Explorer les interstices

Le silence est partout dans la maison, si ce n’est le tic tac de l’horloge de la cuisine.

Dehors le monde tourne.

Mon Népou est rentré dans son chez lui, mes collègues travaillent, mes amis aussi.

Je pose tous mes pourquoi : pourquoi encore une situation professionnelle bancale, pourquoi ce burn-in, pourquoi la fatigue, pourquoi nous….?

Peu de réponses.

Sinon la certitude qu’il nous faut nous poser un peu, prendre du temps pour nous, prendre du temps pour moi aussi. Du temps pour méditer, m’aérer, cuisiner, écrire, rencontrer d’autres personnes.

Lorsque j’appuie sur le bouton « pause », je me rends compte qu’une fois de plus le travail a pris toute la place. Un emploi certes moins stressant que le précédent mais tout aussi prenant, tout aussi peu reconnu, tout aussi exposé. Un travail qui fait bien moins sens pour moi, qui ne me donne pas forcément envie de me lever le matin avec la banane et l’énergie pourtant nécessaires.

Tout se répète sans cesse comme un plat qu' »on » ne cesserait de me resservir.

Je me demande si aujourd’hui il faut renoncer.

Renoncer à s’épanouir dans son travail. Dans un monde où tout change vite, trop vite, où nous ne servons finalement qu’à exécuter des décisions prises plus haut, décisions pas toujours connectées aux réalités de terrain. Je suis sceptique face à ce qui est décidé en mars et qui a changé trois ou quatre fois de cap en septembre. Je suis dubitative face aux politiques qui réagissent plus qu’ils ne réfléchissent sur le long terme. Car pour moi, le long terme est  le seul étalon qui permet de construire lorsque l’on accompagne l’humain.