Explorer les interstices

Le silence est partout dans la maison, si ce n’est le tic tac de l’horloge de la cuisine.

Dehors le monde tourne.

Mon Népou est rentré dans son chez lui, mes collègues travaillent, mes amis aussi.

Je pose tous mes pourquoi : pourquoi encore une situation professionnelle bancale, pourquoi ce burn-in, pourquoi la fatigue, pourquoi nous….?

Peu de réponses.

Sinon la certitude qu’il nous faut nous poser un peu, prendre du temps pour nous, prendre du temps pour moi aussi. Du temps pour méditer, m’aérer, cuisiner, écrire, rencontrer d’autres personnes.

Lorsque j’appuie sur le bouton « pause », je me rends compte qu’une fois de plus le travail a pris toute la place. Un emploi certes moins stressant que le précédent mais tout aussi prenant, tout aussi peu reconnu, tout aussi exposé. Un travail qui fait bien moins sens pour moi, qui ne me donne pas forcément envie de me lever le matin avec la banane et l’énergie pourtant nécessaires.

Tout se répète sans cesse comme un plat qu' »on » ne cesserait de me resservir.

Je me demande si aujourd’hui il faut renoncer.

Renoncer à s’épanouir dans son travail. Dans un monde où tout change vite, trop vite, où nous ne servons finalement qu’à exécuter des décisions prises plus haut, décisions pas toujours connectées aux réalités de terrain. Je suis sceptique face à ce qui est décidé en mars et qui a changé trois ou quatre fois de cap en septembre. Je suis dubitative face aux politiques qui réagissent plus qu’ils ne réfléchissent sur le long terme. Car pour moi, le long terme est  le seul étalon qui permet de construire lorsque l’on accompagne l’humain.

 

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19 réflexions sur “Explorer les interstices

  1. kakushiken dit :

    Bonjour toi,
    Il est humain de douter, et il est un devoir d’endurer. La vie est ainsi, ce n’est pas une boite de chocolat… Nous nous forgeons au travers de l’épreuve et du doute, jamais en se prélassant les orteils en éventail…
    Certes on a droit à se reposer de temps à autre, mais nous ne devons pas nous écarter de l’effort et de la persévérance…
    C’est du moins ce que je me répète sans cesse quand le doute s’installe.
    Bisous

    • Cloudy dit :

      Cher Kakushiken,
      N’est ce pas là une vision très judéo-chrétienne des choses ?
      Souffrir pour vivre et inversement ?
      Je veux sortir de ces croyances limitantes, trouver un chemin qui ne soit pas parsemé de gros cailloux.
      Alors certes, je n’ai pas encore trouvé la recette mais j’y travaille 😉
      Douce journée 🙂

      • kakushiken dit :

        Coudy,
        Moi, « judéo-chrétien » ? Mort de rire…
        Si je ne te connaissais pas un chouilla, depuis le temps, je suspecterai une insulte de ta part… Mais non, je te sais provocatrice parfois, et j’aime cela…
        Sache, belle amie virtuelle, que ce concept de l’effort et de l’endurance est partout en Asie, et les gens sourient beaucoup plus que les Occidentaux ? Pourquoi ? Parce qu’ils travaillent l’endurance !
        Ma tirade vient quand même de ma propre expérience de cette existence curieuse et sombre… et je me tourne davantage vers le concept de l’effort et de l’endurance par admiration… Je ne suis pas masochiste, bien au contraire ; mais je suis un amoureux de la curiosité et de l’évolution, pas de la régression…
        Toi et moi travaillons à trouver la recette… on mélange notre expérience içi et maintenant…
        Douce journée à toi aussi, sous le soleil…

      • Cloudy dit :

        Je m’attendais (un peu) à cette réponse 😉
        J’ai envie de te répondre par un poème, d’un être que j’apprécie tout particulièrement :

        « Je vous prie d’être patient à l’égard de tout ce qui dans votre coeur est encore irrésolu, et de tenter d’aimer les questions elles-mêmes comme des pièces closes et comme des livres écrits dans une langue fort étrangère. Ne cherchez pas pour l’instant des réponses, qui ne sauraient vous être données; car vous ne seriez pas en mesure de les vivre. Or, il s’agit précisément de tout vivre. Vivez maintenant les questions. Peut-être en viendrez-vous à vivre peu à peu, sans vous en rendre compte, un jour lointain, l’entrée dans la réponse.
        Rainer Maria Rilke

        Très jolie soirée 🙂

  2. kahina dit :

    Je n’ai jamais réussi à m’épanouir dans un travail alors je comprends. Pour y parvenir, il faudrait que je crée ma propre activité mais pas envie de lâcher mon statut de fonctionnaire. Alors j’essaie de m’épanouir en dehors, en faisant des projets avec mon mari et ça fonctionne plutôt bien.
    Pourquoi ne pas envisager un voyage très dépaysant ? Il y a quelques années, je suis partie un mois en Indonésie, j’en suis revenue changée. C’est sûrement simpliste ce que j’écris mais bon.

    • Cloudy dit :

      Bonjour Kahina,
      Merci pour ce message.
      Ce n’est pas simpliste du tout ! Je réfléchis depuis longtemps à un long projet de voyage, à but humanitaire… Le Népou n’est pas prêt mais pourquoi pas en effet, un temps pour nous, ailleurs.
      Piste à suivre 😉
      Belle journée

  3. ppm00 dit :

    Le travail a disparu depuis que la machine le fait, le capital l’a remplacé par des occupations stériles afin de nous garder sous contrôle !
    Si on met de côté les services d’urgence, tout le reste ne sert à rien, sinon entretenir l’activité de la ruche.
    Tout cela ne tient debout que par l’abrutissement du peuple, et le zèle de la franc-maçonnerie qui contrôle toutes les activités humaines. Seul ce pouvoir occulte peut expliquer l’ineptie des ordres mystérieux venus d’en haut, une connerie naturelle d’une telle altitude étant peu crédible (je parle pour les industries dans lesquelles j’ai travaillé depuis 1988 : armement, médical, transports, énergie, média…).

  4. Melle Bulle dit :

    Epanouie dans mon travail, je traverse malgré tout en ce moment une zone de turbulences … et du coup, j’aimerais bien appuyer sur le bouton « pause » et prendre le temps de …

    • Cloudy dit :

      La vie m’a forcée plusieurs fois a appuyé sur le bouton pause. Je n’en suis pas à ma première expérience de burn-in…
      Un passage obligé finalement indispensable avant de me perdre totalement de vue, avant de perdre totalement le sens.
      Bon courage à toi 🙂

  5. gballand dit :

    J’espère qu' »on » ne vous ressert pas sans arrêt des rognons, ou de la cervelle, quoi qu’avec l’un, on peut peut-être avoir de l’énergie et avec l’autre des idées 😉

  6. sylvie dit :

    peut être mettre le travail à sa place; pas plus qu’une autre activité….pourquoi fait-on une telle fixation sur une seule activité alors qu’à bien y penser, le reste est encore plus important…à mon sens , bises

  7. personne dit :

    Vous travaillez dans l’informatique vous aussi ? 😉
    (Private joke)
    Dans ma branche, c’est également une suite de contraintes absurdes, sans réel intérêt au final. Ca devient assez répandu et pas qu’en informatique, apparemment.
    Pour ma part, j’ai accepté l’idée de travailler contre un salaire : je suis d’accord avec toutes les inepties lorsqu’on m’en demande, puisque je considère que je suis payé pour faire oui-oui de la tête. Je suis passé ceinture noire de la diplomatie, qui est une forme dérivée de « tu me demandes vraiment de tirer une balle dans le pied de ton entreprise ? Pas de souci, PASSE-MOI LE FLINGUE, CA M’AMUSE ».
    La seule limite intervient lorsqu’il y a manque de respect, là je fais non-non : être payé à faire oui-oui ne veut pas dire tout accepter non plus.
    Quand j’ai un boulot, ma vie commence avant de partir au travail si je me lève encore plus tôt, et continue après être revenu du travail. Entre les deux, mon esprit critique est acéré et se marre de la bêtise quotidienne du fonctionnement de la plupart des grandes entreprises que je traverse.
    Je cultive mon épanouissement en-dehors de mon impôt de rouage utilisé par la société. Au moins, les choses sont claires, et je n’attends strictement rien d’un travail qui n’apporte plus la possibilité de s’accomplir à travers lui.

    • Cloudy dit :

      Merci pour ce partage 🙂
      Je comprends tout à fait cette manière d’envisager le travail, j’irais même jusqu’à l’envier.
      Mais je ne peux pas.
      Je viens du social, je me suis parachutée dans les ressources humaines. L’humain, l’accompagnement sont au cœur de mon projet.
      Je me sens aliénée et je le vis mal…

      • personne dit :

        En effet, compte tenu de votre relation avec les personnes, c’est plus délicat. J’ai un peu la même démarche côté utilisateurs, lorsque les directives venant d’en haut leur impose des contraintes encore plus lourdes informatiquement, j’essaie d’assouplir autant que possible leur fardeau. C’est un sens du service normal, dont certaines sociétés de services n’ont rien à faire. D’ailleurs, j’ai rencontré un certain nombre de techs informatiques qui en faisant autant, spontanément. La nature humaine peut avoir un penchant d’entraide naturel, à différents niveaux…

        Les ressources humaines peuvent être très déstabilisantes selon les entreprises (leur politique interne, leur état financier aussi). J’ai croisé la route il y a peu d’une RH dans une grosse entreprise (en province). Elle ne se plaît pas dans sa boîte, parce qu’elle n’a pas oublié d’être orientée humain. Chaque jour lui est pesant. Je lui ai demandé pourquoi elle restait si elle était toujours en mode confrontation avec les grands manitous placés plus haut qu’elle (et déportés dans le siège situé dans la capitale, oeuf Corse). Elle m’a répondu qu’elle n’acceptait pas forcément certaines méthodes de sa direction, et qu’elle comptait bien, justement, se battre pour essayer d’assouplir certaines directives qu’elle juge trop rigides.
        D’un côté, c’est admirable pour le sens qu’elle donne à sa fonction et les retombées pour les employés (qui ne soupçonnent pas ces enjeux se trouvant dans le clair-obscur du fonctionnement de la société). De l’autre, combien de temps durera-t-elle dans ce climat ? J’ai cru percevoir qu’elle avait un peu un caractère de cochon 🙂 ça devrait l’aider à tenir, mais en même temps, toute seule, aussi guerrière soit-elle, elle ne révolutionnera pas un bloc décisionnaire de hauts pontes qui ont d’autres priorités.
        Même les héroïnes ont besoin d’un parachute… et elle a le droit de se donner la chance de connaître un boulot épanouissant, mais pour l’instant, elle défend ses idéaux. Je tire mon chapeau à cette warrior, et je lui souhaite de connaître des jours meilleurs, ailleurs, dans son avenir.

        C’était juste une petite anecdote, que je ne pensais même pas aborder un jour, d’une personne qui place l’humain et son accompagnement comme une valeur dans le monde de l’entreprise.

      • Cloudy dit :

        Merci pour ce partage 🙂
        De là où je suis, cela me parait loin d’être anecdotique. Il me semble en effet, que c’est le quotidien d’un certain nombres de personnes « délocalisées », coupées d’une hiérarchie qui décide de loin.
        Le drame des ressources humaines aujourd’hui, c’est qu’elles doivent agir au jour le jour, dans un monde qui bouge vite, trop vite. Et on le sait, l’humain ne se gère pas au coup par coup.
        C’est ce que je déplore.
        Comme je déplore la distance réelle qui existe entre les services et les décideurs, lesquels prennent des décisions en étant souvent coupés du terrain, en connaissant peu leurs salariés ou agents.
        Je crois au slow management, au fait que le temps passé à connaitre ceux qui font l’entreprise ne peut être du temps perdu, bien au contraire.
        Quant à cette personne, warrior ou non, je crois comme vous, que l’on ne peut pas affronter seul-e un système, sauf à s’y perdre.
        Douce journée 🙂

  8. Pierre dit :

    S’il faut renoncer à quelque chose, ce n’est certainement pas à s’épanouir dans le travail mais à souffrir au travail. Cela peut demander de changer de regard par rapport au dit épanouissement et à ladite souffrance. Tu parles de « slow management », juste au dessus, et peut-être faut-il penser en termes de « slow movement » : s’accorder le temps de trouver sa place dans un système tel qu’il est. Sans renoncer à le faire changer (lentement), trouver la posture qui permet de suivre le mouvement sans s’y épuiser. Ne pas lutter contre le courant mais se laisser porter tout en impulsant les valeurs, l’énergie, les changements qui nous importent personnellement. Pas à pas, petits pas par petits pas, et même micro-pas si nécessaire. L’inertie du monde s’oppose à nos désirs, ne nous laissant que la possibilité de les distiller dans ce monde. Comme un parfum, le notre, que personne ne peut nous empêcher d’émettre.

    Bonne journée à toi, Cloudy. Prends soin de toi…

    • Cloudy dit :

      Je souris en te lisant Pierre.
      Ici et chez toi.
      Ces mots sont toi. Totalement toi.
      Je n’en suis pas encore à ce niveau de réflexion et sans doute de sagesse sur mon chemin.
      J’apprends, j’essaye, je prends.
      Merci pour tout cela en tout cas 🙂

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