillance banale. Déstabilisant. Quand j’ai commencé à travailler, cela m’a beaucoup troublée. Et puis j’ai compris que je n’étais une cible, non, juste là au mauvais moment avec des femmes qui s’ ennuyaient et étaient méchantes. Le plus triste est que je ne me fais toujours pas à cette méchanceté gratuite…

  3. celestine dit :

    La parole juste, les accords toltèques appellent cela « la parole impeccable ».
    Elle apporte de la sérénité, parce qu’elle est positive 💜
    ¸¸.•*¨*• ☆

  4. personne dit :

    La parole juste dans un monde pas toujours juste… c’est un exercice difficile : trouver l’équilibre entre suivre une règle comportementale que l’on se fixe (et avec laquelle on est en accord), et accepter, peut-être parfois, de la transgresser pour s’adapter à un contexte qui demande ponctuellement une autre attitude, que l’on n’aime pas forcément, mais qui fait évoluer une situation malgré tout.
    La paix, avec certains zigotos, ne semble s’obtenir qu’avec une sorte de démonstration de supériorité (je ne parle pas forcément de force brute dans les paroles, mais une forme de supériorité qui calme un état d’esprit de meute). Dans un monde parfait, cela ne devrait pas exister, mais le monde n’est surtout pas parfait.
    Je suis déjà tombé sur un collègue plutôt pervers dans son attitude (coups bas, dénigrement, rapports en douce et biaisés en sa faveur à la direction, intimidation sur les stagiaires…). Seule une humiliation publique nous en a débarrassé (ce qui d’ailleurs a été très réconfortant et apprécié par d’autres collègues qui en souffraient depuis plusieurs années). Ce n’était pas l’attitude que j’ai préféré endosser, mais là où l’intelligence et le bon sens n’avaient pas de prise, ce langage-ci a été compris. Je n’en tire pas de fierté particulière, mais je ne le regrette pas non plus : ce qui devait être fait, a été fait. Le langage juste (je ne connaissais pas, jusqu’à lire ton billet) n’aurait pas eu sa place avec ce sale type, il fallait taper là où c’était le plus sensible : dans l’amour-propre. Le coup d’estoc, pour reprendre tes adjectifs, a été le suivant : après deux semaines à encaisser ses coups bas, ses humiliations devant des collègues d’autres services, et ses tentatives de domination (j’étais nouveau dans l’entreprise et en tant qu’intérimaire, t’es un peu comme le stagiaire : un bouc émissaire idéal parce que tu es en position de faiblesse au niveau reconnaissance, hiérarchique, et ta boîte d’intérim ne te soutiendra pas face à son client s’il se plaint), en observant bien le gus dans ses faiblesses, j’ai utilisé la parole qui blesse (mais pas surtout pas gratuite), celle qui accuse sans détour sur des preuves concrètes, celle qui juge l’inacceptable attitude, celle qui ne ment pas (jamais de mensonge dans ce genre de truc, jamais, sinon on pervertit sa propre argumentation -et sa propre intégrité personnelle), avec une pirouette ironique dont mes anciens collègues parlent encore :). Tout ça devant mes ex-collègues pour qui il n’avait aucune estime, et surtout devant ceux d’un autre service où il aimait briller en masquant bien commodément toutes ses faiblesses.

    Il n’était pas question pour moi de me positionner en dominateur sur sa personne suite à ce règlement de compte en presque huis-clos, loin de la hiérarchie. C’était une réponse dévastatrice de 5 minutes qui a fait tomber les murs de son apparence savamment entretenue, à son harcèlement de deux semaines assez déstabilisantes. On aurait pu en parler après s’il l’avait souhaité, pour trouver un terrain d’entente tacite, genre « garde-toi bien de poser tes sales pattes sur moi, et je me tiens à distance ». Il a préféré ne pas revenir le lundi suivant. Dont acte (et soulagement du service). Bon, en même temps, je ne peux pas dire que j’en ai rencontré beaucoup des comme ça, fort heureusement (juste un chef de service chez le client, dans un contexte qui exigeait une diplomatie très pointue, en raison de 3 hiérarchies aux intérêts divers. J’ai appris par la suite que ce type harcelait son équipe et avait été destitué de sa fonction de responsable).
    La faiblesse de la position d’un intérimaire, je le prends comme une force dans ces cas-là, car je n’ai rien à perdre : pas de considération, pas de salaire intéressant à la base, ça me donne une forme de liberté. La seule chose que j’ai à perdre, c’est le respect, dans un sens comme dans l’autre. Je rentre dans l’entreprise avec lui, et je ressors avec lui.

    … Le monde loin d’être parfait, demande parfois d’être quelqu’un de soi-même imparfait pour ne pas en sortir complètement meurtri. A chacun de fixer ses limites à ne pas dépasser dans sa défense, pour ne pas ressembler à ceux qui nous blessent, pour ne pas céder à la facilité d’une position favorable où l’on pourrait devenir soi-même, le bourreau. Rendre un coup demande une certaine responsabilité : le coup juste, et non la vengeance. Le but est, au final, de pouvoir toujours dialoguer… après, et tenter de trouver un terrain d’entente.
    Un équilibre à trouver à tâtons avec sa conscience et le monde aux aspérités tranchantes, dans lequel elle doit continuer à exister vaille que vaille… Je pense que la joue gauche, ça ne se tend pas quand la droite morfle sans raison. On n’est certes pas obligé de rentrer dans une logique de conflit dans ces cas-là, à condition qu’une explication soit donnée, et que de nouvelles règles soient clairement définies dans la relation.

    De ce que je retiens de mes expériences relationnelles dans le travail, la bêtise ordinaire, on peut la dompter dans la plupart des cas avec de l’ironie. Pas besoin d’être méchant ou agressif, juste faire comprendre à la personne qui te manque de respect ou qui te teste, qu’on peut prendre tout-à-coup beaucoup de distance sur les choses… et même, en dernier recours, sur le compte du petit malin (en lui parlant directement, sans l’humilier non plus ; et jamais de rumeur, ce stratagème lâche pour faibles d’esprit). Le collègue de travail lambda, il n’aime pas trop être aux prises de l’incertitude entre lard ou cochon, et te laisse assez facilement tranquille, à moins qu’il ait le cerveau en enclume (ça existe aussi, hélas, et il n’y a pas grand chose à faire dans ces cas-là, à part se forcer à être intelligent pour deux)… L’ironie et la méchanceté sont deux choses différentes. Le cynisme est en revanche borderline…

    Voilà un petit témoignage qui, à défaut de te servir, t’aura peut-être distraite un instant sur le magnifique pays de la relation en boîte (de sardines) traversé par un éternel errant 🙂
    J’espère que tu peux avoir un dialogue à peu près intelligent de temps à autre avec tes collègues qui posent problème…

    Sinon, en dernier recours, marquer son territoire comme le font les animaux, jusque sur le fauteuil du collègue, mais ça va jaser sévère dans les couloirs ^^
    (hum, j’espère que cette caricature imagée, loin de la spiritualité qui te caractérise, t’arrachera un quart de sourire, même clément 😉

    • Cloudy dit :

      Cher Personne,
      Je te remercie pour tes partages d’expériences, qui me font rire (si si) et m’ouvrent à d’autres univers que le mien, finalement très étriqué.
      Je ne me sens pas de marquer mon territoire (je n’ai pas peur que ça jase, je ne suis plus à ça près ;), parce que je pars du principe que je suis légitime car recrutée (ouaip…).
      De même que je ne suis pas une personne qui élève la voix, quant à donner des coups, comment dire…
      Je ne suis pas un ange, loin de là, pas une victime non plus.
      Je veux juste faire mon job et si ce n’est définitivement pas possible, j’irais voir ailleurs 😉

  5. personne dit :

    Sortir une vérité embarrassante sans élever la voix, c’est la façon la plus percutante de l’annoncer. Se laisser aller à exploser est un peu perdre le contrôle de soi, donc affaiblir la crédibilité de ses arguments…

    Concernant les « cinq minutes dévastatrices » dans le bureau, ça a été fait avec grand calme et les yeux dans les yeux. Pire que hausser le ton : mettre à poil quelqu’un devant tout le monde d’un ton froid, car tu n’offres même pas le prétexte d’une réponse explosive à une agression de décibels… gla-gla-glaçant 🙂
    Cela dit, les rapports frontaux de cet ordre sont très désagréables, même s’il est légitime de défendre sa dignité…

    Te concernant, peut-être que te réorienter serait bénéfique (un autre service, une autre boîte, ou dans une autre voie pro)… aucun travail ne mérite que l’on y perde sa santé et/ou son bien-être, si on peut se donner la chance d’avoir le choix. Pas facile tout ça, ça demande réflexion…

    • Cloudy dit :

      Je prends tes remarques 🙂
      Il y aura sans doute un moment où je devrais en passer par là : poser avec fermeté.
      Ce qui peut désarçonner chez moi, c’est ma carrure (grande), ma voix fluette et mon grand souci de discrétion…
      Pour t’éclairer sur mon parcours je fus 13 années durant, conseillère emploi (c’est un comble oui !) et depuis un an, je suis dans le recrutement. Un comble, je disais. Ou comment savoir conseiller et orienter « tout le monde » sauf soi 😉

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